Au début des années 80, John entre au collège et alors qu'il était jusque là, un bon élève, doué au football en tant que gardien, aimé par ses parents, il va soudainement contracté des symptômes qui vont surprendre tout son entourage et effriter son monde. Il s'agit de Gilles de la Tourette.
Sa maladie n'est pas encore connue et il va lui falloir s'armer de patience et de persévérance pour se faire accepter malgré ses tics, ses jurons et ses coups incontrôlables.

Inspiré d'une histoire vraie, ce film est sacrément intéressant pour apporter une sensibilisation bienveillante sur ce handicap dont on ne sait finalement encore pas grand-chose en dehors des symptômes utilisés tristement bien souvent par les émissions tv pour faire rire le grand public.
C'est donc important de se rendre compte de la souffrance et des difficultés qu'il entraîne pour la scolarité, pour trouver du boulot ou trouver l'amour. Se faire accepter pour résumer, dans un monde qui a cette facilité à juger sans daigner prendre ne serait-ce qu'une seconde pour chercher à comprendre.

Une comédie feel good pas toujours drôle mais véritablement émouvante. J'ai versé quelques larmes à plusieurs reprises. Par empathie mais aussi parce qu'il y a de belles rencontres (comme on peut s'en douter en voyant par exemple Peter, my name is Joe, Mullan au casting. J'adore cet acteur).

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Dans la période d'entre-deux-guerres, Jean Luchaire est journaliste et avec son ami, Otto Abetz, ils décident de tout mettre en œuvre pour soutenir l'amitié franco-allemande. D'abord en pensant réellement bien faire, dans un souci de paix entre les pays puis progressivement, Jean va glisser, aveuglé par les soirées mondaines et la peur de tout perdre alors que la tuberculose le grignote chaque jour un peu plus.
C'est sa fille, Corinne, star de cinéma déchue, qui va nous raconter en cherchant avec nous, à comprendre comment tout a basculé. Avec cette question :"à quel moment devient-on collabo?"

Le film de Xavier Giannoli n'essaie à aucun moment de légitimer les actes de ces gens qui ont participé à l'horreur mais nous invite à réfléchir sur le pourquoi.
Je pense que ce questionnement est aujourd'hui plus qu'utile pour comprendre ce qui semble se répéter avec la montée en puissance de l'idéologie de l'extrême droite.
"Plus jamais ça" sont les premiers mots que l'on entend prononcés par Jean et pourtant...
Nous y voyons bien à quel point les journaux sont le bras armé de l'endoctrinement du peuple.
De nos jours, une grande majorité des médias appartient à des milliardaires qui prônent le discours du rassemblement national. Comment alors pouvons nous penser apaisé.es que tout ça est bel et bien derrière nous? Et pouvons-nous nous proclamer innocent en sachant tout en laissant faire pour ne pas fragiliser notre semblant de confort matériel ? Pouvons-nous alors être vraiment en paix avec notre conscience ?
"Plus jamais ça" seront les derniers mots avec lesquels j'ai envie de finir mon écrit, en guise de prière, pour que l'on ait réellement plus à vivre ce cauchemar.
"Plus jamais ça" !

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À 75ans, Tereza est désormais considérée comme patrimoine vivant et doit rejoindre "la colonie" où toutes les personnes de plus de 74ans doivent aller, leur dit-on pour profiter paisiblement de leurs dernières années mais l'on comprend bien que c'est surtout afin de ne pas gêner et ralentir la productivité de son village qui se dit tourné vers l'avenir.
Mais elle est bien décidée à en faire autrement.

Me suis demandé si au Brésil il y avait du coup, une réelle politique anti-personnes âgées pour inspirer ce genre de point de départ scénaristique mais quoiqu'il en soit, grâce à ce personnage de Tereza, le réalisateur Gabriel Mascaro nous offre une belle ode émancipatrice pleine de poésie.
O ultimo azul. Le dernier bleu (plutôt que "les voyages de Tereza" comme ça a été traduit pour la vf). Rien que ce titre est très parlant quant au sujet du film qui se passe quasi intégralement le long de l'Amazone sur lequel nous allons faire avec la protagoniste, une longue traversée pour essayer de vivre son dernier rêve. Celui de voler dans les airs. Mais au fil des rencontres, c'est surtout une forte envie de libération qui va naître.
Ça fait du bien de sortir des schémas hollywoodiens qui prônent une jeunesse éternelle et superficielle.
Ici, pas de paillettes, pas de mensonges. Même si l'histoire est fictive, nous avons à faire à de vrais gens en qui nous pouvons nous identifier.
Là, je peux me dire voilà, quand je serai retraité, c'est comme elle que je veux vivre.
Et au-delà de ça, il y a dans cette œuvre une part onirique qui m'a fait penser à du Jodorowsky avec l'escargot à la bave bleue te permettant de voir l'invisible, l'indicible et qui m'a forcément fortement séduit.

Bref, voilà un film qui ne vend pas du rêve pour faire joli mais qui nous en offre énormément avec sincérité. Vive Tereza !

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Alice Winocour signe avec Coutures, un film choral émouvant.

Maxine est une réalisatrice américaine, appelée sur Paris pour faire le court-métrage qui ouvrira la fashion week.
Elle croisera le chemin d'Ada, une jeune mannequin sud-soudanaise qui veut tenter sa chance dans la mode et Angèle, maquilleuse qui aimerait bien aspirer à devenir autrice en s'inspirant des vies qu'elle rencontre pour rédiger son premier roman.
Et comme un fil conducteur qui les relie toutes, discrètement, dans les coulisses, il y a Christine, chargée pour la première fois, de coudre la robe d'ouverture du défilé.

Rien ne se présente comme gagné d'avance. Chacune d'entre ces femmes va devoir trouver en elle la force et la ressource pour atteindre son objectif ou accepter de le laisser de côté en comprenant ce qui est réellement le plus important pour elle.
On peut donc dire que c'est en fait une sacrée leçon de vie, toute en douceur et réellement touchante.

En fond se pose la question de comment accepter, intégrer puis annoncer à son entourage, la maladie. C'est un sujet sensible qui peut déranger mais qui est abordé avec finesse pour accompagner le.la spectateur.ice afin qu'il.elle soit secoué.e le moins possible.

P.S. : c'est rare et ça fait plaisir de trouver Angelina Jolie dans ce genre de rôle.

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Aucun autre choix.
Il y a de ces réalisateurs avec qui je sais que je ne serai jamais déçu. Je parlais de Sam Raimi précédemment mais Park Chan-wook en fait également bien évidemment partie.
Dans ses long-métrages sortis en France, il me manque encore à voir Je suis un Cyborg, et Stoker mais tous les autres sont à chaque fois une réelle surprise d'inventivité. Pas forcément dans le scénario mais toujours dans la mise en scène, les effets visuels (ses transitions sont d'une pure beauté).
Je vous recommande donc très fortement JSA (quand les tensions entre la Corée du Nord et celle du Sud cachent une amitié interdite), sa trilogie de la Vengeance (dont fait partie son cultissime Old Boy), Thirst (ou Thérèse Raquin de Zola, revisité et transformé en histoire de vampire), Mademoiselle (à ce jour encore mon préféré), Decision to leave (plus classique mais très bel hommage Hitchcockien) et ce dernier qui lui, est une libre adaptation du Couperet, de Westlake, déjà adapté en 2005, par Costa Gavras (mais je n'ai pas vu cette version là donc je n'en parlerai pas).

Mais recentrons nous sur le film qui nous intéresse ici. On y suit Yoo Man-Soo qui, alors qu'il semblait vivre la vie parfaite avec sa femme, ses deux enfants, ses deux chiens, dans la maison de son père qu'il a réussi à racheter et retaper à son goût, se voit soudainement licencié. Pour ne pas tout perdre, il va rapidement chercher un autre emploi mais pour être sûr d'être pris, il va devoir partir "en guerre" contre la concurrence.

Park Chan-wook parvient à s'approprier l'œuvre originale pour la plonger dans les vices de la société capitaliste coréenne moderne et son personnage principal et tout bonnement humain ce qui rend assez facile le fait de s'y identifier et comprendre ses agissements teintés de maladresses.
Il y a beaucoup d'humour mais c'est très noir et grinçant.
À voir en salle actuellement. Ne le loupez pas !

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Send Help. Vu un dimanche pour le coup et au lendemain de ma découverte de Los Domingos. Autant vous dire qu'après ce précédent film et celui vu encore avant, le gâteau du Président, ce nouveau métrage de Sam Raimi m'a fait beaucoup de bien au moral parce que c'est très drôle !

Linda Liddle est employée dans une boîte de gestion financière. Elle est brillante dans son boulot mais se fait facilement avoir et voler le mérite de son labeur. Elle accepte cela sans s'en plaindre car elle sait que bientôt, elle va avoir droit à une belle promotion qui lui a été promise par son patron. Le hic c'est que ce dernier décède et c'est son fils qui prend la succession. Lui, préfère faire grimper son ami de fac plutôt qu'elle qui lui paraît bien trop repoussante...
Les choses vont se renverser lorsque lors d'un voyage d'affaires à destination de Bangkok, l'avion qui les amène se crashe et les 2 seuls survivants sont elle et... son jeune patron, Bradley.

L'inversion des rôles dominants/dominés après un naufrage sur une île déserte peut faire penser au Triangle of Sadness, de Ruben Östlund mais ici, c'est bien moins froid et distant grâce à une vraie maîtrise de l'humour et du rythme.
Ok, ça aurait peut-être pu être un chouilla plus court mais me suis pas ennuyé une seule seconde.
Ok, venant de Sam Raimi, c'est un peu trop propre et gentil. Ça aurait pu aller plus loin et c'est assez frustrant quand on voit combien les quelques scènes gores sont bien fichues.
M'enfin quel plaisir d'entendre toute la salle rire sans retenue. À croire qu'on en a tou.tes besoin en ce moment donc ne boudons pas notre plaisir.

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Los domingos, vu un samedi parce que j'aime être décalé 😜 mais allez, un peu de sérieux pour parler d'un film qui n'en manque pas et pour cause, ce métrage basque, d'Alauda Ruiz de Azúa traite d'un sujet qui le nécessite : la question consistant à se demander à quel moment la frontière entre foi et endoctrinement est franchie.

Ainara a 17ans et a suivi une éducation dans une école religieuse.
Il est temps pour elle de rentrer à l'Université mais elle préfère faire le choix de rentrer dans les ordres pour devenir nonne.

À 17ans, on est encore un.e enfant et lorsque les principales figures d'attachement durant tout son parcours scolaire, sont un jeune prêtre et une bonne sœur, il me semble difficile de penser que ce choix est foncièrement celui de cette jeune fille. Le débat va se poser entre le père de cette dernière qui s'est remarié et semble tellement surtout préoccupé par ses sous qu'il va accepter la décision de sa fille parce que celui-ci ne lui coûte rien, en prétextant qu'il est à l'écoute et respecte les choix d'Ainara, et sa tante qui tient à sa place de confidente à qui Ainara peut tout dire mais surtout, à être celle qu'elle écoutera car pour elle, cette décision, à son âge, est une aberration.

Je n'ai pas de réponse mais la question mérite d'être posée. Le film le fait frontalement mais sans aucun jugement même si j'y ai perçu (mais c'est peut-être biaisé par mon prisme personnel) une critique de la religion chrétienne, lui reprochant cet "endoctrinement" de jeunes personnes sans se soucier de leur vie tant que cela fait grandir leurs rangs. De quoi enlever la magie italienne que donnait Sorrentino en cette croyance. Comme quoi d'un pays à l'autre, la vision change diamétralement.

Une œuvre à voir.

PS: pour poursuivre dans ce thème en restant en Espagne, je vous recommande très fortement également la série La Mesías.

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