J’ai profité de mes vacances (oui, c’est pour ça que j’étais absente des réseaux dernièrement) pour lire le recueil de nouvelles Lucioles, 15 fictions pour des futurs écologiques, regroupant 15 auteurices sous l’égide des éditions @LaVolte sur une idée de Reporterre à l’origine. Et j’ai beaucoup aimé!
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Lucioles : 15 fictions pour des futurs écologiques

Publié à la mi-mai, Lucioles est un recueil de 15 textes d’anticipation écologiques de 15 auteurices, coédité par le magazine Reporterre et les éditions La Volte. Très attiré par les genres du solarpunk, de l’utopie écologique ou encore du hopepunk, c’était une évidence pour moi de lire ce recueil composé de plein de noms que j’admire déjà individuellement. Et voici ce que j’en ai pensé… Extrait: « L’humain parfois oublie qu’il est seulement de passage. Ni propriétaire, ni même locataire, il est l’une des espèces temporaires de la planète, celle qui aura œuvré à sa propre destruction. » La postface de Vincent Lucchese de la rédaction de Reporterre éclaire merveilleusement l’intention de ce recueil; mais aussi celle de tous les écrits de solarpunk et hopepunk: imaginer des alternatives, d’autres façons de faire, pour effacer ce désespoir et cet accablement que les politiques fascistes et le capitalisme infusent dans les sociétés. Car croire qu’il est possible de vivre autrement, qu’un autre avenir peut se créer en commun et en harmonie avec une nature qu’on cesserait de malmener, c’est le premier pas de la résistance. Imaginer ces futurs alternatifs, anticapitalistes, tournés vers le commun et le vivre-ensemble plutôt que sur la consommation et la hiérarchisation des peuples, c’est infuser l’espoir nécessaire à toute lutte. C’est exactement l’intention de ce recueil, et ce par 15 voix et de 15 manières assez différentes. On navigue de récits plus utopiques à ceux plus nuancés des débuts de résistance. On y parle avec poésie du monde qui nous entoure tout autant qu’avec la rage au ventre.  La postface donne aussi un éclairage sur le titre (merveilleusement bien) choisi du recueil et donne envie, effectivement, de faire advenir à nouveau ce temps des lucioles. S’agissant évidemment de textes foncièrement différents, portés par des voix distinctes, certaines nouvelles m’ont évidemment plus emporté que d’autres, mais voici mon retour individuel sur chacune d’entre elles. Extrait: « Le goudron fracturé et les façades rendues éblouissantes par la morsure radieuse du soleil sont laissés derrière dans le sillage invisible de la barque, avec les quais fantomatiques et les échos clapotants qui hantent le béton. » Tulpa is the new IA de Corinne Morel Darleux Le recueil commence avec un texte de Corinne Morel Darleux, autrice que je connais pour ses superbes essais en écologie. Dans cette courte nouvelle, nous découvrons un avenir post-effondrement de la société que nous connaissons. La vie est plus en harmonie avec la nature, sans technologies, et l’humanité semble avoir développé une capacité à se créer des compagnons animaliers malheureusement disparus en plus de mutations choisies qui reviennent à notre animalité. J’ai trouvé l’idée belle et son final touchant pour les nuances qu’il apporte et le regard compréhensif du personnage principal sur la souffrance de la génération précédente qui a tout perdu. Mais j’avoue avoir tout de même manqué d’un peu de matière pour comprendre comment tout cela fonctionne (on nous parle de volonté, est-ce une manière de nous dire « chut, c’est magique »?) et surtout sur comment le monde s’est reconstruit aussi joliment. V’est néanmoins joli, original et j’ai passé un bon moment. Rongeurs de Sylvie Lainé Cette nouvelle se construit de petits passages où nous changeons de personnage et de perspective pour comprendre ce qui se passe. Sylvie Lainé imagine un effondrement d’une partie des technologies par une évolution des rongeurs. C’est intéressant de voir comment différents protagonistes réagissent mais là aussi j’ai manqué de développement. Si l’idée n’est pas mauvaise, le résultat m’a semblé trop lisse. Il n’interroge pas en profondeur les problématiques d’une société ultra-connectée et les répercussions d’un tel bouleversement (qui vont bien au-delà de la perte des appels en visio…). Un peu déçue. Le Parleterre de Li-Cam Autre ambiance avec cette nouvelle qui nous emmène en forêt pour une étrange cérémonie avec une technologie joliment nommée le Parleterre. Dans ce récit, écrit au féminin, Li-Cam nous fait voyager à travers de nombreuses sensations dans une reconnexion sublime à la nature, à la Vivante. C’est vraiment une nouvelle envoûtante qui réussit le pari de mêler technologie et écologie. La plume est superbe, l’évolution du personnage accompagne brillamment le lectorat sceptique et le résultat m’a émue. J’ai adoré ce texte qui réussit en outre, entre ses lignes, à dévoiler un univers riche et crédible sans jamais gâcher l’émerveillement. La révolution, c’est de l’eau de Wendy Delorme Il m’est difficile d’être subjective quand il s’agit de Wendy Delorme. C’est pour moi une des plus belles plumes contemporaines et cette nouvelle ne me fera pas changer d’avis à son propos. C’est un coup de cœur pour ce texte qui fait référence au Parlement de l’eau publié chez Cambourakis (que je dois absolument lire!). On est dans du post-effondrement au cœur d’un groupe de personnes qui font vie commune et ont un rêve: casser le béton pour faire revivre un cours d’eau enterré depuis bien longtemps. On y parle résistance, collectif, retour à la nature dans un court récit inspirant et positif. Rien que pour ce titre, le recueil vaut la découverte. La première matriarche de Juliette Rousseau C’est la première fois que je lis Juliette Rousseau et je dois dire que cette rencontre avec sa plume est plus que positive. On est sur un récit intime et touchant de deuil. Par la fin d’une vie, l’autrice raconte le basculement d’un monde. Par la disparition de l’une, elle raconte la vie de toute une communauté. C’est poétique, doux et touchant. On ressort de cette lecture avec une impression d’apaisement surprenante. C’est autant un enseignement sur les modes de vie que sur la façon de vivre un deuil. Tout est saturé de sensations et d’amour. Extrait: « Je continue à chercher des yeux les fougères qui sont nombreuses dans ce coin de forêt. J’apprécie leur port et la dentelle de leurs feuilles. Leur beauté si particulière touche énormément. Je déborde d’affection pour elles. J’ai l’impression qu’elles aussi m’observent, qu’elles aussi me connaissent. Je sais maintenant combien elles sont vivantes. » Happyculteur de Catherine Dufour Comme souvent, avec Catherine Dufour, on est sur un texte un peu léger, avec une touche d’humour. On nous raconte l’histoire d’un apiculteur heureux, voyageant avec sa ruche de zones en zones pour aider à la pollinisation. C’est tendre et doux, tout en étant lucide aussi sur la nécessité et la disparition des abeilles. J’ai bien aimé cette nouvelle. Feelin de Jean-Marc Ligny On est ici sur une nouvelle plus animalière puisque notre narratrice n’est pas humaine. On découvre, sous son regard, la vie sauvage difficile, les chasses, les peurs, mais aussi les rêves et les légendes. C’est plutôt mignon mais ça a que peut-être de profondeur. J’ai été un peu gênée par le penchant anthropomorphiste de ce récit aussi, je dois l’avouer. Nuclear Park de Hélène Laurain Oh que j’ai aimé cette nouvelle!! On est sur un récit piquant comme il faut, particulièrement jubilatoire, sur lequel on prend plaisir à voir des gens se prendre un beau revers. On sent que l’autrice a des choses qui l’agacent férocement (et que je partage tellement) et qu’elle a écrit ici un exutoire sans concession. C’est un très bon texte qui dévoile avec brio ce qu’il cache de manière progressive et qui envoie de jolies claques. On y critique les fascistes, les pollueurs au pouvoir, les distributeurs de fake news et autres climatoseptiques. Et ça fait du bien. Je crains d’être devenue un brin trop sadique tant j’ai souri, et même pouffé, sur cette nouvelle. Mais j’ai passé un super moment! Le temps d’un café de Ketty Steward Cette nouvelle, qui s’inscrit dans le registre de l’anticipation mais pas du solarpunk à la différence de nombreuses autres du recueil, se déguste comme une bonne tasse de café. Elle prend son temps mais conserve une intensité en fin de bouche. J’ai été cependant un peu frustrée par le manque de contexte et le goût de trop peu de son final. C’est cependant une nouvelle qui reste intéressante pour ses réflexions sur les ressources coloniales, les différentes manières de percevoir le temps ou encore la possibilité de résister. Pirates de Stéphane Servant Cette nouvelle détonne parmi les autres par son ton très familier. Elle se constitue d’un message envoyé sur les écrans du monde entier pour annoncer un plan de piraterie dans l’espace. C’est piquant, anti ultra-riches (toujours un bonheur ça!) et plutôt savoureux même si très court. J’aime beaucoup ce texte qui irait parfaitement bien avec la novella de Guillaume Chamanadjian Heureux comme jamais. On y parle de la force du collectif dans la résistance, la nécessité de sauvegarder le vivant et l’égoïsme abject des pontes capitalistes. Extrait: « Il fallait continuer le tissage, nouer entre eux les éléments disparates de leurs trajectoires, sceller le commun d’un récit que tous·tes pourraient faire leur et transmettre, une épine dorsale pour permettre aux générations suivantes de vivre aussi par les ressorts d’une histoire partagée. » Le ciel déraciné de Sabrina Calvo Avec Sabrina Calvo c’est toujours un voyage! Dans cette nouvelle entre dystopie et body horror, elle parvient à dépeindre en quelque phrases un monde corrompu, totalitaire, qui efface tout savoir et toute liberté aux enfants. Mais elle nous parle aussi de la force des livres, dans ce qu’ils permettent l’émancipation et parfois la révolte. C’est un texte surprenant mais aussi très beau malgré sa violence. C’est un de ces textes qu’on garde en tête pour sa force et son originalité. Estuaire de Patrick K.Dewdney Cette nouvelle nous emmène le temps d’une traversée en barque au milieu de zones où la nature a repris ses droits. Dans le silence seulement ponctué du clapotis de l’eau sur la barque, deux personnes aux regards différents naviguent dans le souvenir et les histoires. C’est un texte d’une grande beauté où la plume, riche et poétique, fait des envolées qui nous donnent le sentiment de suspendre le temps. J’ai été conquise par cette pause presque méditative qui glisse, entre ses flots, de belles réflexions. C’est un franc coup de cœur ce texte. La Cure de luvan Comme toujours, lire luvan c’est partir en voyage. On stoppe tout, on écoute sa respiration s’apaiser et on se laisse porter. C’est beau, c’est unique, c’est poétique. On y croise les fées, on apprend d’elles comme on apprend sur nous. Et si on ne saisit pas tout, ce n’est pas important tant que l’impression, elle, se soit ancrée en nous. C’est le cas avec cette nouvelle qui parle de fin et de renaissance. Une touche d’espoir dans un au-revoir et une magnifique réflexion sur les enseignements qu’on doit tirer de ce qui n’est pas humain. La possibilité qu’on nous regarde et qu’on doive garder une certaine dignité sous le feu de ces yeux-là. Vraiment, plus je lis luvan, plus j’adore et plus je me dis que la fée, c’est sans toute elle. Tout le reste disparaîtra de Vincent Message On est sur une nouvelle plus politique avec un point de vue que je n’attendais pas dans ce recueil: celui d’un élu d’extrême droite. J’ai apprécié la nuance du propos, le difficile changement de perspective d’un fasciste pourtant confronté au réel. C’est un texte plutôt juste, qui laisse entrevoir un début d’autre possible et donne en tout cas envie d’y croire. Le côté fort politique de ce texte sort un peu du lot et peut tout à fait déranger, surtout quand on recherche un peu de solarpunk. Solar city d’Elio Possoz Quelle merveilleuse idée de terminer le recueil sur une nouvelle dont nous sommes les héroïnes et héros. J’ai beaucoup aimé cette expérience qui donne à réfléchir à d’autres manières d’agir, de résister en commun, avec toutes les difficultés que ça sous-entend mais aussi tout l’espoir que ça fait infuser dans nos cœurs. Belle idée que cette fin de recueil qui nous fait « passer à l’acte ». J’ai adoré expérimenter cette utopie anarchiste qui se remet en question, qui tâtonne mais surtout qui n’oublie pas de danser. En bref, j’ai beaucoup aimé l’intention comme le résultat global de ce recueil. Un peu d’espoir fait beaucoup de bien par les temps qui courent. J’ai été particulièrement conquise par quelques textes, notamment ceux de Wendy Delorme, Patrick K. Dewdney, Li-Cam ou encore celui d’Hélène Laurain. Je retiendrai la poésie et la colère, les réflexions sur d’autres possibles, avec toutes les nuances que chaque voix a apportées, faisant ensemble, dans cette mise en commun, un fourmillement de réflexions formidables. Résumé: « Vous ne rêvez pas, enfin de bonnes nouvelles ! Les fées et les oiseaux de mer murmurent à nos oreilles, les rats grignotent la fibre, nous imposent la déconnexion numérique, un grand-père et une bande d'ados fendent le béton pour redonner vie à une rivière ensevelie, le café donne sa couleur aux luttes souterraines pour un monde plus juste, les fusées des milliardaires sont hackées et les riches confinés sur les sites de déchets nucléaires... Comment l'imaginaire peut-il allumer des lueurs d'espoir et fabriquer des moteurs de luttes pour sortir d'un réel trop sombre ? L'équipe de Reporterre a invité des auteurices de science-fiction et de littérature politique pour répondre à cette question, avec la conviction que la fiction peut nous mettre en mouvement en déplaçant les idées sur le terrain du sensible. Aujourd'hui, La Volte rassemble ces histoires dans des versions inédites ou augmentées pour l'occasion. Quinze fictions pour rendre leur souffle à nos futurs, et de nouveau faire briller les lucioles dans nos imaginaires.» (Illustration de couverture: Aline Zalko) - Livre reçu en service de presse. Publication non rémunérée. Merci aux éditeurs. -  [Lecture n°20 (26/50 points avec les bonus pour l'échelon 4 Fusion dans l’utopique) pour le Challenge de L'Imaginaire édition 14 de Tornade de lecture + Défi trimestriel Zonval (Avril-Juin) - Un auteur qui vous fait de l’œil, c’est son moment ! (Pour Li-Cam, Hélène Laurain et Elio Possoz]    

Les critiques de Yuyine

Social media becomes the front door of news in Canada 🇨🇦

// Article in French //
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Les réseaux sociaux deviennent la porte d’entrée des nouvelles au Canada 🇨🇦

https://moncarnet.com/2026/06/16/les-medias-sociaux-deviennent-la-premiere-porte-dentree-de-linformation-au-canada/

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Les médias sociaux deviennent la première porte d’entrée de l’information au Canada

Le Digital News Report Canada 2026 marque un tournant dans les habitudes d’information au pays. Pour la première fois depuis le début de cette enquête, les médias sociaux deviennent la source d’act…

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Deux amis ratent leur correspondance à Londres et se retrouvent dans les ruelles de Whitechapel. Ce qui commence comme une escale érotique et complice bascule dans l'horreur la plus sombre.

Jack l'Éventreur n'a jamais vraiment quitté ses rues.

⚠️ Contenu 15+ : érotisme et horreur graphique.
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