La controverse de la noix de coco – Alain PIOT – 2025 – Les Impliqués Ed.
Quatrième de couverture
Le sujet de cette petite comédie est inspiré d’un voyage de l’auteur au Venezuela avec son épouse en 1998. Plusieurs années plus tard (près de 30 ans !), il s’attèle à un exercice quotidien, fécond pour son cerveau : chaque matin, au réveil, il s’empresse de mettre par écrit une ou deux idées représentant les moments forts de son voyage. Une méthode pour ne pas vieillir… idiot ! De ce voyage, il lui est resté en mémoire ce fruit curieux et mystérieux, la noix de coco. Mais ses contacts avec les habitants lui ont fait toucher du doigt la réalité sociale de ce pays, passé d’une grande richesse à la pauvreté actuelle et il a essayé de traduire cette situation à travers une référence historique, la controverse de Valladolid organisée en 1550 par Charles Quint, qui avait pour but de définir officiellement la légitimité ou l’illégitimité de l’esclavage des peuples amérindiens. Certaines « disputatios » résonnent dans ce pays et cette zone caribéenne avec une réelle modernité !
Mon Avis
Ou, de l’ineptie, de l’absurdité, de la vie. Tel pourrait être le titre, même si le sujet abordé est très sérieux. De simples noix de coco vont être à l’origine de questions existentielles, politiques, historiques et autres, dans un pays qui s’est brusquement paupérisé: le Venezuela. Henriette et Maurice, deux français en vacances dans le pays, ne se doutaient pas que la découverte de ce fruit allait les mener si loin, intellectuellement. Comment se douter qu’en échangeant avec Antonio, leur guide, ils se mettraient à parler économie et politique vénézuéliennes? Il y a beaucoup d’humour dans cette pièce de théâtre. Le Monde entier est face à un fruit qui représente la souffrance, la pauvreté d’un peuple. Qui représente, plutôt, les privations du peuple et les exactions gouvernementales. Sa corruption, aussi. Pauvre fruit qui devient l’emblème, le symbole, de la misère de toute une nation. Il est source de richesse pour un gouvernement autocrate.
Antonio, adepte de la mode androgyne, représente le peuple spolié et le Parti Communiste, muselé, qui se bat contre un Etat dysfonctionnel. Nos deux touriste, quant à eux, représentent le regard du Monde sur un pays qui a perdu ses ressources, ses repères, ses rêves et son peuple qui ne croit plus en lui. Que peut répondre un dictateur corrompu, à tous ces reproches? Fonseca, représentant de l’Etat autocrate, va devoir y faire face. Cette pièce de théâtre fait un clin d’œil à la controverse de Valladolid (1550): un débat politico-religieux sur la nécessité de maintenir en esclavage le peuple indien d’Amérique du sud.
La question qui se pose dans cette pièce de théâtre, est de savoir s’il faut accepter que le peuple soit spolié, par le Gouvernement, de la seule nourriture qui lui reste: la noix de coco? L’humour est grinçant. Jaune. Cynique. Désabusé. C’est incroyable comment une banale noix de coco peut enflammer les esprits, tenter de trouver des solutions utopiques, tenter d’ouvrir des esprits totalement hermétiques. Ce fruit est le cri d’un peuple qui a tout perdu, sauf sa dignité. Il lutte, férocement, pour la garder ainsi que le droit de se nourrir simplement, sans que l’Etat ne vende ces fruits à l’étranger pour enrichir les Eminences gouvernementales. Les protagonistes de cette pièce de théâtre ont des mentalités à changer. Ce qui n’est pas facile. Comment s’en sortiront le peuple et son autocrate? Que deviendra le pays?
9791042810221 Les impliqués Ed. 80 p. 12€
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