Revue sympa sur l'hépatologie chez les personnes trans[1], bon rien de transcendant ou de bien nouveau mais c'est cool d'avoir un peu tout dans un même article.
C'est l'occasion de rappeler que les THS, de façon générale, n'abîment pas le foie/ne sont pas hépatotoxiques !
Plus particulièrement, ce n'est pas parce qu'un médicament est pris par voie orale qu'il fait plus travailler le foie. Typiquement, on entend souvent que l'estradiol oral serait plus "lourd" ou dangereux pour le foie ; ce n'est pas vrai ! L'estradiol pris par voie orale a la particularité d'être plus métabolisé dans le foie que les autres formes (on parle d'effet de double passage hépatique) ; mais comme le foie est un organe donc la fonction est littéralement de métaboliser des trucs, ce n'est pas dangereux pour autant !
(Par contre ce double passage hépatique a un effet sur le risque thromboembolique, cad de caillots sanguins, qui est un peu plus important avec l'estradiol oral qu'avec les autres modes de prise, même si le risque absolu reste faible. Mais c'est un phénomène qui se passe dans le foie (là où diverses protéines de coagulation sont synthétisées), pas qui concerne le foie en lui-même)[2].
Quand on entend parler des risques hépatiques de l'estradiol, ça réfère généralement à l'éthinylestradiol utilisée dans les contraceptifs, qui n'est pas bioidentique et a un profil de risque très différent de celui de l'estradiol, pas du tout applicable aux THS !
Le seul médicament couramment utilisé dans les THS qui a un vrai risque d'hépatotoxicité c'est le bicalutamide[3], et c'est pour ça qu'une prise de sang pour vérifier ses enzymes hépatiques (ASAT ALAT suffit) à 1-3-6 mois puis tous les ans est conseillée. (Il y a aussi l'acétate de cyprotérone/Androcur mais uniquement à des doses importantes qui sont de toute façon fortement déconseillées et assez rarement prescrites en France, même si malheureusement ça existe encore)
La grande majorité des personnes n'a donc aucune inquiétude à se faire vis-à-vis de son foie juste à cause de son THS, et c'est même pas qqch qu'il est particulièrement utile d'inclure sur les prises de sang (et si on le fait, il ne faut pas le faire à chaque fois, sinon les risques de faux positifs augmentent et on se retrouve à paniquer pour des élévations mineures, temporaires, et insignifiantes cliniquement dont on aurait simplement pas eu connaissance sinon).
Enfin, même des problèmes de foie graves (comme une cirrhose ou même avoir eu une transplatation hépatique) n'empêchent généralement pas l'utilisation d'un THS (mais peuvent demander un suivi un peu spécifique).
Sources
[1]: Chronic liver disease and hepatology care in transgender and gender diverse populations. Nguyen TN et al., 2026. https://doi.org/10.1016/S2468-1253(25)00287-0 (lire sur sci-net)
[2]: Estrogens and Their Influences on Coagulation and Risk of Blood Clots. Aly in Transfeminine Science, 2020. https://transfemscience.org/articles/estrogens-blood-clots/
[3]: Bicalutamide and its Adoption by the Medical Community for Use in Transfeminine Hormone Therapy. Aly in Transfeminine Science, 2020. https://transfemscience.org/articles/bica-adoption/
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