INVENTAIRE (Günter Eich)

     INVENTAIRE Ça c'est ma casquette et ça mon manteau, là, mes affaires de rasage dans la sacoche de lin. Une boîte de conserve : mon assiette, mon gobelet, j'ai gravé mon nom dans le fer-blanc. L'ai gravé ici avec ce clou précieux, que je dissimule aux yeux pleins d'envie. Dans le sac à pain il y a une paire de chaussettes en laine et certaines choses que je ne dirai à personne, Ca me sert ainsi la nuit d'oreiller. Ce carton, ici, est entre la terre et […]

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LA PLAINTE (Karoline von Günderode)

     LA PLAINTE Quand on a ressenti la plus profonde Des blessures dans son esprit et ses sens, La douleur de la séparation amère ; Quand on a aime ce qu'on a perdu, Et doit quitter ce qu'on a élu, Le cœur aimé, On comprend dans la joie les larmes Et l'éternel désir d'amour, D'être un en deux, De se trouver dans l'autre et tant uni à lui, Que s'enfuient les frontières de la dualité Et la peine de l'existence Quand on a pu ainsi gagner d'amour un être Si […]

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MON CHAT ET MOI (Roger McGough)

     MON CHAT ET MOI Les filles sont vraiment les plus jolies créatures Mon chat et moi nous le pensons Et nous sommes toujours attristés Quand c'est pour elles l'heure de partir Nous les regardons se pomponner Et bien qu'elles nous fassent attendre (souvent c'est un peu long) Mon chat & moi nous sourions contents Nous aimons bien les raccompagner jusqu'à la porte Et dire dommage que vous ne restiez pas plus longtemps Puis mon chat et moi nous rentrons à l'intérieur Et […]

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CHANSON D’UNE JEUNE DAME À SON AMANT VIEILLISSANT (John Wilmot)

Illustration: Jérôme Royer      CHANSON D'UNE JEUNE DAME À SON AMANT VIEILLISSANT Homme vieillissant, toi pour qui je mets Au défi les juvéniles flatteurs, Puisses-tu longtemps ne devenir vieux, Perclus et tremblant, décrépit et froid. Demeure pareil à ce que tu es, Homme vieillissant et cher à mon cœur. Sur tes lèvres décharnées, desséchées, Qui ressemblent à deux sillons stériles, Je répandrai de longs baisers aimants Qui ranimeront ton ardeur […]

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Ne cherche pas à combler le manque (Alain Suied)

Ne cherche pas à combler le manque il te constitue. Ne cherche pas à ignorer le manque : tu le constitues. Être au monde – voilà ce qui compte et voilà ce qui disparaîtra. Le monde existe quand tu le perds. Ne cherche pas à scruter le vide il a tes yeux. Ne cherche pas à voiler le vide : tu le restitues. Aimer le monde – voilà ce qui survivra. Le monde répond quand tu l’oublies. (Alain Suied) Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/  

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Ne cherche pas à combler le manque (Alain Suied)

Ne cherche pas à combler le manque il te constitue. Ne cherche pas à ignorer le manque : tu le constitues. Être au monde – voilà ce qui compte et voilà ce qui disparaîtra. Le monde existe quand tu …

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Vers la liberté

J’ai toujours su qu’au plus profond du cœur de l’homme résidaient la miséricorde et la générosité. Personne ne naît haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion.

Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire.

Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j’ai toujours aperçu une lueur d’humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer.

La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher, mais qu’on ne peut jamais éteindre. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, il est enfermé derrière les barreaux des préjugés et de l’étroitesse d’esprit. Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté, tout comme je ne suis pas libre si l’on me prive de ma liberté.

L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur. Certains disent que ce but est atteint. Mais je sais que ce n’est pas le cas. La vérité, c’est que nous ne sommes pas encore libres ; nous avons seulement atteint la liberté d’être libres, le droit de ne pas être opprimés.

Nous n’avons pas encore fait le dernier pas de notre voyage, nous n’avons fait que le premier sur une route plus longue et difficile. Car être libre ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. La véritable épreuve pour notre attachement à la liberté vient de commencer.

Nelson Mandela (1918-2013) a passé 27 ans en prison pour s’être opposé au régime de l’apartheid en Afrique du Sud. Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1993 et devient président du pays en 2014.

Nelson Mandela dans Un long chemin vers la liberté

Une pièce musicale de Soweto Gospel Choir – UMBOMBELA

https://www.youtube.com/watch?v=c-HqO-EojS4&list=RDc-HqO-EojS4&start_radio=1

#AfriqueDuSud #Aimer #amour #épreuve #étroitesseDEsprit #êtreLibre #barreaux #bonté #chaînes #Chemin #commencer #compassion #dépossédé #discrimination #droit #enseigner #entraide #flamme #générosité #haïr #humanité #liberté #libre #miséricorde #mission #NelsonMandela #Oppresseur #Opprimé #préjugés #prisonnier #route #solidarité #vérité #voyage

Fort peu me chaut (Thomas Campion)

Illustration: William Bouguereau      Fort peu me chaut la dame à flatter, à prier. Je veux Amaryllis, joueuse fille des champs. De l'art Nature a mépris ; elle est beauté vraie, Celle qui, dans nos jeux d'amoureux, dit « Arrête! » Mais qui, au temps du plaisir, jamais ne dit non. Si je l'aime, Amaryllis fruits et fleurs me donne ; Mais pour aimer ces dames, il faut des pluies d'or. À elles l'amour vénal ; à moi la brunette, Celle qui, dans nos jeux d'amoureux, dit « […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/17/fort-peu-me-chaut-thomas-campion/

Quand on verra ta fleur (Samuel Daniel)

     Quand on verra ta fleur, ta gloire se flétrir, Et que, le front plein de soucis et solitaire, Tu recevras ce message de ton miroir Qui dit vrai, nous disant que tout nous a quittés ; Tu verras mieux en moi ton œuvre dans mes plaies, Car si ta flamme est morte, en moi vit la chaleur ; T'ayant aimée ainsi avant que tu te fanes, Mon culte grandira au temps de ton déclin. Ce prodige, le monde en moi le trouvera, Que le feu brûle encor quand tout est consumé ; Ce qu'a […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/17/quand-on-verra-ta-fleur-samuel-daniel/

Je sais que l’unique chant (María Victoria Atencia)

Illustration: Chantal Dufour      Je sais que l'unique chant, de tous les chants anciens le seul digne, l'unique poésie, est celle qui se tait et aime toujours ce monde, cette solitude qui rend fou et vous dépouille. (María Victoria Atencia) Recueil: Poésie espagnole. Anthologie 1945–1990 Traduction: Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet Editions: POINTS

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/17/je-sais-que-lunique-chant-maria-victoria-atencia/

ARBASTO [CHANSON DE DORALICE] (Robert Green)

     ARBASTO [CHANSON DE DORALICE] Avec le temps, gouttes d'argent Creusent les solides rochers ; L'escargot lent, avec le temps, Grimpe tout la-haut en rampant. Un faible souffle, avec le temps, Peut abattre le plus haut pin ; Avec le temps, le cour altier Cède au doux appel de Vénus Là où le gel mordait naguère, Un feu s'allume maintenant ; Là où dédain engendrait haine, Le désir maintenant s'éveille. Le temps donne chance à l'espoir ; Quel souci que le temps […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/16/arbasto-chanson-de-doralice-robert-green/