3 décembre, continuons d’ouvrir notre calendrier de l’avent
#JargonVolcan avec tindar, un mot issu de la langue islandaise. Il désigne un relief volcanique longiligne typique des environnements ayant connu des éruptions sous-glaciaires (Islande, Canada, Antarctique…).
Vous avez sans doute vu des images des grandes fissures qui se sont ouvertes lors des récentes éruptions islandaises. La lave étant fluide, elle peut s’étaler librement de part et d’autre de la fissure (ci-dessous). Maintenant, imaginez qu’une telle fissure s’ouvre sous une importante masse de glace : la glace va fondre un peu localement, mais la lave ne va pas pouvoir s’étaler. Latéralement contrainte, elle va s’accumuler sur place, construisant vers le haut. La roche constituant les tindars est d’ailleurs caractéristique des interactions magma–eau, avec notamment des laves en coussin et des hyaloclastites. Depuis le début de l’Holocène, la fonte de la calotte polaire islandaise a dévoilé de nombreux tindars.
Il ne faut pas confondre un tindar avec un tuya, une forme de relief voisine mais plus tabulaire que longiligne. Lors de la construction d’un tuya, la roche en fusion finit par atteindre la surface et s’écouler à l’air libre, coiffant le sommet d’une couche de lave « classique » et lui conférant une forme moins effilée. Le mot tuya est lui issu du peuple tahltan, Tuya Butte (Canada) étant la localité-type de cette forme de relief.
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