Après la lecture de son essai revigorant « Toutes les époques sont dégueulasses » chez Corti, retour au Prix Médicis essai 2023 qui avait distingué Laure Murat. Cette lecture de Proust (dont je ne suis pas un si grand amateur) est passionnante dans sa dimension autobiographique. Elle explique très bien comment sa découverte d’ « À la recherche du temps perdu » est à la fois une façon de se réapproprier l’histoire de son illustre famille (celle de la noblesse décrite par Proust) et d’acter son déclassement. Les pages où elle s’approche le plus près - Laure Murat garde toujours ses distances même dans l’exercice du dévoilement - des figures maternelles et paternelles sont les plus belles.
Il manque sans doute à ce livre un volet iconographique. L’idée n’étant pas de regretter son numéro « Point de vue », mais plutôt d’incarner ceux dont la matière fictionnelle résiste , notamment quand l’autrice travaille un matériau photographique. Je me suis fait cette réflexion en recherchant par exemple des images de Violette Murat, d’Albert Le Cuziat ou du château de Luynes.
Lire « Proust, roman familial » après « Toutes les époques sont dégueulasses », c’est aussi l’occasion d’envisager le chemin d’une intellectuelle aux valeurs à contre courant de son milieu d’origine. Et de ce point de vue vraiment étonnante et assez admirable.
« Proust, roman familial », Laure Murat, éd. Le livre de poche, 2024.
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