L’ikigaï sans peine

La vérité n’est pas spirituelle. Elle n’est même pas «sage». Elle ne porte pas de collier de perles. N’a pas de barbe. Elle ne dévoile pas de mantra à ton oreille. Elle ne te promet ni paix, ni abondance, ni salut du monde même si tu tiens un journal de gratitude avec application.

La vérité est nue. Brute. Présente. Tellement évidente… qu’on passe à côté! Parce qu’on nous a dressés à chercher. À croire que quelque chose reste caché. À nous convaincre qu’on devait s’inventer une vie pour se permettre d’être.

La plupart d’entre nous ne se sont pas «perdus». On est juste nés dans une histoire inventée de toutes pièces, en général par d’autres personnes:

Tu es cassé.

Il faut te réparer.

Suis le bon chemin.

Tu t’es trompé.

Tu as mal fait.

Attends la pureté.

On a tous acheté les yeux fermés la chute d’Adam et Ève; le loupé de la vie qui a causé tous nos ennuis. Un récit sans auteur. Mais personne ne nous a dit: «Tu marches déjà dessus. Le chemin est sous tes pieds. Le signe que tu attends, c’est toi.»

On a eu beau nous dire: «Vous êtes déjà parfaits, ne cherchez plus, il n’y a rien à trouver…» On a préféré l’autre version. Celle qui fait mal. On continue à courir après une lumière qui n’a jamais disparue, comme quelqu’un qui cherche ses lunettes… alors qu’elles sont sur son nez!

*

Brûle la carte. Marche pieds nus. Fais confiance au sol.

Le seul «travail» qui reste, c’est ça: cesser de vouloir trouver, de rêver de devenir une autre version de soi-même.

La vie sait toujours où on veut aller. Une seule règle: vas-y, avance, fais-toi plaisir, t’es là pour ça. C’est un jeu. S’il te semble qu’il y a des obstacles, c’est parce qu’il y a toujours un moyen de les dépasser. Il suffit de rester ce que tu es, sans négociation, à fond, juste avec un autre regard; le vrai, sans lunettes.

Patrice Julien dans La Voie de l’eau : L’ikigaï sans peine

Une pièce musicale de Kitaro – Hajimari

https://www.youtube.com/watch?v=07FM_2FVU_s&list=RD07FM_2FVU_s&start_radio=1

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ÉCOUTE (Else Lasker-Schüler)

     ÉCOUTE Pendant les nuits je dérobe Les roses de ta bouche, Pour qu'aucune femme y trouve à boire. Celle qui t'embrasse Me dépouille de mes frissons, Que j'ai peints autour de tes membres. Je suis ton bord de chemin. Celle qui t'effleure, Bascule. Sens-tu ma vivance Partout Comme une lisière au loin ? *** HORE Ich raube in den Nächten Die Rosen deines Mundes, iy Daß keine Weibin Trinken findet. Die dich umarmt, oStiehlt mir von meinen Schauern, Die ich um […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/21/ecoute-else-lasker-schuler-2/

LES PAUVRES (Émile Verbaeren)

     LES PAUVRES Il est ainsi de pauvres cours avec, en eux, des lacs de pleurs, qui sont pâles, comme les pierres d'un cimetière. Il est ainsi de pauvres dos plus lourds de peine et de fardeaux que les toits des cassines brunes, parmi les dunes. Il est ainsi de pauvres mains, comme feuilles sur les chemins, comme feuilles jaunes et mortes, devant la porte. Il est ainsi de pauvres yeux humbles et bons et soucieux et plus tristes que ceux des bêtes, sous la […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/20/les-pauvres-emile-verbaeren/

LE VOYAGEUR DANS LA SCIERIE (Justinus Kerner)

     LE VOYAGEUR DANS LA SCIERIE Dans la scierie tout en bas J'étais assis bien tranquille Et regardais les rouages Et les mouvements de l'eau, Regardais la lame nue, Pour moi c'était comme un rêve, Qui frayait de longs chemins Dans le grand corps d'un sapin. Le sapin était comme vivant, Il chantait sur un air triste, Tremblant de toutes ses fibres, Les paroles que voici : « Ô, voyageur, tu t'en viens Ici à l'heure propice, C'est pour toi que dans mon cœur On […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/20/le-voyageur-dans-la-scierie-justinus-kerner/

VITAE SUMMA BREVIS SPEM NOS VETAT INCOHARE LONGAM (Ernest Christopher Dowson)

     VITAE SUMMA BREVIS SPEM NOS VETAT INCOHARE LONGAM Ils ne durent pas longtemps, le rire et les larmes, L'amour, la haine et le désir : Je crois qu'en nous ils n'auront plus place, une fois Le seuil franchi. Ils ne durent pas longtemps, les jours de vin et de roses : De la brume d'un rêve Notre chemin émerge un instant, puis bientôt S'achève en rêve. *** VITAE SUMMA BREVIS SPEM NOS VETAT INCOHARE LONGAM With rue my heart is laden For golden friends I had, For many a […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/18/vitae-summa-brevis-spem-nos-vetat-incohare-longam-ernest-christopher-dowson/

Le chemin (Héraclite)

Le chemin qui monte et celui qui descend sont un et identiques (Héraclite)    

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/18/le-chemin-heraclite/

Le chemin (Héraclite)

Le chemin qui monte et celui qui descend sont un et identiques (Héraclite)    

Arbrealettres

Dans cet étrange labyrinthe (Lady Mary Wroth)

     Dans cet étrange labyrinthe, où tournerai-je ? Les chemins sont partout mais je perds mon chemin : Si je vais à droite, c'est là qu'amour me brûle ; Laissez-moi aller là où le danger se trouve. Le soupçon freine la joie si je vais à gauche : Laissez-moi revenir - la honte me le crie - Sans faiblir, bien que mon sort embrasse des croix ; S'arrêter est plus dur, mais la peine est certaine. Alors, qu'on me laisse aller à droite ou à gauche ; Avancer, m'arrêter, […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/17/dans-cet-etrange-labyrinthe-lady-mary-wroth/

Vers la liberté

J’ai toujours su qu’au plus profond du cœur de l’homme résidaient la miséricorde et la générosité. Personne ne naît haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion.

Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire.

Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j’ai toujours aperçu une lueur d’humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer.

La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher, mais qu’on ne peut jamais éteindre. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, il est enfermé derrière les barreaux des préjugés et de l’étroitesse d’esprit. Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté, tout comme je ne suis pas libre si l’on me prive de ma liberté.

L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur. Certains disent que ce but est atteint. Mais je sais que ce n’est pas le cas. La vérité, c’est que nous ne sommes pas encore libres ; nous avons seulement atteint la liberté d’être libres, le droit de ne pas être opprimés.

Nous n’avons pas encore fait le dernier pas de notre voyage, nous n’avons fait que le premier sur une route plus longue et difficile. Car être libre ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. La véritable épreuve pour notre attachement à la liberté vient de commencer.

Nelson Mandela (1918-2013) a passé 27 ans en prison pour s’être opposé au régime de l’apartheid en Afrique du Sud. Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1993 et devient président du pays en 2014.

Nelson Mandela dans Un long chemin vers la liberté

Une pièce musicale de Soweto Gospel Choir – UMBOMBELA

https://www.youtube.com/watch?v=c-HqO-EojS4&list=RDc-HqO-EojS4&start_radio=1

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L’entraînement de l’esprit

La pratique de l’entraînement de l’esprit commence lorsque nous avons cessé d’essayer.  

C’est pratiquer en lâchant prise.

C’est lâcher prise comme nous respirons, lâcher prise comme nous marchons sur le chemin, lâcher prise et être.

Calme, ouvert, détendu, complètement conscient et indéfinissable.

J’en appelle à la capacité d’être sans faire de véritables efforts.

L’entraînement de l’esprit nous amène simplement à être sans effort, sans attente, comme tout mouvement de notre propre nature.

Une chanson de Claudio Capéo – Laisse aller

Les paroles sur la vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=J85t1wEMVCs&list=RDJ85t1wEMVCs&start_radio=1

Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

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À MADAME MARGUERITE HUSSEY (John Skelton)

Hypsipyle      À MADAME MARGUERITE HUSSEY Ma jolie Marguerite, Fleur du milieu de l'été, Douce comme le faucon Ou le gerfaut de haut vol : Toute de joie, d'apaisement, Toute de rire sans folie, Bonté sans rien de méchant ; Fille, femme, Si joyeuse, Si gracieuse, En toute chose Est sa manière - Qu'elle surpasse Ce que j'en peux dire, Ce que puis écrire De ma jolie Marguerite, Fleur du milieu de l'été, Douce comme le faucon Ou le gerfaut de haut vol. Patiente […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/16/a-madame-marguerite-hussey-john-skelton/