Lucca BENEDETTI DE MAZARONE – L’esprit de Koshka – Carl DE SAN M. – 2025 – Auto Edition

Quatrième de couverture

Au sortir de la première guerre mondiale, dans l’énigmatique village de Mazarone situé au cœur des Cévennes, le mystère entoure Lucca. Il n’a que trois mois quand ses parents sont lâchement assassinés. Que s’est-il passé ce soir-là, à la Cordelière ? Une chose est certaine, l’enquête expéditive a envoyé un innocent à la guillotine. Le meurtrier court toujours, et rien n’est clair chez les notables du village. Lucca, aidé de son maitre spirituel, un vieux Tzigane qui n’est autre que le père du condamné, grandit avec cette seule idée : retrouver le ou les véritable(s) assassin(s) de ses parents. Son chemin sera long, jalonné d’embûches et de mystère. Dans sa quête de vérité et devenu adulte, il est guidé par une force étrange et irrésistible. La droiture et la soif de vérité forgent ses actes. Son seul but : rétablir la justice.

Mon Avis

Il existe des enfances particulières. Tragiques. Peu après sa naissance, Lucca perd ses parents. Ils ont été assassinés. Pourquoi? Par qui? Dans ce petit village, le silence est d’or. Donc, motus et bouche cousue. Lucca a été élevé par sa tante maternelle et son époux. Il grandit bien. Il fait des projets dont le principal est de retrouver l’assassin de ses parents. Est-ce possible? Plus le temps passe, moins les indices seront trouvés. En grandissant, Lucca n’oublie pas sa promesse faite sur les tombes de ses parents. La vie continue, et il se donne, à fond, dans tout ce qu’il fait: études, amitié, etc. C’est un homme de parole. Quelle stratégie va-t-il mettre en place pour débusquer le ou les assassins de ses parents? Dans son village, qui acceptera de l’aider à disculper celui qui a été désigné et pendu?

« Le crime parfait n’existe pas » a-t-on coutume de dire. L’auteur nous présente une situation que l’on peut trouver dans tous les villages du monde. L’omerta plane sur tout ce qui se passe. Tout le monde sait et personne ne parle. L’histoire est belle et triste à la fois. Cependant, les mots sont ceux de la révolte, de la résilience, du courage et de la détermination. Le lecteur voit, avec bonheur, la joie de vivre de Lucca. Il comprend, aussi, son désir de savoir et de vouloir venger ses parents, ainsi que l’innocent qui a payé pour ce crime. La lecture, aisée, nous transporte dans la France de l’entre-deux-guerres.

Sa vie et son éducation ont formé l’homme qu’est devenu Lucca. Il est préparé, physiquement et moralement, à son avenir, aux aléas de la vie. La Seconde guerre mondiale venait de se terminer et l’humain se jurait que « plus jamais ça« . Mais l’humain étant ce qu’il est… Lucca va être confronté, en plus la guerre, aux petites guerres humaines, guidées par l’argent, le pouvoir. Ces guerres, il doit les mener seul. Une promesse reste une promesse. Elle n’est pas vaine pour lui. L’esprit de Koshka est à ses côtés et en lui. Il en a besoin. Parviendra t-il à faire face à son destin? Il a peu d’amis sur qui compter. Mais, il a du courage à revendre. Son existence est marquée d’un sceau spécial: le sang. En versera t-il pour honorer sa promesse?

 

9798294158509    Autoédition  337 p. 16,88€

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Très belle année 2026

2026! Que cette nouvelle année vous apporte paix, bonheur, prospérité et santé. Je vous souhaite de belles lectures. De superbes découvertes. Une imagination prolifique pour les auteur(e)s. De belles surprises littéraires pour les Maisons d’Edition. Heureuse année 2026. Joyeuses fêtes!

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L’héritière des temps passés – 1 – L’académie de Vecchia – -Yann CHARTON – 2024 – Autoédition

Quatrième de Couverture

Dans un royaume où la foi envers la Déesse est absolue, Alaya entre à la mythique Académie de Vecchia hantée par des rêves qui murmurent des vérités oubliées. Théo, son frère adoptif au silence éloquent, cache des pouvoirs magiques qui défient la compréhension. Dans ce monde où la conformité est loi, leur différence pourrait être leur plus grande force. Ensemble, ils découvriront un secret ancestral dont l’ampleur menace de tout changer. Une fantasy lyrique et contemplative où les personnages ne sont pas des énigmes à résoudre, mais des âmes complexes à comprendre. Où chaque silence porte un sens. Où la prose poétique rencontre une humanité profonde. Pas de batailles épiques. Pas de rythme frénétique. Juste une exploration intime de l’amitié, de la différence, et de la découverte de soi dans un univers richement détaillé.

Mon Avis

Douze ans. L’âge où l’enfance s’évanouit. L’enfance s’en est allée. Mais, l’adolescence, le monde adulte ne sont pas encore à portée de main. L’enfant sent que son regard redécouvre, différemment, le monde qui l’entoure. L’enfance abandonne un corps qui continue à évoluer. L’enfant se sent grand. C’est à cet âge que Alaya et son jeune ami Théo sont acceptés à l’Académie de Vecchia. Le temps de l’innocence est terminé. Celui des premières responsabilités est arrivé. Celui des premières aventures aussi. Comment et pourquoi ont-ils été recrutés? Le voyage pour se rendre à leur nouveau lieu de vie est une belle aventure faite de nombreuses découvertes. De rencontres plus ou moins énigmatiques ou dangereuses. Peut-être les prémices de ce qu’ils vivront dans leur nouvelle vie?

Voici un roman fantasy bucolique. Je m’explique. C’est un monde très lié à la nature. Les personnages le sont aussi. Les descriptions de ces derniers et de l’environnement  sont faites avec un œil artistique. Tout est harmonieux, décrit comme un tableau. Même les « méchants » . L’impression que j’ai eue est d’être devant une toile vierge que le peintre, par petites touches, pleines d’assurance, recouvrait d’un portrait, d’un paysage. Des touches bien précises qui faisaient, tout au long de la lecture, naître un monde qui fait rêver. Le lecteur s’imprègne totalement de cette aventure qui ne fait que commencer.

C’est une nouvelle vie qui attend Alaya et Théo. Ils découvrent un nouveau monde. Surtout, l’histoire de leur monde. Le côté obscur et secret qu’ils seront, peut-être, un jour, appelés à affronter. La nature, la flore, la faune, les arbres, l’eau, l’air et la terre contribuent à créer les forces magiques. Nos deux amis le découvriront bien assez tôt. Quels talents vont-ils développer? L’Académie de Vecchia les poussera à aller loin. Très loin de leur zone de confort. Ce premier opus est un tableau de Maître qui emmène notre imagination dans un monde de magie. Les dons de nos deux héros se manifesteront, peut-être. Comment? Sont-ils prêts? Le lecteur les accompagne dans leurs découvertes, leurs nouvelles amitiés, leur nouvelle vie. Il fait partie intégrante de ce tableau créé par l’auteur.

 

9798304879866    Autoédition    553 p. 

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Joyeux Noël – Merry Christmas

Belle fête de Noël à vous tous et toutes. Une belle fête en famille. Profitez-en bien. Pensez à votre retour sain et sauf. Pas d’alcool pour celui qui conduit. Bonnes fêtes aussi à ceux qui travaillent cette nuit.

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A l’ombre du moucharabieh – AL-HABOB – 2025 – L’harmattan

Quatrième de couverture

Le roman explore les thèmes déchirants de la tradition contre l’amour individuel, de l’intolérance religieuse et culturelle, et de la violence sous-jacente aux normes sociales rigides. Il montre comment les choix dictés par le cœur peuvent entraîner des conséquences dévastatrices, détruisant des familles et des vies, et laissant un héritage de douleur et de questionnement sur la vraie signification de la foi et de l’honneur.

Mon Avis

« L’homme propose. Dieu dispose » dit le proverbe. Combien de fois l’humain a-t-il vu ses projets contrariés par ce fameux grain de sable qui remet tout à plat? Fatma, jeune tchadienne et excellente étudiante, se retrouve à Harvard pour des études en économie. Son travail est respecté et reconnu par ses professeurs. C’est une carriériste. Elle veut aller très loin dans ses études et faire le bonheur de ses parents. Gilbert est aussi tchadien et étudiant à Harvard. Lui aussi vise le sommet. Une rencontre. Deux vies qui changent. Deux religions qui se télescopent. Deux vies bouleversées. Que se passe t-il ? Que dire aux deux familles? Ils sont compatriotes, mais ont des traditions, des religions, des coutumes différentes.

Celui qui pense connaître l’Afrique, se ment sans honte. L’Afrique est un kaléidoscope d’humains, d’ethnies, de traditions et de cultures. L’auteur présente un cas d’école, dans un pays où la religion et les traditions imprègnent le quotidien. Les femmes ploient sous des lois qui entravent, parfois, leur liberté. Leur sort est décidé par les hommes de leur famille, malgré la modernité. Fatma et Gilbert ont foulé aux pieds, volontairement, ces traditions, sans l’avis des familles restées au pays. Que vont penser ces dernières ? L’intolérance règne entre les deux familles. Chacun défend son point de vue en oubliant l’humain derrière la religion. 

Ce roman aborde des sujets comme l’intégrisme religieux, l’intolérance et la destruction de l’honneur, dans une famille incapable d’avoir une ouverture d’esprit. Gilbert et Fatma ont provoqué le courroux de leurs familles. Au Tchad, selon l’auteur, et ainsi que cela se passe dans certains pays d’Afrique et du Monde, le métissage religieux n’est guère toléré. Chacun se cantonne dans ses prêches. Personne ne veut s’effacer devant l’autre. Ce qui donne lieu à des crimes d’honneur, à des reniements, à des bannissements familiaux et/ou religieux. Les deux amoureux sont-ils prêts à affronter cette tempête qu’ils vont créer ? Savent-ils le danger qu’implique leur amour? Vont-ils pouvoir s’aimer aux yeux du monde qui les entoure? Ce qui pousse à la réflexion et au désir de changer les mentalités. La haine est mauvaise conseillère. 

 

9782336570868   L’harmattan Coll. Ecrire l’Afrique   150 p.   16€

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Vous avez dit lectures?

Eh oui, une nouvelle réception de livres. Ce qui signifie de nouvelles lectures. De nouvelles découvertes que je partagerai avec vous. Avec plaisir.

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Refus de consentement – Camille MORLHON – 2024 – Librinova

Quatrième de couverture

En France, de nos jours. Une loi a été votée, qui punit de lourdes peines toute personne initiant une relation sexuelle ou intime sans avoir préalablement demandé un consentement explicite à son partenaire. Le recours aux nouvelles technologies, et notamment le déploiement massif de Seraine, une application spécialisée dans l’anticipation de violences conjugales, constitue une des pierres angulaires du dispositif. Un soir, en boîte de nuit, le fondateur de Seraine, Pierre, est séduit sans un mot par Manon. Après avoir tenté de l’embrasser sans lui avoir demandé explicitement son accord, Pierre est immédiatement placé en garde à vue et incarcéré dans une prison spécialisée. Très vite il apparaît qu’il a été piégé. Son avocat, Olivier, va devoir découvrir la vérité pour le faire libérer, et vite. Face à l’emballement médiatique, le temps joue contre eux…

Mon Avis

Dans la société dans laquelle nous vivons, tout doit être politiquement correct: les mots, les gestes, les allusions. Il faut donner une autre teneur aux mots. Agir de manière correcte ou répondre aux abonnés absents. L’époque où nous emmène ce roman est cent fois pire. Pas de bises entre amis pour se saluer. Pas de bisous languissants sans l’autorisation de la belle. Déroger à ces règles peut se payer cher. Se terminer très mal. Dans le cas de Pierre, ce qui se joue est de l’ordre de l’arroseur arrosé. Il est à l’origine de la création de l’application domestique « Seraine », qui se met en route automatiquement, dès que le consentement n’a pas été obtenu pour un contact. Il est victime de son invention. La légende ne dit-elle pas que l’inventeur de la guillotine a été guillotiné? Pierre est pris dans son propre piège. Il est accusé d’avoir embrassé une jeune femme sans son consentement.

Voila une affaire rondement menée. Pourquoi Pierre? Qui lui en veut au point de le détruire socialement? Qui est cette jeune femme qui l’accuse? Pierre se dit innocent et croit en la justice de son pays. A t-il raison? Le thème abordé dans ce roman est celui de la liberté individuelle face aux nouvelles technologies et aux lois dites novatrices et protectrices. Comment une Intelligence Artificielle peut-elle prendre en compte les subtilités des sentiments? Peut-elle faire la différence entre une agression et un instant de flirt? Notre société actuelle devient de plus en plus policée, neutre. Tout doit être politiquement correct. Pas de mots ou de gestes blessants ou agressifs. Qu’en est-il des sentiments humains? Qu’en est-il de cet instant où deux regards se soudent et consentent au flirt, au premier baiser, d’un accord tacite?

Pierre vit dans une société où tout est millimétré, légiféré. Surtout, la protection de la femme. Cependant, l’Etat ne surprotège t-il pas cette dernière, en légiférant de sorte à étouffer toute spontanéité? Tout contact entre humains, en instaurant un « traumatisme », une peur de faire une erreur? Chef d’entreprise, Pierre a pour habitude de donner des ordres. Cela jouera t-il en sa défaveur? Son avocat fait face à un challenge. La présomption d’innocence peut-elle être appliquée? la société a décidé de protéger les femmes de toutes formes de harcèlement. Ne s’est-elle pas piégée en laissant l’Intelligence Artificielle appréhender les différentes sensibilités du contact humain? Pierre le découvrira bien rapidement. 

 

9791040555902   Librinova   19,90€

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Pauvres gens – LIM Jin-Taek – 2012 – L’harmattan

Quatrième de couverture

On oublie souvent que le peuple est détenteur de tous les droits et de tous les pouvoirs. Bien évidemment, il possède une force d’âme, une profondeur de pensée, une morale et se fait l’interprète de la voix de la sagesse. Il peut donc, parfois, être bien plus brillant que les classes dites supérieures : tel ce fonctionnaire houspillé par un agriculteur, cet archéologue, ce pasteur et cette chamane détentrice du titre de trésor national, ridiculisés par de simples gens, ces prisonniers qui raillent les magistrats.

Mon Avis

J’ai souhaité découvrir le théâtre coréen que je ne connaissais pas. Je pensais, ingénument, qu’il ressemblait au théâtre chinois, avec des effets de manches, etc. J’ai découvert, avec surprise, que, comme en Afrique subsaharienne, il fait interagir les acteurs avec le public. C’est, aussi, un spectacle musical. L’histoire se situe dans les années 1980, où l’Etat impose l’utilisation d’insecticides afin d’assainir les récoltes et de faire en sorte qu’elles soient suffisantes. Après une campagne massive, tous les agriculteurs s’y sont mis. Mais, oui, mais… Vous savez? Il y a toujours quelqu’un qui sort des sentiers battus. Qui refuse d’être un des moutons de Panurge. Ce qui contrarie les représentants du Ministère responsable de l’agriculture. En Corée du sud comme dans de nombreux pays d’Asie ou d’Afrique, le riz est la nourriture de base. Il symbolise la nature, la vie. Quand Dame nature va mal, plus rien ne va.

Le riz est le personnage principal de cette pièce de théâtre. Il représente la nature, l’humain, la Terre-Mère. Par ailleurs, l’auteur dénonce la corruption endémique qui existe au sein des services d’Etat, des fonctionnaires. Il dénonce, en plus, le fait d’appliquer aveuglément les lois, sans tenir compte des réalités naturelles et humaines. Des mises en garde des cultivateurs. Les politiques se pavanent, s’écoutent parler, se ridiculisent. Le peuple n’est pas dupe. Il les observe et rit sous cape. Cette pièce de théâtre démontre que le système est pourri jusqu’à la moelle. La parodie de procès, en prison, le démontre bien. Seuls les paysans ont la tête sur les épaules. Mais, hélas, trois fois hélas, leur opinion et leurs connaissances agraires ne comptent pas.

Que d’humour dans cette pièce de théâtre. N’oublions pas que l’auteur nous dépeint la société coréenne des années 80. Le riz est un bon outil car il permet de parler de l’ensemble de la société, toutes classes sociales confondues. La parodie du jugement des prisonniers démontre que la solution est totalement improbable. La société détourne les yeux, joue aux trois singes ou baisse les bras. Que faire pour changer un système, dans une société où les traditions, les codes sont spécifiques et vitaux? Une société où les plus forts (les plus riches) ont tous les pouvoirs en main? Le sort des paysans et de leurs cultures tient à un fil. La mauvaise gestion agricole risque de les pousser à la famine. Le traducteur Jael-Il LIM, nous a permis de connaître un superbe spectacle qui régale le lecteur.

9782296559608   L’harmattan théâtre   62 p.   10€

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Chien errant – Sadegh HEDAYAT – 2025 – L’harmattan

Quatrième de couverture

Le monde iranien que Sadegh Hedayat dépeint est celui du désespoir et du cynisme : s’y imbriquent, d’un côté, les codes et traditions ancestraux, de l’autre, l’individualisme, le paraître et la frustration qui caractérisent peut-être toute société moderne ou postmoderne, où les liens sociaux et culturels se sont effondrés, mais pas le désir. Le langage même est entré dans « l’ère du soupçon ». Les nouvelles de Hedayat pourront nous apparaître comme de grands poèmes en prose, aux voix lyriques parfois, sardoniques souvent, qui sauront prendre le lecteur au collet tant par leurs stases descriptives et poétiques que par leur vitesse vertigineuse. Elles sont l’une des sources imaginaires de la peinture et du cinéma iraniens depuis les années quatre-vingt. Plus encore, des pierres (noires) d’une anthropologie universelle.

Mon Avis

Sadegh Hedayat ou l’art de parler des émotions, des personnages. L’art de la description des êtres vivants. Oui, je dis bien « art« . Il n’y a pas d’autres mots. J’ai remarqué cet art chez les quelques écrivains persans que j’ai lus, ainsi que chez de nombreux écrivains arabophones. Avec cet auteur, la mélancolie devient un savoir-être et la noirceur de l’âme humaine, un savoir-vivre. . Comme je le disais plus haut, les émotions font la force des personnages. A commencer par ce fameux « chien errant« . Il lui offre une âme, des émotions humaines. Il le personnifie. Il le fait vibrer. Son comportement reste animal, mais ses pensées, ses émotions sont humaines. C’est d’une grande beauté. C’est la magie poétique d’une plume. Le lecteur s’approprie cette magie et la vit intensément.

Ce recueil de nouvelles nous offre un panel incroyable de personnages, de sentiments, d’émotions. L’être vivant vibre de ce mélange, pudiquement explosif. De cette joie de vivre. De ce bonheur de souffrir. Une souffrance qui creuse son sillon, d’une manière indélébile, dans le corps et le cœur de l’être qu’elle envahit. La plume est très poétique. Elle emporte les mots, les souffle, les jette, les mélange, à la face du monde. A la face du lecteur qui se délecte. Dans « Katia« , il met en exergue les affres de l’amour, la souffrance, face aux affres de la guerre. Chacun porte sa croix, à sa manière, et la trouve plus lourde que celle des autres. Chaque titre de nouvelle est écrite en arabe ou en farsi, me semble t-il. Les personnages ont tous ce vague à l’âme qui les distingue de ceux qui les entoure. La mélancolie, douce-âpre, collée au corps, domine tout.

N’oublions pas ce détour dans le mystique, dans « le trône d’Abu Nasr« , qui renvoie l’homme face à sa vanité et à ses désirs utopiques. C’est glaçant. Horriblement choquant, faisant courir un frisson de peur et de dégoût le long de la colonne vertébrale du lecteur. Les mots suffisent et nous nous en délectons en frissonnant d’effroi. Ces petites scènes de vie parlent d’un peuple qui a un humour qui lui est propre, ainsi que pour certains, une philosophie qui frise la folie. Une sagesse faite de désespoir, de réalisme  et d’un espoir utopique. C’est un kaléidoscope de sentiments, de situations, de philosophie, déclamés avec poésie. Une poésie persane des siècles d’antan, accompagnée d’une cithare et posée sur une feuille de papier. Pour l’éternité.

 

9782336533988   L’harmattan Coll. L’Iran en transition  158 p.  15€

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La controverse de la noix de coco – Alain PIOT – 2025 – Les Impliqués Ed.

Quatrième de couverture

Le sujet de cette petite comédie est inspiré d’un voyage de l’auteur au Venezuela avec son épouse en 1998. Plusieurs années plus tard (près de 30 ans !), il s’attèle à un exercice quotidien, fécond pour son cerveau : chaque matin, au réveil, il s’empresse de mettre par écrit une ou deux idées représentant les moments forts de son voyage. Une méthode pour ne pas vieillir… idiot ! De ce voyage, il lui est resté en mémoire ce fruit curieux et mystérieux, la noix de coco. Mais ses contacts avec les habitants lui ont fait toucher du doigt la réalité sociale de ce pays, passé d’une grande richesse à la pauvreté actuelle et il a essayé de traduire cette situation à travers une référence historique, la controverse de Valladolid organisée en 1550 par Charles Quint, qui avait pour but de définir officiellement la légitimité ou l’illégitimité de l’esclavage des peuples amérindiens. Certaines « disputatios » résonnent dans ce pays et cette zone caribéenne avec une réelle modernité !

Mon Avis

Ou, de l’ineptie, de l’absurdité, de la vie. Tel pourrait être le titre, même si le sujet abordé est très sérieux. De simples noix de coco vont être à l’origine de questions existentielles, politiques, historiques et autres, dans un pays qui s’est brusquement paupérisé: le Venezuela. Henriette et Maurice, deux français en vacances dans le pays, ne se doutaient pas que la découverte de ce fruit allait les mener si loin, intellectuellement. Comment se douter qu’en échangeant avec Antonio, leur guide, ils se mettraient à parler économie et politique vénézuéliennes? Il y a beaucoup  d’humour dans cette pièce de théâtre. Le Monde entier est face à un fruit qui représente la souffrance, la pauvreté d’un peuple. Qui représente, plutôt, les privations du peuple et les exactions gouvernementales. Sa corruption, aussi. Pauvre fruit qui devient l’emblème, le symbole, de la misère de toute une nation. Il est source de richesse pour un gouvernement autocrate.

Antonio, adepte de la mode androgyne, représente le peuple spolié et le Parti Communiste, muselé, qui se bat contre un Etat dysfonctionnel. Nos deux touriste, quant à eux, représentent le regard du Monde sur un pays qui a perdu ses ressources, ses repères, ses rêves et son peuple qui ne croit plus en lui. Que peut répondre un dictateur corrompu, à tous ces reproches? Fonseca, représentant de l’Etat autocrate, va devoir y faire face. Cette pièce de théâtre fait un clin d’œil à la controverse de Valladolid (1550): un débat politico-religieux sur la nécessité de maintenir en esclavage le peuple indien d’Amérique du sud.

La question qui se pose dans cette pièce de théâtre, est de savoir s’il faut accepter que le peuple soit spolié, par le Gouvernement, de la seule nourriture qui lui reste: la noix de coco? L’humour est grinçant. Jaune. Cynique. Désabusé. C’est incroyable comment une banale noix de coco peut enflammer les esprits, tenter de trouver des solutions utopiques, tenter d’ouvrir des esprits totalement hermétiques. Ce fruit est le cri d’un peuple qui a tout perdu, sauf sa dignité. Il lutte, férocement, pour la garder ainsi que le droit de se nourrir simplement, sans que l’Etat ne vende ces fruits à l’étranger pour enrichir les Eminences gouvernementales. Les protagonistes de cette pièce de théâtre ont des mentalités à changer. Ce qui n’est pas facile. Comment s’en sortiront le peuple et son autocrate? Que deviendra le pays?

 

9791042810221    Les impliqués Ed.    80 p.    12€ 

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