"Mon point de départ a été un article paru dans un hebdomadaire américain en 1954. Il expliquait que la valorisation des capacités de production américaines exigeait que la consommation croisse de 50 % au moins dans les huit années à venir, mais que les gens étaient bien incapable de définir de quoi seraient faits leurs 50 % de #consommation supplémentaire. Il appartenait aux experts en #publicité est en #marketing de susciter des besoins, des désirs, des fantasmes nouveaux chez les consommateurs, de charger les marchandises même les plus triviales de symboles qui en augmenteraient la demande. Le #capitalisme avait besoin que les gens aient de plus grand besoin."

André #Gorz in "Ecologica" #consumérisme #citations #citation

"L’éloge des vertus et de l’éthique du travail dans un contexte de chômage croissant et de precarisation de l’emploi s’inscrit dans une stratégie de domination : il faut inciter les travailleurs à se disputer les emplois trop rares, à les accepter à n’importe quelles conditions, à les considérer comme intrinsèquement désirables, et empêcher que travailleurs et chômeurs s’unissent pour exiger un autre partage du travail et de la richesse socialement produite."

André Gorz in "Ecologica"

#emploi #travail #capitalisme #Gorz #consumérisme #citations #citation #économie #valeurTravail

"Placer au centre l'individu et sa capacité à se déprendre d'un monde social perçu comme indigne n'est en effet pas spécialement subversif, c'est le régime d'explication qui est le plus courant aujourd'hui. Loin de pensées de l'émancipation qui ont des caractères collectifs plus marqués, qui envisagent des classes en lutte contre des dominations structurelles, cette écologie est un outil d'acceptation sociale d'autant plus efficace qu'elle se présente comme une #alternative atteignable et individuellement gratifiante."

Aude Vidal in "Egologie : Ecologie, individualisme et course au bonheur" @anthropocene

#écologie #sobriété #lesInstitutionsMentent #Vidal #écologisme #écologiePolitique #décroissance #consumérisme #citation #citations

Nos #institutions sont vulnérables à des défaillances soudaines, catastrophiques, voire irréparables. Ne les croyez pas :

« Dans la plupart des contextes, les professionnel·les du climat et de la durabilité ne sont pas payé·es pour changer les choses importantes, iels sont payé·es pour protéger les choses importantes du changement.

« L'expertise en matière de climat et de développement durable est devenue une profession comme une autre. Elle propose principalement des plans à moindre coût pour des actions progressives mais socialement crédibles. En général, ces plans défendent les organisations contre les critiques et les pressions en s'engageant sérieusement à atteindre des objectifs importants mais lointains (comme « Net Zero d'ici 2050 »), associés à des mesures incrémentales et peu coûteuses à court terme. Les deux sont ensuite « triangulés » avec des arguments selon lesquels les petits pas d'aujourd'hui sont « en ligne » avec un avenir d'action audacieuse. Le principal résultat est l'affirmation que l'employeur du triangulateur « en fait assez ».

« La définition de l'expression « en faire assez » devient le champ de bataille critique avec les défenseurs et les régulateurs qui veulent plus d'action. Avec la triangulation, nous assistons au déploiement de solutions complémentaires destinées à préserver la valeur des approches lentes, des actifs et de l'expertise. L'accent est mis sur des éléments tels que les dons caritatifs, les notations ESG [critères environnementaux, sociaux et de gouvernance], les émissions climatiques opérationnelles (et les compensations carbone), les engagements en matière de développement durable dans le cadre de l'activité de la firme (de petites mesures qui rapportent), le comportement des employé·es (« N'oubliez pas de recycler vos tasses de café et de participer à la journée de plantation d'arbres ») et les messages (de l'écoblanchiment pur et simple aux déclarations vides de sens de soutien à la justice climatique).

« La promesse de la #triangulation - l'apparence d'un engagement sérieux, mais un programme d'action qui ne bouleverse pas les priorités de gestion et les centres de revenus existants - s'est avérée attrayante pour les dirigeant·es, pour des raisons compréhensibles : Si vous êtes un·e dirigeant·e qui n'a pas de compréhension particulière du bouleversement, l'embauche d'expert·es en triangulation vous permet de couvrir vos arrières sans inconvénient évident. Il s'agit d'une solution prête à l'emploi, qui vous permet de vous concentrer sur les modèles d'entreprise qui ont bien fonctionné jusqu'à présent. Elle limite l'exposition au fossé entre les approches lentes et les réalités rapides. Et cela fonctionne parfaitement, tant que votre horizon décisionnel est très proche, mesuré en rapports trimestriels, et n'est pas interrompu par des changements soudains.
[…]
« La triangulation rend la plupart des institutions moins performantes en matière de stratégie. Elle rend l'expertise professionnelle acquise dans le cadre de ses programmes obsolète. Elle entrave la capacité à repérer les opportunités et les compétences nécessaires pour agir de manière disruptive afin de les saisir.

« Les stratégies triangulées protègent les organisations des pressions exercées pour qu'elles agissent maintenant, mais elles affaiblissent les capacités de changement de l'organisation. Tout ce qui mérite d'être discuté se trouve en dehors des limites du débat couramment acceptable dans la plupart des cercles professionnels, parce que chaque position triangulée et chaque bulle d'expertise créent les limites dont elles ont besoin pour rester sûres. Si vous comptez sur les conseils donnés à l'intérieur des limites triangulées pour essayer de comprendre ce qui se passe, vous externalisez votre acuité stratégique à des personnes dont la compétence principale est d'éviter la question ».

Alex Steffen (en): https://alexsteffen.substack.com/p/discontinuity-is-the-job

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Discontinuity is the Job

The planetary crisis and your career: 12 key insights.

The Snap Forward

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Pour faire face à la catastrophe en cours, on peut s’équiper de deux concepts :

"D’abord, la diminution de l’intensité carbone de l’économie. Concrètement, c’est ce qu’on fait avec les renouvelables. Parce qu’il y a besoin de back-up, parce que ça n’est pas non plus complètement décarboné, parce qu’elles alimentent en courant une économie qui dans sa matérialité même (acier, ciment, plastique) va dépendre du carbone pendant encore longtemps : une voiture électrique par exemple, ce n’est évidemment pas décarboné, même si cela diminue l’intensité carbone du transport. C’est évident. Pourquoi faut-il le préciser ? Parce que ça oblige à laisser sur la table la question de la taille de l’économie.

"Et donc la deuxième notion, logiquement, c’est la décroissance, le démantèlement de certains espoirs, projets, dispositifs techniques. Il y a des choses qu’il va falloir réduire voire abandonner, et organiser cela. Et une fois qu’on a dit ça, c’est la question de la répartition qui réapparaît. Si on n’imagine pas un monde où tout va croître sans problème d’environnement, la question des inégalités revient de manière un peu plus brûlante. Tout ceci est fort banal, mais cela donne un autre sens politique à la question climatique. Le débat devient un peu moins centré sur les technologies".

Une conversation avec Jean-Baptiste Fressoz : https://legrandcontinent.eu/fr/2024/02/22/une-monde-sans-transition-une-conversation-avec-jean-baptiste-fressoz/

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Un monde sans transition ? une conversation avec Jean-Baptiste Fressoz | Le Grand Continent

Dans son nouvel ouvrage, Sans transition : une nouvelle histoire de l’énergie, l’historien Jean-Baptiste Fressoz démontre à quel point les discours contemporains sur la «transition énergétique» sont nourris de récits historiques frauduleux sur de supposées transitions passées, préservant au passage les intérêts des multinationales du secteur. En mettant au jour l’empilement des sources d’énergie dans l’histoire (nous ne sommes jamais sortis de «l’âge du charbon» !), leurs interdépendances (ou symbioses), et la fabrique des récits de la transition, il nous invite à nous débarrasser d’un concept inopérant, qui empêche de se poser les bonnes questions.

Le Grand Continent

De 1780 à 1870, "les débats sur le déboisement, l’érosion des sols, la qualité de l’air ou les pollutions industrielles montrent que l’environnement n’était ni neutre ni absent. Il faisait l’objet de conflits, de peurs, d’expertises, parfois même de lois. Ce n’est donc pas notre époque qui aurait soudain « découvert » la nature, mais bien un long processus de mise en tension entre exploitation et protection. Ce retour au passé permet ainsi de mieux comprendre le présent. Il oblige à voir comment nos sociétés se sont progressivement habituées à extraire, transformer, détruire, tout en développant en parallèle un attachement romantique à la nature. Ce double mouvement, fait de ponctions et d’émerveillements, traverse encore nos politiques écologiques, nos paysages et nos contradictions."

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/la-nature-en-revolution-une-histoire-environnementale-de-la-france-9682604

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Qu’est-ce que l’histoire environnementale ?

Et si l’histoire de France s’était écrite contre, la nature ? L’historien Jean-Baptiste Fressoz et d’autres chercheurs proposent une relecture du XXIe siècle au prisme d’une histoire environnementale, pour interroger autrement la notion de progrès, les formes de pouvoir et notre héritage écologique.

France Culture

« Le "travail" doit perdre sa place centrale dans l'esprit, les pensées et l'imaginaire de chacun. Nous devons apprendre à le voir différemment : non plus comme quelque chose que nous avons – ou que nous n'avons pas –, mais comme ce que nous faisons. »
~ André Gorz, cité par @aworkinglibrary là : https://aworkinglibrary.com/writing/exit-strategy

« L'affirmation selon laquelle les fabricants de bouillie [d'IA] remplaceront la plupart des emplois est une tentative pathétique de résurrection : seul le travail qui a été rabaissé jusqu'à la tombe pourrait être supplanté par des fantômes aussi ennuyeux et obséquieux. Le vrai travail a toujours été ailleurs. Il est peut-être temps de suivre où il nous mène et de laisser les morts dans leurs tombes. »
~ Mandy Brown

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Exit strategy

“We must learn to see [work] differently: no longer as something we have—or do not have—but as *what we do.*”

A Working Library

Comment expliquer qu’André Gorz soit si peu connu, malgré la grande actualité de son œuvre ? Céline Marty envisage une marginalisation à la suite de ses positions critiques envers le nucléaire et la politique mitterrandienne, ou une lecture trop fragmentaire qui a pu laisser croire à une pensée peu cohérente. C’est pourtant une œuvre complexe mais profondément pragmatique à travers laquelle nous guide l’autrice, en offrant au lecteur les clés pour se l’approprier et repenser nos manières de travailler, d’habiter le monde et la nature. Avec ces deux ouvrages complémentaires, la philosophe nous encourage, comme André Gorz, à transformer la vie sans attendre le Grand Soir : « Si militer ne veut pas dire construire aujourd’hui des rapports libérés, fraternels, vrais avec les autres, alors ce n’est pas la peine de changer le monde. »

Un article d'Anne-Toscane Viudes : https://archive.ph/QshAZ

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