La philosophie des anciens égyptiens

On a coutume de dire que la pensée occidentale serait née en Grèce, aux alentours du VIème siècle avant Jésus-Christ. Pourtant, on sait que de grandes figures de la Grèce antique sont parties s’instruire en Égypte : Thalès, Pythagore, Homère, Platon… D’où cette question : serait-il possible que les Grecs ne soient en fait pas des précurseurs, mais des transmetteurs ? Se pourrait-il que le savoir qu’ils nous ont légué ait une origine plus lointaine : l’Égypte ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir dans cet épisode.

LA PHILOSOPHIE DES ANCIENS ÉGYPTIENS

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LA PHILOSOPHIE DES ANCIENS ÉGYPTIENS

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Démon grec

Il n’est PAS le Malin des chrétiens, mais une puissance divine indéterminée, mâle ou femelle, faste ou néfaste.

Certes, les chrétiens ont repris aux Grecs et aux Romains l’image de l’exubérance dionysiaque et des satyres de Bacchus pour faire ressortir les traits du Diable, le démon antéchrist. Il additionnait toutes les horreurs chrétiennes envers la chair, le sexe, la beauté, l’orgie adolescente, l’irrationnel des passions débridées. Comme le satyre, et pour le vilipender en Bouc émissaire, le Diable chrétien est devenu cornu, velu, les pieds fourchus, la queue pendante. Son visage a pris peu à peu l’apparence du Juif de caricature, cet antéchrist qui a tué le Christ. En bref, le Malin est devenu l’anti-Dieu, la force maléfique à combattre pour accéder à la Vérité et à la Cité éternelle. Les Évangiles sans le diable n’auraient pas de sens : ils le citent 188 fois ! Jésus s’incarne sur terre pour le grand combat de Dieu contre le Mal – du christianisme contre les cultes païens issus de la Grèce et de Rome.

Rien de tel chez les Grecs. Dans Homère, l’homme a souvent l’impression d’être poussé par une puissance obscure qui contrecarre ses intentions. Cette force, il la nomme démon – et il faut s’en méfier. Ainsi Ménélas renonce à défendre le corps de Patrocle contre les Troyens qui ont le démon de leur côté. Dans l’Iliade, démon est le visage voilé de l’agir divin, selon Walter Burkert, spécialiste allemand de la mythologie grecque.

Pour Hésiode, les démons sont le devenir d’une race mortelle issue d’un âge révolu et stérile. Ce sont les êtres asexués de l’âge d’or qui, après leur mort, deviennent les démons. Pour Platon, c’est une catégorie d’immortels, une race supérieure et plus divine, qui offre sa bienveillance et sa philanthropie aux mortels.

Les poètes, quant à eux, attachent le démon à l’homme. Selon son démon personnel le mortel se verra favorisé ou appauvri. Il s’agit d’une puissance surnaturelle ambivalente qui induit l’homme en erreur autant qu’elle le sert. Les catholiques feront de cet esprit un « ange gardien », orienté uniquement vers le bien. Pindare croit que l’action du démon influence le cours de la vie humaine, fait son succès ou son échec. Le démon est souvent associés avec l’idée de sort – qui n’est pas celle du destin. Le sort est ce qui accompagne la vie d’un homme ; le destin est la mort certaine de tout mortel. C’est le cas chez Euripide, où le démon désigne la rigueur du sort qui frappe tout humain, son infortune. Mais le sort, n’est-ce pas ce que l’on crée en partie soi-même ? Aide-toi, le Ciel t’aidera…

Pour Empédocle, les démons sont des êtres divins jetés dans le monde des éléments afin d’expier une souillure. Le démon s’incarne dans un homme qui n’est qu’une créature simplement dotée de pensée. Si l’âme est une partie du corps, le démon ne l’est pas. Il est d’une autre nature, immatérielle comme le sont les dieux. Le démon doit passer par toutes les formes mortelles, végétales, animales, humaines, pour se purifier de son forfait primordial. On songe au bouddhisme, qui fait des réincarnations successives la Voie vers le grand Tout divin.

Mais chez les Grecs, contrairement au bouddhisme, l’homme n’a rien à gérer pour s’améliorer. C’est son démon, un exilé divin, qui doit le faire, en se gardant de répéter sur terre sa faute originelle. Il doit s’abstenir de tuer et de manger d’autres vivants – qui peuvent être des démons incarnés comme lui. Ainsi les moines tibétains nourrissent-ils les chiens errants à la porte des monastères, car ils croient que ce sont des moines qui ont fauté, réincarnés en vivants dégradés : en chiens. Le démon d’Empédocle se sert des humains pour se purifier, mais les humains sont toujours ces éphémères dont les dieux immortels ont besoin. Ces forces subies semblent exonérer les fautes humaines parce qu’elles seraient dues à quelque chose qui les pousse. Elles visent surtout à montrer la faiblesse humaine face à la force divine. A rabaisser leur tentation à la démesure qui les fait vouloir s’égaler aux dieux. Un démon les pousse…

Le démon de Socrate est différent, plus rationalisé. Il s’agit d’une voix intérieure, une sorte de prémonition destinée à le détourner de l’acte à éviter. Le démon socratique est donc un commerce strictement privé avec une divinité – ce pourquoi Socrate, à cause de ce for intérieur, sera condamné pour individualisme, contraire à l’esprit religieux communautaire de la Cité.

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Raymond Radiguet, Le diable au corps

Raymond Radiguet fut le Rimbaud des lettres françaises durant les années folles. Surdoué en tout, il est mort à 20 ans d’une fièvre typhoïde après un bain dans la Seine, mais surtout de ses excès a…

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La démesure humaine selon les Grecs

Les Grecs ont deux mots pour désigner ce qui se fait et ce qui ne se fait pas : le mot hubris, traduit par démesure ; le mot sôphrosunê qui est une sage réserve de l’esprit qui manifeste le respect des dieux et des lois non écrites.

Pour les Grecs, est sain d’esprit celui qui respecte le précepte inscrit sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes : « Connais-toi toi-même. » C’est une incitation à la modération. Elle reconnaît à chaque instant que la vie humaine est éphémère et que la distance entre les humains et les dieux est infranchissable. Il s’agit donc de ne jamais tenter d’empiéter sur leurs prérogatives. Par exemple, la connaissance de l’avenir n’appartient qu’aux dieux, et il serait démesuré pour un humain de prétendre prédire ce qui va arriver (ainsi, Madame Soleil, qui prévoyait tout, n’avait pas prévu son contrôle fiscal…).

En revanche, la prière aux dieux pour leur demander d’éclairer un choix est licite. Mieux, elle est exigée, car ignorer les dieux serait faire preuve d’orgueil et d’insolence en se prétendant autosuffisant dans sa capacité à décider. La prière est un recueillement qui, en-dehors de son aspect métaphysique, permet de réfléchir, donc d’opérer un choix en conscience, même si l’on « croit » ensuite que c’est le dieu qui vous a soufflé la bonne réponse. « Aides-toi, le Ciel t’aidera », dit le bon sens chrétien. Suivre un parti, un bateleur ou une idéologie sans réfléchir est donc une faute envers le bon sens, les dieux et les lois non écrites. C’est s’abandonner, au lieu d’affirmer son condition humaine.

Les dieux sont un exemple à ne pas suivre lorsque l’on est humain ; ce serait faire preuve d’un orgueil démesuré. Il s’agit de se résigner à sa propre condition éphémère et mortelle. Le comportement sage et mesuré s’applique à observer les lois non écrites – qui concernent les hommes comme les dieux. Elles sont une protection et une revendication de l’identité même du divin. Par exemple, la mesure impose aux enfants de respecter leurs parents, même si Kronos a châtré son père Ouranos, et que son fils cadet Zeus l’a détrôné violemment en le balançant dans le Tartare. Ce que les dieux peuvent faire, les humains ne le doivent pas. La mesure interdit l’inceste mais, pour les immortels (comme pour les Pharons qui se croyaient dieux vivants), c’est une règle de leur âge d’or. Perséphone a eu Dionysos en s’unissant à son père Zeus. Tout mortel qui suivrait ces exemples des dieux serait coupable de démesure – et en général punis par la génétique, l’opprobre social ou la loi.

Dans un second sens, la démesure est non plus de vouloir imiter les dieux mais de ne pas les honorer. Une loi non écrite oblige les vivants à ensevelir leurs défunts pour que les dieux ne voient pas ce qui est leur contraire : la mort. Même chose, refuser d’offrir des sacrifices sanglants est ne pas honorer les dieux. Car le sacrifice grec n’est pas une « communion » mais reconnaît au contraire une « désunion » fondamentale entre hommes et dieux. Il distribue la viande corruptible aux ventres des hommes, et les fumées grasses et odorantes incorruptibles aux narines des dieux. Ce sera le contraire dans le christianisme, où les fidèles seront invités à manger rituellement à chaque messe la chair de Dieu et à boire son sang – même si cela reste symbolique. Pour les Grecs, il s’agit de reconnaître l’existence de deux sphères séparées entre humains mortels et dieux immortels, avec chacun ses règles. Telle est la mesure, l’harmonie du cosmos, l’ordre immanent. Quiconque le transgresse menace du chaos – comme le foutraque Trump, aveuglé par ses désirs infantiles, sans en avoir les moyens.

Ne pas s’occuper des dieux c’est aussi prétendre se substituer à eux. C’est par exemple le crime de Créon, chez Sophocle, qui a refusé la sépulture à son adversaire et qui a donc outrepassé les pouvoirs de l’homme, qui s’arrêtent à la mort. La démesure est aussi empiéter sur les attributs des immortels. Par exemple, quelqu’un qui prétendrait accéder au parfait bonheur ou à l’impeccable beauté physique attirera la jalousie des dieux (et des autres humains), et sa chute en sera d’autant plus grande. Il n’y a qu’un pas du Capitole (le sommet du pouvoir) à la roche Tarpéienne (d’où l’on précipitait les criminels), dit un proverbe romain.

Il s’agit de ne pas outrepasser ce qui convient aux mortels, c’est-à-dire le respect du rien de trop. Une trop grande fortune sans sagesse est une démesure (d’où la charité chrétienne, la zakât ou aumône légale en islam, les fondations, l’impôt laïque). Un excès de confiance en soi est une insolence envers les dieux, une ambition sans bornes ou le désir de toujours plus sont un déséquilibre, l’avidité un abus. Le roi perse Xerxès, par exemple, est taxé de démesure parce qu’il a osé franchir la frontière établie par les dieux entre l’Europe et l’Asie. Ce roi barbare dérange l’ordre des choses en désirant posséder plus qu’il ne lui est permis, il conduit donc ses troupes au désastre. On songe à Trump en Iran, après les différents présidents américains qui ont tous échoué, par trop grande certitude de puissance : au Vietnam, en Irak, en Afghanistan, en Syrie. L’excès de confiance est toujours synonyme d’un égarement divin. L’esprit qui sort de son bon sens et délire.

La question se pose alors de la responsabilité humaine face à l’existence du mal. Selon Théognis, « la démesure est le premier mal qu’un dieu envoie à l’homme qu’il veut anéantir ». Selon Eschyle, « la divinité implante le crime chez les humains quand elle veut ruiner complètement leur maison ». Les dieux peuvent donc punir, comme le Père vengeur de l’Ancien testament, si l’on n’obéit pas à leurs lois (non écrites chez les Grecs, écrites sous forme de Dix commandements dans la Bible). Mais ce sont bien les humains qui sont responsables de leur démesure (et Trump responsable de la ruine de l’Amérique, tout comme Poutine du suicide de la Russie) : ce n’est pas la faute des autres…

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Comment l’humanité dégénère, selon les Grecs

Intéressante plongée dans notre histoire occidentale : Hésiode et Platon ont tous deux évoqué la dégénérescence de l’espèce humaine, pire que la décadence d’un régime. Et tous deux mettent en cause la transgression des lois fondamentales de l’humain. Qui, par vice ou par démesure, se met hors la loi, se voit châtier par les dieux ou la Destinée.

L’idée de dégénérescence induit la conscience d’un ordre précaire, toujours menacé. Cet ordre, c’est l’équilibre des choses, l’harmonie des puissances du cosmos. Cela sonne aujourd’hui comme le yin et le yang chinois. Pour les Grecs, « il n’y a pas d’humanité au singulier, mais une succession de races évaluées selon les sacrifices qu’elles offrent ou non à la reconnaissance des dieux. Quand l’évaluation est négative, une race disparaît pour laisser la place à une autre, plus soucieuse des hommages à rendre. Race d’or, race d’argent, race de bronze, race des héros, race de fer (mythe hésiodique), race pré-diluvienne (mythe de Deucalion et Pyrrha) ou race ovoïde (Aristophane) : toutes sont vouées à disparaître soit par autodestruction (argent), par épuisement naturel du nombre limité de ses représentants (or, héros), par transformation (les boules vivantes d’Aristophane) ou soit par pure et simple destruction divine (bronze, fer et race pré-diluvienne, précèdent celle de pierre). »

Ce n’est pas le bon plaisir des dieux qui compte, mais la violation humaine des lois non écrites. Hésiode écrit par exemple : « Nul prix ne s’attachera plus au serment tenu, au juste, au bien : c’est à l’artisan de crimes, à l’homme tout démesure qu’iront leur respect ; le seul droit sera la force, la conscience n’existera plus. Le lâche attaquera le brave avec des mots tortueux, qu’il appuiera d’un faux serment (Travaux 180-195) » On reconnaît curieusement Trump dans ce portrait au vitriol du Dégénérescent, écrit il y a 3000 ans. La démesure, la force primant le droit, les mots tortueux, les mensonges en faux serments – vérités « alternatives ». Il est vrai que Trump vieillit, il décline, il penche vers la sénilité à mesure que passent les mois et que la Cour le laisse faire.

Les hommes restent les mêmes sur les récents millénaires. Et les lois non écrites sont les seules qui puisse tisser des relations humaines harmonieuses, tant au sein de la famille qu’au cœur de la cité et auprès des étrangers. Le droit établi par ces lois façonne un cosmos, un agencement des rapports entre mortels et entre pays. Ainsi le droit international établi après 1945, et les Traités et Conventions signés depuis. Rien n’empêche de les renégocier, mais les bafouer, c’est régresser, se placer hors de la civilisation, revenir à l’état sauvage.

Les lois de Platon tiennent le même propos. La dégénérescence commence quand on cesse de craindre l’opinion des meilleurs que soi (anti-élitisme), on refuse de se soumettre aux autorités (anti-vax, anti-science), on se dérobe aux avertissements et aux services, on cherche à ne pas obéir aux lois, on perd le souci des engagements et des dieux. Ainsi font les racailles, ainsi fait Trump le trompeur, bouffon à l’ego de bébé de deux ans. Il reproduit la nature primitive – celle des Titans avant l’humanité. Toutes ces transgressions font régresser à l’état de sauvage, à l’état pré-humain – c’est à dire à la violence primaire de l’état de nature.

Les Grecs, déjà, savaient discerner comment les civilisations finissent…

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25 años defendiendo los derechos humanos desde las aulas: "Cada generación los tiene que luchar, no podemos darlos por sentados" El Observatorio del Sistema Penal y Derechos Humanos #OSPDH, Grupo de Estudios en Control Social #GRECS y Antígona,

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⭕Le « sauvetage » de la #Grèce en 2012 n’a pas sauvé les #Grecs. Il leur a imposé une austérité plus dévastatrice et plus longue que la reconstruction de #l’URSS après deux guerres et une révolution.
📖 Dans le dernier numéro des #Annales Et en #OpenAccess 'Les fers de lance de la culture. #Ethnogenèse, contacts interculturels et travailleurs de la guerre #grecs dans la #Méditerranée archaïque' par Nino Luraghi (@[email protected]) 👉 dx.doi.org/10.1017/ahss...

Les fers de lance de la cultur...
Les fers de lance de la culture | Annales. Histoire, Sciences Sociales | Cambridge Core

Les fers de lance de la culture - Volume 80 Issue 3

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#Greta_Thunberg a été libérée de sa détention illégale par #Israël et est actuellement à bord d’un vol en route vers la #Grèce. Les #Grecs se sont rassemblés à l’aéroport pour accueillir leurs compatriotes et #Greta_Thunberg, retenus illégalement par #Israël.
#Grèce : Garantira le passage sûr des bateaux uniquement pendant leur séjour dans les eaux #Grecques. #Athènes a informé #Israël que des citoyens #Grecs étaient à bord, mais n'escortera pas la flottille jusqu'à #Gaza.

Récupération de tweets : L'épilation dans la statuaire https://xcancel.com/Pyb75/status/643093940347006980#m

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