Cette découverte lève un sacré voile qui, du coup, fait jaillir un sacré paquet de questions s'étalant de "comment ça marche chez les espèces qui ne séparent pas ces infos ?", "comment marche l'oubli, des neurones sont-ils 'recyclés' ?" à "quelles sont les analogies possibles avec les LLMs et comment, pourquoi et en quoi ces derniers en sont limités comparativement ?" en passant par "quelle est la génétique présidant à ce mode de fonctionnement ? est-elle partagée avec nos cousins néandertaliens, denisoviens et plus loin, ou est-ce que ça nous est spécifique ?"
Mon conseil : N'utilisez surtout pas Google Traduction pour tenter de comprendre le texte original de cette page, c'est n'importe quoi.
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Traduction de https://www.sciencedaily.com/releases/2026/03/260324024247.htm
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Des chercheurs viennent d'éclaircir un mystère majeur dans le stockage des souvenirs à l'intérieur du cerveau
Date : 24 mars 2026
Source : Université de Bonn
Résumé :
Ces chercheurs ont découvert que notre cerveau sépare le contenu des souvenirs en deux groupes de neurones différents, le "quoi" et le "où et quand" : un groupe enregistre les objets et personnes spécifiques et l'autre repère les contexte et situation. Lorsqu'on se souvient correctement de quelque chose ces deux groupes s'interconnectent brièvement et reconstruisent le souvenir complet. Ce système pourrait être le secret nous permettant de repérer les similitudes de souvenirs totalement différents.
Le secret du mode de fonctionnement de la mémoire dans le cerveau est percé
Pour que les souvenirs soient utiles le cerveau doit relier ce qui s’est passé à la situation dans laquelle ça s’est passé. Des chercheurs de l’université de Bonn ont découvert comment le cerveau humain accomplit cette tâche. Leur découverte montre que deux groupes de neurones distincts stockent contenu et contexte séparément puis se coordonnent pour reformer les souvenirs complets. Plutôt que mélanger ces deux types d’informations au sein des mêmes cellules, le cerveau les sépare et les relie en fonction des besoins.
Leurs résultats ont été publiés dans la revue Nature.
Les gens ont une capacité impressionnante à reconnaître la même personne ou le même objet dans des situations très différentes. Par exemple, on fait facilement la différence entre dîner avec un ami et assister à une réunion avec lui. Le professeur Florian Mormann de la clinique d'épileptologie de l'UKB qui est également membre du domaine de recherche transdisciplinaire (TRA) "Vie et santé" de l'université de Bonn, explique : "nous savons déjà qu'au plus profond des centres de mémoire du cerveau des cellules spécifiques, appelées neurones conceptuels, répondent sur cet ami quel que soit l'environnement dans lequel il apparaît". Dans le même temps, le cerveau doit relier ce contenu stocké au contexte environnant pour créer un souvenir significatif.
Chez les rongeurs les neurones combinent souvent individuellement les deux types d’information en eux. Le Dr Marcel Bausch, chef du groupe de travail au département d'épileptologie et membre du TRA "Vie & Santé" de l'université de Bonn raconte "nous nous sommes demandés si le cerveau humain fonctionne fondamentalement différemment ici. Enregistre-t-il le contenu et le contexte séparément pour permettre une mémoire plus flexible ? Comment ces informations distinctes se reconnectent-elles lorsque nous devons nous souvenir d'un contenu donné et de son contexte ?"
Examiner l'activité cérébrale en temps réel
Pour répondre à ces questions l’équipe de recherche a enregistré les signaux électriques provenant de neurones individuels chez des patients atteints d’épilepsie pharmacorésistante. Dans le cadre de leur évaluation clinique des électrodes avaient déjà été placées dans l’hippocampe et dans les régions voisines, critiques pour la mémoire. Pendant que les médecins surveillaient les crises pour évaluer les possibilités de traitement les patients participaient également à des tâches volontaires sur ordinateur.
Au cours de ces expériences les participants ont visionné des paires d’images et répondu à différents types de questions à leur sujet. Par exemple, on leur demandait si un objet était "plus gros". Mormann explique : ce "plus gros" nous a permis de voir comment le cerveau traite exactement la même image dans des contextes différents".
Deux systèmes neuronaux distincts dans la mémoire
Les chercheurs ont examiné l’activité de plus de 3 000 neurones et ont identifié deux groupes largement distincts. Un groupe, connu sous le nom de neurones de contenu, répond à des images spécifiques comme un biscuit, ce quelle que soit la tâche effectuée. L'autre groupe, appelé neurones contextuels, répond au type de question comme "Plus gros ?" quelle que soit l'image affichée. Contrairement aux découvertes sur les rongeurs, seul un petit nombre de neurones assument les deux fonctions à la fois. "Une découverte clé a été que ces deux groupes indépendants de neurones codent le contenu et le contexte ensemble et de manière plus fiable quand les patients résolvent la tâche correctement" explique Bausch.
Comment le cerveau reconstruit les souvenirs à partir d'indices
Au fur et à mesure que l’expérience progressait l’interaction entre ces deux groupes de neurones devenait plus forte. L’activité d’un neurone de contenu a commencé à prédire la réponse d’un neurone contextuel quelques dizaines de millisecondes plus tard. "Il semblait que le neurone 'biscuit' apprenait à stimuler le neurone 'plus gros'" explique Mormann. Cette interaction agit comme un système de contrôle garantissant que lors du rappel d'un souvenir seul le contexte utile est stimulé. Le processus connu sous le nom de complétion de schémas permet au cerveau de reconstruire un souvenir complet même lorsque seulement une partie des informations est disponible. Selon les chercheurs cette séparation des rôles contribue à expliquer pourquoi la mémoire humaine est si adaptable. En stockant le contenu et le contexte dans des "bibliothèques neuronales" distinctes le cerveau peut appliquer les mêmes connaissances à de nombreuses situations différentes sans avoir besoin d'un neurone unique pour chaque combinaison possible. "Cette division du travail explique probablement la flexibilité de la mémoire humaine : en stockant le contenu et le contexte dans des bibliothèques neuronales distinctes le cerveau peut réutiliser le même concept dans d'innombrables situations sans avoir chaque fois besoin d'un neurone dédié" explique Bausch. Mormann ajoute "la capacité de ces groupes neuronaux à se lier spontanément nous permet de généraliser les informations tout en préservant les détails spécifiques des événements individuels."
Quelle est la prochaine étape pour la recherche sur la mémoire
Dans cette étude le contexte a été défini par les questions affichées sur un écran. Les contextes du monde réel peuvent être passifs également, comme l’environnement dans lequel vous vous trouvez. Les recherches futures devront déterminer si le cerveau traite ces contextes quotidiens de la même manière. Les scientifiques prévoient également de tester ces mécanismes en dehors du cadre clinique.
Une autre étape importante consistera à examiner ce qui se passe si l’interaction entre ces groupes de neurones est intentionnellement perturbée. Cela pourrait révéler si une telle interférence affecte la capacité d'une personne à rappeler le bon souvenir dans le bon contexte ou à prendre des décisions précises.
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#science #neurologie #mémoire #raisonnement

Scientists just solved a major mystery about how your brain stores memories
Scientists have found that your brain separates memories into “what” and “where/when” using two different groups of neurons. One set responds to specific objects or people, while another tracks the context or situation. When you remember something correctly, these groups briefly connect and reconstruct the full memory. This system may be the secret behind how we recognize the same things across totally different experiences.






