#vendredilecture en avance, mais tant que je suis là
Enfin terminé la relecture de Years of Rice and Salt de KSR. Bon, c'est vraiment un roman assez exceptionnel à tous égards.

Faudrait en faire une étude approfondie mais quelques notes en vrac :

  • c'est un des rares romans uchroniques qui se coltine frontalement la question de l'histoire, sans l'esquiver (et, bon, c'est un peu l'enjeu de toute l'uchronie et du contrefactuel, il me semble)

  • roman singulier aussi dans son usage massif du récit sommaire dans l'ambition de faire un "grand roman" (clairement l'amour du réalisme français de KSR se ressent), plutôt en contrepied de ce qui se fait depuis le début des années 2000 il me semble.

  • le roman est résolument anti-héroïque. C'est explicité dans les travaux de al-Lanzhou et Kang ("l'histoire c'est ce que les gens normaux font" "tout le monde est le grand homme", le rapport à la quotidienneté, les chapitre de l'exilé japonais et des Hodenosaunees (d'ailleurs, j'aurais bien pris plus de la ligue Hodenosaunee, ça me donne envie de relire Marx en Amérique)

  • beaucoup d'amour sur les chapitres dans le Bardo, et la contamination des représentations symboliques par la situation matérielle historique (l'espace liminal qui ressemble de plus en plus à la bureaucratie chinoise)

  • le roman perd un peu en élan "romanesque" (whateverTF that means) avec l'entrée dans la modernité, le basculement dans la modernité et le passage du bardo dans le réel (Kang et al-Lanzhou), mais il gagne en densité théorique avec une vraie insistance sur les questions de théorie de l'histoire). Il me semble que la perte du "grand récit" d'aventure est plutôt cohérente.

  • il n'échappe pas à une certaine téléologie à mon sens, dans la mesure où le monde de la fin du roman ressemble beaucoup au nôtre (et la révolution chinoise, etc)

  • sans surprise, questionnements passionnants sur la nature de l'utopie en tant que processus, l'historicisation (le personnage de Zhu dans le chapitre final est clairement un avatar de Jameson, il me semble)

  • curieux de ce qu'en pensent des personnes musulmanes, j'ai l'impression que ça n'échappe pas à une certaine idéalisation des courants les plus "cool" de l'islam (fascination pour les sufi, comme dans Red Mars, par ex)

Bref, on en parle pas assez, lisez le, c'est en poche pas cher chez Pocket (sous son titre FR de merde, mais bon)

#vendredilecture 2/2
Une lecture... bien angoissante ! Avec des moments bien trash aussi ! Ce roman fait indubitablement partie des chefs-d’œuvre du King, même si j'y ai trouvé quelques petits défauts.
En effet, on reconnaît bien la patte de l'auteur dans ce huis-clos sordide et hyperréaliste dans ses descriptions. Il faut reconnaitre, toutefois, que la première partie traine en longueur. Même si j'avais vu le film (un chef-d’œuvre lui aussi !) voici quelques années, je me demandais bien où Stephen King voulait m'emmener. C'est à partir de la deuxième partie que le livre devient un page-turner. Comparativement à la première partie, j'ai été moins tenté par des lectures annexes dès que j'ai franchi ce cap.
Comme toujours, les personnages ont une réelle profondeur, sans manichéisme. On s'attache autant à Paul Sheldon qu'à Annie Wilkes, même si sa violence révulse. On est même prêt à espérer que l'histoire se termine bien, qu'elle change de comportement... par pitié pour son auteur favori, qu'elle a salement amoché.
Bref, le roman vaut bien ses quatre étoiles. L'étoile en moins, c'est pour la première partie assez longuette.
Petit aparté concernant l'édition unilingue d'Harraps : j'ai énormément apprécié de lire ce roman en version originale. Je me suis alors rendu compte de la richesse de la prose de Stephen King, même si cela reste de la littérature populaire, directe et sans concession. J'ai apprécié également l'aide lexicale apportée au fil des pages, mais avec un petit bémol tout de même. Je trouve dommage que tout le vocabulaire pour ce livre destiné à un public avancé (C1, voire C2) ait été traduit ou expliqué uniquement en français. Logiquement, à ce niveau de maitrise de la langue, des explications en VO auraient permis d'approfondir le travail et le français aurait pu être réservé à des mots ou des explications plus difficiles à comprendre par une simple définition ou un simple synonyme en colonne lexicale. D'autant plus que certaines traductions m'ont paru inutiles.

https://www.babelio.com/livres/King-Misery/7008

#vendredilecture 1/2
Je suis un peu en avance et j'ai deux ouvrages à vous présenter !
D'abord, au rayon bande dessinée :
J'ai terminé ce week-end la lecture de la BD scénarisée par Laurent Seksik avec un sentiment très agréable. Je connaissais très peu de choses de la vie de Charlie Chaplin et cette lecture m'a offert un aperçu très synthétique de son œuvre et de son parcours, avec ses bons et ses mauvais côtés. Je n'entrerai pas dans le détail, car même si j'ai tendance à beaucoup apprécier l'artiste, l'homme n'est pas toujours aussi sympathique qu'il paraît. En tout cas, pour ce premier essai avec une BD biographique (de mémoire !), c'est un essai très convaincant. J'ai également apprécié les dessins et la colorisation, plutôt oniriques et parfois fantaisistes par rapport au réalisme de l'histoire.

https://www.babelio.com/livres/Seksik-Chaplin-tome-3--Contre-John-Edgar-Hoover/1448338

Vous auriez une app toute simple* qui sert *juste* à logger mes lectures ? J'utilisais "My books" jusqu'à présent mais, hé, Google en a décidé autrement (cf image)

*si possible sans nécessité de compte

#vendredilecture

📚️️️️️️️&📚️️️️️️️ #lecturedumoment 📚️️️️️️️&📚️️️️️️️

Il m'a fallu du temps pour écrire cette chronique, le temps pour moi de revenir d'un monde lointain, à la rencontre du nord et de sa magie, mais la voici 😀
C'est parti pour :

--- La dernière transhumance ---
de @s_arnier

Et je l’attendais depuis longtemps celui-là, entre les aquarelles publiées par Stéphane qui donnaient une idée de l’ambiance et le fait que Mémoires du grand automne du même auteur soit dans mon top 10 des livres de fantasy, autant vous dire que je l’ai acheté le jour de la sortie !

1/5

#vendredilecture #mastolivre #fantasy #peuplenomade #grandnord

C'est un très petit monde qui bénéficie d'une très grande impunité. #VendrediLecture Willy Le Devin - Les Hommes de la rue du Bac.

Un manga inspiré de Lynch et Lovecraft (suivant Tachan, que je remercie au passage pour la recommandation) ou de Finney et de Levin (suivant moi, qui n'en suis qu'au tome 1), ça vous dit ?

Essayez "The Summer Hikaru Died" de Mokumokuren :
https://weirdaholic.blogspot.com/2026/06/distorsions.html

(Pour @leto : j'ai oublié de le dire dans ma chronique, mais il y a aussi un petit côté "Les Veilleurs de nuit"...)

#BD
#SFFF
#Mastolivre
#MardiConseil en avance ou #VendrediLecture en retard

Distorsions

Analyses (thématiques et stylistiques) d'oeuvres (littéraires ou cinématographiques) relevant des mauvais genres (SF, fantastique, polar, etc.)

Et si l'archétype du zombie n'avait pas tout à fait perdu la charge anti-coloniale qu'il véhicule depuis Tourneur (et Romero) ? et s'il était encore possible de le renouveler de façon originale et non manichéenne ?

Thomas Day & Aurélien Police, deux piliers du @lebelial , ont à mon avis résolu le problème avec leur comics (publié chez Glénat en 2017), "Juste un peu de cendres" :

https://weirdaholic.blogspot.com/2026/06/cosy-apocalypse.html

#BD
#SFFF
#Mastolivre
#MardiConseil en avance ou #VendrediLecture en retard

Cosy Apocalypse

Analyses (thématiques et stylistiques) d'oeuvres (littéraires ou cinématographiques) relevant des mauvais genres (SF, fantastique, polar, etc.)

Anticapitalisme
Biofuturisme
Communalisme

Tels sont selon, moi les 3 maîtres-mots des "Lucioles", une anthologie publiée par @LaVolte et @Reporterre avec des nouvelles de @poum @twittcdufour @Sylvie_Laine @luvan @cmoreldarleux @elio @k_tastrof et d'autres pas sur Mastodon (ou alors je ne les ai pas vu.e.s, désolé)...

Ma chronique détaillée (trop sans doute) est ici :

https://weirdaholic.blogspot.com/2026/06/abc-de-lespoir.html

#SFFF
#MastoLivre
#MardiConseil en avance ou #VendrediLecture en retard

ABC de l'espoir

Analyses (thématiques et stylistiques) d'oeuvres (littéraires ou cinématographiques) relevant des mauvais genres (SF, fantastique, polar, etc.)