Dans la période d'entre-deux-guerres, Jean Luchaire est journaliste et avec son ami, Otto Abetz, ils décident de tout mettre en œuvre pour soutenir l'amitié franco-allemande. D'abord en pensant réellement bien faire, dans un souci de paix entre les pays puis progressivement, Jean va glisser, aveuglé par les soirées mondaines et la peur de tout perdre alors que la tuberculose le grignote chaque jour un peu plus.
C'est sa fille, Corinne, star de cinéma déchue, qui va nous raconter en cherchant avec nous, à comprendre comment tout a basculé. Avec cette question :"à quel moment devient-on collabo?"

Le film de Xavier Giannoli n'essaie à aucun moment de légitimer les actes de ces gens qui ont participé à l'horreur mais nous invite à réfléchir sur le pourquoi.
Je pense que ce questionnement est aujourd'hui plus qu'utile pour comprendre ce qui semble se répéter avec la montée en puissance de l'idéologie de l'extrême droite.
"Plus jamais ça" sont les premiers mots que l'on entend prononcés par Jean et pourtant...
Nous y voyons bien à quel point les journaux sont le bras armé de l'endoctrinement du peuple.
De nos jours, une grande majorité des médias appartient à des milliardaires qui prônent le discours du rassemblement national. Comment alors pouvons nous penser apaisé.es que tout ça est bel et bien derrière nous? Et pouvons-nous nous proclamer innocent en sachant tout en laissant faire pour ne pas fragiliser notre semblant de confort matériel ? Pouvons-nous alors être vraiment en paix avec notre conscience ?
"Plus jamais ça" seront les derniers mots avec lesquels j'ai envie de finir mon écrit, en guise de prière, pour que l'on ait réellement plus à vivre ce cauchemar.
"Plus jamais ça" !

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À 75ans, Tereza est désormais considérée comme patrimoine vivant et doit rejoindre "la colonie" où toutes les personnes de plus de 74ans doivent aller, leur dit-on pour profiter paisiblement de leurs dernières années mais l'on comprend bien que c'est surtout afin de ne pas gêner et ralentir la productivité de son village qui se dit tourné vers l'avenir.
Mais elle est bien décidée à en faire autrement.

Me suis demandé si au Brésil il y avait du coup, une réelle politique anti-personnes âgées pour inspirer ce genre de point de départ scénaristique mais quoiqu'il en soit, grâce à ce personnage de Tereza, le réalisateur Gabriel Mascaro nous offre une belle ode émancipatrice pleine de poésie.
O ultimo azul. Le dernier bleu (plutôt que "les voyages de Tereza" comme ça a été traduit pour la vf). Rien que ce titre est très parlant quant au sujet du film qui se passe quasi intégralement le long de l'Amazone sur lequel nous allons faire avec la protagoniste, une longue traversée pour essayer de vivre son dernier rêve. Celui de voler dans les airs. Mais au fil des rencontres, c'est surtout une forte envie de libération qui va naître.
Ça fait du bien de sortir des schémas hollywoodiens qui prônent une jeunesse éternelle et superficielle.
Ici, pas de paillettes, pas de mensonges. Même si l'histoire est fictive, nous avons à faire à de vrais gens en qui nous pouvons nous identifier.
Là, je peux me dire voilà, quand je serai retraité, c'est comme elle que je veux vivre.
Et au-delà de ça, il y a dans cette œuvre une part onirique qui m'a fait penser à du Jodorowsky avec l'escargot à la bave bleue te permettant de voir l'invisible, l'indicible et qui m'a forcément fortement séduit.

Bref, voilà un film qui ne vend pas du rêve pour faire joli mais qui nous en offre énormément avec sincérité. Vive Tereza !

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Aucun autre choix.
Il y a de ces réalisateurs avec qui je sais que je ne serai jamais déçu. Je parlais de Sam Raimi précédemment mais Park Chan-wook en fait également bien évidemment partie.
Dans ses long-métrages sortis en France, il me manque encore à voir Je suis un Cyborg, et Stoker mais tous les autres sont à chaque fois une réelle surprise d'inventivité. Pas forcément dans le scénario mais toujours dans la mise en scène, les effets visuels (ses transitions sont d'une pure beauté).
Je vous recommande donc très fortement JSA (quand les tensions entre la Corée du Nord et celle du Sud cachent une amitié interdite), sa trilogie de la Vengeance (dont fait partie son cultissime Old Boy), Thirst (ou Thérèse Raquin de Zola, revisité et transformé en histoire de vampire), Mademoiselle (à ce jour encore mon préféré), Decision to leave (plus classique mais très bel hommage Hitchcockien) et ce dernier qui lui, est une libre adaptation du Couperet, de Westlake, déjà adapté en 2005, par Costa Gavras (mais je n'ai pas vu cette version là donc je n'en parlerai pas).

Mais recentrons nous sur le film qui nous intéresse ici. On y suit Yoo Man-Soo qui, alors qu'il semblait vivre la vie parfaite avec sa femme, ses deux enfants, ses deux chiens, dans la maison de son père qu'il a réussi à racheter et retaper à son goût, se voit soudainement licencié. Pour ne pas tout perdre, il va rapidement chercher un autre emploi mais pour être sûr d'être pris, il va devoir partir "en guerre" contre la concurrence.

Park Chan-wook parvient à s'approprier l'œuvre originale pour la plonger dans les vices de la société capitaliste coréenne moderne et son personnage principal et tout bonnement humain ce qui rend assez facile le fait de s'y identifier et comprendre ses agissements teintés de maladresses.
Il y a beaucoup d'humour mais c'est très noir et grinçant.
À voir en salle actuellement. Ne le loupez pas !

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Los domingos, vu un samedi parce que j'aime être décalé 😜 mais allez, un peu de sérieux pour parler d'un film qui n'en manque pas et pour cause, ce métrage basque, d'Alauda Ruiz de Azúa traite d'un sujet qui le nécessite : la question consistant à se demander à quel moment la frontière entre foi et endoctrinement est franchie.

Ainara a 17ans et a suivi une éducation dans une école religieuse.
Il est temps pour elle de rentrer à l'Université mais elle préfère faire le choix de rentrer dans les ordres pour devenir nonne.

À 17ans, on est encore un.e enfant et lorsque les principales figures d'attachement durant tout son parcours scolaire, sont un jeune prêtre et une bonne sœur, il me semble difficile de penser que ce choix est foncièrement celui de cette jeune fille. Le débat va se poser entre le père de cette dernière qui s'est remarié et semble tellement surtout préoccupé par ses sous qu'il va accepter la décision de sa fille parce que celui-ci ne lui coûte rien, en prétextant qu'il est à l'écoute et respecte les choix d'Ainara, et sa tante qui tient à sa place de confidente à qui Ainara peut tout dire mais surtout, à être celle qu'elle écoutera car pour elle, cette décision, à son âge, est une aberration.

Je n'ai pas de réponse mais la question mérite d'être posée. Le film le fait frontalement mais sans aucun jugement même si j'y ai perçu (mais c'est peut-être biaisé par mon prisme personnel) une critique de la religion chrétienne, lui reprochant cet "endoctrinement" de jeunes personnes sans se soucier de leur vie tant que cela fait grandir leurs rangs. De quoi enlever la magie italienne que donnait Sorrentino en cette croyance. Comme quoi d'un pays à l'autre, la vision change diamétralement.

Une œuvre à voir.

PS: pour poursuivre dans ce thème en restant en Espagne, je vous recommande très fortement également la série La Mesías.

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Sorti à l'instant du taf et enfin en vacances pour une bonne semaine. Ça vaut bien une petite séance pour fêter ça 😁

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Le film qui a enchanté le festival de Cannes... Je suis pas convaincu du choix de ces mots et de cette phrase pour accrocher et vendre ce film qui est vraiment très beau et fort mais n'a rien d'enchanteur. Au contraire. C'est plutôt glaçant !

Dans les années 90, l'Irak subit une crise sanitaire et alimentaire. Malgré cela, le président Sadam Hussein tient à forcer son peuple à fêter son anniversaire et c'est pour cette occasion que la jeune Lamia, élève de CE2, est tirée au sort pour confectionner un gâteau.

Ce souhait d'anniversaire alors que le peuple irakien vit dans une misère et une pauvreté flagrante, créé un sentiment de sidération qui m'a laissé perturbé en sortant de ma séance. Surtout du fait que ce contexte a été réel.
La caméra alterne brillamment entre cette jeune enfant à la recherche des ingrédients pour faire son gâteau coûte que coûte, et sa grand-mère, à la recherche de sa petite-fille.
On pourrait trouver un semblant de magie "Disney" avec cette petite Lamia, toujours accompagnée de son coq qui semble vraiment communiquer avec elle. Mais la vitrine est très vite brisée au fur et à mesure des rencontres qu'elle va faire. Et je ne vous parlerai pas de la fin...
Donc non, je n'ai pas été enchanté mais c'est un film fort qui vaut le coup.

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William est précepteur pour rembourser les dettes de son père et lorsqu'il rencontre Agnès en train de dresser un faucon, il en tombe aussitôt amoureux.
Le coup de foudre semble réciproque et de la relation qui va en découler, vont naître 3 enfants. Une fille d'abord, Susanna, puis quelques années plus tard, alors que William a commencé à s'éloigner pour se concentrer sur l'écriture de pièces de théâtre, 2 jumeaux, Judith et Hamnet.
C'est ce dernier fils qui va inspirer son père pour la création de la célèbre pièce, Hamlet.
Je n'en dirai pas plus pour ne pas vous en dévoiler trop et risquer d'atténuer les émotions que ce film est capable de générer.

C'est en effet très beau, par l'image et ce côté très organique créé par le personnage d'Agnès et son côté "sorcière" proche de la terre et de la nature mais également par la force du récit qui devrait réussir à vous sortir quelques larmes. Bien sûr à condition de laisser votre cœur suffisamment ouvert pour accepter le deal que c'est une fiction qui n'a strictement rien d'historique.
Comme El Cautivo d'Amenabar, inventait une tranche de vie de Cervantès, ici, il nous faut accepter que ça n'est sûrement pas la vraie vie de Shakespeare. Oubliez également ce que vous connaissez d'Hamlet pour ne prendre que ce qui nous en est livré ici et la magie devrait opérer.
Par ailleurs, c'est superbement interprété par Paul Mescal et surtout Jessie Buckley dans le rôle d'Agnès mais également par les acteur.ices qui gravitent autour comme Emily Watson et sans oublier évidemment, les enfants qui campent parfaitement leur rôle.

Si cela ne suffit pas, n'hésitez pas à vous laisser happer par la musique de Max Richter, compositeur que j'aime tant depuis que je l'ai découvert pour la B.O. de la série The Leftovers.
Bref, voilà un moment de grâce proposé par Chloé Zhao qui a un talent indéniable pour nous émouvoir.

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Pour commencer, attention, à la vue du titre, ne vous attendez pas à un film d'espionnage à la James Bond ou Mission Impossible. Simon l'explique très bien dans l'épisode du 19/12 du podcast que je conseille fort à tou.tes amateur.ices de cinéma, "réalisé sans trucage".

Il s'agit là du récit d'une vie presque banale, d'un homme, fin des années 70, forcé de changer d'identité pour vivre une nouvelle vie et prendre des distances par rapport aux drames qui ont mené à la mort de sa femme. Cet homme, Marcelo/Armando espère ainsi pouvoir récupérer son fils et lui offrir une vie respectable.

Le réalisateur Kleber Mendonça Filho maîtrise le rythme à la perfection. C'est à la fois très lent dans le sens où ça prend son temps pour caractériser les personnages avec précision et tout en même temps, il se passe plein de choses et c'est rythmé par l'effervescence du carnaval ayant lieu durant le récit.
"Banale" est un mot maladroit mais dans les années 70 au Brésil, c'est une triste vérité, de nombreuses personnes d'origines diverses, considérées comme gênantes pour le régime de l'époque, étaient contraintes de vivre clandestinement pour fuire les persécutions de leur pays (est-ce vraiment du passé ?) et dans ce film, plusieurs de ces personnes se retrouvent à loger au même endroit créant des liens très forts et touchant de famille d'infortune.
Si le sujet est grave et sérieux, c'est raconté avec un ton très varié, tantôt lourd, tantôt très drôle et absurde et tantôt sensible et émouvant.

Bref, voilà un film riche que je vous recommande plus que fortement et en écrivant ceci, je m'écoute la B.O. du métrage. J'adore. Tout particulièrement pour le titre Retiro: Tema de Amor Número 3, de Conjunto Concerto Viola.

PS: je vous l'ai déjà dit sur Mastodon mais en plus Wagner Moura ! Quel charisme cet homme ! Wow quoi !!!

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George El-Nabawi était l'acteur le plus adulé d'Egypte mais ça, c'était avant que les autorités en décident autrement. Pour ne pas tout perdre, il va se retrouver contraint d'accepter un contrat pour jouer le rôle-titre dans un biopic à la gloire du président Al-Sissi et s'enfermer ainsi dans un piège dont l'étau se resserre peu à peu pour lui ôter toute possibilité de libre choix.

Fichtre ! Si ce film de Tarik Saleh commence sur un ton assez léger, voire presque plutôt drôle, on voit le tableau s'assombrir progressivement et c'est tout simplement glaçant mais comment pourrait-il en être autrement lorsqu'il est question de parler du régime politique égyptien où l'armée a pris le contrôle de tous les espaces pour appauvrir le peuple chaque jour un peu plus au profit de son dirigeant ?!? Un dirigeant qui torture et élimine dans tous les sens du terme, tou.tes celles et ceux qui osent critiquer ses décisions... Quand on voit qu'en décembre 2020, notre président l'a décoré du plus haut grade de la légion d'honneur... Ça fait peur ou c'est moi ?

Bref. En tout cas, c'est parfaitement joué. Un grand bravo à Fares Fares dans le rôle de cet acteur déchu.

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