Prospérité – Georges CHELHOD – Autoédition

Quatrième de couverture

On tente d’incendier un vignoble de Denia, sur le littoral oriental de l’Espagne. Le pyromane vise-il les squatteurs évangélistes attirés par une rumeur d’or miraculeux? Ou le haras voisin, bastion fortifié détenu par une dynastie immobilière émirati? Dépêchée de Valencia, l’inspectrice Pilar Ubago liste les anomalies. Les détecteurs s’affolent mais l’or reste introuvable. Des mercenaires trainent dans le coin, venus des quatre coins du globe. Tandis que la station balnéaire sombre sous la pioche des orpailleurs lunatiques, Pilar soupçonne un désordre savamment organisé depuis Dubaï, Le Cap ou Brasilia.

Mon Avis

Quatre femmes. Lise, une jeune chinoise en pourparlers avec des mercenaires. Imen, une héritière émiratie folle de chevaux de race et dirigeant un haras. Deux policières, Pilar et Francesca, dont une découvre son nouveau territoire. Quel est leur lien commun? Ces femmes sont-elles appelées à se rencontrer? Dans quelles circonstances? Un mot magique a déclenché la folie humaine : or. Une partie de l’Espagne s’embrase. Chacun cherche à tirer son épingle du jeu. Magouilles et compagnie s’invitent. Chaque partie agit dans un grand secret et surveille l’autre. Cependant, y a-t-il vraiment de l’or dans cette région ou est-ce une légende urbaine? Pourquoi l’Etat n’intervient-il pas? Que vient faire la police dans cette affaire ?

La concupiscence humaine s’éveille dès qu’un métal précieux est mentionné. Ce que ne manquent pas de faire les personnages. Tout est rassemblé pour faire une bonne intrigue : suspens, espionnage, enquête policière. Ce qui fait un bon thriller. Le paysage est superbement décrit. L’auteur parle d’une région qu’il connait bien car il y vit depuis longtemps. Des personnages bizarres, hauts en couleurs, rejoignent les autres pour un petit bout de chemin ou se cachent derrière leurs hommes de main. Francesca et Pilar, les deux policières, surveillent tout ce petit monde. On ne sait jamais jusqu’où peut aller un humain, par avidité. C’est le calme avant la tempête.

Qui va déclencher les hostilités, en premier? C’est la question que l’on se pose durant toute la lecture. Que vont découvrir les inspectrices? Quelqu’un joue les marionnettistes, dans l’ombre. Qui est-ce? L’histoire se déroule lentement, mais sûrement. Je n’ai pas aimé la fin. Je m’attendais à quelque chose d’explosif. Mais, que nenni. J’ai eu l’impression de rester sur ma faim. Cela n’enlève rien à l’histoire qui attise la curiosité. Elle pousse le lecteur à se poser de nombreuses questions et à faire sa propre enquête. L’auteur nous entraîne dans un monde de scorpions où tous les coups sont permis. Pilar et Francesca analysent bien la situation. Les soupçons sont nombreux. Arriveront-elles à stopper les violences? Qui est à l’origine de cette course à l’or? Motus et bouche cousue.

 

 

9798278094432    Autoédition    430 p.

 

 

 

 

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Kingsman services secrets de Matthew Vaughn

Le premier film d’une série comprenant une suite et une préquelle, tiré d’un comic book. C’est une parodie du James Bond années 1960 revue années 2010, avec pas mal d’humour, beaucoup d’action et peu de belles pépées avec qui flirter – féminisme oblige. Les femmes sont au contraire soit les égales des hommes, comme Roxy, la candidate qui gagnera d’entrer au service, soit des tueuses redoutables, comme Gazelle (Sofia Boutella) montée sur pieds tranchants, celle qui sert le milliardaire le la Tech Richmond Valentine. Quant aux hommes, ils ne deviennent adultes qu’avec le temps et l’expérience, restant vantards et ignares fort tard dans la vie.

Tout commence en Afghanistan avec le raid d’un hélicoptère de combat qui prend d’assaut une forteresse de terre. A l’intérieur, un terroriste interrogé par les agents se fait sauter, et c’est par le réflexe de l’un d’eux que le groupe est sauvé. Harry Hart (Colin Firth) va rendre visite à la veuve et à son petit garçon. Elle est inconsolable et refuse la retraite et la médaille offerte ; Harry l’offre au gamin nommé Gary et surnommé Eggsy à cause des œufs, en lui disant qu’il peut appeler un numéro de téléphone gravé au dos s’il a besoin, n’importe quand, avec le mot de passe « des Oxford, pas des Brogues », en référence à des marques de chaussures.

Dix-sept ans plus tard, la mère s’est effondrée et maquée avec un brutal qui la bat, après lui avoir enfourné un môme. L’adolescent Eggsy (Taron Egerton, 25 ans au tournage), voudrait bien échapper à cette atmosphère de beauf enbierré et violent, et aux racailles du quartier. Il pique la bagnole frime d’un congénère particulièrement gratiné et la défonce contre une voiture de police, après avoir usé les pneus en dérapages et subi une course-poursuite en marche arrière. Mis au trou, il a droit à un appel téléphonique, et il pense à la médaille qu’il porte sur sa poitrine. Il est libéré.

Harry l’attend à la sortie et l’aborde. Il sera son candidat au poste de nouvel agent, un récent s’étant fait descendre par la tueuse du milliardaire dans les montagnes argentines, alors qu’il délivrait le professeur Arnold (Mark Hamill[), spécialiste du réchauffement climatique et de l’anthropocène, enlevé pour le convaincre de rejoindre la secte technologique de Valentine. Harry, comme le père d’Eggsy et comme l’agent en Argentine, appartient à une agence d’espionnage privée, plus rapide et plus efficace que les agences officielles, soumises aux procédures. Il est plus anglais que les Anglais, s’habillant Saville Row, se piquant de connaître le vin et le whisky, portant de superbes chaussures noires cirée Oxford – avec un petit truc utile en plus.

Chester King dit « Arthur » (Michael Caine), le chef de Kingsman (homme de Chester, mais aussi homme du roi), appelle à candidature autour d’une table rectangulaire (pour marquer la hiérarchie) le nouveau Lancelot. Une référence à la Table ronde, l’équipe médiévale qui a défendu les Bretons contre les Saxons et le bien (chrétien) contre le mal (druidique). Les réunions sont virtuelles, grâces aux lunettes connectées de chacun, sauf Chester/Arthur et Harry/Galaad, présents physiquement, ainsi que « Merlin » (Mark Strong) qui sert d’entraîneur, d’intendant et d’inventeur à la Q. Chacun des agents doit proposer un candidat au poste vacant. Sur la douzaine, un seul sera retenu. Eggsy est sans emploi et sans perspectives, ayant quitté la formation des Royal Marines avant la fin, atteint par le no future de sa classe et de sa génération. Mais Harry croit en lui, bon sang ne saurait mentir, et Eggsy est intelligent ; il sait s’adapter. Il est donc son candidat et inclu dans la formation.

La première épreuve est le remplissage du dortoir par de l’eau surgie de nulle part qui monte jusqu’au plafond. Les jeunes à moitiés nus, sortis du lit brutalement, n’ont que quelques minutes pour décider quoi faire. Roxy propose de pomper l’air des tuyaux de douche (!) tandis qu’Eggsy découvre un miroir sans tain qu’il défonce à coups de poing. Au saut libre en parachute, il parvient à convaincre Roxy qui renâcle à les suivre et la « sauve » en s’attachant à elle parce qu’il manquerait un parachute dans le lot (en fait, non, c’était une épreuve d’équipe et de résistance mentale). Ils sont les seuls à atterrir juste sur la cible, ayant déclenché leur parachute commun in extremis. Drogués dans une boite, ils se retrouvent chacun ligoté sur des rails alors qu’un train arrive : ils doivent donner le nom de leur chef Kingsman ou périr. Roxy et Eggsy résistent – ils sont les seuls candidats restant. Chacun a dû d’adopter un chiot et de le dresser comme ils le sont eux-mêmes. Eggsy adopte un carlin qu’il baptise JB – non pour James Bond, ni pour Jason Bourne, mais pour Jack Bauer). Il devra lui tirer dessus à la fin des épreuves et refusera de le faire, contrairement à Roxy, ce qui le disqualifie. Toutes ces épreuves servent à alimenter le suspense tout en riant un peu.

Mais le monde se rappelle à tous. Le milliardaire Valentine (Samuel L. Jackson) ami du président Obama sur le climat, a décidé d’offrir gratuitement une carte SIM à tous les volontaires ; elle s’adaptera à tous les téléphones, quelle que soit leur marque. C’est la ruée. Mais, selon l’adage « quand c’est gratuit, vous êtes vous-même la marchandise », il y a un piège : la dépendance. Cette carte pourra diffuser, avec les progrès fulgurants de la technologie, une onde neurologique qui rend violent, incitant à se désinhiber et à arracher les yeux à son voisin, homme, femme ou enfant. Un pouvoir redoutable. C’est que le milliardaire est puissant, la technologie fait de lui un maître par son avance et lui donne le pouvoir de l’argent. Il a compris que tout est foutu, que le climat va vers l’irréversible, et que l’humanité est une maladie pour Gaïa la terre. Or, que fait un corps vivant contre la maladie ? Il se réchauffe par la fièvre pour se débarrasser des microbes. C’est ce que fait la terre, alors autant s’amuser avant, et éradiquer le maximum d’humains parasites. Valentine le Noir, est une sorte d’Elon Musk le bon Aryen. Le Kingsman se doit de sauver le monde, comme jadis James Bond. Mais la Russie impérialiste ne fait plus recette ; les milliardaires de la Tech sont bien plus redoutables.

Harry part au Kentucky, État à la limite du sud et resté très religieux et conservateur. Valentine finance une église où les prêches sont incendiaires sur la décadence de l’Amérique, la sodomie, l’avortement, le divorce et la pédophilie – tous ces thèmes chers aux Trompistes qui vont arriver au pouvoir. Il veut tester son impulsion neurologique et ça marche. Harry, en pleine bagarre déclenchée par les ondes, tue tout le monde grâce à son entraînement poussé. Une belle scène d’action filmée en accéléré. Lorsqu’il sort, Valentine et sa tueuse l’attendent, ainsi que deux nervis de sa milice privée qui le tiennent en joue. D’un coup, le milliardaire hors limite le descend d’une balle entre les deux yeux.

Sans son mentor, étant soi-disant éliminé du poste, Eggsy va quand même voir Arthur, qui l’accueille autour de la table rectangulaire et lui offre un cognac de 1815 – une revanche sur Napoléon. Eggsy s’aperçoit, bien formé qu’il a été par Harry, qu’Arthur a lui-même une cicatrice derrière l’oreille. Il est donc devenu adepte de Valentine et lui a fait allégeance. Une puce lui a été implantée qui marque le pouvoir du milliardaire comme on marquait jadis le bétail. Alerte, Eggsy détourne l’attention et intervertit les verres. Arthur meurt empoisonné.

Ne restent que Merlin, Roxy devenue Lancelot, et lui. Ils décident d’investir le bunker des montagnes de Valentine, construit dans la panique du bug de l’an 2000. Tous les adeptes s’y sont réfugiés en attendant l’Armageddon, le déclenchement programmé de l’impulsion tueuse par Valentine dans le monde entier, diffusé par l’un de ses satellites en orbite. La référence à Elon Musk et à son réseau Starlink est transparente. Roxy est chargée de bousiller le satellite par un missile, tiré d’un ballon sonde monté à la limite de la stratosphère (scène irréaliste étant donné le froid glacial qui gèlerait la fille), tandis que Merlin et Eggsy doivent s’infiltrer dans la base, grâce au téléphone d’Arthur en code d’accès.

Grosse bagarre d’Eggsy et de Gazelle, où la pointe empoisonnée des chaussures Oxford fait merveille, tandis que Merlin hacke le système fermé de Valentine et fait exploser la tête de tous ses élus enpucés, dans de beaux panaches colorés de feux d’artifice. Eggsy délivre une princesse suédoise Tilde (Hanna Alström), emprisonnée par refus de se soumettre et, scène à la James Bond, il s’enferme un moment avec elle qui a déjà les fesses à l’air. Seul moment érotique du film, resté puritain jusqu’au bout, cols fermés, femmes musclées ou muselées. A noter que, humour au second degré réservé aux initiés, le code porte de la cellule est 2625, soit le mot « anal » sur un téléphone classique. La sodomie suédoise (quand même hétéro) est donc promue contre le conservatisme puritain des Valentine, Trompe et de ses bigots. On peut d’ailleurs se demander si encourager les actes sexuels non reproductifs ne serait pas une bonne solution pour limiter la population mondiale qui échauffe Gaïa…

Eggsy est devenu Galaad au Kingsman, faute de combattants. Il est déguisé comme Harry : costume sur mesure (blindé), parapluie pistolet (pare-balles), lunettes (connectées), chaussures (à pointe mortelle). Il va délivrer sa mère et sa demi-sœur encore bébé des griffes du beau-père violent et de sa bande de losers ivrognes. Ne quittez pas le film au générique, il réserve encore une douceur pour la fin, avant le vrai générique qui sera sur fond noir.

Au total deux heures de divertissement, où l‘invraisemblable et le violent côtoie le sourire. On a vu pire côté violence, la guerre à nos portes en montre tous les jours les effets, ce qpourquoi la censure de certains pays est plutôt hypocrite. Mais les âmes sensibles et les moins de 12 ans feront bien de garder un compagnon ou un adulte auprès d’eux, on ne sait jamais.

DVD Kingsman services secrets, Matthew Vaughn, avec ‎ Colin Firth, Mark Strong, Michael Caine, Samuel L. Jackson, Taron Egerton, 20th Century Studios 2015, doublé anglais, français, 2h04, €6,86, Blu-ray €10,19, 4K €18,95

DVD Coffret intégrale 3 DVD : Première mission, Services secrets, Le cercle d’or, ESC Conseils 2016, doublé anglais, français, €14,99

(mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

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Le billet par The Guardian, rapporté par l'illustre R. Stallman (FSF), ça me fait penser à Galileo, le réseau de satellites Européen: incroyable cette histoire, comment des ingénieurs qualifié(e)s ont-ils pu être aussi naîfs? Les Chinois, l'une des plus anciennes civilisations encore existantes au monde: cela devrait en rendre humbles un très grand nombre, mais non, il faut croire que l'expertise, dans un sens seul petit domaine rend idiot, et/ou aveugle.
#espionnage #EU

https://www.taurillon.org/Galileo-Chine-et-Royaume-Uni-le-triptyque-perdant-pour-l-Union

Galileo, Chine et Royaume-Uni : le triptyque perdant pour l’Union européenne

Fin 2009, est sorti un rapport de l’Assemblée Nationale qui fait le point sur la situation du programme Galileo, le GPS européen. Deux dangers pour ce programme ressortent clairement. Les Chinois préparent une guerre de fréquences que pourrait bien perdre l’Europe. Les Britanniques font le jeu de l’Empire du Milieu en jouant à fond la carte américaine. Au détriment des Européens ?

Le Taurillon

Affaire Pegasus : la justice française a entendu les créateurs du logiciel espion

Selon les informations de « Mediapart », deux anciens dirigeants de la société israélienne NSO ont été placés sous le statut de témoins assistés dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur le scandale d’espionnage par le logiciel Pegasus, révélé en 2021.

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(C'est grave, partagez svp  )

#JOffreMediapart

https://www.mediapart.fr/journal/france/180426/affaire-pegasus-la-justice-francaise-entendu-les-createurs-du-logiciel-espion?utm_source=global&utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5

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Affaire Pegasus : la justice française a entendu les créateurs du logiciel espion

Selon les informations de « Mediapart », deux anciens dirigeants de la société israélienne NSO ont été placés sous le statut de témoins assistés dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur le scandale d’espionnage par le logiciel Pegasus, révélé en 2021.

Mediapart

John Le Carré, La petite fille au tambour

Le maître anglais de l’espionnage, qui en fut un lui-même en pleine guerre froide avant que sa couverture ne soit compromise par Kim Philby, se décentre cette fois-ci au Moyen-Orient. Les attentats palestiniens secouent les villes européennes, perpétrés par divers groupes terroristes aidés de « révolutionnaires » qui ont trouvé dans la Cause du prolétariat mondial l’idéal pré-djihadiste de leur vie terne de petit-bourgeois trop gâté. Je ne sais pas pourquoi les commentateurs s’étonnent de la rhétorique Mélenchon en faveur de la gauche révolutionnaire, des nouveaux prolos arabes, de la cause palestinienne : c’est rigoureusement la même que dans ses années 70 de jeunesse.

L’espionnage israélien a décidé d’infiltrer le réseau d’un groupe qui a déjà tué, faisant exploser quelques bombes artisanales qu’ils ont fait porter par des jeunes filles occidentales ignares et enamourées. Pour elles, la « révolution » consiste surtout à baiser autant que faire se peut avec de jeunes gens bruns et musclés, emplis d’une grande passion pour leur peuple. Les garçons occidentaux leur semblent trop fades, repus, mous et sans ferveur.

C’est ainsi que « Joseph », maître Mossad d’âge mûr, choisit « Charlie », une jeune actrice anglaise de 20 ans plutôt moche mais ardente au lit et ouvertes aux beaux jeunes mâles, pour pénétrer les terroristes en se faisant pénétrer par eux. C’est le grand jeu de la « légende », ce rôle endossé après avoir été minutieusement préparé, et qui doit paraître plus vrai que nature. Charlie est censée mener jusqu’à Khalil, Palestinien de la trentaine à la tête d’un réseau dangereux, en se disant amoureuse éperdue de « Michel », son jeune frère tué pour la Cause – dans l’explosion de sa voiture Mercedes emplie d’explosifs qu’il allait livrer pour un attentat anti-juif en Allemagne.

La mise en condition est soignée, ne laissant rien au hasard. Des piles de lettres émanant soi-disant de Charlie à Michel, et les quelques réponses de Michel à Charlie, imitent parfaitement les écritures ; elles sont nourries du renseignement collecté ici ou là. Michel est même enlevé par le Mossad et présenté un jour à Charlie, entièrement nu, pour qu’elle puisse repaître ses yeux de son jeune corps bronzé à la cicatrice blanche sur la hanche. De quoi alimenter ses fantasmes pour la légende, mais aussi pouvoir répondre aux questions précises de ceux qu’elle va infiltrer.

Car les Palestiniens ne sont pas non plus des enfants de chœur. Au Liban, dans les territoires occupés, ils changent de lieu, de nom et de passeport fréquemment et font passer à la jeune occidentale ni arabe, ni juive, une série de tests pour établir sa loyauté et tenir son rôle de veuve amoureuse éplorée. Charlie s’en tient à Michel, toujours Michel, comme si elle l’avait vraiment connue charnellement, aimée réellement. Sentir son rôle est ce qui fait de vous un bon acteur.

Mais il arrive aussi que le rôle soit tellement prenant que l’on ne sait plus du réel et du faux quel est le vrai. Mission accomplie, Khalil découvert, logé et tué – in extremis à cause d’une minuscule erreur de préparation – la redescente est longue et douloureuse. Qui suis-je ? Être ou ne pas être ? Joseph le vrai ou Michel le fantasme ?

L’attrait de ce roman réside non seulement dans le détail méticuleux des actions des uns et des autres, non seulement dans la sensualité de cette jeunesse emportée par sa passion révolutionnaire corps et âme, se montrant nus et baisant volontiers – mais surtout dans cette plongée dangereuse dans la double personnalité. Pour la bonne cause, pour éviter les bombes, mais avec le doute que les bombes d’en face, « légitimes », ne soient pas plus justifiées. Le mimétisme des adultes qui tirent les ficelles de ce grand jeu devrait alerter : si Joseph le juif ressemble à Khalil l’arabe, musclé, volontaire, rationnel, fort – qui a « raison » ?

C’est aussi une leçon d’histoire à la fin des années 70 que livre John Le Carré. Israéliens trop puissants et sûrs d’eux-mêmes contre Palestiniens éternellement « réfugiés » parce qu’aucun pays arabe ne veut d’eux. « L’erreur de 1967 » lorsqu’Israël, victorieux, n’a pas tendu la main à ses adversaires pour partager la terre en deux États. Le romantisme du combat pour une soi-disant révolution post-68, vite assagie avec l’âge qui est venu. Baiser, oui, « s’éclater » pourquoi pas, mais au risque de sauter avec la bombe mal ficelée, pour une cause pas meilleure qu’une autre.

The Little Drummer Girl, un film américain de George Roy Hill, avec Diane Keaton, Klaus Kinski, Sami Frey, est sorti en 1984.

John Le Carré, La petite fille au tambour (The Little Drummer Girl), 1983, Points poche 2021, 768 pages, €9,50

(mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

D’autres romans d’espionnages de John Le Carré déjà chroniqués sur ce blog :

https://argoul.com/2023/08/19/john-le-carre-le-chant-de-la-mission/

https://argoul.com/2021/12/06/john-le-carre-le-tailleur-de-panama/

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The undeclared war

Un bon épisode un peu hors-série perdu entre cinq épisodes assez médiocres et bourrés de clichés, et une vision de l'informatique qu'aucun scénariste compétent ne peut utiliser depuis dix ans.

https://cine.h26.me/2026/04/13/the-undeclared-war/

Une campagne d’ #espionnage détourne des milliers de #routeurs dans le monde. Le groupe de hackers #ForestBlizzard pirate des routeurs #SOHO vulnérables pour l'interception des flux #Microsoft 365. Cette opération d'espionnage utilise une manipulation du #DNS pour le vol de jetons d'authentification sans pénétration directe des serveurs de l'entreprise américaine
https://www.clubic.com/actualite-608353-une-campagne-d-espionnage-detourne-des-milliers-de-routeurs-dans-le-monde.html
Une campagne d’espionnage détourne des milliers de routeurs dans le monde

Le groupe de hackers Forest Blizzard pirate des routeurs SOHO vulnérables pour l'interception des flux Microsoft 365. Cette opération d'espionnage utilise une manipulation du DNS pour le vol de jetons d'authentification sans pénétration directe des serveurs de l'entreprise américaine.

clubic.com
Et ça va dans les deux sens @RimaHas . Ce sont les #logiciels d’ #espionnage #social très pointus, le #gaz qu'ils volent aux #Palestinien en #mediteranee,
Les #diamants
Le traffic d' #organes humains depuis des pays trop pauvres
#Nazi est mot trop court pour qualifier la conduite d' #Israel