mais nos amitiés persistent
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l’amitié connaît le poids et l’amour ne le connaît pas
l’amitié s’accorde et l’amour dépasse
l’amitié a la main ferme et l’amour a une aile qui tremble
l’amitié est justesse et l’amour est jugement
nous nous volons toute notre vie
comme des oiseaux de feu
qui tombent d’amour et de mort
nous avons appris que les relations
n’ont droit à l’existence que si elles nous lient
par verticalité
par ciel par devoir par racines
et par sang
mais nos amitiés persistent en nuées et lichens
ce ne sont pas des vers sautant et sautant d’un vide à l’autre mais la prose des yeux qui se suivent – une ligne à la fois
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par sykorax
plus de textes ici : https://sykorax.fr/
unseelie
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ce n’est pas de la sagesse, c’est un rêve en plein jour.
pas de philosophie.
la magie est une poésie pratique.
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il existe un chemin bercé par les coquelicots et de violets pavots. les pas sur ce chemin sont toujours des murmures et les serpents n’ont pas peur de les entendre. ici est ailleurs, le sommeil est l’inquiétante familiarité du devenir. on marche sur ce chemin comme si on avait une fortune à fuir et un monstre à trouver. le sommeil est une transparence sans lumière, un passage. là, il y a une possibilité : la folie dans une paupière comme un incendie dans un verre d’eau – ou dans l’océan —, et c’est la nuit toujours qui te choisit ; on subit la nuit ; c’est le jour auquel on tient tête.
je veux boire le noir au fond de ma bouche et au fond des oreilles et au fond des coquelicots ; je veux être bue par une ombre le soir. si je me perds, un chemin me trouvera peut-être et me traversera, et je ne serai plus qu’un décor mais la vie aura le premier rôle au milieu de moi.
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je peux vivre sans moi comme un rêve ou une folle.
car ce n’est pas ma vie que j’aime ni ce qui dit « mienne ». c’est la vie seule qui est bonne.
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aux vies unseelie je recommande ceci : un grand sens de la justesse, plutôt que de la morale.
mon goût s’est ajusté à une vie qui semble atroce à d’autres ; mon goût s’est ajusté à des yeux et à des narines qui ne supportent pas le printemps, à des nerfs qui se désacordent l’été. et c’est à tel point que plus rien ne distingue mon étrange goût du goût normal, si ce n’est que le premier est frappé d’un stigmate. il y a symétrie, il n’y a pas grande différence, juste un basculement de miroir à miroir, d’oeil-zénith à monstre.
me fait souffrir la lumière d’avril comme d’autres se détériorent sous un ciel de brouillard, et j’ai de grandes joies : elles fleurissent l’hiver. de là, suis-je malade ? aux yeux de la société oui, mais pas aux miens. il n’y a rien de mortifère à voir dans le noir : il y a juste une vie étrange et qui pour beaucoup est perçue d’emblée comme intolérable. voilà ce que c’est être malade pour la norme et non de manière autodéterminée, voilà peut-être ma folie : m’autodéterminer comme vivante là où on voudrait les grandes malades un pied dans la tombe. jusqu’à la mort tout est vie est le proverbe des monstres petits et grands, et je le fais mien. je revendique ma vie comme chose extraordinaire, alliance des contradictions, miracle terrible, objet de scandale, chose impossible ; je veux la vie radicalement et absolument. ce n’est pas une excentricité romantique ou un héroïsme, c’est vivre dans une société où il y a des morts douces pour les anormal-aux, des vies qui ne se sentent jolies et dignes que parce que d’autres sont dites inhabitables. ici, dans cet endroit bizarre où je vis, vivre c’est presque commettre un crime.
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vous avez peur de la gorgone parce que parmi les monstres, elle est la seule qui regarde de face.
le petit peuple des fées, nos invisibles trop bruyants, nos grouillements d’yeux et de dents, nos champignons qui débordent un peu, dans l’ombre, nos couleurs hirsutes, c’est votre mauvaise conscience ou peut-être plutôt votre crainte. on ne nous voit pas mais on nous flaire partout comme un risque parce qu’on nous a rendu-es minuscules. il y a des monstres au bord de vos yeux.
mais je vous vois.
nous aussi, on peut.
la magie de nos yeux ce n’est pas de voir, c’est de pouvoir.
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par sykorax
plus de textes ici : https://sykorax.fr/
lazone.org - "Zona Delenda Est" par Dourak Smerdiakov
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(IA hacked)
glitch
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l’échec c’est le glitch
c’est pas prévu que tu fonces dans un mur
quand tu joues
mais parfois tu le traverses
parce qu’en fait rien à foutre du mur
le jeu (le jeu pervers) veut qu’on échoue
mais est-ce qu’il veut que tu veuilles échouer
gagner c’est tuer
gagner contre les gens qu’on a nommé
pnj ou éléments du décor
on gagne tout d’abord on tue et puis on a perdu
je joue à ce jeu pour grimper dans les arbres tout au bord
ils sont bleus
la seule aventure est hors du chemin
beaucoup l’appellent échec
chute
je veux tomber dans un puits
et voir plein de petits pixels d’étoiles non-prévues par
la texture
il existe peut-être un jeu
où on dépose l’épée
et où on a encore une vie à perdre
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par sykorax
plus de textes ici : https://sykorax.fr/
... série Toutes ces lumières qui ne peuvent plus s'étreindre