« Rien ne justifie le meurtre et la mutilation d’enfants »
https://www.lavie.fr/idees/debats/rien-ne-justifie-le-meurtre-et-la-mutilation-denfants-103914.php
James Elder est le porte-parole de l’ ##UNICEF, l’agence de l’Onu dédiée à l’enfance. Ancien grand reporter, il est l’un des rares responsables à pouvoir se rendre à Gaza notamment. Il alerte sur le sort des enfants sur place et dans la région.
Malgré l’annonce d’une trêve régionale, la situation reste très tendue au #MoyenOrient, notamment au Liban. Alors que le cycle de violences dans la région semble sans fin, James Elder exprime ses inquiétudes pour les enfants de l’ensemble du Moyen-Orient, qui figurent parmi les premières victimes de ces conflits.
Plus de 2 000 personnes ont été tuées en quelques semaines au #Liban, dont de nombreux enfants. Craignez-vous que le sud du pays subisse le même sort que #Gaza ?
Nous avons d’énormes craintes pour les enfants au Liban. Le jour même où la trêve a été déclarée en Iran, Israël a tué 33 enfants au Liban, et plus de 170 depuis le 28 février. Les infrastructures civiles – je parle des hôpitaux, des écoles, de ces choses essentielles dont dépendent les enfants, les systèmes d’assainissement de l’eau, etc. – ont été attaquées, endommagées, détruites. Rien ne justifie le meurtre et la mutilation d’enfants ou la destruction et la perturbation de ces services essentiels dont ils dépendent.
En #Iran, les enfants aussi sont touchés. Environ 200 mineurs ont été tués depuis le 28 février. Votre organisation est-elle active dans le pays ?
Oui, nous sommes présents. C’est un programme modeste (8 millions de dollars), mais crucial dans les domaines de l’éducation et de la protection. Nous avons déployé des cliniques mobiles dans le secteur de la santé et dans le domaine de la protection de l’enfance. Nous soutenons aussi les centres de soins alternatifs. L’eau et l’assainissement sont absolument essentiels : nous avons distribué des dizaines de milliers de pastilles de purification d’eau, des kits d’hygiène, notamment pour les femmes et les ménages, et mis à disposition des camions-citernes. Nous offrons également une aide financière directe.
Malgré cela, nous ne parvenons pas à répondre aux besoins de la population en regard de la gravité de la situation et des attaques subies. Notre personnel et leurs collègues endurent les mêmes difficultés que les Iraniens au quotidien. Nous constatons deux choses : d’une part, des atteintes au droit international humanitaire, de l’autre, une réduction des financements. C’est le revers de la médaille, l’autre face d’une même pièce en termes de recul moral.
Si l’on prend l’exemple du Liban, nous avons un vaste programme de soutien aux hôpitaux, aux abris, à l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux équipes médicales mobiles. Notre actuel plan d’intervention sur place s’élève à 48 millions de dollars, il vise à venir en aide à un million de personnes. Pourtant, à ce jour, seulement 16 % de ce financement a été reçu. Or, les besoins sont immenses, sans précédent, de même que pour des populations qui, dans le cas de l’Iran, ne se sont pas encore remises des attaques de septembre 2024.
Vous êtes l’un des seuls représentants d’organisation internationale autorisé par Israël à vous rendre régulièrement dans la bande de Gaza. Que pouvez-vous dire sur l’évolution de la situation sur place ?
J’ai effectué sept missions à Gaza depuis les terribles attaques du 7 Octobre. C’est un endroit incroyablement difficile. Mon expérience sur place a été différente suivant les périodes. Chaque nuit, on entend la violence des attaques incessantes. On réalise à quel point les bombes tombent près de nous. Pendant la journée, on se rend dans les hôpitaux, entouré d’enfants atrocement blessés par la guerre. Parfois, on est confronté à l’horrible vision de petits garçons et de petites filles blessés par des éclats d’obus, brûlés. On entend leurs cris parce qu’il n’y a pas assez d’antidouleurs.
Les familles vivent toujours sous des tentes, sans intimité, sans dignité, leurs maisons sont détruites. On parle de gens qui avaient non seulement des maisons, mais aussi des résidences secondaires, et qui vivent maintenant sous des tentes depuis très longtemps. Durant une longue période, la famine s’est installée, la gravité de la situation est extrême. C’est difficile pour tout le monde, pour mes collègues, pour les Palestiniens que j’ai rencontrés, pour tous ceux qui sont là-bas. S’il y a des pénuries alimentaires, tout le monde en souffre.
1/2
#MoyenOrient #MiddleEast
#StopGenocide #GazaAFaim
#StopIsraelWarCrimes
#Enfants #Children