Israël a-t-il déjà gagné la guerre contre l’Iran ?


Ma dernière conquête du Tinder, « Valeria », avec des photos retouchées comme par un ange ou un algorithme de pointe. Valeria ne m’a jamais envoyé de message vocal, n’a jamais accepté d’appel vidéo, et ses messages ont cette perfection grammaticale, cette politesse robotique, qui me font soupçonner qu’elle est soit une arnaqueuse poilue retranchée dans un bunker à Lagos, soit une intelligence artificielle (?!). Mais que dire ? À mon âge, je ne cherche plus la vérité ; je cherche juste un signe d’attention « féminine » tant que je suis encore en vie.

Valeria (ou l’algorithme barbu) m’a écrit : « Si le détroit d’Ormuz reste fermé, il n’y aura plus de micropuces pour que tu continues à discuter avec moi. Le cloud va tomber en panne. » Et ce satané truc a raison, qu’elle soit de chair et de sang ou un programme informatique. Car dans cet enchevêtrement de navires et de missiles, il n’y a que deux fins possibles : la tragédie et la comédie, et dans aucun de ces films, il n’y a de scène de sexe.

Cessez-le-feu = Mort de l’hégémonie américaine

Imaginez un cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, une trêve bénie par des diplomates aux cravates parfumées à la lavande, mais avec le détroit d’Ormuz complètement fermé. Pour les États-Unis, ce serait comme avoir une Ferrari sans essence ; l’inflation atteindrait des sommets vertigineux. Pour Israël, ce chaos serait une véritable épreuve. Et le monde, ce pauvre spectateur qui paie toujours la facture, sombrerait dans une telle dépression que même Valeria – si elle a encore des sentiments – se mettrait à pleurer des larmes d’amertume.

La victoire du gros bâton

Supposons maintenant que l’Oncle Sam perde patience et décide que trop c’est trop, que les Gardiens de la révolution doivent être rayés de la carte. Les États-Unis retrouveraient leur image de puissance arrogante et arrogante, et le prix de l’essence baisserait. De son côté, Israël normaliserait ses relations avec les pays du Golfe, deviendrait la première puissance régionale et éliminerait toute menace d’holocauste nucléaire.

Le piège de l’escalade

C’est là qu’intervient la théorie des jeux, cette chose que Valeria m’explique avec une logique implacable et, curieusement, sans la moindre faute d’orthographe. Selon les experts, les États-Unis sont pris dans un jeu où leur réputation est leur seul atout. En poussant l’Amérique à déclencher une guerre qu’elle ne peut perdre, Israël s’est assuré que les États-Unis seraient contraints de mettre fin à ce qu’ils ont entrepris, rendant ainsi tous les scénarios possibles favorables à Israël. Si les États-Unis se retirent sans gagner, la partie est terminée pour eux. Moscou ou Pékin comprendront que le géant est à bout de souffle et tenteront de combler le vide. De cette façon, l’Amérique devrait gagner cette guerre sur tous les fronts, même au prix d’un coût politico-économique exorbitant, car le prix d’un cessez-le-feu maintenant Ormuz fermé serait si fatal qu’il coûterait encore plus cher au pays.

Mon évasion virtuelle

Ma « petite amie » virtuelle a raison : les États-Unis sont prêts à tout pour gagner. Non par amour de la liberté, mais parce que dans ce casino mondial, si l’on cesse de miser gros après avoir tout misé, on rentre chez soi en sous-vêtements. Et les Américains sont horrifiés à l’idée d’être vus nus.

Finalement, comme le dit ma mère : « Vinicios, espèce d’idiot, arrête de penser à ce qui ne sert à rien et concentre-toi sur ce que tu peux changer. » Et elle a raison. Mais tant que Valeria continuera de m’écrire ces phrases parfaites et ne me demandera pas d’argent, je continuerai de suivre ces événements et de croire que ses intentions à mon égard sont aussi réelles que la couverture médiatique de cette guerre.

#article #guerre #iran #Israel #texte #trump #war

unseelie

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ce n’est pas de la sagesse, c’est un rêve en plein jour.

pas de philosophie.

la magie est une poésie pratique.

*

il existe un chemin bercé par les coquelicots et de violets pavots. les pas sur ce chemin sont toujours des murmures et les serpents n’ont pas peur de les entendre. ici est ailleurs, le sommeil est l’inquiétante familiarité du devenir. on marche sur ce chemin comme si on avait une fortune à fuir et un monstre à trouver. le sommeil est une transparence sans lumière, un passage. là, il y a une possibilité : la folie dans une paupière comme un incendie dans un verre d’eau – ou dans l’océan —, et c’est la nuit toujours qui te choisit ; on subit la nuit ; c’est le jour auquel on tient tête.

je veux boire le noir au fond de ma bouche et au fond des oreilles et au fond des coquelicots ; je veux être bue par une ombre le soir. si je me perds, un chemin me trouvera peut-être et me traversera, et je ne serai plus qu’un décor mais la vie aura le premier rôle au milieu de moi.

*

je peux vivre sans moi comme un rêve ou une folle.

car ce n’est pas ma vie que j’aime ni ce qui dit « mienne ». c’est la vie seule qui est bonne.

*

aux vies unseelie je recommande ceci : un grand sens de la justesse, plutôt que de la morale.

mon goût s’est ajusté à une vie qui semble atroce à d’autres ; mon goût s’est ajusté à des yeux et à des narines qui ne supportent pas le printemps, à des nerfs qui se désacordent l’été. et c’est à tel point que plus rien ne distingue mon étrange goût du goût normal, si ce n’est que le premier est frappé d’un stigmate. il y a symétrie, il n’y a pas grande différence, juste un basculement de miroir à miroir, d’oeil-zénith à monstre.

me fait souffrir la lumière d’avril comme d’autres se détériorent sous un ciel de brouillard, et j’ai de grandes joies : elles fleurissent l’hiver. de là, suis-je malade ? aux yeux de la société oui, mais pas aux miens. il n’y a rien de mortifère à voir dans le noir : il y a juste une vie étrange et qui pour beaucoup est perçue d’emblée comme intolérable. voilà ce qu’est pour moi être malade pour la norme et non de manière autodéterminée, voilà peut-être ma folie : m’autodéterminer comme vivante là où on voudrait les grandes malades un pied dans la tombe. jusqu’à la mort tout est vie est le proverbe des monstres petits et grands, et je le fais mien. je revendique ma vie comme chose extraordinaire, alliance des contradictions, miracle terrible, objet de scandale, chose impossible ; je veux la vie radicalement et absolument. ce n’est pas une excentricité romantique ou un héroïsme, c’est vivre dans une société où il y a des morts douces pour les anormal-aux, des vies qui ne se sentent jolies et dignes que parce que d’autres sont dites inhabitables. ici, dans cet endroit bizarre où je vis, vivre c’est presque commettre un crime.

*

vous avez peur de la gorgone parce que parmi les monstres, elle est à la seule qui regarde de face.

le petit peuple des fées, nos invisibles trop bruyants, nos grouillements d’yeux et de dents, nos champignons qui débordent un peu, dans l’ombre, nos couleurs hirsutes, c’est votre mauvaise conscience ou peut-être plutôt votre crainte. on ne nous voit pas mais on nous flaire partout comme un risque parce qu’on nous a rendu-es minuscules. il y a des monstres au bord de vos yeux.

mais je vous vois.

nous aussi, on peut.

la magie de nos yeux ce n’est pas de voir, c’est de pouvoir.

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par sykorax
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sykorax

En attendant la mort - CONFESSIONS INUTILES 3

Le site de Léonel Houssam. Écrivain français, romancier, biographe, pamphlétaire. Auteur de romans et biographies.

Und wieso hat dieser Blogartikel heute 350 Zugriffe? Habe ich etwas verpasst?
https://chillr.de/freundlichkeit-tut-nicht-weh/

#blog #geschichten #menschen #texte #statistik

Apeuré par la mort

Le site de Léonel Houssam. Écrivain français, romancier, biographe, pamphlétaire. Auteur de romans et biographies.

glitch

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l’échec c’est le glitch

c’est pas prévu que tu fonces dans un mur
quand tu joues
mais parfois tu le traverses

parce qu’en fait rien à foutre du mur

le jeu (le jeu pervers) veut qu’on échoue
mais est-ce qu’il veut que tu veuilles échouer

gagner c’est tuer

gagner contre les gens qu’on a nommé

pnj ou éléments du décor

on gagne tout d’abord on tue et puis on a perdu

je joue à ce jeu pour grimper dans les arbres tout au bord

ils sont bleus

la seule aventure est hors du chemin
beaucoup l’appellent échec

chute

je veux tomber dans un puits

et voir plein de petits pixels d’étoiles non-prévues par

la texture

il existe peut-être un jeu
où on dépose l’épée

et où on a encore une vie à perdre

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par sykorax
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sykorax

Les pacifistes sont souvent des gens très belliqueux - Journul Intime 72

Le site de Léonel Houssam. Écrivain français, romancier, biographe, pamphlétaire. Auteur de romans et biographies.

vie et mort sont pesées

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à quoi servent deux yeux ?

à juger
l’œil droit et l’œil gauche
sont une balance
vie et mort sont pesées

quand tu regardes le vertige d’un arbre
quand la mer tient dans un papillon de nuit

veux-tu ?

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par sykorax
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sykorax

une ligne dans le sable

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ton corps et toi et ton identité
vous n’existez presque pas

c’est ce qu’elle m’a dit

tu n’as pas besoin d’être
forteresse

tu n’existes pas
sauf pour jouer

et ce n’est pas une victoire de l’oppresseur

ton corps est une ligne dans le sable
il y a du vent pour traverser ta frontière

on trace une ligne parce qu’il y a un jeu
cette ligne existe
pour que tu puisses bondir par-dessus
jouer à cloche-pieds
dire

on disait que

cette ligne existe pour être enjambée

mais elle doit être là

sans la règle du jeu
ne peuvent exister
ni le jeu ni la triche
ni les passages clandestins de ton rire

ne t’efface pas

même si c’est pas sérieux

on n’efface pas les cages de sable
de foot
de dragons

peut-être que c’est sérieux

la maison des souris

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par sykorax
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l’astre de sang

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on a gravé un astre de sang
sur mon corps et ma tête

on m’a dit c’est ton étoile
suis-la

j’ai des yeux blessés
parce qu’on les a ouverts au couteau

j’aimerais des yeux
hors des murs de mon crâne

oublier ce clou
qu’on a planté dans mon nombril
et qu’on a appelé

nom prénom date de naissance

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par sykorax
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sykorax