Le flambeau perse – Jordi HUBERT – 2025 – L’harmattan

Quatrième de couverture

Étudiant français d’origine iranienne, Pejman se laisse convaincre par son professeur d’entreprendre un voyage d’études en Iran afin de vérifier la réalisation d’une prophétie prévoyant le retour au pouvoir des vieilles familles perses. Mais le jeune homme est loin d’imaginer que ce périple dépassera toutes ses attentes et changera son destin à jamais. Sous la poussière des pierres plurimillénaires, dans les entrailles des mosquées ou des cryptes oubliées, il découvre des secrets profondément enfouis au cœur des lieux les plus emblématiques de l’Iran. Entouré de chercheurs, d’explorateurs et de mécènes aux intentions divergentes, il comprend peu à peu que ses investigations l’exposent à des dangers insoupçonnés. Des forces en puissance, anciennes et obscures, cherchent à empêcher la réalisation de cette prophétie. À qui se fier dans cette quête qui attise les convoitises et dont les conséquences sont considérables pour l’avenir du peuple iranien ?

Mon Avis

La Perse. L’Iran. Faire des recherches dans la patrie de ses parents est un réel bonheur pour Pejman. Il ne connait pas la terre de ses ancêtres. Ce qui rend sa mission énigmatique et nostalgique. Quelle est-elle? Vérifier une prophétie. Ce qui semble irréel. Il ne connait pas grand monde dans ce pays. Le problème est qu’il n’est pas le seul à s’intéresser à cette prophétie. Est-ce une affaire d’Etat ou une découverte historique? Pejman sait-il quels dangers il court? Trouvera t-il de l’aide dans un Iran en transition? Un pays qui vient de perdre son roi et qui est sous l’autorité d’un chef religieux. Chaque avancée le met encore plus en danger. C’est le début d’un course contre la montre où les sueurs froides sont nombreuses.

Il est parfois dangereux de réveiller le passé. Un passé que Pejman interroge avec anxiété. Doit-il parler de ses recherches à tout le monde ou doit-il les faire en secret? Qui pourrait s’intéresser à une prophétie? Lui s’y intéresse en tant qu’étudiant. Son professeur l’aurait-il envoyé, volontairement, dans un endroit dangereux? L’auteur fait durer le suspens. Il nous laisse imaginer le prix que devrait, peut-être, payer Pejman pour cette mission. Au fur et à mesure de ses recherches, de ses rencontres, l’atmosphère change. Dans cet Iran post Shah, tout est dangereux et les étrangers sont surveillés. Est-ce la routine? L’auteur nous montre un peuple qui a peur. Un peuple qui semble connaître le prix à payer pour tout et n’importe quoi. Pejman, de son côté, commence à se demander s’il a bien fait d’accepter cette mission.

La Perse a une très riche histoire. Point de rencontre commercial, plusieurs langues y étaient usitées dont l’araméen. Ce qui épaissit le mystère. L’auteur fait de belles transitions entre la Perse d’antan et l’Iran d’aujourd’hui. Entre les richesses culturelles et artistiques des deux périodes historiques. Tout cela, avec un style subtil commun à de nombreux écrivains iraniens ou perses. Le choix des mots, la discrétion, cette sensation d’être observé, rendent cette mission plus intrigante. Est-ce une affaire d’espionnage? Pejman, débarquant de sa France natale, tente d’intégrer tout cela à ses recherches. Les paysages sont époustouflants. Mais, Pejman n’est pas là pour les admirer. Il doit accomplir une mission dantesque.

 

9782336552712   L’Harmattan Coll. Iran en transition   206 p.   18€

#éditionslharmattan #Espionnage #Instalire #Instalivres #Iran #Leeham #Leschroniquesdeleeham #Littérature #Perse #Romans #Suspens #Thriller
#JeanPhilippeSedikhi 📖 #Danslanglemort
Et si la poésie servait à regarder là où nos sociétés détournent les yeux ?
Jean-Philippe Sedikhi signe un premier recueil court, fort et nécessaire.
#EditionsLharmattan #poésie
#Humanité #Lecture2026 ⬇️ https://vagabondageautourdesoi.com/2026/02/06/jean-philippe-sedikhi-dans-langle-mort/
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A l’ombre du moucharabieh – AL-HABOB – 2025 – L’harmattan

Quatrième de couverture

Le roman explore les thèmes déchirants de la tradition contre l’amour individuel, de l’intolérance religieuse et culturelle, et de la violence sous-jacente aux normes sociales rigides. Il montre comment les choix dictés par le cœur peuvent entraîner des conséquences dévastatrices, détruisant des familles et des vies, et laissant un héritage de douleur et de questionnement sur la vraie signification de la foi et de l’honneur.

Mon Avis

« L’homme propose. Dieu dispose » dit le proverbe. Combien de fois l’humain a-t-il vu ses projets contrariés par ce fameux grain de sable qui remet tout à plat? Fatma, jeune tchadienne et excellente étudiante, se retrouve à Harvard pour des études en économie. Son travail est respecté et reconnu par ses professeurs. C’est une carriériste. Elle veut aller très loin dans ses études et faire le bonheur de ses parents. Gilbert est aussi tchadien et étudiant à Harvard. Lui aussi vise le sommet. Une rencontre. Deux vies qui changent. Deux religions qui se télescopent. Deux vies bouleversées. Que se passe t-il ? Que dire aux deux familles? Ils sont compatriotes, mais ont des traditions, des religions, des coutumes différentes.

Celui qui pense connaître l’Afrique, se ment sans honte. L’Afrique est un kaléidoscope d’humains, d’ethnies, de traditions et de cultures. L’auteur présente un cas d’école, dans un pays où la religion et les traditions imprègnent le quotidien. Les femmes ploient sous des lois qui entravent, parfois, leur liberté. Leur sort est décidé par les hommes de leur famille, malgré la modernité. Fatma et Gilbert ont foulé aux pieds, volontairement, ces traditions, sans l’avis des familles restées au pays. Que vont penser ces dernières ? L’intolérance règne entre les deux familles. Chacun défend son point de vue en oubliant l’humain derrière la religion. 

Ce roman aborde des sujets comme l’intégrisme religieux, l’intolérance et la destruction de l’honneur, dans une famille incapable d’avoir une ouverture d’esprit. Gilbert et Fatma ont provoqué le courroux de leurs familles. Au Tchad, selon l’auteur, et ainsi que cela se passe dans certains pays d’Afrique et du Monde, le métissage religieux n’est guère toléré. Chacun se cantonne dans ses prêches. Personne ne veut s’effacer devant l’autre. Ce qui donne lieu à des crimes d’honneur, à des reniements, à des bannissements familiaux et/ou religieux. Les deux amoureux sont-ils prêts à affronter cette tempête qu’ils vont créer ? Savent-ils le danger qu’implique leur amour? Vont-ils pouvoir s’aimer aux yeux du monde qui les entoure? Ce qui pousse à la réflexion et au désir de changer les mentalités. La haine est mauvaise conseillère. 

 

9782336570868   L’harmattan Coll. Ecrire l’Afrique   150 p.   16€

#Amour #éditionslharmattan #Drame #Instalire #Instalivres #Intolérance #Leeham #Leschroniquesdeleeham #Littérature #Religion #Romans #Tchad

Pauvres gens – LIM Jin-Taek – 2012 – L’harmattan

Quatrième de couverture

On oublie souvent que le peuple est détenteur de tous les droits et de tous les pouvoirs. Bien évidemment, il possède une force d’âme, une profondeur de pensée, une morale et se fait l’interprète de la voix de la sagesse. Il peut donc, parfois, être bien plus brillant que les classes dites supérieures : tel ce fonctionnaire houspillé par un agriculteur, cet archéologue, ce pasteur et cette chamane détentrice du titre de trésor national, ridiculisés par de simples gens, ces prisonniers qui raillent les magistrats.

Mon Avis

J’ai souhaité découvrir le théâtre coréen que je ne connaissais pas. Je pensais, ingénument, qu’il ressemblait au théâtre chinois, avec des effets de manches, etc. J’ai découvert, avec surprise, que, comme en Afrique subsaharienne, il fait interagir les acteurs avec le public. C’est, aussi, un spectacle musical. L’histoire se situe dans les années 1980, où l’Etat impose l’utilisation d’insecticides afin d’assainir les récoltes et de faire en sorte qu’elles soient suffisantes. Après une campagne massive, tous les agriculteurs s’y sont mis. Mais, oui, mais… Vous savez? Il y a toujours quelqu’un qui sort des sentiers battus. Qui refuse d’être un des moutons de Panurge. Ce qui contrarie les représentants du Ministère responsable de l’agriculture. En Corée du sud comme dans de nombreux pays d’Asie ou d’Afrique, le riz est la nourriture de base. Il symbolise la nature, la vie. Quand Dame nature va mal, plus rien ne va.

Le riz est le personnage principal de cette pièce de théâtre. Il représente la nature, l’humain, la Terre-Mère. Par ailleurs, l’auteur dénonce la corruption endémique qui existe au sein des services d’Etat, des fonctionnaires. Il dénonce, en plus, le fait d’appliquer aveuglément les lois, sans tenir compte des réalités naturelles et humaines. Des mises en garde des cultivateurs. Les politiques se pavanent, s’écoutent parler, se ridiculisent. Le peuple n’est pas dupe. Il les observe et rit sous cape. Cette pièce de théâtre démontre que le système est pourri jusqu’à la moelle. La parodie de procès, en prison, le démontre bien. Seuls les paysans ont la tête sur les épaules. Mais, hélas, trois fois hélas, leur opinion et leurs connaissances agraires ne comptent pas.

Que d’humour dans cette pièce de théâtre. N’oublions pas que l’auteur nous dépeint la société coréenne des années 80. Le riz est un bon outil car il permet de parler de l’ensemble de la société, toutes classes sociales confondues. La parodie du jugement des prisonniers démontre que la solution est totalement improbable. La société détourne les yeux, joue aux trois singes ou baisse les bras. Que faire pour changer un système, dans une société où les traditions, les codes sont spécifiques et vitaux? Une société où les plus forts (les plus riches) ont tous les pouvoirs en main? Le sort des paysans et de leurs cultures tient à un fil. La mauvaise gestion agricole risque de les pousser à la famine. Le traducteur Jael-Il LIM, nous a permis de connaître un superbe spectacle qui régale le lecteur.

9782296559608   L’harmattan théâtre   62 p.   10€

#agriculture #editionslharmattan #coree #instalire #instalivres #leeham #leschroniquesdeleeham #litterature #romans #satire #theatre

Chien errant – Sadegh HEDAYAT – 2025 – L’harmattan

Quatrième de couverture

Le monde iranien que Sadegh Hedayat dépeint est celui du désespoir et du cynisme : s’y imbriquent, d’un côté, les codes et traditions ancestraux, de l’autre, l’individualisme, le paraître et la frustration qui caractérisent peut-être toute société moderne ou postmoderne, où les liens sociaux et culturels se sont effondrés, mais pas le désir. Le langage même est entré dans « l’ère du soupçon ». Les nouvelles de Hedayat pourront nous apparaître comme de grands poèmes en prose, aux voix lyriques parfois, sardoniques souvent, qui sauront prendre le lecteur au collet tant par leurs stases descriptives et poétiques que par leur vitesse vertigineuse. Elles sont l’une des sources imaginaires de la peinture et du cinéma iraniens depuis les années quatre-vingt. Plus encore, des pierres (noires) d’une anthropologie universelle.

Mon Avis

Sadegh Hedayat ou l’art de parler des émotions, des personnages. L’art de la description des êtres vivants. Oui, je dis bien « art« . Il n’y a pas d’autres mots. J’ai remarqué cet art chez les quelques écrivains persans que j’ai lus, ainsi que chez de nombreux écrivains arabophones. Avec cet auteur, la mélancolie devient un savoir-être et la noirceur de l’âme humaine, un savoir-vivre. . Comme je le disais plus haut, les émotions font la force des personnages. A commencer par ce fameux « chien errant« . Il lui offre une âme, des émotions humaines. Il le personnifie. Il le fait vibrer. Son comportement reste animal, mais ses pensées, ses émotions sont humaines. C’est d’une grande beauté. C’est la magie poétique d’une plume. Le lecteur s’approprie cette magie et la vit intensément.

Ce recueil de nouvelles nous offre un panel incroyable de personnages, de sentiments, d’émotions. L’être vivant vibre de ce mélange, pudiquement explosif. De cette joie de vivre. De ce bonheur de souffrir. Une souffrance qui creuse son sillon, d’une manière indélébile, dans le corps et le cœur de l’être qu’elle envahit. La plume est très poétique. Elle emporte les mots, les souffle, les jette, les mélange, à la face du monde. A la face du lecteur qui se délecte. Dans « Katia« , il met en exergue les affres de l’amour, la souffrance, face aux affres de la guerre. Chacun porte sa croix, à sa manière, et la trouve plus lourde que celle des autres. Chaque titre de nouvelle est écrite en arabe ou en farsi, me semble t-il. Les personnages ont tous ce vague à l’âme qui les distingue de ceux qui les entoure. La mélancolie, douce-âpre, collée au corps, domine tout.

N’oublions pas ce détour dans le mystique, dans « le trône d’Abu Nasr« , qui renvoie l’homme face à sa vanité et à ses désirs utopiques. C’est glaçant. Horriblement choquant, faisant courir un frisson de peur et de dégoût le long de la colonne vertébrale du lecteur. Les mots suffisent et nous nous en délectons en frissonnant d’effroi. Ces petites scènes de vie parlent d’un peuple qui a un humour qui lui est propre, ainsi que pour certains, une philosophie qui frise la folie. Une sagesse faite de désespoir, de réalisme  et d’un espoir utopique. C’est un kaléidoscope de sentiments, de situations, de philosophie, déclamés avec poésie. Une poésie persane des siècles d’antan, accompagnée d’une cithare et posée sur une feuille de papier. Pour l’éternité.

 

9782336533988   L’harmattan Coll. L’Iran en transition  158 p.  15€

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Une autre Grèce – Martine VANTSES – 2025 – L’harmattan

Quatrième de couverture

« Parce que rien n’a changé ». C’est à partir de cette phrase prononcée par son père, Macédonien de Grèce, comme seule explication à sa rupture sans appel avec son pays natal, la Grèce, et une partie de sa famille que Martine Vantses s’est interrogée sur la façon dont les exils et les fracas de l’histoire impriment les destins individuels et collectifs. Sa propre expérience ainsi que celle des Macédoniens de Grèce de la région de Florina illustrent son propos sur les silences, les exils intérieurs, les hontes mais aussi les regains d’énergie caractéristiques des oubliés de l’Histoire.

Mon Avis

La vie est une quête permanente. Une quête qui permet à l’humain de se construire. D’avancer dans la vie. D’apprendre de ses erreurs. L’auteure nous entraine dans sa propre quête, à travers des silences, des souffrances, des non-dits transgénérationnels. De tout cela, elle a hérité, sans comprendre ce qu’éprouvait son père, enfermé dans des silences, des demi-réponses, des fuites physiques et verbales. Que cachait-il? Pourquoi ne répondait-il pas aux questions que lui posait sa fille? Pourquoi ces mots laconiques, ce refus de renouer avec sa famille restée en Grèce? Plutôt, dans son village natal? L’auteure veut des réponses. Il lui faut retrouver la Grèce de son père: la Grèce macédonienne, L’histoire d’un bout de ce pays.

C’est tout un pan de l’histoire de la Grèce du nord que le lecteur découvre. L’auteure raconte l’histoire de sa famille qui est en lien avec une grande partie de l’histoire de ce pays. Une histoire censurée. Tue. Celle de grecs macédoniens. Avec l’aide de certains membres de sa famille paternelle, de certains résidents de l’ancien village paternel, qu’elle va nous inviter à remonter le cours de l’histoire. Une quête méticuleuse, faite d’émotions, de pudeur, de peur, de silences lourds de secrets, de honte. Honte d’avoir des origines macédoniennes et de ne pas être considérés des citoyens grecs. C’est l’histoire touchante d’un peuple qui n’a pas le droit de parler de son passé. La censure est passée par là. La peur des sanctions, aussi. Ainsi que le disait si bien son père, malheureusement « rien n’a changé ».

La Macédoine faisait partie de l’ancienne Yougoslavie et s’en est émancipée dans les années 90. De nombreux citoyens vivaient en Grèce. Cependant, ils y étaient et sont, encore, considérés comme des sous citoyens. Des citoyens de seconde zone, selon les mots de Buchi Emecheta, écrivaine nigériane. C’est de cela que nous parle l’auteure. Elle retourne sur les pas paternels, un père qui s’est installé et marié en France, pour mieux comprendre le douloureux silence de ce dernier. Il lui fallait savoir. Il lui fallait comprendre le poids de ces non-dits qui le minaient de l’intérieur. Il a fallu à l’auteure beaucoup de courage, de patience, de force, pour remonter l’arbre généalogique familial. Pour recueillir, mine de rien, des renseignements. Pour ouvrir cette lourde porte du passé et se glisser dans le jardin secret paternel.

 

9782336353364   L’harmattan Coll. Là-Bas    156 p.    17€

#éditionslharmattan #Généalogie #Généraliste #Grèce #Historique #Instalire #Instalivres #Leeham #Leschroniquesdeleeham #Littérature #Romans #Secretsdefamille

Retour aux sources – Ep. 1 – Phileas FrOOg – 2025 – Autoédition

Quatrième de Couverture

Élise revient sur la petite île de son enfance. Dans la maison familiale, tout semble figé… sauf les souvenirs. Elle y retrouve Gabriel, l’ami qu’elle a quitté sans un mot, et les silences deviennent plus lourds que jamais. Rien n’a changé. Ou peut-être tout.

Mon Avis

Il existe des souffrances que l’humain porte en lui, comme une croix. Elles envahissent son être et sa vie. Il est possible qu’un retour en arrière puisse aider à guérir. Un retour sur les lieux de son enfance peut mettre un vrai baume au cœur. C’est ce qu’a fait Elise. Que cache t-elle au fond d’elle, qui la ronge tant? Quel est son parcours de vie? Arrivera t-elle à panser ses blessures? Le retour à ses racines est empreint de tristesse, de nostalgie. Chaque pièce, chaque objet, chaque mur de sa maison d’enfance, raconte sa propre histoire. Recèle ses propres secrets. Cette ambiance imprègne les émotions d’Elise. En présence de son ancien amour, ses émotions virent à une nostalgie amère. Ce poids qu’elle porte en elle, est-il en rapport avec leur passé commun? Par ailleurs, je me pose une question: est-ce une bande dessinée créée par le biais de l’IA?

Dans cette bande dessinée, il y a peu de dialogues. Cependant, les planches reflètent bien l’atmosphère de l’histoire, l’émotion des personnages. Cela ressemble à une pièce de théâtre. Le silence donne le ton sur tout ce qui se passe. Les rares dialogues font mouche. La présence de son ancien ami lui permettra t-elle d’oublier, de taire ce qui la ronge? Dans cette vieille maison à vendre, une guérison est peut-être possible. Pourquoi pas? Elise y est seule avec ses pensées qu’elle ressasse, sans cesse. Est-ce une bonne idée? Le fait de se confier peut, parfois, aider à analyser une situation ou à soulager sa peine. Pourquoi ne pas profiter de la présence de son ami pour le faire?

Une jeune femme semble porter un lourd secret. Elise revient sur les lieux de son enfance. Cette bande dessinée reflète une lourde atmosphère, faite de de secrets, de douleurs tues. Peut-être de regrets, aussi? Les rares paroles font ressortir la solitude et la souffrance de cette jeune femme. Du début à la fin, les planches montrent un huis clos entre Elise et son Moi profond. Face à ses ressentis. Le lecteur s’approprie les sombres pensées de cette femme. Sa force fragile. Son mutisme. La question qui se pose est: Quel est ce secret qui lui pèse tant, qui la ronge profondément, silencieusement? Ce premier épisode ne répond pas à cette question et nous laisse sur notre faim. Aussi, est-ce avec impatience que le second volet est attendu. Le livret n’est pas bien épais. Cependant, l’histoire est intense, mystérieuse. Elle laisse son empreinte dans le subconscient du lecteur. N’est-ce pas génial?

 

9798293091836    Autoédition    47 p.    10,99€

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A l’ombre des ananas en fleurs, un juriste sous les tropiques – Jean-Loup VIVIER – 2023 – L’harmattan

Quatrième de couverture

Jean-Loup Vivier est aujourd’hui avocat dans le département du Gers. Mais il le fut surtout dans une Nouvelle-Calédonie alors en ébullition, puis en Guyane et à la Réunion. Saisi par les prestiges de l’Afrique, il exerça en tant que conseil juridique à Ouagadougou, expert pour l’Union européenne à Cotonou, enfin, à Lomé, comme conseiller ministériel, expert du PNUD et professeur à l’ENA. Il nous livre ici des aventures de toutes sortes qu’il y a vécues. Sans rien dissimuler. On y rencontre au fil des pages des personnages connus ou anonymes, des scènes saisies sur le vif, le portrait de réfractaires qui semblent hors du temps mais qui tous sont le reflet d’un monde et de périodes agités et exaltants.

Mon Avis

« Les voyages forment la jeunesse » dit le dicton. C’est bien illustré par ce roman. L’auteur a voyagé, à chaque fois, par obligation. Il s’est installé, par amour de l’environnement et de l’autochtone, en Nouvelle-Calédonie. Il faut dire que pour aller vivre sur cet archipel, en plein mouvement indépendantiste, requiert du courage ou de l’inconscience, voire les deux. Une drôle d’aventure. N’oublions pas l’Afrique, où l’auteur a fait un petit passage. C’est si différent de sa France natale: le paysage, les coutumes, les comportements des gens, le niveau de vie. J’avoue que je m’attendais au récit des différentes affaires défendues, par l’auteur, en tant qu’avocat. Mais, que nenni. Des histoires de femmes, des mésaventures féminines, quelques problèmes avec les représentants de la loi, sont les sujets abordés. 

Dans cet écrit, j’ai retrouvé des pensées qu’ont une grande partie des français vivant à l’étranger, surtout ceux qui ont vécu la période coloniale : femmes faciles, niveau intellectuel d’un enfant, saleté, aucun sens des responsabilités. Des avocats burkinabés nuls comme leurs pieds. De plus, ils sont des voleurs comme des pies. Ils apprécieront. Tous sont les représentants de la totalité de la population néo-calédonienne et africaine. Il faut dire que des filles de bar, des femmes sempiternellement alcoolisées, des femmes sans domicile stable, vivent comme toutes les femmes de la Nouvelle-Calédonie et de l’Afrique (Burkina Faso, Togo). Un peu insultant, non?

J’ai trouvé bizarre que l’auteur cite toutes les personnes rencontrées. Il donne les noms, les prénoms, la profession. Cependant il n’a pas nommé, une seule fois, son épouse africaine, « sale, bête, et source de nombreux ennuis« . C’est un discours souvent entendu chez certains français qui ont connu les colonies. Il ne fait pas de fleurs à tous ceux qu’il a rencontré, sauf deux ou trois personnes. Tous les autres l’ont persécuté. Cependant, j’ai apprécié l’humour de certaines circonstances et la simplicité du récit. Certaines situations sont cocasses. Attendez-vous à lire plus d’aventures personnelles, voire intimes, que de récits judiciaires. Jusqu’à la dernière page, le discours reste bizarre et questionne le lecteur. Je suis curieuse du retour des autres lecteurs. 

 

9782336420103   L’harmattan Coll. Graveurs de mémoire   342 p.   28€

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Safran noir – Siam, 1634 – Xavier GALLAND – 2024 – Ed. L’harmattan

Quatrième de couverture

Ayutthaya, 1634. Depuis plus d’un siècle, une communauté portugaise a fait souche au Siam et s’est fondue dans la population locale. Les nouveaux arrivants sont désormais les Hollandais de la VOC (la Compagnie des Indes orientales) qui entassent dans leur « factorerie » d’Ayutthaya les produits asiatiques si prisés en Europe. Quand la restauration d’une statuette sacrée entraîne une mort suspecte, la vie de Guillaume Bonnefoy – jeune Français installé au Siam pour fuir son passé – est bouleversée. De malédiction en cachette secrète, de trahisons en vengeance, d’espionnage en assassinats, Guillaume se retrouve impliqué dans un complot fomenté par un prince rescapé des purges de l’usurpateur Prasat Thong. Il ne retrouvera une vie normale et la paix de sa conscience qu’en se montrant à la hauteur de la situation. Cinquante ans avant l’arrivée des ambassadeurs de Louis XIV au Siam, Ayutthaya – « la Venise de l’Orient » – sert de cadre à cette histoire.

Mon Avis

Siam (Thaïlande), 1634. l’empire est dirigé par un usurpateur qui a focalisé, sur sa personne, toute la haine de ses vassaux et de sa cour. Pendant ce temps, les hollandais débutent leur installation côtes siamoises. Certains proches du trône et des opposants fomentent quelque chose de terrible. Dans le plus grand secret. Par ailleurs, Guillaume, un français marié à une siamoise, se lie d’amitié avec des hollandais. Quel lien y a-t-il entre eux tous? Un lourd secret qui pourrait mettre en péril le trône siamois. Que leur faut-il faire? En parler au roi ou à un de ses ministres? Ce secret peut leur coûter la vie. Pourquoi ne pas le taire? Guillaume préférerait se trouver loin de ces manigances qui pourraient entamer sa sécurité et celle des siens. 

Au 17e siècle, au Siam comme dans tant de royaumes dans le monde, le trône se perdait ou se gagnait au prix du sang. L’auteur fait découvrir un monde à mille lieux de ce que pourrait imaginer un occidental de cette époque. Une vie sereine pour un peuple qui mange à sa faim. Un Royaume organisé socialement, politiquement et économiquement. Guillaume est celui qui permet de voir le quotidien des peuples siamois, et de comprendre les différentes traditions. Sans le souhaiter, il est le témoin d’un secret d’état. À qui peut-il se confier? En sait-il beaucoup trop? La plume superbe, colorée, riche, de l’auteur transporte le lecteur dans le Siam du 17e siècle. 

Des troubles, des assassinats, et une royauté avec une lignée couverte de sang, des religieux très secrets, des opposants au trône. Voilà l’environnement dans lequel baigne le lecteur dans une Asie du 17e siècle. C’est le début de l’installation des comptoirs hollandais. Guillaume, un français marié à une siamoise, s’est intégré à la vie siamoise. Sa vie a été rude, aventureuse, avant d’échouer dans cette contrée. Les aléas qui s’abattent sur sa belle-famille font de lui, à sa défense, l’acteur d’une situation qui le dépasse. Comment faire pour s’en sortir vivant? Le roi, divinité vivante, se prépare à apparaître devant la population. Le lecteur découvre un monde de traditions, de religion, de partage. Un très beau voyage. 

 

9782336484365   L’harmattan Coll. Romans historiques   262 p.   24€

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