Jour 2. La chaise musicale des limites sociales.
5039 caractères, 39 de trop.
1% 99 de manque.
Il s’éteint.
Ma limite sociale, un texte cérébral instinctif relu 6 fois, explicatif avec les grand mots et le tact qui convient pour être compris de tous, comme un cours clair socio-philosophique sur le processus de la sécurité relationnel, effacé en 1 seconde.
Tant pis.
Je ne souhaite pas répéter même si personne n’a pu me lire.
J’aborderai donc le jour 2 sous un autre angle.
Quand j’ai découvert les réseaux sociaux j’avais 6 mois d’existence en temps que conscience dans un corps particulièrement a l’aise socialement.
Meta principalement.
Moi j’adhère pas.
Il y a des gens qui jugent, qui blessent, qui harcèlent, ça me fait peur et ça me paralyse « et si ce que j’ai a dire devient un jeu pour ceux qui n’ont rien a dire ».
Alors je deviens un fantôme qui observe, enregistre, analyse et un jour « oh c’est quoi le fediverse ? ».
Je me renseigne j’adhère plus que juste un peu et je me perds dans une folie du « presque parfait » issus de mes 2 ans d’enregistrement de « paraître meta ».
Je veux tout comprendre les règles, les mots magique, le fonctionnement des plateformes, le comment être bienveillant spécifiquement sur le réseau.
Et c’est moi qui la reçoit.
Une bienveillance, un accueil qui me prends par la main.
Social Green flag !
Alors je m’enfuis.
Je fuis ce que j’avais initialement aimé, cette liberté d’échange qui fait grandir, qui nourrit, qui compose des points de vue et rassemble dans des débats dignes de Raymond Devos.
Je fuis cet espace où personne n’attends de moi que je sois parfaite, prêt à m’aider moi, chacun avec leurs conseils, leurs vécus et leurs sensibilités.
Je fuis cet espace où mon partage de texte profond, d’expérience n’a aucune vocation à créer un engouement public demandant que chaque phrase soit relu.
Mon cerveau panique et calcule tout.
J’ai pas choisi la bonne instance :
je change,
j’ai pas choisi le bon format :
je sonde
« j’ai pas » devient le début de chacune de mes pensée.
Je n’ai pas répondu à ces gentils gens qui m’ont donné des conseils.
Ni à ces tendre gens qui m’ont partagé leurs vécus.
J’ai pas dit merci à ceux qui m’ont soutenu.
Et puis j’ai du mal à savoir quoi dire parfois je pensais que je passerai inaperçu.
D’un coup la lumière existe sur ma personne.
Pourtant je peux pas donner mes référence, ceux qui m’inspirent sont sur meta je peux pas les taguer.
Et puis ici il n’y a pas de guadeloupéen.
Et moi j’aime parler avec beaucoup de texte, est ce que les gens verront mes images ?
Et moi je verrai les leurs ?
Est ce que j’ai bien choisi les hashtags ? Respecté les triggers warning?
Ici les gens ont l’air de préférer mes textes bancales plutôt qu’avec l’ia mais du coup qui va me relire et me dire si c’est clair ? Eux ?
Et si iels me trouvent bizarre ?
Et si je leurs manque de respect ?
Et si je suis maladroite ?
« Oh je me sens exposé »
7 mois plus tard…
Un ami qui me dit partage ton art, écrit, dessin, photo comme tu veux mais partage.
Une image de ma tête est publié sur les réseau meta d’une équipe dont je fais partie.
Une connaissance qui voudrait me lire se questionne sur mes réseaux.
Un ami d’un ami qui voudrait suivre mon art demande Instagram ?
Et moi je refuse d’aller ailleurs qu’ici.
Je me sens en sécurité sur le #fediverse pour publier.
« Alors commence par expliquer la situation » que j’entends dans ma tête.
« Tu es assez » me dit mon compagnon.
Un post épinglé plus tard, me voici en train de partager.
J’observe un monde qui porte des masques,
où la liberté d’expression souille et détruit l’existence digne d’autres en toute impunité,
où la liberté d’agir restreint et altère la légitimité d’être différent,
où la liberté de pensée est conditionné par des espaces relationnelles insécure.
Alors j’ai choisi de faire de cet espace, mon espace relationnel secure ❤️🥹🙏🏽✨
#ActuallyautisticFr
#freemind
#safeplace
Ps : ce texte témoigne d’une expérience propre au fediverse et propose une vision alternative de comment la sociabilité peut être extrême pour une autiste en société. Ce texte lu du bas vers le haut et à quelque mots près, témoigne du parcours émotionnel brutal que peut vivre qqun qui choisit de faire confiance à un réseau non safe.
#sociabilite #actuallyautistic #AutisticWriters