C'est pas techniquement un papier lié à la santé trans mais c'est pertinent ; sont sortis de nouveaux résultats des cohortes PATCH et STAMPEDE-1 sur l'utilisation de l'estradiol en patch dans le cancer de la prostate[1].
L'utilisation des oestro dans le cancer de la prostate c'est pas nouveau, ça se fait depuis les années 1960, mais ça avait été assez largement abandonné notamment à cause du risque cardiovasculaire (en même temps quand on utilise du DES oui c'est sûr 😬) et de l'arrivée des analogues de la GnRH, plus sûrs. (Au passage oui ça veut dire qu'à un moment dans l'histoire, l'alternative établie à l'orchidectomie/la "castration chimique" c'était des oestro, et pas que des anti-androgènes. Et maintenant t'as des médecins qui essaient de t'expliquer que la monothérapie ça marche pas, 🤦)
Relativement récemment il y a un regain d'intérêt pour l'utilisation de l'estradiol, mais plutôt par voie transdermique (en patch), car bien moins risqué d'un point de vue thromboembolique et pouvant apporter des bénéfices niveau qualité de vie (la thérapie de déprivation androgénique pendant des années, c'est souvent mal vécu par les patients) et niveau risque fracturaire.
Bref, là on a des résultats assez solides qui montrent une non-infériorité des patchs d'estradiol aux analogues de la GnRH (médicaments type décapeptyl) dans le cancer de la prostate (avancé localement) dans la survie sans métastase à 3 ans (et dans la survie globale à 5 ans).
C'est cool pour les personnes qui ont un cancer de la prostate qui pourront s'en servir pour advocate auprès de leurs médecins pour ce traitement si ça les intéresse (cf https://estradiolinitiative.org/).
C'est aussi intéressant pour les personnes transféminines parce que ça prouve encore fois l'efficacité de la monothérapie, et parce que ça continue à montrer la bonne sécurité cardiovasculaire/thromboembolique de l'estradiol à relative haute dose (300-400µg/j en patch, taux d'estradiol dans les 250 pg/mL).
Précédemment on avait cette analyse[2] des résultats de l'étude PATCH qui va un peu plus dans les détails sur le sujet qui trouve pas plus de mortalité ou de morbidité cardiovasculaire chez les personnes sous oestro.
(Ce qui à mon avis s'ajoute aux diverses preuves que le surrisque cardiovasculaire et thromboembolique chez les personnes transfem ce n'est pas entièrement ni même principalement un fait du THS, mais c'est plutôt lié aux conditions socio-économiques défavorables et au stress minoritaire).
[1] : Transdermal Estradiol Patches in Locally Advanced Prostate Cancer. Langley RE et al., 2026. https://doi.org/10.1056%2FNEJMoa2511781
[2] : Transdermal oestradiol for androgen suppression in prostate cancer: long-term cardiovascular outcomes from the randomised Prostate Adenocarcinoma Transcutaneous Hormone (PATCH) trial programme. Langley RE et al., 2021. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)00100-8
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