Vu que je lis pas mal d'études scientifiques +/- liés à la santé trans, je me dis que je peux faire un fil pour partager ce sur quoi je tombe. Je trouve des trucs intéressants comme des trucs nuls (mais intéressants en ce que ça montre les maltraitances institutionnelles des personnes trans dans la recherche), c'est rarement révolutionnaire mais y'a souvent des fun facts... Bref je vais essayer d'en partager un peu ci-dessous et on verra bien si ça intéresse des gens !
(Je pense pas trop développer psk pas la temps mais hésitez pas à me poser des questions sur les études ou sur d'autres trucs!!)

Ah et pour accéder aux PDF qui sont pas accès libre ou sur sci-hub, essayez sci-net.xyz/[DOI]. Si ça n'y est pas faut que je l'y mette, hésitez pas à me demander !
#santetrans #trans

Pour commencer par un truc intéressant : étude[1] rétrospective sur des dossiers médicaux qui cherche à évaluer la prévalence de SEDh/HSD (syndrôme d'Ehlers-Danlos type hypermobile/trouble du spectre de l'hypermobilité) chez les personnes trans/nb. Elle trouve :

  • prévalence de 2.62% chez les personnes transmasc
  • prévalence de 1% chez les personnes transfem
  • pas de différence significative dans la prévalence vis-à-vis de la prise ou non de THLa même étude trouve une prévalence de 0.16% chez les femmes cis et 0.04% chez les hommes cis ; ça fait presque 20 fois plus de chances d'avoir un SED chez les personnes trans (OR 18.45).

Ça recoupe quelques autres études qui montrent une prévalence importante de SEDh chez les personnes trans :

  • étude[2] dans un centre médical prescrivant des TH qui trouve une prévalence de SEDh de 2.7% chez des personnes trans
  • étude[3] dans un centre médical trouvant une prévalence de SED de 2.6% chez des personnes trans ayant eu une opération de transition (72% SEDh, le reste pas spécifié ; ~70% transmasc). Pas de surrisque de complications postop ou de réopérations dans ce groupe, pour principalement des mammecs, qqs orchis, et d'autres opés.
  • étude[4] dans un centre pédiatrique de prise en charge du SED trouvant une prévalence de dysphorie de genre de 17% chez des ados avec un diag de SED(h)/HSD

[1] : Prevalence of Hypermobile Ehlers-Danlos Syndrome in Transgender and Gender Diverse Individuals: A Retrospective Cohort Study. Tabernacki T et al., 2025. https://doi.org/10.1177/23258292251382250
[2] : The prevalence of hypermobile Ehlers–Danlos syndrome at a gender-affirming primary care clinic. Stein T et al., 2025. https://doi.org/10.1177/20503121251315021
[3] : Ehlers-Danlos syndrome: prevalence and outcomes in gender affirming surgery - a single institution experience. Najafian A, 2022. https://doi.org/10.20517/2347-9264.2021.89
[4] : Gender dysphoria in adolescents with Ehlers–Danlos syndrome. Jones JT et al., 2022. https://doi.org/10.1177/20503121221146074
#EDS #hEDS #trans #hypermobility #hypermobileEhlersDanlosSyndrome #HSD

Je râlais hier sur les étudiant·es en médecin cis qui veulent absolument étudier le dépistage du cancer du col de l'utérus et les personnes transmasc, c'est d'autant plus énervant que le sujet a été étudié en long en large et en travers, et je suis tombé sur cette revue systématique sur les facteurs limitant et facilitant l'accès aux services de prévention du cancer chez les personnes trans. La revue est chouette même si elle dit rien de révolutionnaire, bonus un joli graphique pour illustrer.

(Note : je dis personnes trans psk la revue a essayé d'inclure les personnes intersexes mais n'a quasi pas pu le faire par manque de données)

[1] : Barriers to and facilitators of cancer prevention services for transgender and gender-diverse people: A systematic review. Herrera DJ et al., 2026. https://doi.org/10.1016/j.ypmed.2026.108544
#trans #screening #cervicalcancer #cervicalscreening

Sur un autre sujet : un article bien réfléchi sur la douleur chronique chez les jeunes trans, dans une perspective biopsychosociale. Rien de révolutionnaire et puis un peu déprimant, mais si les jeunes trans (et les trans en général) souffrent plus de douleurs chroniques que les autres, c'est notamment en raison de la ✨ transphobie systémique ✨.
L'article aborde plusieurs thèmes et exemples de comment ça se manifeste et par quels mécanismes précisément. Ça implique aussi des pistes pour améliorer la situation (protections légales, luttes contre les discriminations, actions en faveur de l'accès au soins : de transition mais aussi de PEC de la douleur, facteurs de résilience au stress minoritaire, etc.).
Bonus il est assez court et abordable.
J'en profite pour partager cette super revue systématique[2] sur les effets biologiques du stress minoritaire chez les minorités sexuelles et de genre, je joins 2 graphiques qui synthétisent les résultats

[1] : Chronic pain in transgender and gender-diverse youth: a biopsychosocial perspective. Han GT et al., 2026. https://doi.org/10.3389/fpain.2025.1709268
[2] : Minority stress in relation to biological outcomes among sexual and gender minority people: a systematic review and update. Flentje A et al., 2025. https://doi.org/10.1007/s10865-024-00539-6
#minoritystress #chronicpain #trans #transyouth #transyouthcare #transphobia