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La cour d’assises de Paris a jugé Sabri Essid, combattant de l’État islamique disparu en Syrie depuis 2018.
Il a été condamné pour génocide et crime contre l’humanité contre la communauté yézidie, minorité kurdophone décimée entre août et octobre 2014.
Enlevées, violées, réduites en esclavage, les femmes yézidies ont été les premières cibles de l’État islamique.
Un massacre dont les médias ont très tôt révélé l’horreur.
L'ACTU.
Le djihadiste français Sabri Essid a été condamné par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité, le 20 mars 2026, par la cour d’assises de Paris.
Il a été condamné pour crime contre l’humanité et génocide à l’encontre de la communauté yézidie en Syrie et en Irak, entre 2014 et 2016. Il était notamment accusé d’avoir possédé, violé, maltraité des esclaves, des femmes yézidies capturées lors de l’assaut par l’État islamique du mont Sinjar en Irak en août 2014.
Sabri Essid, né en 1984 à Toulouse, avait rejoint les troupes de l’organisation État islamique (EI) en Syrie début 2014. D’abord garde du corps d’un haut cadre de l’EI, il est ensuite devenu un membre de la branche de l’EI chargée notamment de la sécurité intérieure et du renseignement. Depuis 2018, Sabri Essid est présumé mort en Syrie, mais puisqu'il n'y a aucune preuve de sa mort effective, la justice française pouvait le juger par défaut au cas où il réapparaîtrait.
LE CONTEXTE.
Ce procès a ravivé un épisode tragique né au début de l’été 2014, lorsque les combattants de l’État islamique s’emparent successivement de Mossoul, capitale de la province de Ninive, puis de Tal Afar, dans le nord de l’Irak.
Pour comprendre cette attaque massive, il faut remonter à l'intervention américaine de 2003 en Irak qui provoque la chute de Saddam Hussein, tout en ouvrant une période de profond chaos politique qui favorise l’émergence, dès 2004, d’Al-Qaida en Irak, soutenu par des sunnites marginalisés. Le groupe commence par organiser des attentats contre les forces américaines et les civils chiites.
En 2010, sous la direction d’Abu Bakr al-Baghdadi, le groupe qui a pris de l'ampleur devient « l’État islamique d’Irak » et intensifie ses attaques dans tout le pays. Son influence s’étend bientôt jusqu'en Syrie, où il s’implique dans la guerre civile dès 2013 avant d’annoncer, la même année, la création de l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL/Daesh).
Cette nouvelle entité attire alors des milliers de combattants étrangers venus du monde musulman et d’Europe, Sabri Essid est l'une des recrues. L’ONU estime qu’en juin 2014, au moins 12 000 étrangers de 81 pays sont présents en Syrie, un chiffre qui double en 2015.
Fort de cet afflux massif de recrues, l’EIIL lance dès le début de l’année 2014 une vaste conquête territoriale, notamment dans la province de Ninive, au nord de l’Irak. Le 3 août 2014, après avoir proclamé son califat, avec, pour capitale Mossoul, les combattants de l'État islamique lancent une offensive sur la région voisine de Sinjar, berceau de la communauté des Yézidis. La ville de Sinjar tombe le jour même. Cette offensive provoque la fuite massive de la population. On estime que 250 000 personnes prennent la route, dont 50 000 qui se sont retrouvées piégées sur le mont Sinjar, encerclées par les combattants djihadistes.
L'objectif de l'occupation de cette région est très clair : éliminer toute influence non islamique. Un plan qui passe par l’annihilation de l’identité yézidie. La stratégie de l’EIIL comprend trois axes : convertir les hommes ou éliminer les réfractaires ; endoctriner les jeunes garçons ; enfin, réduire en esclavage les femmes et les jeunes filles - parfois des enfants - les violer et les marier de force pour récompenser les combattants.
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Yézidis : le génocide et l’esclavage des femmes révélés par la télévision dès 2014 | INA
La cour d’assises de Paris a jugé Sabri Essid, combattant de l’État islamique disparu en Syrie depuis 2018. Il a été condamné pour génocide et crime contre l’humanité contre la communauté yézidie, minorité kurdophone décimée entre août et octobre 2014. Enlevées, violées, réduites en esclavage, les femmes yézidies ont été les premières cibles de l’État islamique. Un massacre dont les médias ont très tôt révélé l’horreur.







