L’infolettre du 1er décembre 2025 : la Coupe du monde de cyclo-cross à la croisée des chemins,…
Pas assez mondialisé, pas assez hivernal : le cyclo-cross cherche toujours sa voie
La Coupe du monde de cyclo-cross, officiellement lancée le 23 novembre dernier à Tabor, a poursuivi son voyage à travers l’Europe une semaine plus tard à Flamanville. Cette année encore, la série la plus prestigieuse de la saison se concentre en douze dates de fin novembre à fin janvier, soit deux mois particulièrement intenses pour les organismes. Il n’est d’ailleurs pas rare que de nombreux spécialistes des labourés évitent soigneusement certaines épreuves pour privilégier des stages plus intéressants pour la suite de leur saison. Au grand dam des organisations qui espèrent, justement, avec ce label de “Coupe du monde” attirer les meilleurs représentants de la discipline. Pas de chance pour eux : le cyclo-cross reste différent de la Formule 1 ou du MotoGP, et les actrices et acteurs de ce sport ont encore tout le loisir de choisir leur propre calendrier, selon ce qui les intéresse sportivement, mais aussi financièrement, vu que le principe des primes de départ proposées aux stars de la discipline reste d’actualité malgré une professionnalisation qui ne devrait plus laisser place à ce type de marchandage.
Comme chaque année, le début de la Coupe du monde signifie le départ d’un nouveau débat autour du format de la compétition, des lieux choisis et de son efficacité à renforcer la popularité du cyclo-cross. Après avoir tenté une internationalisation aux États-Unis dans les années 2010, après avoir multiplié les manches pour atteindre jusqu’à 16 courses, la Coupe du monde a depuis pris une autre approche avec des lieux sportivement plus intéressants pour les cyclistes et le public, comme Val di Sole, sur la neige, ou Benidorm. Cet hiver, quatre manches sur douze se dérouleront hors de la Belgique et des Pays-Bas, ce qui reste tout de même très peu dans l’espoir d’une internationalisation.
Le podium final de la course des élites femmes, sur la Coupe du monde de cyclo-cross à Anvers, le 24 novembre 2024 : la championne des Pays-Bas Lucinda Brand (Baloise Trek Lions, 2e), la championne du monde Fem van Empel (Visma-Lease a Bike, 1re) et la championne du Luxembourg Marie Schreiber (SD Worx-Protime, 3e) – Photo : Alain Vandepontseele/Alain VDP PhotographyDans un entretien accordé à Wielerflits, le patron de Flanders Classics, Tomas Van den Spiegel, en charge de la Coupe du monde avec l’Union Cycliste Internationale (UCI), défend que la diversification est bien en route. “Flamanville et Benidorm sont clairement des succès, et Besançon a exprimé son ambition de revenir en Coupe du monde dans le futur. Et nous avons plein de lieux de courses intéressantes pour les prochaines années, notamment dans des pays qui n’ont pas de tradition de cyclo-cross. Nous espérons qu’elles pourront être incluses en Coupe du monde”, a-t-il expliqué. C’est oublier que l’organisation de Flamanville n’était pas sûre quatre mois avant la course d’effectivement assurer l’édition 2025 de son cyclo-cross. Ou encore que plusieurs épreuves n’ont pu se faire, faute d’argent, comme une nouvelle édition du cyclo-cross de Dublin ou une première édition en Angleterre, malgré les annonces d’une potentielle manche dans la banlieue londonienne. Les promesses d’épreuves hors de Belgique et des Pays-Bas reviennent chaque année, mais cette saison encore, il faut se rendre à l’évidence : deux pays dominent toujours les organisations.
Cette tentative de mondialisation n’a cependant pas suffi à propulser le cyclo-cross, qui doit principalement son succès populaire à la présence ou non de stars telles que Mathieu van der Poel ou Wout van Aert. Au grand dam des Thibau Nys, Michael Vanthourenhout, Joris Nieuwenhuis, Lucinda Brand, Ceylin del Carmen Alvarado ou Fem van Empel qui font pourtant le show le reste de la saison. Malgré le rassemblement de toute la Coupe du monde en deux mois, cela ne suffit pas à attirer ces grands noms sur chaque manche. Le suspense est au moins présent et permet de prouver au public qu’il y a une compétition intéressante hors des vedettes. Mais ce public est déjà averti et convaincu. On est loin de la conquête d’un nouveau public, qui doit en plus passer le plus souvent par des chaînes de télévision ou de streaming payantes pour regarder son sport favori (la VRT et Proximus Pickx proposent quelques courses gratuites, mais cela reste limité).
Mais des efforts sont faits, il ne faut pas le nier. Et Flanders Classics tente de dépoussiérer au mieux cette discipline qui est trop longtemps restée sur ses traditions. Malheureusement, les efforts consentis ne sont pas encore bien récompensés, et pire, certains n’hésitent pas à les freiner. À l’image de plusieurs fédérations de sports d’hiver rassemblées pour une lettre ouverte contre la proposition du président de l’Union Cycliste Internationale David Lappartient, et son homologue de la fédération d’athlétisme Sebastian Coe, d’inclure le cyclo-cross et le cross-country au programme des Jeux olympique d’hiver dès 2030. “Les fédérations olympiques d’hiver sont fermement convaincues qu’une telle approche diluerait la marque, le patrimoine et l’identité qui font la singularité des Jeux olympiques d’hiver, à savoir une célébration des sports pratiqués sur neige et glace, avec une culture, des athlètes et des sports distincts”, ont-elles noté dans cette lettre. L’espoir de voir le cyclo-cross comme sport olympique reste donc encore mince, malgré la démonstration de Val di Sole, sur la neige, malgré le lobbying de l’UCI…
Cela n’empêchera évidemment pas le cyclo-cross de s’imposer comme un sport hivernal populaire, principalement en Flandre. Mais s’il souhaite se diversifier et se faire une place dans un environnement sportif toujours plus concurrentiel, dans lequel toutes les disciplines se battent à coups d’idées novatrices et de millions d’euros pour garder une place sur les écrans, devant le public, il lui faudra poursuivre des efforts conséquents. Van den Spiegel semble en être conscient, Flanders Classics et l’UCI doivent désormais transformer l’essai pour l’avenir cyclo-cross.
Grégory Ienco
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Van Alphen découvre les joies de la Coupe du monde, Nys enchaîne malgré les fautes
Le circuit roulant de Flamanville, dans le Cotentin, a succédé au circuit roulant de Tabor, pour une nouvelle session rapide en guise de deuxième manche de la Coupe du monde de cyclo-cross. En l’absence de Lucinda Brand (Baloise Glowi Lions) côté féminin, la lutte pour la victoire se voulait encore plus ouverte qu’à l’accoutumée. Pourtant, c’est encore une Néerlandaise qui filait en solitaire vers le succès après une offensive… dès le premier tour, comme Brand en a l’habitude. Aniek van Alphen (Seven Racing) révélait toute sa technique en dépassant trois concurrentes dans un virage en dévers pour ensuite accélérer, déborder Leonie Bentveld (Pauwels Sauzen-Altez Industriebouw) et ne plus jamais être revue.
Sans concurrence, Van Alphen allait ainsi conquérir sa toute première victoire en Coupe du monde, à 26 ans, confirmant sa montée en puissance depuis le début de la saison. Le public local en avait aussi pour son argent avec la belle résistance de la championne de France Amandine Fouquenet (Arkéa-B&B Hôtels), finalement deuxième sur un parcours qu’elle avait dominé deux ans auparavant. Elle réalise ainsi sa meilleure performance en Coupe du monde… une semaine après avoir déjà établi un record personnel avec sa septième place à Tabor.
Fouquenet a pris le meilleur dans le dernier tour sur la Néerlandaise Ceylin del Carmen Alvarado (Fenix-Deceuninck), enfin de retour dans les labourés après des problèmes persistants au genou. Cette dernière s’offre tout de même une place sur la dernière marche du podium : on a connu pire comme come-back. La championne de Belgique Marion Norbert-Riberolle (Crelan-Corendon) semblait aussi dans le bon rythme, mais une chute avant la mi-course a ruiné ses espoirs, la contraignant à une septième place.
Sur l’épreuve masculine, cela a ressemblé à une fête à la glissade ! Sur un parcours pourtant peu piégeux, quelques virages ont provoqué quelques difficultés à des concurrents désireux d’accélérer tant et plus sur ces chemins rapides. Thibau Nys (Baloise Glowi Lions), leader de la Coupe du monde après son succès à Tabor, a ainsi bien failli laisser filer la tête après une erreur qui l’a fait dérailler à quatre tours du final. C’est ensuite le Néerlandais Joris Nieuwenhuis (Ridley) qui a laissé passer sa chance avec une glissade le privant d’une quinzaine de secondes, le temps de remettre sa chaîne en place. Nys en profitait pour accélérer et sceller sa victoire.
Même s’il a fallu se démener pour éviter le retour de Lars van der Haar (Baloise Glowi Lions) et de Cameron Mason (Seven Racing). Car Nys a encore glissé à moins d’un tour et demi de l’arrivée, marquant un temps d’arrêt heureusement peu préjudiciable pour le champion de Belgique. Le Brabançon s’impose finalement devant son équipier et Mason, signant un troisième succès consécutif après Hamme et Tabor. Il manquera toutefois la manche de Terralba, en Italie, dimanche prochain, préférant un stage pour la période critique des fêtes de fin d’année. Il n’est d’ailleurs pas certain que bon nombre de concurrents participent à cette manche italienne, placée à une période cruciale pour la suite de l’hiver.
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Jitters and Gears: Jonathan Milan’s Nerve-Racking Tour de France Start
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Ce que les favoris et participants du Tour de France ont à dire avant le départ
➡️ Notre présentation complète : favoris, règlement, parcours, programme TV…
Tadej Pogacar 🇸🇮 (UAE Team Emirates XRG)
– « Je pense que ces cinq dernières années sur le Tour de France ont été plutôt intenses entre moi, Jonas (Vingegaard) et même d’autres. Cela a été jusqu’ici une belle rivalité, un beau combat. C’est encore la même chose cette saison. Ce sera intéressant de voir si on peut encore batailler à nous deux. Mais on ne sait jamais que d’autres jeunes créent la surprise. Tout peut arriver sur une course aussi longue. Mais je suis impatient de faire face à Jonas à nouveau, il a l’air d’être en grande forme. Et je suis aussi impatient de me battre pour le maillot jaune face aux autres aussi, sur des terrains aussi différents. »
– « Ma saison est parfaite jusqu’ici. C’est évidemment un honneur d’être favori. J’espère être à la hauteur des attentes. Jonas sera peut-être plus fort que moi, on verra. En tout cas, c’est l’un des meilleurs grimpeurs de cette génération. Voire le meilleur. C’est également un très bon coureur de contre-la-montre, parfois meilleur que moi. Nous verrons sur ce Tour qui sera le meilleur sur quel terrain. »
– « La première semaine du Tour est toujours la plus nerveuse. Vous pouvez perdre le Tour de France durant ces dix premiers jours. Il y a aussi des opportunités avec des arrivées pour puncheurs, des arrivées sinueuses. Il y a également un contre-la-montre. Mon objectif ne sera probablement pas de gagner du temps durant cette première semaine de course, mais comme toujours, il faut être prudent durant ces premiers jours et ne pas foirer pour le reste de l’épreuve. »
– « On a beaucoup d’arrivées au sommet difficiles sur ce Tour. Je pense que l’étape du col de la Loze avec trois sommets et près de 5.000 mètres de dénivelé sera importante, mais cela ne signifie pas qu’il s’agit de la plus compliquée pour moi. J’espère surtout être en bonne forme pour ce moment important. Je suis confiant »
– « Je n’avais pas fait attention qu’il n’y avait plus de secondes de bonification au-delà de l’arrivée. Les sprints bonus apportent toujours un stress supplémentaire pour les coureurs du classement général. Je suis juste content de juste devoir sprinter pour les arrivées. »
Photo : ASO/Aurélien VialatteRemco Evenepoel 🇧🇪 (Soudal Quick-Step)
– « Il est logique au vu des dernières éditions que Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard seront une nouvelle fois les grands favoris et que je devrai mener une farouche compétition face à eux. Mais je suis ici pour tenter de leur rendre la vie compliquée. L’an dernier, j’étais le troisième gars au classement général, j’espère faire mieux que cela cette année. »
– « Mon objectif, c’est de gagner les trois Grands Tours. J’en ai déjà remporté un (la Vuelta 2022), il m’en manque deux et ma troisième place l’an dernier montre que je suis capable de le faire ici. »
– « Après le championnat de Belgique, j’ai senti que j’avais de bonnes sensations, que je poussais la puissance attendue dans le contre-la-montre et j’ai finalement réalisé une bonne course en ligne. J’ai senti que j’avais récupéré un bon niveau, j’espère que cela se ressentira durant le Tour. »
– « Le travail dans la haute montagne, cela ne se fait pas en dix jours, mais sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Surtout quand on n’est pas physiologiquement un grimpeur, comme moi. C’est quelque chose que je dois travailler chaque hiver. Mais je suis satisfait du niveauque j’ai pour l’instant. »
– « S’il y a un gars que je ne voulais pas manquer, c’est bien Mikel (Landa), mais c’est celui qui a subi les pires blessures. C’est celui qui va nous manquer le plus dans l’équipe. Mais il me répond toujours et dès que j’aurai des questions, je n’hésiterai pas à l’appeler et à lui envoyer des messages pour lui demander conseil si nécessaire. »
– « Je suis content de savoir qu’il n’y a plus de secondes de bonification sur certains sommets comme ces dernières années. Mais pour une fois, je vais me permettre de vous poser une question : est-ce qu’on devrait aussi mettre en place des bonifications sur les contre-la-montre ? On doit déjà tellement passer de temps sur le vélo, c’est difficile d’entendre qu’on a en plus perdu dix secondes supplémentaires juste en raison de la position. »
– « Concernant le contre-la-montre, c’est difficile de faire une estimation. Ce sera le double de la distance du Dauphiné, mais plus plat. Mes adversaires ne pourront donc pas profiter de leur puissance en montée. L’an dernier, j’étais plutôt confiant sur le fait que j’allais pouvoir reprendre 20 à 30 secondes, finalement, ce n’était que 12 secondes d’avance sur Pogacar. Cela dépendra donc de la forme du jour, mais le parcours me convient mieux qu’à Tadej et Jonas. J’espère reprendre du temps et gagner, c’est le principal objectif. »
Photo : ASO/Aurélien VialatteJonas Vingegaard 🇩🇰 (Team Visma | Lease a Bike)
– « C’est chouette comme compliment de Tadej (Pogacar) de dire que je suis potentiellement le meilleur grimpeur du peloton. Mais nous avons vu durant le Dauphiné que Tadej était meilleur que moi durant les montées plus longues. J’espère que je pourrai être meilleur que lui sur ce Tour. Nous avons une équipe forte et nous croyons en notre stratégie. »
– « Je pense que les dix premiers jours seront évidemment très importants. Ce sera un départ effréné… C’est aussi la première fois que je connaîtrai un sprint massif sur la première étape. Quand je regardais le Tour étant petit, j’avais l’impression que c’était toujours aussi tumultueux durant les premiers sprints. Il faudra donc essayer de ne pas perdre de temps et aller gagner du temps dans la montagne ensuite. »
– « Je peux dire que je suis plus fort que je n’ai jamais été. J’étais aussi à un très haut niveau l’an dernier, mais c’était différent, car j’avais bien moins de muscles, mais j’étais aussi plus maigre. Je suis un peu plus lourd désormais, mais c’est du muscle, et on sait que cela donne plus de puissance. On verra si cela sera suffisant. »
– « L’an dernier, après ma lourde chute, et cela m’a pris bien plus longtemps d’enfin revenir à mon niveau. Cela m’a pris plusieurs mois pour que mon corps revienne à l’état dans lequel il était avant la chute. Cela m’a pris au moins presqu’un an de revenir au même niveau. En plus, en restant immobile durant deux semaines après la chute, j’ai perdu beaucoup de muscle. Nous avons essayé de récupérer cela, et nous avons visiblement réussi. »
– « Avoir un rival comme Tadej (Pogacar), cela vous pousse à vous dépasser, à donner le meilleur de vous-même, à s’entraîner encore plus. Cela me rend encore meilleur en tant que cycliste. J’ai beaucoup d’admiration pour Tadej, c’est un super coureur. »
– « Je suis content aussi quand Wout (van Aert) gagne une étape. S’il peut rouler aussi plusieurs jours en jaune, j’en serais heureux. On a discuté et l’objectif principal est de gagner le Tour de France à Paris. On ne veut donc pas compromettre cela. Mais s’il y a une opportunité pour l’aider sans compromettre nos chances finales, j’aimerais évidemment le faire. »
– « J’ai déjà montré par le passé que même si vous ne réalisez pas un bon contre-la-montre sur le Dauphiné, vous pouvez être meilleur sur le Tour de France. Beaucoup de choses peuvent se passer entre les deux courses. On verra sur la cinquième étape comment cela a évolué. »
Photo : ASO/Aurélien VialattePrimoz Roglic 🇸🇮 (Red Bull-Bora-Hansgrohe)
– « La préparation n’a évidemment pas été idéale. C’est toutefois difficile de comparer par rapport aux précédentes années. J’ai tenté de tout faire pour être au meilleur niveau possible. On verra ce que ça a donné dès les premières étapes certainement. Mais je suis ce que je suis, j’essaie toujours d’être le meilleur, d’atteindre mes rêves, de faire le travail pour être au mieux. Mais l’environnement autour de soi déterminera aussi la place à laquelle je terminerai, et la place que je mérite. J’ai connu des moments difficiles, c’est sûr, je vais tout faire pour en connaître des bons aussi. »
– « L’important c’est surtout la façon dont on gère ces situations difficiles par la suite, savoir en tirer des enseignements. On ne peut pas goûter la saveur des bonnes choses sans connaître les difficultés. »
– « Nous avons beaucoup de coureurs solides dans l’équipe. On l’a vu sur le Giro avec Giulio (Pellizarri), cette fois avec Florian (Lipowitz) qui a montré qu’il était à un très haut niveau sur le Critérium du Dauphiné. Alors, pourquoi ne pourrait-il pas faire la même chose sur le Tour de France ? »
Photo : ASO/Charly LopezMathieu van der Poel 🇳🇱 (Alpecin-Deceuninck)
– « Nous avons seulement fait la reconnaissance de la première étape. Ensuite, est-ce que je peux m’imposer plus tard ? Je pense qu’il y a beaucoup de concurrents pour le classement général qui sont par ailleurs de bons coureurs de classiques. Ils vont aussi se battre pour une bonne position et pour gagner ou ne pas perdre quelques secondes. Cela sera très nerveux. Ce sera une course très rude, donc beaucoup de coureurs peuvent gagner sur ce type d’étape, même en première semaine. »
– « Le maillot vert n’est pas un objectif pour le moment, parce que cela voudrait dire que je devrais tenter ma chance dans des sprints massifs, or nous avons un objectif clair, celui de mener les sprints massifs pour Jasper (Philipsen). On verra comment cela tourne durant ce Tour, mais je ne démarre avec l’objectif évident de viser le classement par points. »
– « Cette dernière étape avec la butte Montmartre risque d’amener beaucoup de stress. Ce sera aussi un gros peloton qui sera au pied de Montmartre, alors qu’ils étaient moins de 100 aux Jeux olympiques. On verra ce qui arrivera, mais je comprends les coureurs qui ne sont pas très fan de l’idée. »
– « Je ne pense pas que ça change grand-chose pour la sécurité : que vous ajoutiez ou supprimiez quelque chose sur le parcours, ce sont souvent les comportements des coureurs qui peuvent mener à des chutes. Ce qui est normal car tout le monde essaie de se positionner alors que l’espace est parfois trop restreint. Mais je pense que rendre le peloton plus gros est une erreur, et qu’il faut moins d’équipes et moins de participants, ce qui ferait, je pense,la plus grande différence pour la sécurité. »
– « L’arrivée de Kaden Groves dans la sélection pour ce Tour de France ne change pas mes objectifs. Je serai toujours dans le train pour aider Jasper (Philipsen), mais c’est un coureur aussi intéressant pour bien positionner notre principal sprinter. »
Photo : ASO/Charly LopezWout van Aert 🇧🇪 (Team Visma | Lease a Bike)
– « Le principal objectif pour l’ensemble de l’équipe est évidemment d’avoir le maillot jaune avec Jonas (Vingegaard). Les étapes qui devraient me convenir, notamment en première semaine, sont également celles sur lesquelles il sera important de garder Jonas à l’avant. Je pense qu’on profitera tous les deux d’une équipe très forte pour bien nous positionner et être présents pour jouer les finales d’étapes. »
– « Je n’ai pas le maillot vert en tête. Je pense qu’il sera difficile de prendre suffisamment de points sur les sprints massifs. Et avec les ambitions de classement général que nous avons sur le plan collectif, on pourra parfois souffler, alors que l’objectif du maillot vert demande d’être présent tout le temps. Pour être honnête, j’ai vraiment profité de ma victoire au classement par points il y a quelques années, mais j’ai encore plus profité de toutes mes victoires d’étape sur le Tour. C’est ce sur quoi je veux me concentrer. »
– « Je suis certain que certaines étapes auront l’air et le parfum de classiques. Le parcours est très intéressant, avec quelques pièges qui rendront le scénario intéressant, c’est certain. Les montagnes décideront de la victoire finale, mais la première semaine de course sera déjà cruciale. C’est intéressant pour les coureurs comme moi. »
– « Ce serait chouette pour moi que je sois aussi bien après avoir fait le Giro que l’an dernier après avoir fait le Tour. C’est aussi une question que j’ai : est-ce que faire deux Grands Tours peut me permettre de mieux performer sur la deuxième course ? On ne sait jamais. On ne peut pas tout prévoir. »
– « Il y a certainement bien plus de puissance en montagne dans l’équipe que dans mes propres jambes (sourire). Je ne serai évidemment pas le dernier homme à travailler. Mais cela sera intéressant de s’avoir si on me laissera encore aller dans une échappée ou non. »
– « Je n’aime pas beaucoup ce changement sur la dernière étape. J’aimais bien cette arrivée pour sprinters sur les Champs-Élysées. Les gens disent que c’est une parade, mais je peux vous dire qu’on souffre quand on est une heure à fond pour tenir les roues avant le sprint final. C’était historique d’avoir une telle étape, et je ne vois pas de raison de changer. D’un autre côté, le parcours désormais proposé me convient probablement mieux. J’espère juste que la course sera sûre et que la malchance ne changera pas le classement (général). »
Photo : ASO/Aurélien VialatteJasper Philipsen 🇧🇪 (Alpecin-Deceuninck)
– « La forme est assez bonne. Je me sens même meilleur que l’an dernier avant le début du Tour de France. Ce sera nécessaire vu que les plus grandes chances de victoire pour notre équipe interviennent en première semaine. Durant la seconde et la troisième semaines, je ne vois pas beaucoup de possibilités de victoire pour nous. Il sera important d’être immédiatement dans une spirale victorieuse. »
– « Le maillot jaune sera évidemment un objectif dès la première étape. C’est la première fois que je peux viser le maillot jaune. Parce que quand le Tour de France a démarré de Bruxelles (en 2019), j’étais encore très jeune. Maintenant, c’est une réelle opportunité pour moi, et il ne risque pas d’y en avoir beaucoup à l’avenir. Ce samedi sera donc une journée importante. Si cela ne fonctionne pas lors de la première étape, il y aura évidemment d’autres chances, et je ne veux pas ruiner mon Tour avec une déception. Cette course dure trois semaines, c’est long, et il y aura encore beaucoup d’opportunités en vue. »
– « Cette dernière étape avec la butte Montmartre, c’est une nouveauté que l’organisation veut essayer. On a vu lors des Jeux olympiques que beaucoup de choses peuvent se passer là-bas et que cela peut ouvrir la course. L’état d’esprit sera différent dans le contexte d’une dernière étape du Tour de France. Normalement, on sait que le Tour est terminé, cette fois les concurrents du général devront garder Montmartre en tête et rester concentrés. »
Photo : ASO/Charly LopezBiniam Girmay 🇪🇷 (Intermarché-Wanty)
– « Je n’ai pas vraiment connu le début de saison que je voulais. Je n’ai pas encore connu de succès cette saison, mais j’ai obtenu beaucoup de deuxièmes, troisièmes places. Et ma préparation est globalement bonne. Ce ne sera pas facile d’encore gagner trois étapes et le maillot vert comme l’an dernier. L’objectif principal restera de remporter une nouvelle étape. »
– « On a une grande équipe pour bien me placer, mais aussi aller à l’avant. Nous avons de bons coureurs, comme Georg (Zimmermann), Jonas (Rutsch), Louis (Barré) pour aller dans une échappée et essayer d’anticiper. Je suis aussi heureux du train que nous avons . »
– « Un stage en altitude ? Pour moi, c’est juste rentrer à la maison, ça me suffit (sourire). Cela a bien fonctionné ces trois dernières années, j’espère que cela me permettra à nouveau d’être au niveau souhaité cette saison. »
– « Je sais qu’il y a des étapes typées pour les puncheurs qui pourraient me convenir. Je ne sais pas si j’ai plus de chance de gagner dans un sprint massif ou dans une telle étape, mais je vais tout donner pour obtenir cette victoire d’étape. Le maillot vert n’est pas l’objectif premier pour l’instant. »
Photo : ASO/Charly LopezSimon Yates 🇬🇧 (Team Visma | Lease a Bike)
– « Je n’ai pas vraiment eu beaucoup de jours pour célébrer ma victoire sur le Tour d’Italie. Mais c’était le plan dès le début de l’année que je roule le Giro en leader, puis le Tour de France en soutien de Jonas (Vingegaard). Ce n’était pas une surprise, je savais que j’allais rejoindre rapidement les autres pour un stage à Tignes. On a travaillé dur pour arriver ici en bonne forme. La condition est plutôt bonne, je pense. »
– « Concernant Adam (Yates), ce n’est pas nouveau qu’on roule pour deux équipes différentes. Nous sommes très proches, on s’entend très bien, mais dès que la compétition commence, nous restons très professionnels. On fait juste notre job. »
– « Je n’ai jamais vraiment été dans ce rôle d’équipier pour un leader capable de gagner un Grand Tour. Je n’ai pas peur de ce rôle, je pense que je peux faire du bon travail, mais ce sera nouveau pour moi. On verra comment cela se passe. »
– « On n’a jamais roulé ensemble en compétition (avec Vingegaard), on a seulement été ensemble en stage. Mais rouler pour un coureur de ce calibre, c’est un véritable honneur. »
– « Je ne vais pas perdre du temps exprès. Je ne suis pas là pour rester à l’arrière, mais pour protéger Jonas. Ce sera en tout cas piégeux, je vais tout faire pour essayer de survivre. »
Le Britannique Simon Yates (Team Visma-Lease a Bike) attaque l’Équatorien Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) et le Mexicain Isaac del Toro (UAE Team Emirates-XRG) sur le Colle delle Finestre, lors de la 20e étape du Tour d’Italie, le 31 mai 2025 – Crédit : RCS Sport/La Presse/Fabio FerrariLenny Martinez 🇫🇷 (Bahrain Victorious)
– « Dans le Dauphiné, j’ai connu quelques journées difficiles, sauf lors de la dernière étape durant laquelle j’étais très bien. Je pense que j’ai pu récupérer et que je suis toutefois en bonne forme pour ce Tour. »
– « Je viserai particulièrement les étapes. Je sais que si je souhaite gagner une étape sur le Tour, ce sera certainement avec une arrivée au sommet. Donc il est possible que je prenne alors des points pour le maillot à pois. Ce sera toutefois un objectif secondaire. Je ne viserai en tout cas pas le classement général, mon but principal sera d’obtenir un succès d’étape. »
Louis Barré 🇫🇷 (Intermarché-Wanty)
– « La première partie du parcours me conviendra mieux, je pense, avec beaucoup d’étapes pour les puncheurs. Mais il y a aussi les étapes dans le Massif central et dans les Pyrénées qui pourraient aussi convenir à mes qualités. J’essayerai en tout cas de prendre les échappées. »
– « J’ai été très loin sur le Dauphiné et je me suis vidé. C’est pour cela que j’ai connu un coup de moins bien sur la dernière étape. Mais c’était un bon test pour le Tour de France, je n’ai pas d’inquiétude pour ce mois de juillet. Cela fait partie de l’apprentissage. »
– « Je ne sais pas trop à quoi m’attendre concernant le public et l’attention médiatique. J’ai déjà vu ce jeudi lors de la présentation des équipes qu’il y avait beaucoup de monde. C’est tout de même nouveau pour moi. »
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Notre présentation complète du Tour de France 2025 : favoris, règlement, programme TV…
Tadej Pogacar, seul face à une meute d’outsiders ?
Le mois de juillet annonçait ces dernières saisons de hautes luttes entre ceux qui ont animé la Grande Boucle par leur rivalité et leurs performances hors normes. Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) d’un côté, Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) de l’autre, Primoz Roglic (Red Bull-Bora-Hansgrohe) et Remco Evenepoel (Soudal Quick-Step) en arbitres. Les échanges de maillot jaune ont renforcé l’idée d’un combat serré. Mais depuis la saison dernière, la dynamique a changé. Le Slovène de 26 ans a depuis lors gagné son troisième Tour de France au bout d’une domination sans partage, caractérisée par six victoires d’étape, dont les trois dernières, alors que le Danois de 28 ans est resté bloqué à deux maillots jaunes, après une course durant laquelle il n’a jamais pu défier son rival.
Les arguments de l’époque s’entendaient : Vingegaard sortait d’une longue période de revalidation après sa terrible chute sur le Tour du Pays basque, début avril, de laquelle il est sorti avec une fracture de la clavicule, de plusieurs côtes et d’un pneumothorax. Sa participation pour le Tour de France a longtemps été incertaine et sa sélection à Florence était déjà un soulagement pour le Danois. Il a même paru revenir au niveau de son adversaire au Lioran, sur cette 11e étape durant laquelle Pogacar a paru présomptueux lors d’une attaque au long cours qu’il a payé dans les derniers kilomètres. La suite a finalement rappelé qu’une course de trois semaines ne se gagne pas avec quelques semaines d’entraînement : Vingegaard a ensuite subi la loi de “Pogi”. Et aucun autre, pas même Remco Evenepoel, n’a pu briser son hégémonie par la suite.
Le Danois Jonas Vingegaard et le Slovène Tadej Pogacar au sprint sur la 11e étape du Tour de France 2024. – Photo : ASO/Billy CeustersDepuis lors, le N°1 mondial a confirmé son statut par des succès sur le GP de Montréal, au championnat du monde à Zurich (après un solo de 80 kilomètres !), sur le Tour de Lombardie, sur l’UAE Tour, sur le Strade Bianche, sur le Tour des Flandres, sur la Flèche Wallonne, sur Liège-Bastogne-Liège et sur le Critérium du Dauphiné. Avant d’espérer accrocher un centième succès professionnel (à seulement 26 ans !) lors du prochain Tour, justement. Sa domination sur le Dauphiné, il y a moins de trois semaines, a achevé sa posture d’ultra-favori du prochain Tour de France. Malgré un contre-la-montre décevant, il a rapidement usé ses adversaires dans la haute montagne grâce à des accélérations surpuissantes et des efforts d’une dizaine de minutes à une intensité telle qu’il met tous ses adversaires dans le rouge, pendant qu’il peut enchaîner avec un rythme plus lissé mais toujours élevé. Un cas unique dans le cyclisme contemporain, qu’aucun rival ne peut égaler.
Ces prestations placent le champion du monde au sommet de la pyramide des favoris, mais pas seulement. On peut également citer le soutien d’équipiers entièrement acquis à sa cause, avec une qualité collective achetée à coups de millions venus des Émirats arabes unis, mais qui a déjà prouvé sa valeur depuis plusieurs saisons. L’équipe présente en ce mois de juillet ne changera quasiment pas, avec le seul Jhonatan Narvaez (le seul qui avait battu Pogacar en face-à-face sur le Giro 2024) pour remplacer Juan Ayuso. Avec João Almeida et Adam Yates comme leaders de rechange, Tim Wellens et Pavel Sivakov pour mener les relais sur tous les terrains, Nils Politt pour protéger sur le plat, “Pogi” est sur du velours.
Le Slovène Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) à l’attaque sur la 7e étape du Critérium du Dauphiné, le 14 juin 2025. – Photo : ASO/Tony EsnaultMais penser le Slovène intouchable serait une erreur. Le cyclisme n’est pas qu’un combat désignant le plus fort. Tadej Pogacar l’a lui-même expérimenté sur Milan-Sanremo et Paris-Roubaix, deux classiques sur lesquelles il paraissait puissant avant d’être vaincu par un Mathieu van der Poel plus malin et plus technique. Il l’a aussi appris à ses dépens lors des Tours de France 2022 et 2023, remportés par Jonas Vingegaard, parfaitement soutenu par l’ensemble de son équipe pour faire vaciller le tenant des deux précédents titres. C’est la force du Danois, du moins si sa formation prévoit une tactique plus fine que celle affichée sur le Dauphiné.
Avec Matteo Jorgenson en leader de rechange, le vainqueur du Giro Simon Yates et l’expérimenté Sepp Kuss en renforts, mais aussi et surtout l’inexorable Wout van Aert pour apporter son appui sur tous les terrains, Vingegaard a tous les atouts pour mettre en difficulté Pogacar par le surnombre ou la surprise. Cela a pu fonctionner en 2022 et 2023, pourquoi pas en 2025 alors qu’UAE Team Emirates XRG ne cesse d’encaisser les erreurs tactiques sur les courses par étapes, à l’image de ce Giro manqué à la dernière minute par Isaac del Toro ou ce Tour de Suisse qui a failli lui échapper sans la remontada d’Almeida ? Le scénario n’est pas cousu de fil blanc : les étapes proposées par l’organisation du Tour peuvent justement permettre de créer un coup et d’éviter les habituels sprints victorieux de Pogacar, comme l’an dernier.
Le Danois Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) devant le Slovène Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) sur la 8e étape du Critérium du Dauphiné, le 15 juin 2025. – Photo : ASO/Tony EsnaultEt puis, il n’y a pas que Vingegaard dans l’équation. Certes, s’il a montré ses limites sur le Dauphiné, le Belge Remco Evenepoel n’est toujours pas à effacer des tablettes au vu de sa possibilité de récupérer le maillot jaune sur le contre-la-montre de Caen, sur la cinquième étape. Ses objectifs de podium et de remporter une étape de montagne sont désormais clairement énoncés, et sa préparation visiblement sans accroc peut offrir un brin d’optimisme dans le camp du “Wolfpack”. Le même optimisme peut régner chez Red Bull-Bora-Hansgrohe, où Primoz Roglic, en délicatesse sur le Giro et qui espère enfin finir son premier Tour de France depuis… 2020, et la révélation allemande de ces deux dernières saisons Florian Lipowitz, récent troisième du Dauphiné, peuvent aussi jouer la carte collective face aux grands favoris annoncés dans l’Hexagone.
Le champion du monde du contre-la-montre Remco Evenepoel (Soudal Quick-Step) sur la 4e étape du Critérium du Dauphiné, le 11 juin 2025. – Photo : ASO/Tony EsnaultLa suite de la liste compte principalement des outsiders qui devront bénéficier des conditions très favorables pour lutter pour le maillot jaune. Malgré leurs qualités intrinsèques, les Enric Mas (Movistar), Felix Gall (Decathlon-Ag2r La Mondiale), Mattias Skjelmose (Lidl-Trek), Ben O’Connor (Team Jayco-AlUla) ou Oscar Onley (Team Picnic-PostNL) ne jouent pas dans la même cour, et épieront surtout la moindre faille tactique pour espérer gravir les échelons. Les coureurs peuvent écrire une histoire bien différente sur un tel tracé. Heureusement pour les fans de la Grande Boucle ! Rendez-vous samedi pour un premier acte déjà tendu autour de Lille.
Du vert et des pois rouges indécis
La lutte pour les autres maillots distinctifs de ce Tour de France aura également son lot de suspense. Si le classement du meilleur jeune fera la part belle à une lutte entre Remco Evenepoel, Florian Lipowitz, Mattias Skjelmose, Carlos Rodrìguez (INEOS Grenadiers) ou même Lenny Martinez (Bahrain Victorious), les candidats pour le classement par points s’annoncent plus nombreux encore. Car avec seulement trois à quatre étapes pour les purs sprinters, le maillot vert pourrait se jouer entre puncheurs et coureurs capables d’aller chercher les échappées en deuxième et troisième semaine. Le tenant du titre Biniam Girmay (Intermarché-Wanty), vainqueur de trois étapes l’an dernier, aura en tout cas fort à faire pour empocher la timbale une deuxième année consécutive. Il a au moins les qualités pour franchir des terrains plus vallonés et engranger des points hors des étapes de plaine. Mais les explosifs ne manquent pas dans le peloton.
Le Néerlandais Mathieu van der Poel (Alpecin-Deceuninck) sera certainement le plus scruté, vu le printemps exceptionnel réalisé et sa capacité à faire exploser ses adversaires sur des côtes de moins de deux-trois minutes. Avec des arrivées en montée à Boulogne-sur-Mer, Vire, Rouen, Mûr-de-Bretagne, les occasions de briller sont légion. Il fera potentiellement face à Wout van Aert (Team Visma | Lease a Bike), si ce dernier ne doit pas jouer la nounou de Vingegaard durant la première semaine de course. De même, il est possible que Van der Poel se réserve finalement pour soutenir Jasper Philipsen, également candidat à des succès au-delà des sprints massifs.
Le Néerlandais Mathieu van der Poel (Alpecin-Deceuninck) lors de la reconnaissance de Paris-Roubaix, le 13 avril 2025. – Photo : ASO/Pauline BalletD’ailleurs, au vu des étapes présentées, il n’est pas impossible d’envisager un maillot vert porté par… Tadej Pogacar. Le Slovène a bien failli remonter Girmay l’an dernier avec ses six victoires d’étape, mais l’Érythréen avait pu prendre les bonnes échappées pour engranger des points lors des sprints intermédiaires, désormais primordiaux lors des deux dernières semaines de course pour s’assurer la tête du classement par points.
Il ne faudrait toutefois pas enterrer les sprinters qui seront déjà le couteau entre les dents lors de la première étape autour de Lille, vu l’occasion unique pour eux (depuis 2020) d’obtenir le maillot jaune. Les candidats sont alors nombreux : le champion d’Europe Tim Merlier (Soudal Quick-Step), enfin accepté au côté de Remco Evenepoel sur le Tour, espère réussir son habituel coup de la première étape victorieuse, alors que la Belgique soutiendra également Jasper Philipsen, Jordi Meeus, invité surprise de la Red Bull-Bora-Hansgrohe et bien soutenu (avec le nouveau champion des Pays-Bas Danny van Poppel notamment), et Arnaud De Lie (Lotto), toujours en recherche de succès. L’Italien Jonathan Milan (Lidl-Trek) découvrira le Tour et compte bien y faire parler sa puissance, comme sur le Giro 2024, tout comme le Néerlandais Dylan Groenewegen (Team Jayco-AlUla), les Allemands Phil Bauhaus (Bahrain Victorious) et Pascal Ackermann (Israel Premier Tech), le Tchèque Pavel Bittner (Team Picnic-PostNL), les Français Paul Penhoët (Groupama-FDJ), Arnaud Démare (Arkéa-B&B Hôtels) et Bryan Coquard (Cofidis), l’Italien Alberto Dainese (Tudor), le Néerlandais Cees Bol (XDS Astana Team)…
En montagne, l’équation s’annonce encore plus complexe. Car les plus gros points seront à accumuler à partir de la 10e étape, et pas avant. En effet, les cols pourront rapporter jusqu’à 10 à 40 points, alors que les quelques côtes prévues en première semaine de course ne dépasseront pas les 5 points maximum. Il faudra donc bien sélectionner les étapes pour aller chercher le maillot à pois qui était revenu la saison dernière à l’Équatorien Richard Carapaz (EF Education-EasyPost), absent cette année pour maladie. Ce classement de la montagne reviendra-t-il à un candidat au classement général qui s’offrira le paletot à pois rouges par inadvertance, ou un spécialiste des échappées parviendra-t-il à surprendre les favoris ? Comme chaque année, la question restera jusqu’à la dernière semaine de course.
Le maillot à pois sur la 12e étape du Tour de France, le 12 juillet 2024. – Photo : ASO/Charly LopezPogacar et Vingegaard apparaissent ainsi comme des candidats naturels à ce classement de la montagne, mais il y aura certainement une compétition parallèle qui se mettra en place dans le peloton pour aller conquérir ce maillot annexe. Ainsi, le Danois Tobias Johannessen (Uno-X Mobility), les Français Lenny Martinez (Bahrain Victorious), Julian Alaphilippe (Tudor) et Clément Champoussin (XDS Astana Team), l’Allemand Emanuel Buchmann (Cofidis), le Colombien Einer Rubio (Movistar) ou encore le Belge Lennert Van Eetvelt (Lotto) apparaissent comme le type de coureur qui peut aller chercher des points dans les cols de fin de Tour.
On pourrait également citer les coureurs de classement général qui pourraient se désintéresser d’un podium en raison d’un retard trop important et qui se concentreraient dès lors pour le classement de la montagne. Cela pourrait être Remco Evenepoel, Primoz Roglic, Mattias Skjelmose ou encore Ben O’Connor, autant de coureurs qui ont tout de même l’esprit offensif pour aller chercher cet objectif secondaire. La bagarre pour ce maillot à pois semble en tout cas très ouverte par rapport aux autres classements.
Les barèmes des points et le règlement de la course
Classement général – Maillot jaune
Le classement général se calcule au temps et reprend l’addition des temps réalisés par chaque coureur dans les 21 étapes, contenu tenu des pénalités et des bonifications en temps. Le premier de ce classement est récompensé chaque jour par le port du maillot jaune.
Outre ce classement de régularité au temps, des bonifications sont accordées sur les étapes, en dehors des deux contre-la-montre :
En cas d’égalité de temps, les centièmes de seconde enregistrés lors des contre-la-montre individuel sont réincorporés dans le temps total pour départager les coureurs. En cas de nouvelle égalité, il est fait appel à l’addition des places obtenues à chaque étape et, en dernier ressort, à la place obtenue dans la dernière étape disputée.
Le Slovène Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) avec le maillot jaune sur la 9e étape du Tour de France, le 7 juillet 2024. – Photo : ASO/Billy CeustersClassement par points – Maillot vert
Le classement par points est calculé par l’addition des points enregistrés dans les classements de chaque étape. Les points sont distribués différemment selon la difficulté de chaque étape, définie grâce à un barème à découvrir ci-dessous. Le premier de ce classement porte le maillot vert.
Le barème des points :
En cas d’ex æquo dans un classement d’étape, les coureurs classés sont crédités des points qui leur seraient attribués, divisés par le nombre de concurrents concernés. Les points ainsi obtenus sont arrondis au demi-point supérieur.
En cas d’égalité de points au classement général, les coureurs sont départagés par leur nombre de victoires d’étapes puis par le nombre de victoires dans les sprints intermédiaires comptant pour le classement général par points et enfin par le classement général individuel au temps.
L’Érythréen Biniam Girmay (Intermarché-Wanty) au départ de la 10e étape du Tour de France, le 9 juillet 2024. – Photo : ASO/Jonathan BicheClassement de la montagne – Maillot blanc à pois rouges
Le classement de la montagne est calculé par l’addition des points enregistrés au sommet de côtes et cols répertoriés par l’organisation. Le premier de ce classement porte le maillot blanc à pois rouges.
Le barème des points :
En cas d’égalité de points entre deux coureurs, le coureur ayant obtenu le plus grand nombre de places de premier au sommet des cols ou côtes hors-catégorie sera déclaré vainqueur. En cas de nouvelle égalité, on regardera aux places de premier au sommet des cols ou côtes de 1re catégorie, puis de 2e catégorie, puis de 3e catégorie, puis de 4e catégorie. Enfin, éventuellement, on regardera à la place au classement général final au temps.
L’Équatorien Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) après la 21e étape du Tour de France, le 21 juillet 2024. – Photo : ASO/Charly LopezClassement des jeunes – Maillot blanc
Le classement du meilleur jeune se calcule au temps et reprend l’addition des temps réalisés par chaque coureur né après le 1er janvier 2000 (soit âgés de moins de 25 ans) dans les 21 étapes. Le premier de ce classement est récompensé chaque jour par le port du maillot blanc.
Le Danois Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) avec le maillot à pois et le Belge Remco Evenepoel (Soudal Quick-Step) avec le maillot blanc sur la 19e étape du Tour de France, le 19 juillet 2024. – Photo : ASO/Charly LopezClassement par équipes
Le classement par équipes se calcule au temps réalisé par les trois meilleurs coureurs de chaque équipe au terme de chacune des 21 étapes de l’épreuve.
Au classement général, en cas d’ex æquo, les équipes sont départagées par leur nombre de victoires d’étapes par équipe, puis par leur nombre de places de deuxième, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’un nombre de places obtenues par l’une ou l’autre permette d’établir leur classement définitif. S’il y a toujours égalité, les équipes sont départagées par la place de leur meilleur coureur au classement général individuel. Toute formation réduite à moins de 3 coureurs est éliminée du classement général par équipes.
Les délais à l’arrivée
Tous les coureurs au départ d’une étape du Tour de France doivent terminer chaque étape dans les délais prévus par l’organisateur selon deux critères prédéfinis par le règlement : la difficulté de l’étape et la vitesse moyenne du vainqueur. Voici les différents barèmes proposés :
► Cliquez ici pour télécharger le règlement complet du Tour de France 2025 en PDF
La liste des partants
Données proposées par FirstCycling.com
Le parcours, entre Lille et Paris
On vous présente sur ce lien l’ensemble des profils, des cartes et des horaires sur ce lien, mais quelques réflexions me viennent à l’heure de décortiquer ce parcours pour le moins original et plus casse-pattes qu’il n’y paraît.
➡️ Cliquez sur ce lien pour découvrir les détails du parcours, étape par étape
La carte générale de la 112e édition du Tour de France masculin – Photo : ASOComment suivre le Tour de France en télévision, en radio et sur le web
La course la plus médiatique du monde ne sera pas difficile à suivre, tant elle sera sur tous les écrans. On fait le point sur la couverture de l’épreuve en direct.
➡️ Cliquez sur ce lien pour découvrir le programme TV détaillé par journée
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L'Érythréen Biniam Girmay peut souffler, il a sécurisé le maillot vert de meilleur sprinteur. Vainqueur de trois étapes, le coureur d'Intermarché-Wanty a chuté en début de dernière semaine mais a maintenu son avance sur Jasper Philipsen et bouclé le contre-la-montre sans incident.
Richtig starke Doku über den jungen Biniam Girmay!
Das ist meine Tour! | Doku HD | ARTE
https://youtube.com/watch?v=0TaBG25JPxI
Heute Etappensieg Nr. 4? Nîmes das einfach, Biniam! 🙂
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Le prodige du Tour de France 🤯 #cyclisme #sport
