Parle pour les murs – Nathalie PICARD – 2024 – Et le bruit de ses talons
Quatrième de couverture
Les textes qui constituent ce recueil ont tous été écrits en écho à un événement, une situation, ou en dialogue avec une œuvre. Comme des croquis pris sur le vif, in situ. J’ai choisi de réunir ces poèmes autour d’une unité d’énergie, de forme et de ton que je leur trouvais. Les « pierres » de mon édifice étaient données, mais cela ne suffisait pas à le faire tenir debout. Comment à partir de cela élaborer un ensemble qui se tienne sans trop d’artifice ? Il y avait pas mal de murs et d’ouvertures qui revenaient dans mon champ lexical, et j’ai eu l’intuition que je pourrais organiser quelque chose autour de ce dénominateur commun. Partant, j’ai donné à chaque texte un titre, et je me suis essayée à construire quelque chose à partir de ces mots comme si je dressais un plan avec une sorte de logique architecturale : « entrée/accueil/ assemblée / tribune ». J’ai dessiné ainsi une succession de pièces mentales en enfilade sur quatre niveaux. Des lieux d’où se disent des paroles. Un peu labyrinthique. À mon grand étonnement cet ordre donnait au corpus une forme et une tenue. À quelques détails près, aucune autre organisation ne m’a parue si cohérente. Puis j’ai effacé les titres qui brouillaient la lecture. Le texte Parle pour les murs, que j’ai choisi de mettre en exergue et dont le titre a donné son nom au recueil m’est venu après coup. Il donne le ton, et tient lieu d’introduction.
Mon Avis
En plongeant le nez dans ce recueil de poésie, l’impression est que les poèmes sont regroupés au hasard. Pas du tout. Ils suivent une logique fine. La vie, l’humain, la nature, les sentiments…, se tiennent la main, s’avancent l’un après l’autre, ou par petits groupes timides. Tout cela est d’une cohérence joyeuse. Qui n’a jamais souffert ou pleuré? Qui n’a jamais lutté pour obtenir quelque chose? Ce recueil est un chant de résilience. « Faire d’une faiblesse une force/D’un serpent, un bateau/ D’un doute, une volonté[…]« . N’est-ce pas la quintessence de la résilience? La quintessence de cette force qui pousse à se lever tous les jours et à se battre pour ce que l’on souhaite?
Il suffit de regarder autour de soi, dans sa vie, dans ses pensées pour comprendre ce dont parle l’auteure. La résilience est de tous les instants. « Faire d’une faiblesse une force/[…]/D’un doute, une volonté/D’une blessure, une arme« . Ne sont-ce pas là de bons conseils? N’est-ce pas la plus belle forme de résilience? Que ce soit en prose ou en rimes, les mots rythment la vie, la beauté de l’expérience. la force de la résilience, la douleur de la perte, les questionnements sur la vie, sur la beauté du monde autour de soi, sur la philosophie de vie, « si rien n’est jamais perdu/Rien n’est acquis définitivement/La mort n’est pas la mort« . C’est tellement vrai et fort.
Ce recueil de poésies « parle pour les âmes, les cœurs« . Les mots sont forts, riches d’expérience, de douleur, de beauté. Ces murs dont parle l’auteure sont pulvérisés par les rimes. Ils ont, aussi, accroché à ces murs, des images de la vie de tous les jours. Des projections que la prose a dessiné sur ces murs de la vie. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces poèmes suivent une esquisse très simple des échos, des douleurs, de l’humanité, en général. « Cette langue maternelle […]/Se tait intensément« . Cependant, son silence est bruyant de mots, de rimes criants de vie, de prières muettes, qui font la beauté et la souffrance de l’humain et de ses sentiments. C’est un recueil bruyant de douloureux silences, de cris muets, d’amour. Terriblement beau.
9782379120534 Et le bruit de ses talons 98 p. 14€
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