À 75ans, Tereza est désormais considérée comme patrimoine vivant et doit rejoindre "la colonie" où toutes les personnes de plus de 74ans doivent aller, leur dit-on pour profiter paisiblement de leurs dernières années mais l'on comprend bien que c'est surtout afin de ne pas gêner et ralentir la productivité de son village qui se dit tourné vers l'avenir.
Mais elle est bien décidée à en faire autrement.

Me suis demandé si au Brésil il y avait du coup, une réelle politique anti-personnes âgées pour inspirer ce genre de point de départ scénaristique mais quoiqu'il en soit, grâce à ce personnage de Tereza, le réalisateur Gabriel Mascaro nous offre une belle ode émancipatrice pleine de poésie.
O ultimo azul. Le dernier bleu (plutôt que "les voyages de Tereza" comme ça a été traduit pour la vf). Rien que ce titre est très parlant quant au sujet du film qui se passe quasi intégralement le long de l'Amazone sur lequel nous allons faire avec la protagoniste, une longue traversée pour essayer de vivre son dernier rêve. Celui de voler dans les airs. Mais au fil des rencontres, c'est surtout une forte envie de libération qui va naître.
Ça fait du bien de sortir des schémas hollywoodiens qui prônent une jeunesse éternelle et superficielle.
Ici, pas de paillettes, pas de mensonges. Même si l'histoire est fictive, nous avons à faire à de vrais gens en qui nous pouvons nous identifier.
Là, je peux me dire voilà, quand je serai retraité, c'est comme elle que je veux vivre.
Et au-delà de ça, il y a dans cette œuvre une part onirique qui m'a fait penser à du Jodorowsky avec l'escargot à la bave bleue te permettant de voir l'invisible, l'indicible et qui m'a forcément fortement séduit.

Bref, voilà un film qui ne vend pas du rêve pour faire joli mais qui nous en offre énormément avec sincérité. Vive Tereza !

#monavis #critiquedefilm #cinema #pathemadeleine #oultimoazul #lesvoyagesdetereza #gabrielmascaro #deniseweinberg
@Neoresistant j'ai bien peur que se ne soit pas le "next step", mais un pas de côté encore pire (même s'il s'ancre la dedans) vu que le libertarisme se fout éperdument de l'accumulation de capital (solide) mais deifie des trucs et des gens. #monAvis

King and conqueror c'est ma foi plutôt très bien

#monAvis #sériehistorique

(Comme je n'ai pas de places pour Seriesmania, je compense comme je peux)

On connaît tou.tes Frankenstein, de Mary Shelley. Le succès de cette oeuvre lui a value moultes adaptations dont une, tout récemment, par Guillermo Del Toro. Et également plusieurs suites dont, en 1935, la fiancée de Frankenstein. C'est une nouvelle version de cette dernière que Maggie Gillenhaal décide de nous offrir.

Le monstre de Frankenstein meurt de solitude. Lui qui est destiné à vivre éternellement. Son créateur n'étant plus de ce monde, il décide de retrouver le Dr Euphronious pour qu'elle donne à son tour, un second souffle à une femme morte, afin qu'il ait une compagne pour le restant de ses jours.

Maggie Gillenhaal nous propose quelque chose d'intéressant en revisitant ce mythe. La femme ressuscitée pourrait n'être qu'un objet dont le seul but est de tenir compagnie à cet homme seul mais bien heureusement, nous n'en sommes plus là et cette femme a un but propre. Son nouveau nom est d'ailleurs la fiancée, tout court. Elle n'appartient à personne et de son ancienne vie, elle semble se souvenir de la violence des hommes. Elle devient donc un porte drapeau d'une cause, celle de toutes les femmes battues prêtes à se lever contre notre monde patriarcale.
Tout comme Coutures dont je parlais dans mon précédent post ciné, The Bride pointe du doigt tout ce que notre société impose aux femmes mais pour y mettre là, un grand coup de pied dedans dans un décor steampunk musicalement rock. Tout donne envie de lever le point et de tout renverser !
Christian Bale est comme toujours excellent et l'est d'autant plus qu'il partage réellement l'écran et sait s'effacer lorsqu'il le faut pour laisser briller sa partenaire, Jessie Buckley, troublante, habitée, forte et hypnotisante !
Ces 2 Bonnie and Clyde sont des monstres mais si touchants d'humanité qui ne demandent que paix et amour mais que ce monde pousse à en faire des créatures violentes.

Bref. J'ai cru lire des retours critiques peu emballants mais pour ma part, je recommande ✊🏼 !

#monavis
Alice Winocour signe avec Coutures, un film choral émouvant.

Maxine est une réalisatrice américaine, appelée sur Paris pour faire le court-métrage qui ouvrira la fashion week.
Elle croisera le chemin d'Ada, une jeune mannequin sud-soudanaise qui veut tenter sa chance dans la mode et Angèle, maquilleuse qui aimerait bien aspirer à devenir autrice en s'inspirant des vies qu'elle rencontre pour rédiger son premier roman.
Et comme un fil conducteur qui les relie toutes, discrètement, dans les coulisses, il y a Christine, chargée pour la première fois, de coudre la robe d'ouverture du défilé.

Rien ne se présente comme gagné d'avance. Chacune d'entre ces femmes va devoir trouver en elle la force et la ressource pour atteindre son objectif ou accepter de le laisser de côté en comprenant ce qui est réellement le plus important pour elle.
On peut donc dire que c'est en fait une sacrée leçon de vie, toute en douceur et réellement touchante.

En fond se pose la question de comment accepter, intégrer puis annoncer à son entourage, la maladie. C'est un sujet sensible qui peut déranger mais qui est abordé avec finesse pour accompagner le.la spectateur.ice afin qu'il.elle soit secoué.e le moins possible.

P.S. : c'est rare et ça fait plaisir de trouver Angelina Jolie dans ce genre de rôle.

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Aucun autre choix.
Il y a de ces réalisateurs avec qui je sais que je ne serai jamais déçu. Je parlais de Sam Raimi précédemment mais Park Chan-wook en fait également bien évidemment partie.
Dans ses long-métrages sortis en France, il me manque encore à voir Je suis un Cyborg, et Stoker mais tous les autres sont à chaque fois une réelle surprise d'inventivité. Pas forcément dans le scénario mais toujours dans la mise en scène, les effets visuels (ses transitions sont d'une pure beauté).
Je vous recommande donc très fortement JSA (quand les tensions entre la Corée du Nord et celle du Sud cachent une amitié interdite), sa trilogie de la Vengeance (dont fait partie son cultissime Old Boy), Thirst (ou Thérèse Raquin de Zola, revisité et transformé en histoire de vampire), Mademoiselle (à ce jour encore mon préféré), Decision to leave (plus classique mais très bel hommage Hitchcockien) et ce dernier qui lui, est une libre adaptation du Couperet, de Westlake, déjà adapté en 2005, par Costa Gavras (mais je n'ai pas vu cette version là donc je n'en parlerai pas).

Mais recentrons nous sur le film qui nous intéresse ici. On y suit Yoo Man-Soo qui, alors qu'il semblait vivre la vie parfaite avec sa femme, ses deux enfants, ses deux chiens, dans la maison de son père qu'il a réussi à racheter et retaper à son goût, se voit soudainement licencié. Pour ne pas tout perdre, il va rapidement chercher un autre emploi mais pour être sûr d'être pris, il va devoir partir "en guerre" contre la concurrence.

Park Chan-wook parvient à s'approprier l'œuvre originale pour la plonger dans les vices de la société capitaliste coréenne moderne et son personnage principal et tout bonnement humain ce qui rend assez facile le fait de s'y identifier et comprendre ses agissements teintés de maladresses.
Il y a beaucoup d'humour mais c'est très noir et grinçant.
À voir en salle actuellement. Ne le loupez pas !

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Send Help. Vu un dimanche pour le coup et au lendemain de ma découverte de Los Domingos. Autant vous dire qu'après ce précédent film et celui vu encore avant, le gâteau du Président, ce nouveau métrage de Sam Raimi m'a fait beaucoup de bien au moral parce que c'est très drôle !

Linda Liddle est employée dans une boîte de gestion financière. Elle est brillante dans son boulot mais se fait facilement avoir et voler le mérite de son labeur. Elle accepte cela sans s'en plaindre car elle sait que bientôt, elle va avoir droit à une belle promotion qui lui a été promise par son patron. Le hic c'est que ce dernier décède et c'est son fils qui prend la succession. Lui, préfère faire grimper son ami de fac plutôt qu'elle qui lui paraît bien trop repoussante...
Les choses vont se renverser lorsque lors d'un voyage d'affaires à destination de Bangkok, l'avion qui les amène se crashe et les 2 seuls survivants sont elle et... son jeune patron, Bradley.

L'inversion des rôles dominants/dominés après un naufrage sur une île déserte peut faire penser au Triangle of Sadness, de Ruben Östlund mais ici, c'est bien moins froid et distant grâce à une vraie maîtrise de l'humour et du rythme.
Ok, ça aurait peut-être pu être un chouilla plus court mais me suis pas ennuyé une seule seconde.
Ok, venant de Sam Raimi, c'est un peu trop propre et gentil. Ça aurait pu aller plus loin et c'est assez frustrant quand on voit combien les quelques scènes gores sont bien fichues.
M'enfin quel plaisir d'entendre toute la salle rire sans retenue. À croire qu'on en a tou.tes besoin en ce moment donc ne boudons pas notre plaisir.

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Los domingos, vu un samedi parce que j'aime être décalé 😜 mais allez, un peu de sérieux pour parler d'un film qui n'en manque pas et pour cause, ce métrage basque, d'Alauda Ruiz de Azúa traite d'un sujet qui le nécessite : la question consistant à se demander à quel moment la frontière entre foi et endoctrinement est franchie.

Ainara a 17ans et a suivi une éducation dans une école religieuse.
Il est temps pour elle de rentrer à l'Université mais elle préfère faire le choix de rentrer dans les ordres pour devenir nonne.

À 17ans, on est encore un.e enfant et lorsque les principales figures d'attachement durant tout son parcours scolaire, sont un jeune prêtre et une bonne sœur, il me semble difficile de penser que ce choix est foncièrement celui de cette jeune fille. Le débat va se poser entre le père de cette dernière qui s'est remarié et semble tellement surtout préoccupé par ses sous qu'il va accepter la décision de sa fille parce que celui-ci ne lui coûte rien, en prétextant qu'il est à l'écoute et respecte les choix d'Ainara, et sa tante qui tient à sa place de confidente à qui Ainara peut tout dire mais surtout, à être celle qu'elle écoutera car pour elle, cette décision, à son âge, est une aberration.

Je n'ai pas de réponse mais la question mérite d'être posée. Le film le fait frontalement mais sans aucun jugement même si j'y ai perçu (mais c'est peut-être biaisé par mon prisme personnel) une critique de la religion chrétienne, lui reprochant cet "endoctrinement" de jeunes personnes sans se soucier de leur vie tant que cela fait grandir leurs rangs. De quoi enlever la magie italienne que donnait Sorrentino en cette croyance. Comme quoi d'un pays à l'autre, la vision change diamétralement.

Une œuvre à voir.

PS: pour poursuivre dans ce thème en restant en Espagne, je vous recommande très fortement également la série La Mesías.

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