« Ils ont dit : “Mettez-vous un par un, on va tuer tout le monde » : le génocide des yézidis raconté par un de ses survivants

Réfugié en France, Samih Taha est l’un des rares rescapés du massacre de son village, dans le nord de l’Irak, perpétré par l’organisation Etat islamique, le 15 août 2014. Alors âgé de 17 ans, il s’est ensuite endetté pour acheter sa mère et ses sœurs réduites en esclavage sexuel. Il raconte au « Monde » son histoire et la tragédie de sa famille.

Le Monde

- https://kurdistan-au-feminin.fr/2026/04/13/la-palestine-larbre-qui-cache-la-foret-coloniale-du-moyen-orient/

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La focalisation quasi exclusive de l’opinion internationale et des médias sur le conflit israélo-palestinien occulte une réalité bien plus vaste et systémique : une forêt de dominations coloniales internes et de persécutions ethniques et religieuses qui affecte des dizaines de millions de personnes au Moyen-Orient. La Palestine est l’« arbre » médiatique qui capte toute la lumière, tandis que des peuples entiers – Kurdes, Yézidis, Alévis, Baloutches, Assyro-Chaldéens, Arméniens, Chrétiens d’Orient… – voient leur identité, leur langue et leur territoire niés par des États-nations artificiels nés des accords coloniaux franco-britanniques.

# L’héritage empoisonné de Sykes-Picot

Tout commence avec les accords Sykes-Picot de 1916, un partage secret entre la France et le Royaume-Uni qui découpait l’Empire ottoman défait selon des intérêts impérialistes, sans aucun égard pour les réalités socioculturelles, linguistiques et religieuses millénaires de la région.

Ces tracés arbitraires ont donné naissance à des États factices – Irak, Syrie, Turquie moderne – conçus sur le modèle européen de l’État-nation : « un peuple, une langue, un drapeau ». Ce modèle rigide s’est révélé catastrophique dans une région caractérisée par une mosaïque ethnique et confessionnelle exceptionnelle.

La tragédie kurde en est l’illustration la plus criante. Les Kurdes, promis à l’indépendance par le traité de Sèvres (1920), ont été sacrifiés au traité de Lausanne (1923) pour consolider la nouvelle République turque de Mustafa Kemal Atatürk. Ils sont ainsi devenus la plus grande nation sans État du monde, morcelée entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Chacun de ces États a tenté, par la force, de les assimiler ou de les effacer.

La forêt des minorités persécutées

Au-delà des Kurdes, c’est toute la mosaïque humaine du Moyen-Orient qui a été visée par ces nationalismes d’État exclusifs :

Assyro-Chaldéens, Syriaques et Arméniens : Héritiers des plus anciennes civilisations de Mésopotamie, ils ont subi le Sayfo (génocide assyrien) en 1915, contemporain du génocide arménien. Les délégations assyriennes de l’époque estimaient les pertes entre 250 000 et 275 000 morts – environ la moitié de leur population d’avant-guerre. Des vagues d’exodes massifs ont suivi, menaçant aujourd’hui leur survie sur leurs terres ancestrales.

Les Yézidis : Minorité religieuse kurde, ils ont été victimes de 74 tentatives de génocide au cours de leur histoire, dont le plus récent par Daech en 2014 : environ 5 000 hommes et personnes âgées massacrés, plus de 6 800 femmes et filles réduites en esclavage sexuel, et des centaines de milliers de déplacés. L’ONU et plusieurs pays ont reconnu ces crimes comme un génocide.

Les Baloutches : Divisés par la ligne Durand (frontière coloniale entre Pakistan et Afghanistan), ils subissent une répression féroce en Iran et au Pakistan, où leurs ressources naturelles sont exploitées sans bénéfice pour les populations locales.

D’autres minorités – Chrétiens d’Orient, Alévis, etc. – ont également fait face à des politiques d’assimilation, de discrimination ou d’éradication culturelle.

Pourquoi ce silence ?

Si la Palestine capte toute l’attention, c’est en partie parce que dénoncer la colonisation israélienne est devenu un marqueur politique simple et mobilisateur dans de nombreux cercles. Dénoncer le caractère colonial des États issus de Sykes-Picot obligerait l’Occident à remettre en question l’architecture même du Moyen-Orient qu’il a contribué à bâtir – et à affronter des alliés stratégiques : la Turquie (membre de l’OTAN), les États pétroliers, ou des acteurs clés des routes commerciales et de la stabilité régionale.

Les Kurdes, Yézidis, Assyriens ou Baloutches n’ont ni lobby comparable ni image aussi polarisante.

Leur souffrance est souvent réduite à des « problèmes internes » ou à des questions de « terrorisme » (PKK, etc.), tandis que les États responsables sont courtisés pour des raisons géopolitiques.

Cette perspective met en lumière une réalité amère : la lutte pour l’autodétermination au Moyen-Orient ne pourra être complète tant que l’on ignorera les dizaines de millions d’individus dont l’identité est niée par des frontières tracées à Paris et à Londres il y a plus d’un siècle. Reconnaître cette « forêt coloniale » dans toute sa complexité est un préalable à toute paix durable et honorable dans une région qui n’a jamais connu de paix depuis plus d’un siècle.

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#kurdistan #moyenOrient #SykesPicot #Yézidis #Baloutches #Palestine #Campisme

La Palestine : l'arbre qui cache la forêt coloniale du Moyen-Orient – Kurdistan au féminin

La focalisation quasi exclusive de l’opinion internationale et des médias sur le conflit israélo-palestinien occulte une réalité bien plus vaste et systémique : une forêt de dominations coloniales internes et de persécutions ethniques et religieuses qui affecte des dizaines de millions de personnes au Moyen-Orient. La Palestine est l’« arbre » médiatique qui capte toute […]

Kurdistan au féminin

- https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/yezidi-yazidi-genocide-etat-islamique-sabri-essid-crime-contre-l-humanite-femme-viol-esclavage

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La cour d’assises de Paris a jugé Sabri Essid, combattant de l’État islamique disparu en Syrie depuis 2018.

Il a été condamné pour génocide et crime contre l’humanité contre la communauté yézidie, minorité kurdophone décimée entre août et octobre 2014.

Enlevées, violées, réduites en esclavage, les femmes yézidies ont été les premières cibles de l’État islamique.

Un massacre dont les médias ont très tôt révélé l’horreur.

L'ACTU.

Le djihadiste français Sabri Essid a été condamné par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité, le 20 mars 2026, par la cour d’assises de Paris.

Il a été condamné pour crime contre l’humanité et génocide à l’encontre de la communauté yézidie en Syrie et en Irak, entre 2014 et 2016. Il était notamment accusé d’avoir possédé, violé, maltraité des esclaves, des femmes yézidies capturées lors de l’assaut par l’État islamique du mont Sinjar en Irak en août 2014.

Sabri Essid, né en 1984 à Toulouse, avait rejoint les troupes de l’organisation État islamique (EI) en Syrie début 2014. D’abord garde du corps d’un haut cadre de l’EI, il est ensuite devenu un membre de la branche de l’EI chargée notamment de la sécurité intérieure et du renseignement. Depuis 2018, Sabri Essid est présumé mort en Syrie, mais puisqu'il n'y a aucune preuve de sa mort effective, la justice française pouvait le juger par défaut au cas où il réapparaîtrait.
LE CONTEXTE.

Ce procès a ravivé un épisode tragique né au début de l’été 2014, lorsque les combattants de l’État islamique s’emparent successivement de Mossoul, capitale de la province de Ninive, puis de Tal Afar, dans le nord de l’Irak.

Pour comprendre cette attaque massive, il faut remonter à l'intervention américaine de 2003 en Irak qui provoque la chute de Saddam Hussein, tout en ouvrant une période de profond chaos politique qui favorise l’émergence, dès 2004, d’Al-Qaida en Irak, soutenu par des sunnites marginalisés. Le groupe commence par organiser des attentats contre les forces américaines et les civils chiites.

En 2010, sous la direction d’Abu Bakr al-Baghdadi, le groupe qui a pris de l'ampleur devient « l’État islamique d’Irak » et intensifie ses attaques dans tout le pays. Son influence s’étend bientôt jusqu'en Syrie, où il s’implique dans la guerre civile dès 2013 avant d’annoncer, la même année, la création de l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL/Daesh).

Cette nouvelle entité attire alors des milliers de combattants étrangers venus du monde musulman et d’Europe, Sabri Essid est l'une des recrues. L’ONU estime qu’en juin 2014, au moins 12 000 étrangers de 81 pays sont présents en Syrie, un chiffre qui double en 2015.

Fort de cet afflux massif de recrues, l’EIIL lance dès le début de l’année 2014 une vaste conquête territoriale, notamment dans la province de Ninive, au nord de l’Irak. Le 3 août 2014, après avoir proclamé son califat, avec, pour capitale Mossoul, les combattants de l'État islamique lancent une offensive sur la région voisine de Sinjar, berceau de la communauté des Yézidis. La ville de Sinjar tombe le jour même. Cette offensive provoque la fuite massive de la population. On estime que 250 000 personnes prennent la route, dont 50 000 qui se sont retrouvées piégées sur le mont Sinjar, encerclées par les combattants djihadistes.

L'objectif de l'occupation de cette région est très clair : éliminer toute influence non islamique. Un plan qui passe par l’annihilation de l’identité yézidie. La stratégie de l’EIIL comprend trois axes : convertir les hommes ou éliminer les réfractaires ; endoctriner les jeunes garçons ; enfin, réduire en esclavage les femmes et les jeunes filles - parfois des enfants - les violer et les marier de force pour récompenser les combattants.
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#Genocides #Yezidis #Kurdistan #Irak #SabriEssid

Yézidis : le génocide et l’esclavage des femmes révélés par la télévision dès 2014 | INA

La cour d’assises de Paris a jugé Sabri Essid, combattant de l’État islamique disparu en Syrie depuis 2018. Il a été condamné pour génocide et crime contre l’humanité contre la communauté yézidie, minorité kurdophone décimée entre août et octobre 2014. Enlevées, violées, réduites en esclavage, les femmes yézidies ont été les premières cibles de l’État islamique. Un massacre dont les médias ont très tôt révélé l’horreur.

ina.fr

Procès du génocide des yézidis : le djihadiste français Sabri Essid condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

Pour la première fois en France, la justice s’intéressait à la reconnaissance du génocide des yézidis dans les années 2010 et sur le rôle central de ce djihadiste français dans l’horreur des crimes commis en Irak et en Syrie.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/03/20/proces-du-genocide-des-yezidis-le-djihadiste-francais-sabri-essid-condamne-a-la-reclusion-criminelle-a-perpetuite_6672721_3224.html

#Yézidis #Génocide

Procès du génocide des yézidis : le djihadiste français Sabri Essid condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

Pour la première fois en France, la justice s’intéressait à la reconnaissance du génocide des yézidis dans les années 2010 et sur le rôle central de ce djihadiste français dans l’horreur des crimes commis en Irak et en Syrie.

Le Monde
RFI
Au procès du jihadiste Sabri Essid, le récit glaçant du calvaire d’une de ses victimes yézidies
https://mcinformactions.net/au-proces-du-jihadiste-sabri-essid-le-recit-glacant-du-calvaire-d-une-de-ses
#Yezidis #EI #genocide
Au procès du jihadiste Sabri Essid, le récit glaçant du calvaire d'une de ses victimes yézidies - [Marie-Claude Saliceti]

Depuis le début de la semaine, les témoignages exceptionnels se succèdent au premier procès en France lié au génocide des Yézidis en Syrie...

L'HORREUR ABSOLUE !
Entre 2014 et 2017, l’organisation #Étatislamique (#Daech) a mené en #Irak une #politique d’extermination systématique contre les #yezidis
Le procès en cours rappelle l’ampleur du génocide.
Les faits établis par l’#ONU sont accablants : #extermination planifiée, #esclavagesexuel de #femmes et de #fillettes, enlèvements massifs, endoctrinement forcé des #enfants, destruction culturelle systématique.
@GenerationAthee
https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/03/17/jeune-esclave-de-10-ans-vierge-au-proces-du-genocide-des-yezidis-plongee-dans-les-tenebres-de-l-etat-islamique_6671762_3224.html
« A vendre, enfant de 5 ans, docile et calme » : au procès du génocide des yézidis, plongée dans les ténèbres de l’EI

La cour d’assises de Paris a examiné, lundi 16 et mardi 17 mars, l’abjecte réalité de l’asservissement d’un peuple au nom de la religion : meurtres de masse, ventes d’enfants, viols de petites filles… Rarement un procès terroriste avait été aussi loin dans le dévoilement de l’ignominie djihadiste.

Le Monde
#EI #Yézidis « A vendre, enfant de 5 ans, docile et calme » : au procès du génocide des yézidis, plongée dans les ténèbres de l’EI https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/03/17/jeune-esclave-de-10-ans-vierge-au-proces-du-genocide-des-yezidis-plongee-dans-les-tenebres-de-l-etat-islamique_6671762_3224.html
« A vendre, enfant de 5 ans, docile et calme » : au procès du génocide des yézidis, plongée dans les ténèbres de l’EI

La cour d’assises de Paris a examiné, lundi 16 et mardi 17 mars, l’abjecte réalité de l’asservissement d’un peuple au nom de la religion : meurtres de masse, ventes d’enfants, viols de petites filles… Rarement un procès terroriste avait été aussi loin dans le dévoilement de l’ignominie djihadiste.

Le Monde
Génocide des Yézidis : « La vérité judiciaire ne peut et ne doit reposer sur les seules victimes »

Pour la première fois en France se tient à partir de ce lundi 16 mars le procès d’un membre de Daesh accusé de génocide contre des femmes et des enfants yézidis. Si de tels procès se multiplient en Europe, l’avocate Natia Navrouzov alerte sur l’enjeu de l’accès aux preuves et sur le besoin d’une instance dédiée pour juger ces crimes.

La Croix
Génocide des Yézidis : ouverture d’un procès historique en France - [Marie-Claude Saliceti]

C’est une première dans l’Hexagone. Un jihadiste français, présumé mort en Syrie, va être jugé par défaut pour génocide et crimes contre...