Le terrorisme religieux et politisĂ© vise Ă dĂ©raciner lâarabisme et le socialisme en Syrie, par le Dr Adel Samara
NOTE/
Le coup d âĂ©tat rapide de la RĂ©publique arabe Syrienne est souvent prĂ©sentĂ©e comme celle dâun pays sans armĂ©e, tandis que les gangs terroristes, soutenus par des forces politisĂ©es et religieuses, sont rapidement rĂ©habilitĂ©s, et les sanctions Ă©conomiques qui pĂšsent sur le pays depuis plusieurs dĂ©cennies sont levĂ©es. Le camp occidental, ayant imposĂ© ce blocus, a armĂ© les terroristes, qui sont ensuite transformĂ©s en dirigeants. Ce phĂ©nomĂšne sâaccompagne dâune reconnaissance croissante dâal-Julani comme prĂ©sident de la Syrie, malgrĂ© la compĂ©tition pour lâinfluence rĂ©gionale, illustrant ainsi un soutien international au dĂ©mantĂšlement de lâĂtat syrien.
Les efforts de restructuration en Syrie visent Ă dĂ©raciner lâidentitĂ© arabe et Ă fragmenter le pays en entitĂ©s rivales, sous le contrĂŽle impĂ©rialiste, tout en dĂ©truisant son tissu Ă©conomique. Lâinterview dâAsaad al-Shaybani, ministre des Affaires Ă©trangĂšres du groupe dâal-Julani, avec le Financial Times, met en avant un projet de privatisation et de destruction de lâinfrastructure socialiste syrienne, qui abandonnerait les citoyens Ă un capitalisme sauvage. Cette transformation sâinscrit dans un contexte oĂč les forces religieuses politisĂ©es voient le socialisme comme leur vĂ©ritable opposant, tandis que lâoccupation et lâexploitation sont souvent ignorĂ©es.
MalgrĂ© les sanctions, la Syrie a rĂ©sistĂ© Ă lâaide extĂ©rieure et a maintenu son intĂ©gritĂ© Ă©conomique avant le conflit; nĂ©anmoins, le bombardement Ă©conomique actuel, orchestrĂ© par des interventions telles que le Caesar Act, a menĂ© Ă une famine croissante. La promesse dâattirer des investissements Ă©trangers par des initiatives de privatisation ne doit pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme un soutien dĂ©sintĂ©ressĂ©, mais plutĂŽt comme un mĂ©canisme exploitant les ressources syriennes selon des conditions qui nâoffrent aucune garantie de dĂ©veloppement national, ce qui intensifie encore plus la crise humanitaire en cours.
Une excellente mise au point par le DR Adel Samara: « La carte de la Syrie occupĂ©e reste floue, mais il semble que lâaxe Turquie-Qatar ait plus de chances de rĂ©ussir que lâaxe Arabie saoudite-Ămirats arabes unis«
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Quâa dit Al-Shaybani au Financial Times ?
De nombreux rĂ©cits circulent sur la chute soudaine et rapide de la Syrie, comme sâil sâagissait dâun pays sans armĂ©e. Tout aussi rapidement, les gangs terroristes des forces politisĂ©es et religieuses mondialisĂ©es sont blanchis et les sanctions imposĂ©es Ă la Syrie â que ce soit depuis 1979 ou 2015 â sont levĂ©es.
Le camp occidental qui a imposĂ© le blocus Ă©conomique Ă la Syrie est le mĂȘme camp qui a armĂ© des centaines de milliers de terroristes, puis les a rebaptisĂ©s chefs dâĂtat. BientĂŽt, ils pourraient mĂȘme ĂȘtre qualifiĂ©s de libĂ©raux, de modernistes, voire de postmodernistes, et une nouvelle fatwa pourrait suggĂ©rer quâil nâest plus nĂ©cessaire dâavoir un prĂ©sident Ă©lu.
Avec la mĂȘme rapiditĂ©, la plupart des rĂ©gimes politiques de lâOrient arabe ont accueilli al-Julani comme prĂ©sident de la Syrie, malgrĂ© la concurrence entre lâArabie saoudite dâun cĂŽtĂ© et la Turquie et le Qatar de lâautre pour lâinfluence en Syrie. Aucun dâentre eux ne sâoppose ni ne conteste lâoccupation par lâentitĂ© sioniste de tout le territoire syrien quâelle souhaite, confirmant ainsi que les Ătats-Unis fomentent le dĂ©mantĂšlement de lâĂtat syrien et la crĂ©ation dâune Syrie totalement diffĂ©rente.
Surtout aprĂšs lâopĂ©ration « Al-Aqsa Flood », les Ătats-Unis ont renforcĂ© leur hĂ©gĂ©monie sur lâensemble du territoire arabe, Ă lâexception du YĂ©men/Sana, et ont dĂ©montrĂ© la faiblesse des autres puissances mondiales. La Russie a troquĂ© la Syrie contre lâUkraine, et la Chine a troquĂ© son important commerce avec les Ătats-Unis contre son abstention de tout rĂŽle dans le monde arabe, notamment concernant le gĂ©nocide Ă Gaza et en Cisjordanie occupĂ©e.
Dans le cadre de la rĂ©organisation de la Syrie, des efforts sont dĂ©ployĂ©s pour dĂ©raciner les deux composantes fondamentales de lâĂtat arabe en Syrie :
PremiĂšrement : lâidentitĂ© arabe dâune Syrie unie et rĂ©sistante, qui rejette lâentitĂ© sioniste et croit quâil nây a pas de solution au conflit arabo-sioniste-impĂ©rialiste, y compris le sionisme arabe, si ce nâest par la libĂ©ration. Avec la chute de la Syrie (Ă lâexception du YĂ©men/Sanaa), la contre-rĂ©volution achĂšve sa victoire sur lâarabisme. Cela coĂŻncide avec la victoire du capitalisme mondial sur le monde du travail.
DeuxiĂšmement : Transformer la structure de lâĂtat syrien sur deux points :
· Premierement : fragmenter la Syrie en entitĂ©s contradictoires, voire belligĂ©rantes, toutes nĂ©cessairement subordonnĂ©es Ă lâimpĂ©rialisme et au sionisme. Celles-ci seraient gouvernĂ©es par des forces politico-religieuses et normalisĂ©es avec lâentitĂ© sioniste, servant de modĂšle aux autres Ătats arabes et favorisant le dĂ©mantĂšlement dâUrobah.
· Deuxiemement : dĂ©truire Ă©conomiquement lâĂtat syrien pour dĂ©truire la sociĂ©tĂ© de lâintĂ©rieur.
Câest ce qui ressort clairement de lâinterview accordĂ©e au Financial Times par Asaad al-Shaybani, ministre des Affaires Ă©trangĂšres du groupe dâal-Julani â un mĂ©dia historiquement et Ă©minent porte-parole de la pensĂ©e de droite occidentale. Lâinterview portait sur le dĂ©mantĂšlement de lâinfrastructure socialiste syrienne : bradage du secteur public, suppression de la gratuitĂ© des soins de santĂ© et de lâĂ©ducation, et rĂ©duction des subventions sur les biens essentiels â abandonnant ainsi les citoyens ordinaires Ă un capitalisme sauvage.
Certains aspects fondamentaux du socialisme avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© affaiblis aprĂšs la mort de Hafez el-Assad, grĂące aux politiques Ă©conomiques nĂ©olibĂ©rales de « marchĂ© social » menĂ©es par Abdullah Dardari (un instrument du FMI et de la Banque mondiale), mais beaucoup subsistaient. Lâinterview met en avant la privatisation â un stratagĂšme des riches pour piller le secteur public. Le capital lui-mĂȘme est dĂ©jĂ du travail volĂ©, et sous le rĂ©gime dâoccupation actuel, les entreprises publiques pourraient mĂȘme ĂȘtre vendues aux capitalistes sionistes. Julani a rĂ©cemment suggĂ©rĂ© que son rĂ©gime « et IsraĂ«l partagent un ennemi commun ».
Pour les mouvements religieux politisĂ©s, le vĂ©ritable ennemi est le socialisme â et non lâoccupation, le vol des ressources ou lâexploitation du travail (unique source de production). Cela correspond parfaitement Ă lâidĂ©ologie des FrĂšres musulmans, qui ne croient ni Ă la patrie, ni Ă lâUrobah, ni au patriotisme, mais au pouvoir et Ă la richesse entre les mains de quelques-uns. Lâorganisation de Julani, Hayâat Tahrir al-Sham, est en rĂ©alitĂ© lâEI sous un autre nom.
Lâinterview est agrĂ©mentĂ©e de mots Ă la mode comme « dĂ©veloppement » et dâaffirmations telles que « nous ne voulons pas vivre de lâaide humanitaire ». Le terme « dĂ©veloppement » a Ă©tĂ© dĂ©tournĂ© du socialisme par des intellectuels pro-capitalistes, surtout aprĂšs la chute du bloc socialiste. Quant au rejet de lâaide Ă©trangĂšre, câest une affirmation superficielle et trompeuse. Les donateurs Ă©trangers nâaident pas rĂ©ellement ; pour chaque dollar quâils « donnent », ils en prĂ©lĂšvent dix, canalisant les richesses par lâintermĂ©diaire de rĂ©gimes compradores qui en gardent lâessentiel pour eux-mĂȘmes.
MalgrĂ© les sanctions imposĂ©es depuis 1979 (voire avant), la Syrie nâa jamais eu recours Ă lâaide. Elle nâavait ni dette ni dĂ©ficit commercial avant la guerre de lâOTAN. Lorsque la Tunisie, confrontĂ©e Ă la famine entre 1980 et 1982, a criĂ© au monde, seule la Syrie lui a envoyĂ© du blĂ© gratuitement.
La famine actuelle en Syrie est le rĂ©sultat de la guerre Ă©conomique menĂ©e par le biais du Caesar Act â une dĂ©cision amĂ©ricaine appliquĂ©e par les Ătats arabes et islamiques voisins, rendant leur complicitĂ© aussi criminelle que celle des Ătats-Unis.
Shaybani affirme que la nouvelle autoritĂ© « vise Ă privatiser les ports et les usines publics, Ă attirer les investissements Ă©trangers et Ă promouvoir le commerce international dans le cadre dâun plan de rĂ©forme Ă©conomique visant Ă mettre fin Ă des dĂ©cennies dâisolement ». Mais lâinvestissement capitaliste occidental nâest pas une Ćuvre de charitĂ© : câest un mĂ©canisme dâexploitation assorti de conditions strictes, garantissant lâabsence de nationalisation et le rapatriement sans restriction des bĂ©nĂ©fices. En cas de risque, les capitaux fuiront, comme ce fut le cas lors de la crise financiĂšre est-asiatique de 1997, notamment lorsque lâOccident a retirĂ© ses prĂȘts Ă taux dâintĂ©rĂȘt avantageux et que les rĂ©gimes locaux se sont mis Ă genoux, laissant les capitaux Ă©trangers acquĂ©rir plus de 50 % des parts.
Quant au commerce international, il dĂ©pend de la production nationale. Que produit la Syrie aujourdâhui, hormis le terrorisme ?
De plus, le commerce mondial est passĂ© du libre-Ă©change au protectionnisme. MĂȘme les Ătats-Unis, sous Trump, ont adoptĂ© un protectionnisme draconien, prĂ©tendant libĂ©rer lâĂ©conomie amĂ©ricaine de lâexploitation. Ainsi, lâouverture et la privatisation de la Syrie font Ă©cho Ă la politique de Sadate en Ăgypte en 1975 â qui a dĂ©vastĂ© le pays â, tandis que la Syrie sâeffondre sans mĂȘme sâouvrir.
La Syrie nâa pas choisi lâisolement ; elle a Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment isolĂ©e par un plan occidentalo-sioniste mis en Ćuvre par les Arabes et les musulmans voisins.
Shaybani a ajoutĂ© : « La vision dâAssad Ă©tait un Ătat sĂ©curitaire. La nĂŽtre, câest le dĂ©veloppement Ă©conomique. » Il a ajoutĂ© : « Il faut des lois et des messages clairs pour ouvrir la porte aux investisseurs Ă©trangers et encourager les investisseurs syriens Ă revenir. »
Et pourtant, le monde a pu constater les « lois » des rĂ©gimes politico-religieux Ă travers les massacres sectaires sur les cĂŽtes syriennes, les meurtres et assassinats quotidiens Ă travers le pays, et les attaques contre les dĂ©bits de boissons des Syriens arabes chrĂ©tiens. Shaybani ne fait que rĂ©pĂ©ter des clichĂ©s aux oreilles des capitalistes. Chaque Ătat au monde est un « Ătat sĂ©curitaire » Ă des degrĂ©s divers. La Syrie nâa eu dâautre choix que dâaccepter lâadoption de la sĂ©curitĂ©, malgrĂ© ses dĂ©fauts, mais quel est le rapport ou la contradiction entre un Ătat sĂ©curitaire et un Ătat ou une vision du dĂ©veloppement ? Un Ătat sĂ©curitaire qui reprĂ©sente les intĂ©rĂȘts du peuple est le plus Ă mĂȘme de parvenir Ă un vĂ©ritable dĂ©veloppement. Câest ce que les SoviĂ©tiques ont accompli sous lâĂšre stalinienne et la Chine sous lâĂšre Mao. Quant Ă la prĂ©tention au dĂ©veloppement sous une occupation religieuse, politique, impĂ©rialiste et sioniste, elle ne fait quâengraisser les riches et les prĂ©dateurs Ă©trangers.
Shaybani sait pertinemment que les dettes de la Syrie rĂ©sultent de lâinvasion politisĂ©e et religieuse et de la loi CĂ©sar, qui a imposĂ© un blocus Ă©conomique.
La Syrie nâavait ni dette ni dĂ©ficit commercial avant la guerre de lâOTAN. Mais qui le dĂ©fiera Ă Davos, oĂč il a Ă©tĂ© reçu â temple du capital et forum des requins ?
Il déclare :
Nous étudions des partenariats public-privé dans des secteurs comme les aéroports, les chemins de fer et les routes. Le plus grand défi consiste à trouver des acquéreurs pour des institutions qui se dégradent depuis des années dans un pays dévasté et isolé.
Câest ridicule. Tout « partenariat » se fera simplement entre :
· Les capitalistes
· Et lâautoritĂ© bureaucratique capitaliste compradore, qui fait partie de la mĂȘme classe et gouverne dans leur intĂ©rĂȘt.
Sâil existe une classe compradore Ă©conomique et politique dans le monde, la Syrie compte aujourdâhui aussi une classe compradore dĂ©mographique , ayant importĂ© des terroristes internationaux.
Il en rĂ©sulte une dictature du capital dĂ©guisĂ©e en « partenariat ». Trouver des acheteurs ne sera pas un problĂšme : privatiser revient Ă vendre des biens publics pour une bouchĂ©e de pain. Voyez ce qui sâest passĂ© en Union soviĂ©tique, en Europe de lâEst et en Ăgypte. Une usine soviĂ©tique produisant des munitions pour le tiers monde a Ă©tĂ© vendue au prix dâune boulangerie moyenne en Suisse.
Dans le cadre du discours hypocrite de lâOccident, le Financial Times affirme que lâEurope se soucie de la position de la Syrie sur les droits des femmes et des minoritĂ©s. MalgrĂ© le double langage exposĂ© par lâOccident, celui-ci sâaccroche Ă ces affirmations, alors quâil sâagit de la mĂȘme force qui a transformĂ© les femmes en marchandises, opprimĂ© les minoritĂ©s et quĂ©mandĂ© des liens avec les rĂ©gimes mĂ©diĂ©vaux du Golfe.
Shaybani affirme :
« Les nouveaux dirigeants veulent rassurer les responsables arabes et occidentaux sur le fait que le pays ne représente aucune menace. »
Il ajoute que des pays comme les Ămirats arabes unis et lâĂgypte sâinquiĂštent du retour de groupes islamistes comme les FrĂšres musulmans, tandis que dâautres craignent quâune rĂ©volution en Syrie puisse inspirer une rĂ©bellion dans leur pays.
Mais il nâexiste plus dâ« islam » unique en Syrie. Il existe deux camps islamiques :
PremiĂšrement : LâIslam des religions politisĂ©es :
· LâEI, avec sa propre idĂ©ologie expansionniste, bien que non mobile (contrairement Ă Al-QaĂŻda, qui voyage par avions amĂ©ricains pour pratiquer le terrorisme)
· La version de lâEI de Julani, rĂ©alisĂ©e sur commande par les Ătats-Unis
· Les FrÚres musulmans, la mÚre idéologique de tous
· LâIslam des Ămirats arabes unis, câest-Ă -dire lâIslam alignĂ© sur le sionisme
· Lâislam wahhabite en Arabie saoudite
DeuxiĂšmement : lâIslam arabe originel des masses en tant que croyants.
Naturellement, ils se craignent tous. Mais en fin de compte, les forces politisĂ©es et religieuses sâadaptent Ă leurs propres intĂ©rĂȘts. Câest ce que les Ătats-Unis ont compris en ordonnant Ă Julani dâintĂ©grer 3 500 terroristes Ă©trangers dans la nouvelle armĂ©e. MĂȘme si ces factions se combattent (comme si elles se reproduisaient comme des amibes), en cas de besoin, elles retournent toutes à « MĂšre AmĂ©rique ». Telle est la vĂ©ritable signification de la perte de la Syrie.
Il est à noter que nombre de ces terroristes sont rassemblés prÚs de la frontiÚre libanaise , et non de la frontiÚre palestinienne occupée.
La question nâest pas de savoir sâil y a eu une « rĂ©volution » en Syrie, malgrĂ© les discours des trotskistes, de Julani ou de Shaybani, qui sâen vantent. Lâexportation dâune telle « rĂ©volution » dĂ©pend des factions qui restent Ă maĂźtriser. Mais une question plus urgente se pose : sâil est vrai quâil y a plus de 100 000 terroristes Ă©trangers en Syrie, ne leur est-il pas possible de sâemparer pleinement du pouvoir dans ce pays en plein effondrement ?
Il nây a pas assez de place ici pour aborder les diffĂ©rences entre la faction terroriste de Damas et les sionistes kurdes, qui entretiennent des relations avec lâentitĂ© sioniste depuis les annĂ©es 1950 et sont sous protection amĂ©ricaine. Il ne serait pas surprenant que les Ătats-Unis les vendent Ă ErdoÄan demain, Ă condition quâils puissent encore contribuer Ă saper lâidentitĂ© arabe de la Syrie, qui ne manquera pas de renaĂźtre.
Le discours de Shaybani illustre parfaitement le non-nationalisme et le non-arabisme des forces politisĂ©es et religieuses. Il nâa pas mentionnĂ©, mĂȘme en passant, le territoire syrien occupĂ© par lâentitĂ© sioniste. Il nâa jamais nommĂ© lâentitĂ© sioniste, pas plus quâil nâa Ă©voquĂ© le retour des millions de Syriens partis soutenir les rebelles soutenus par lâOTAN.
La carte de la Syrie occupĂ©e reste floue, mais il semble que lâaxe Turquie-Qatar ait plus de chances de rĂ©ussir que lâaxe Arabie saoudite-Ămirats arabes unis. Pourtant, tous deux sont dĂ©terminĂ©s Ă dĂ©manteler la Syrie. La Turquie est une puissance coloniale bien Ă©tablie ; le Qatar est une base idĂ©ologique pour les FrĂšres musulmans, contrairement aux rĂ©gimes saoudien et Ă©mirati, qui nâont pas la capacitĂ© de construire un axe significatif. Ce qui les prĂ©occupe avant tout, câest lâĂ©radication du caractĂšre arabe de la Syrie.
La revendication dâindĂ©pendance de Julani vis-Ă -vis de la Turquie nâest que pure rhĂ©torique.
La Turquie sâest dĂ©placĂ©e dâAlep Ă Homs sans aucune intervention, sauf de la part dâIsraĂ«l. Et puisque Julani est indiffĂ©rent au plateau du Golan et Ă Quneitra, pourquoi se soucierait-il dâIskenderun, occupĂ©e par la Turquie depuis la veille de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), ou de Homs ? Câest ainsi que fonctionnent les mouvements politisĂ©s et religieux arabes : dĂ©nuĂ©s de tout patriotisme et vĂ©hiculant une idĂ©ologie destructrice.
LâAcadĂ©mie militaire de la terreur et lâĂcole culturelle de la cinquiĂšme colonne
Concluons avec deux points interconnectés et essentiels sur le rÎle de la Syrie dans la dynamique terroriste plus large :
Les ennemis dâUrobah, en particulier ceux de la Syrie, ont créé une « Ăcole de la sixiĂšme colonne culturelle » spĂ©cialisĂ©e dans la castration de la culture arabe â par le biais de subventions, dâoffres dâemploi, dâallocations et de pots-de-vin. Intellectuels et pseudo-intellectuels y ont affluĂ©, chacun contribuant au sabotage culturel. Parmi eux se trouvaient le mufti Yusuf al-Qaradawi et lâidĂ©ologue Azmi Bishara. Naturellement, les forces politisĂ©es et religieuses sâalignent sur le dĂ©mantĂšlement dâUrobah.
- La base terroriste en Syrie aujourdâhui
DĂ©sormais dirigĂ©e par Julani, il nâest pas surprenant que cette base soit sur le point de lancer une guerre terroriste contre les pays arabes.
Les mouvements religieux politisĂ©s et les rĂ©veils religieux sectaires ont conduit cette rĂ©gion Ă un point oĂč nâimporte qui disposant dâargent peut crĂ©er une armĂ©e de terroristes â et une Ă©quipe dâintellectuels pour la justifier idĂ©ologiquement. Pourtant, la loi de lâhistoire demeure inchangĂ©e : un jugement viendra, et un rĂ©veil est inĂ©vitable.
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Les opinions et points de vue exprimĂ©s dans cet article sont ceux de lâauteur et ne reflĂštent pas nĂ©cessairement lâopinion du comitĂ© de rĂ©daction de Kanaâan.
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Source: Auteur DR ADEL SAMARA, Palestine Occupée , kanaanonline.org, 6 juin 2025
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