Vu que je lis pas mal d'études scientifiques liés à la santé trans, je me dis que je peux faire un fil pour partager ce sur quoi je tombe.
Je trouve des trucs intéressants comme des trucs nuls (mais intéressants en ce que ça montre les maltraitances institutionnelles des personnes trans dans la recherche), c'est rarement révolutionnaire mais y'a souvent des fun facts... Bref je vais essayer d'en partager un peu ci-dessous et on verra bien si ça intéresse des gens !
(Je pense pas trop développer psk pas la temps mais hésitez pas à me poser des questions sur les études ou sur d'autres trucs, c'est très bienvenu!!)

Ah et pour accéder aux PDF qui sont pas en accès libre ou sur sci-hub, essayez sci-net.xyz/[DOI]. Si ça n'y est pas c'est que j'ai oublié de l'y mettre, n'hésitez pas à me le signaler !

#santetrans #trans

Pour commencer par un truc intéressant : étude[1] rétrospective sur des dossiers médicaux qui cherche à évaluer la prévalence de SEDh/HSD (syndrôme d'Ehlers-Danlos type hypermobile/trouble du spectre de l'hypermobilité) chez les personnes trans/nb. Elle trouve :

  • prévalence de 2.62% chez les personnes transmasc
  • prévalence de 1% chez les personnes transfem
  • pas de différence significative dans la prévalence vis-à-vis de la prise ou non de TH

La même étude trouve une prévalence de 0.16% chez les femmes cis et 0.04% chez les hommes cis ; ça fait presque 20 fois plus de chances d'avoir un SED chez les personnes trans (OR 18.45).

Ça recoupe quelques autres études qui montrent une prévalence importante de SEDh chez les personnes trans :

  • étude[2] dans un centre médical prescrivant des TH qui trouve une prévalence de SEDh de 2.7% chez des personnes trans
  • étude[3] dans un centre médical trouvant une prévalence de SED de 2.6% chez des personnes trans ayant eu une opération de transition (72% SEDh, le reste pas spécifié ; ~70% transmasc). Pas de surrisque de complications postop ou de réopérations dans ce groupe, pour principalement des mammecs, qqs orchis, et d'autres opés.
  • étude[4] dans un centre pédiatrique de prise en charge du SED trouvant une prévalence de dysphorie de genre de 17% chez des ados avec un diag de SED(h)/HSD

[1] : Prevalence of Hypermobile Ehlers-Danlos Syndrome in Transgender and Gender Diverse Individuals: A Retrospective Cohort Study. Tabernacki T et al., 2025. https://doi.org/10.1177/23258292251382250

[2] : The prevalence of hypermobile Ehlers–Danlos syndrome at a gender-affirming primary care clinic. Stein T et al., 2025. https://doi.org/10.1177/20503121251315021

[3] : Ehlers-Danlos syndrome: prevalence and outcomes in gender affirming surgery - a single institution experience. Najafian A, 2022. https://doi.org/10.20517/2347-9264.2021.89

[4] : Gender dysphoria in adolescents with Ehlers–Danlos syndrome. Jones JT et al., 2022. https://doi.org/10.1177/20503121221146074

#EDS #hEDS #trans #hypermobility #hypermobileEhlersDanlosSyndrome #HSD

Je râlais hier sur les étudiant·es en médecin cis qui veulent absolument étudier le dépistage du cancer du col de l'utérus et les personnes transmasc, c'est d'autant plus énervant que le sujet a été étudié en long en large et en travers, et je suis tombé sur cette revue systématique sur les facteurs limitant et facilitant l'accès aux services de prévention du cancer chez les personnes trans. La revue est chouette même si elle dit rien de révolutionnaire, bonus un joli graphique pour illustrer.

(Note : je dis personnes trans psk la revue a essayé d'inclure les personnes intersexes mais n'a quasi pas pu le faire par manque de données)

[1] : Barriers to and facilitators of cancer prevention services for transgender and gender-diverse people: A systematic review. Herrera DJ et al., 2026. https://doi.org/10.1016/j.ypmed.2026.108544

#trans #screening #cervicalcancer #cervicalscreening

Sur un autre sujet : un article bien réfléchi sur la douleur chronique chez les jeunes trans, dans une perspective biopsychosociale. Rien de révolutionnaire et puis un peu déprimant, mais si les jeunes trans (et les trans en général) souffrent plus de douleurs chroniques que les autres, c'est notamment en raison de la ✨ transphobie systémique ✨.
L'article aborde plusieurs thèmes et exemples de comment ça se manifeste et par quels mécanismes précisément. Ça implique aussi des pistes pour améliorer la situation (protections légales, luttes contre les discriminations, actions en faveur de l'accès au soins : de transition mais aussi de PEC de la douleur, facteurs de résilience au stress minoritaire, etc.).

Bonus il est assez court et abordable.
J'en profite pour partager cette super revue systématique[2] sur les effets biologiques du stress minoritaire chez les minorités sexuelles et de genre, je joins 2 graphiques qui synthétisent les résultats

[1] : Chronic pain in transgender and gender-diverse youth: a biopsychosocial perspective. Han GT et al., 2026. https://doi.org/10.3389/fpain.2025.1709268

[2] : Minority stress in relation to biological outcomes among sexual and gender minority people: a systematic review and update. Flentje A et al., 2025. https://doi.org/10.1007/s10865-024-00539-6

#minoritystress #chronicpain #trans #transyouth #transyouthcare #transphobia

J'aime bien trouver des études sur les PEC trans publiées par des hôpitaux français, ça permet d'avoir des nouvelles de la sofect 🙃
Exemple à Nancy[1] : 285 patient·es trans entre 2004 et 2020 (ouais c'est peu). 73% qui se voient prescrire un THS (ça implique pas mal de refus). Temps médian pour commencer le THS : 12.8 mois (c'est très long).
Les chiffres valent ce qu'ils valent (surtout que la thèse est bourrée d'erreurs mais c'est pas étonnant)

Bonus l'étude se dit «pionnière» et utilise ses (mauvais) chiffres pour justifier le gatekeeping sur la base du risque cardiovasculaire. La conclusion dit que le service a comme un objectif «un meilleur encadrement des patients transgenres», et je pense qu'effectivement on est plus sur un encadrement (faudrait pas laisser les trans transitionner comme iels veulent) que sur un accompagnement.

[1] : Caractéristiques épidémiologiques de la population des personnes transgenres suivis dans le service d’endocrinologie du CHRU de Nancy. Samhani C, 2020. https://hal.univ-lorraine.fr/hal-03806011v1 (c'est écrit par qqn qui utilise transgenre entre guillemets en 2020 donc c'est pas spécialement bienveillant comme papier, fyi).

#trans #Nancy

Caractéristiques épidémiologiques de la population des personnes transgenres suivis dans le service d’endocrinologie du CHRU de Nancy

Au cours de la dernière décennie, on constate une augmentation du nombre de personnes orientées vers les centres de référence de dysphorie de genre. Les données épidémiologiques n’ont pas encore été formellement étudiées en France. Nous rapportons ici l’expérience du centre d’identité de genre du CHU de Nancy. MÉTHODE : Etude rétrospective des dossiers médicaux de personnes transgenres référées par des psychiatres au service d’endocrinologie du CHU de Nancy entre janvier 2004 et août 2020. Nous avons inclus des sujets âgés de plus de 18 ans au moment de l’étude. RÉSULTATS : La population était composée de 151 femmes transgenres (âge médian 32 ans, IQR [24,7- 48,4]) avec un suivi médian de 3,1 ans [2,1 - 6,8], et 134 hommes transgenres (âge médian 25,1 ans [21,9 - 29,8] avec un suivi médian de 3 ans [1,6 - 4,5]. Au total, 208 (73%) des sujets ont reçu un traitement hormonal d’affirmation de genre (114 femmes transgenres et 94 hommes transgenres) avec une durée médiane de traitement de 3,2 ans [2,39 - 6,44], and 122 (42,8%) ) des sujets ont bénéficié d’une chirurgie de réassignation. Au cours du suivi, des événements cardiovasculaires et thromboemboliques ont été observés chez 6,62% des femmes transgenres avec une cardiopathie sous-jacente (hypertrophie ventriculaire gauche, athérome carotidien, insuffisance aortique, infarctus) et 2,98% des hommes transgenres. La fréquence des événements cardiovasculaires était significativement plus élevée chez les femmes transgenres (p <0,05). Le diabète a été diagnostiqué chez 2,5% des femmes transgenres. Une pathologie psychiatrique sous-jacente était présente chez 46 sujets. Au total, 6 sujets ont reçu un diagnostic de cancer pendant la durée du suivi et 2 personnes sont décédées. CONCLUSION : Notre étude donne un aperçu de la morbidité et de la mortalité à long terme enregistrées dans une grande base de données de registre des personnes transgenres dans un centre universitaire de référence en France. Nos données suggèrent que la prévalence des événements cardiovasculaires est plus élevée chez les femmes transgenres. Des études prospectives à long terme avec un groupe de sujets témoins sont nécessaires.

Autre exemple à Caen[1] : 250 patient·es entre 2012 et 2021. En 9 ans ça fait 674 consultations d’endocrinologie et 1685 consultations de psychiatrie/psycho/sexo. Temps moyen d'accès au THS : 191 jours côté transfem et 270 jours côté transmasc (6.4 et 9 mois respectivement).

C'est un poster donc y'a très peu de texte, mais on peut noter la conclusion qui dit que «L’organisation pluridisciplinaire institutionnelle des soins permet le maintien d’une cohérence et d’une cohésion autour du projet de transition», sans mentionner l'intérêt pour les patient·es (on se doute que c'est pas trop ce qui les intéresse).

[1] : Parcours de soins des patients transgenres, données de la cohorte caennaise. Dreves B et al., 2021. https://doi.org/10.1016/j.ando.2021.08.183

#trans #Caen

Pour parler d'un papier qui est bien, j'ai trouvé cet éditorial[1] très bien pour parler des problématiques d'équité (et pas d'inclusion) dans l'accès aux soins, spécifiquement à l'échelle des centres de soin communautaire, pour les personnes trans racisé·es (et dans une perspective intersectionnelle en général).

Il mentionne quelques points intéressant, comme la nécessité que les efforts d'inclusion ne soient pas des efforts individuels, optionnels, souvent venant de personnes concernées (non compensées pour ce taff et à qui on ne donne pas les ressources nécessaires), mais soient appuyés institutionnellement.

Un point qui est rarement (jamais ?) implémenté c'est le dépassement de la prise en compte des avis des personnes concernées pour à la place donner un pouvoir décisionnaire et dans un but d'accountability.
(Un truc qu'on voit encore et encore dans divers cadres progressistes qui, pour parler de ce que je connais, veulent faire des trucs pour les trans mais on est juste consulté·es, souvent à la fin/trop tard et généralement sans aucun pouvoir décisionnaire, et bon c'est sympa de nous demander notre avis mais c'est pas exactement suffisant).

Peut-être un peu plus concrètement ça mentionne des modalités de soin indispensables mais rarement implémentées (horaires large, visio, aller-vers, consultations sans rdv, recours à des pair-aidant·es, regroupement des services d'aide social/accès aux droits avec les services médicaux, etc...).

[1] : Affirming care at the margins: Community health clinics and health equity for transgender people of color. Bryant-Ross E, 2026. https://doi.org/10.1080/26895269.2025.2541986

#healthcare #equity #accesstocare

Sur un tout autre sujet, je suis tombé sur cette revue narrative sur l'alopécie androgénétique chez les personnes trans[1], qui est pas mal.

Les infos dedans sont tout à fait classiques, mais elle a l'avantage de présenter des recommandations claires et plutôt bonnes.
Point intéressant, elle met pas mal en avant l'utilisation du minoxidil *oral, quelque chose qu'on utilise très peu en France (à ma connaissance) mais qui je pense gagnerait à être développé.
Rapidement, le minoxidil c'est un médicament anti-hypertenseur, non-hormonal, qui a aussi une action sur la perte de cheveux ; on l'utilise souvent en spray/mousse localement dans l'AGA, et parfois aussi sur le visage pour stimuler la pilosité faciale. Ça peut aussi se prendre par voie orale, à faible dose, pour le traitement de l'AGA mais aussi pour développer la pilosité faciale et corporelle. Et on a maintenant des données de sécurité rassurantes sur cet emploi donc ça pourrait/devrait peut-être se développer !

Et si des personnes trans passent par là et savent pas par où commencer pour gérer leur perte de cheveux, j'ai écrit un petit article introductif sur le sujet ici : https://hackmd.io/@biyokea/aga_restauration_capillaire

[1] : Characterization and Management of Androgenetic Alopecia in Transgender and Gender-Diverse Individuals: A Narrative Review. Ramos-Rodriguez D et al., 2026. https://doi.org/10.1007/s13555-026-01735-9

#hairloss #alopecia #minoxidil #hrt

Alopécie androgénétique & restauration capillaire - HackMD

L'alopécie androgénétique est une cause fréquente de la perte de cheveux. La restauration capillaire regroupe un ensemble de solutions visant à y remédier. Rapide tour d'horizon.

HackMD

Éditorial très court qui introduit (je crois) formellement le concept de regret iatrogène dans le cadre des chirurgies d'affirmation de genre[1].

Typiquement, le regret après ces opérations est classifié comme lié au genre (le regret/détransition le plus mis en avant médiatiquement), social (par ex., transphobie) ou médical (par ex., complication). L'auteur propose un autre type, où le regret est causé/exacerbé par «le système médical et les modèles de soin».
Ça concerne les personnes a qui des choix moins "standards" d'opérations n'ont pas été proposés ou ont été refusés (mammec sans greffe de téton, vulvoplastie sans vaginoplastie, phallo ou méta sans vaginectomie, etc.) et qui regrettent leur opé/les complications associées.

Je trouve ça intéressant comme perspective parce que pour une fois ça prend en compte la transphobie (/enbyphobie) systémique, dans les parcours médicaux, sans reporter la culpabilité du regret sur les personnes (ou sur la malchance quand on parle de complication).

[1] : Introducing “Iatrogenic Regret” in Gender-Affirming Surgery. Peters BR, 2026. https://doi.org/10.1097/PRS.0000000000012503

#genderaffirmingcare #enbyphobia #transphobia

C'est pas techniquement un papier lié à la santé trans mais c'est pertinent ; sont sortis de nouveaux résultats des cohortes PATCH et STAMPEDE-1 sur l'utilisation de l'estradiol en patch dans le cancer de la prostate[1].

L'utilisation des oestro dans le cancer de la prostate c'est pas nouveau, ça se fait depuis les années 1960, mais ça avait été assez largement abandonné notamment à cause du risque cardiovasculaire (en même temps quand on utilise du DES oui c'est sûr 😬) et de l'arrivée des analogues de la GnRH, plus sûrs. (Au passage oui ça veut dire qu'à un moment dans l'histoire, l'alternative établie à l'orchidectomie/la "castration chimique" c'était des oestro, et pas que des anti-androgènes. Et maintenant t'as des médecins qui essaient de t'expliquer que la monothérapie ça marche pas, 🤦)
Relativement récemment il y a un regain d'intérêt pour l'utilisation de l'estradiol, mais plutôt par voie transdermique (en patch), car bien moins risqué d'un point de vue thromboembolique et pouvant apporter des bénéfices niveau qualité de vie (la thérapie de déprivation androgénique pendant des années, c'est souvent mal vécu par les patients) et niveau risque fracturaire.

Bref, là on a des résultats assez solides qui montrent une non-infériorité des patchs d'estradiol aux analogues de la GnRH (médicaments type décapeptyl) dans le cancer de la prostate (avancé localement) dans la survie sans métastase à 3 ans (et dans la survie globale à 5 ans).
C'est cool pour les personnes qui ont un cancer de la prostate qui pourront s'en servir pour advocate auprès de leurs médecins pour ce traitement si ça les intéresse (cf https://estradiolinitiative.org/).

C'est aussi intéressant pour les personnes transféminines parce que ça prouve encore fois l'efficacité de la monothérapie, et parce que ça continue à montrer la bonne sécurité cardiovasculaire/thromboembolique de l'estradiol à relative haute dose (300-400µg/j en patch, taux d'estradiol dans les 250 pg/mL).
Précédemment on avait cette analyse[2] des résultats de l'étude PATCH qui va un peu plus dans les détails sur le sujet qui trouve pas plus de mortalité ou de morbidité cardiovasculaire chez les personnes sous oestro.
(Ce qui à mon avis s'ajoute aux diverses preuves que le surrisque cardiovasculaire et thromboembolique chez les personnes transfem ce n'est pas entièrement ni même principalement un fait du THS, mais c'est plutôt lié aux conditions socio-économiques défavorables et au stress minoritaire).

[1] : Transdermal Estradiol Patches in Locally Advanced Prostate Cancer. Langley RE et al., 2026. https://doi.org/10.1056%2FNEJMoa2511781

[2] : Transdermal oestradiol for androgen suppression in prostate cancer: long-term cardiovascular outcomes from the randomised Prostate Adenocarcinoma Transcutaneous Hormone (PATCH) trial programme. Langley RE et al., 2021. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)00100-8

#prostatecancer #e2 #estradiol #ADT #VTE #cardiovascular #monotherapy

About - Estradiol Initiative

The first results of the PATCH/STAMPEDE trial are now published. Click here to see the paper! Estradiol and ADT: Lessons from Lived Experience Videos Click here to watch 5 videos by Richard Wassersug and Paul Schellhammer discussing the Estradiol Initiative, a movement advocating for transdermal estradiol as a standard-of-care option for androgen deprivation therapy (ADT)… Continue reading About

Estradiol Initiative

Un essai clinique sur l'utilisation du minoxidil pour l'augmentation de la pilosité faciale chez des personnes transmascs[1]

J'en parlais plus haut, le minoxidil peut être appliqué sur le visage pour booster la pilosité faciale (ça marcherait probablement sur n'importe quelle partie du corps d'ailleurs) ; on le savait plus ou moins déjà mais maintenant on a un essai méthodologiquement assez robuste qui le montre (essai randomisé en double aveugle, n=34, minox 3%, 12 semaines).

Avant cet essai, on avait notamment eu un essai assez similaire chez des hommes cis[2] (essai randomisé en double aveugle, n=23, minox 3%, 16 semaines) et une étude (non-randomisée mais avec contrôle, n=16, minox 2%, 6 mois) chez des personnes transmasc[3] (et quelques case reports)

Quelques points intéressants de l'essai récent : le minoxidil a augmenté la densité des poils mais aussi leur diamètre (donc poils plus larges), donnant globalement une pilosité faciale plus fournie selon diverses mesures. Il a donné un effet significativement différent du placebo à partir de 2 mois d'utilisation (donc c'est efficace relativement rapidement).
Il a été très bien toléré, avec peu d'effets secondaires (et autant dans les deux groupes), pas d'effets systémiques et pas d'augmentation de la tension. Bref c'est cool.

Pour info, en France, le minoxidil topique est disponible en pharmacie/sur internet sans ordonnance. On a pas de 3% mais le 5% est approprié à la place, c'est pas très cher (qqs €/mois). C'est aussi efficace (mais peut-être pas autant) pour les personnes pas sous T, si jamais !

[1] : Efficacy and safety of topical 3% minoxidil for facial hair enhancement in transmen: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Wattanawinitchai K et al., 2026. https://doi.org/10.1080/09546634.2026.2638637

[2] : Efficacy and safety of minoxidil 3% lotion for beard enhancement: A randomized, double-masked, placebo-controlled study. Ingprasert S et al., 2016. https://doi.org/10.1111/1346-8138.13312

[3] : Efficacy of topical minoxidil in enhancing beard growth in a group of transgender assigned female at birth individuals on gender affirming hormone therapy. Marinelli L et al., 2024. https://doi.org/10.1007/s40618-024-02373-8

#minoxidil #facialhair #barbe

Je vais encore parler du dépistage du cancer du col de l'utérus (désolé) mais cette fois pour un truc nouveau : une étude qui compare l'usage d'un examen cytologique/frottis à l'usage d'un test HPV-HR[1].
Quand on fait un prélevement cervico-vaginal (frottis) on peut soit regarder l'apparence des cellules au microscope en laboratoire (cytologie) ou tester la présence de variants hauts risque du virus HPV dans ces cellules (test HPV-HR).
Ce que l'étude montre, c'est que chez les personnes transmasculines sous testostérone, la cytologie n'est pas plus efficace que le test HPV-HR pour réduire les faux positifs (sensibilité et sensitivité des deux pour prédire la présence d'une lésion inquiétante, CIN2+, similaires). Les deux types de tests ont une chance similaire d'indiquer une lésion (dysplasie) en cas de résultat positif (PPV, positive predictive value).

Les auteurices conseillent donc de favoriser l'utilisation des tests HPV en 1ère intention chez les personnes transmasc sous T, notamment psk les examens cytologiques sur les frottis sont plus souvent non concluants chez les personnes sous T[1,2], et passer aux tests HPV pourrait permettre d'éviter des examens pelviens supplémentaires inutiles. Bonus non-négligeable, les test HPV peuvent être des auto-prélevements vaginaux, qu'on se fait soi-même, qui tendent à être bien plus appréciées des personnes transmasculines[3].

Pour info en France, les reco HAS[4] sont d'utiliser des tests cytologiques chez les personnes (bon la HAS dit femmes...) jeunes, à 25 et 26 ans, puis à 29 ans si normal, et de passer au test HPV seulement après (à 32 ans, puis tous les 5 ans si tests négatifs), en raison d'un risque de surdiagnostic si on utilise les tests HPV chez les plus jeunes. La HAS recommande de proposer l'auto-prélevement aux personnes qui peu/pas dépistées.

[1] : Cytology and High-Risk Human Papillomavirus Testing Performance for Cervical Cancer Screening in Transmasculine Patients. Bolten K et al., 2026. https://doi.org/10.1177/15409996261433761

[2] : Cervicovaginal and Anal Self-Sampling for Human Papillomavirus Testing in a Transgender and Gender Diverse Population Assigned Female at Birth: Comfort, Difficulty, and Willingness to Use. Welsh EF et al., 2024. https://doi.org/10.1089/lgbt.2023.0336

[3] : Cytology and LGBT+ health: establishing inclusive cancer screening programs. Compton ML et al., 2022. https://doi.org/10.1016/j.jasc.2022.06.003

[4] : Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus, HAS, 2019. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2806160/fr/evaluation-de-la-recherche-des-papillomavirus-humains-hpv-en-depistage-primaire-des-lesions-precancereuses-et-cancereuses-du-col-de-l-uterus-et-de-la-place-du-double-immuno-marquage-p16/ki67

#HPV #cervicalscreening #testosterone

Une revue systématique sur le non-arrêt de la testostérone pendant la stimulation ovarienne (pour préservation de la fertilité/PMA)[1]. Elle montre que c'est tout à fait possible de faire une stimulation ovarienne sous testostérone, qu'on peut conserver des ovocytes quand même, et que ça peut aboutir à des naissances.
Par contre, c'est une revue systématique composée de... 8 case reports. Donc c'est hyper parcellaire, plus une proof of concept qu'autre chose.

Il reste une barrière importante qui est que si on peut continuer la T pendant sa préservation de fertilité, il est actuellement fortement conseillé de l'arrêter pendant la grossesse (même si c'est parfois remis en question[2]). Et en France il n'est pas autorisé de passer ses ovocytes à saon partenaire pour qu'iel porter la grossesse (la méthode ROPA n'est pas autorisé en France pour des raisons de lesbophobie, entre autre[3]).

Enfin, l'intérêt même de faire une préservation de fertilité pour les personnes qui prennent de la T n'est pas très bien établi, vu qu'on a de plus en plus d'études qui montrent que l'impact de la T sur la fertilité est relativement limité et semble réversible[4] ─ mais on manque quand même de données pour le prouver solidement.

En France, il y au moins un CECOS qui accepte de ne pas interrompre la T pour une stimulation ovarienne, probablement d'autre mais pas tous. Généralement on demande 1-3 mois d'arrêt. C'est possible de faire une stimulation ovarienne sans retour de règles, même si on arrête la T.

[1] : Maintaining Testosterone Therapy Throughout Ovarian Stimulation for Trans Masculine Individuals: A Systematic Review. Leon G et al., 2026. https://doi.org/10.1177/23258292261437289

[2] : Medical uncertainty and reproduction of the “normal”: Decision-making around testosterone therapy in transgender pregnancy. Pfeffer CA et al., 2023. https://doi.org/10.1016/j.ssmqr.2023.100297

[3] : La réception des ovocytes du/de la partenaire (ROPA) en France : contexte et perspectives. Agopiantz M et al., 2025. https://doi.org/10.1016/j.gofs.2025.01.003

[4] : Fertility in transgender and gender diverse people: systematic review of the effects of gender-affirming hormones on reproductive organs and fertility. De Roo C et al., 2025. https://doi.org/10.1093/humupd/dmae036

#fertility #testosterone

Toujours sur le sujet de la fertilité transmasc, une étude rétrospective sur les résultats de stimulations ovariennes (pour FIV ou pour préservation d'ovocytes) chez des personnes trans ayant pris de la testostérone ou non[1]. Elle comprends 46 cycles chez 36 personnes différentes, dont 20 cyles (14 personnes) ayant été sous T auparavant. Ce qui est un échantillon très faible mais pas mal du tout pour le champs de la fertilité transmasc.
Son intérêt est qu'il y a actuellement peu de données sur les résultats en terme d'embryons/de blastocystes (structures du début du développement embryonnaire) et de naissances après la prise de T ; la majorité des données qu'on a sont sur des ovocytes préservés, pas sur leur utilisation.

L'étude trouve que, en contrôlant pour l'âge, l'utilisation préalable de T est associée à moins de blastocystes de haute qualité et à moins de blastocystes en général, mais pas à une quantité d'ovocytes matures différente. Elle trouve aussi qu'un arrêt de la T pour moins de 6 mois avant la stimulation est associé à moins de blastocystes de haute qualité (mais pas à moins d'ovocytes matures récoltés) ; mais pour diverses raisons il ne faut pas penser que cette relation est causale. Elle ne trouve pas de différence significative dans le taux du nombre de naissances.

D'ailleurs la partie sur les ovocytes matures est cohérente avec une autre étude rétrospective qui ne trouvait pas d'association entre la durée d'arrêt de testostérone et le nombre d'ovocytes matures préservés[2].

En gros, la prise de T semble ne pas poser de problèmes pour la conservation d'ovocytes, mais pourrait baisser un peu l'efficacité de leur utilisation ─ ça n'implique pas qu'une grossesse et une naissance n'est pas possible, mais plutôt qu'il est possible qu'il faille plus de cycle ou un arrêt de la T plus long pour y parvenir. Tout ça à prendre avec des énormes pincettes vu les limites méthodologiques (mais c'est super de voir de plus en plus de données sur le sujet, et comment les recommandations peuvent évoluer en conséquence)

[1] : In vitro fertilization outcomes in transgender individuals with prior testosterone therapy. Rubin ES et al., 2026. https://doi.org/10.1093/humrep/deag003

[2] : Timing of testosterone discontinuation and assisted reproductive technology outcomes in transgender patients: a cohort study. Albar M et al., 2023. https://doi.org/10.1016/j.xfre.2023.01.004

#fertility #testosterone #transmasc

In vitro fertilization outcomes in transgender individuals with prior testosterone therapy

AbstractSTUDY QUESTION. Do transgender and gender diverse patients with prior testosterone gender affirming hormone therapy (T-GAHT) have oocyte cryopreser

OUP Academic

Une revue sur les soins post-opératoires (et gynécologiques en général) au cabinet après une vaginplastie[1].
Sont traités : les sténoses, les douleurs pelviennes, les pertes (vaginite, vaginose, etc.), les granulations, les symptômes urinaires, les dépistages (IST & cancer) + quels problèmes nécessitent une attention chirurgicale.
Les suggestions étant très concrètes, c'est utiles pour les non spécialistes (généralistes, gyneco, sage-femmes, ...), qui sont souvent peu formé·es et tendent à renvoyer vers les chirs (peu joignables), ainsi que pour soi-même.

Note quand même : y'a pas de consensus sur différents sujets liés aux post-op (genre le rythme des dilatations, les lavements, les questions de flore, etc.) donc ça limite forcément les reco qui peuvent être faites, et j'ai pas l'impression que le papier le mette assez en avant. Je suis aussi assez fortement en désaccord avec leurs reco sur le dépistage du cancer de la prostate (test régulier du PSA chez les personnes à faible risque : chez les hommes cis on sait qu'il n'y a pas de bénéfice à ce dépistage organisé, pour ça qu'il n'est pas conseillé en France, alors chez les personnes transfem dont le risque est bien plus faible et pour qui on manque d'études du bénéfice/risque d'un dépistage, c'est un peu n'importe quoi).

[1] : Clinical guidance and recommendations for in-office management of the neovagina: A review. Schmidt-Beuchat E, 2025. https://doi.org/10.4103/IJRU.IJRU_23_25

#postop #vaginoplasty #srs