La voie judiciaire visant le ministre est dĂ©sormais close, aucune voie de recours nâĂ©tant possible dans ce cadre. Lâattention se porte dĂ©sormais sur le second signalement. Benjamin Fiorini indique que cette procĂ©dure, examinĂ©e par le parquet de Paris, vise notamment les auteurs du montage initial et ceux qui ont continuĂ© Ă diffuser la vidĂ©o malgrĂ© les Ă©lĂ©ments de rectification. Il souligne que ces faits relĂšvent du droit de la presse et sont soumis Ă un dĂ©lai de prescription de trois mois, imposant une dĂ©cision rapide.
Benjamin Fiorini inscrit cette affaire dans un contexte plus large de controverses autour des travaux de Francesca Albanese. Il Ă©voque un « dĂ©nigrement gĂ©nĂ©ral » de ses rapports et affirme que certaines prises de position ont contribuĂ© Ă en limiter lâĂ©cho mĂ©diatique.
Benjamin Fiorini critique Ă©galement lâĂ©volution du cadre lĂ©gislatif. Il qualifie de « absolument catastrophique » la proposition de loi portĂ©e par la dĂ©putĂ©e Caroline Yadan, estimant quâelle vise Ă Ă©tendre des infractions dĂ©jĂ problĂ©matiques, notamment en matiĂšre dâapologie du terrorisme. Il met en garde contre des notions comme la « provocation indirecte au terrorisme », qui, selon lui, « n'ont aucune espĂšce de signification » en droit.
Benjamin Fiorini dĂ©nonce par ailleurs une multiplication des poursuites judiciaires, gardes Ă vue et condamnations visant des personnalitĂ©s exprimant des positions pro-palestiniennes ou invoquant le droit international. Il affirme que ce dĂ©lit est appliquĂ© « Ă gĂ©omĂ©trie variable », certaines expressions Ă©tant poursuivies tandis que dâautres, selon lui, ne le sont pas.
InterrogĂ© enfin sur l'Ă©ventuelle influence de membres du gouvernement sur le systĂšme judiciaire, Benjamin Fiorini distingue la situation des juges et celle du parquet. Il rappelle que les magistrats du siĂšge sont « indĂ©pendants » sur le plan statutaire, tout en relevant que certaines dĂ©cisions peuvent sâexpliquer par un manque de spĂ©cialisation ou par « le contexte politique du moment ». Concernant le parquet, il souligne que « les magistrats du parquet sont liĂ©s hiĂ©rarchiquement au pouvoir exĂ©cutif Ă travers la personne du garde des Sceaux », ajoutant que cela crĂ©e « toujours un soupçon ». Il prĂ©cise toutefois que cela ne signifie pas une intervention directe dans chaque affaire, tout en estimant que les procureurs « savent trĂšs bien ce qu'ils doivent faire pour plaire au garde des Sceaux ».
Le classement sans suite referme ainsi la procĂ©dure visant directement Jean-NoĂ«l Barrot, sans clore pour autant les suites judiciaires engagĂ©es par JURDI ni les dĂ©bats plus larges sur la circulation dâinformations contestĂ©es et leur traitement politique et judiciaire.
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