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Le Point: « Le bouleversement, câest le ciblage, pas le projectile » : quand les #algorithmes rĂ©inventent la #guerre
« Philosopher avec des #algorithmes - Une histoire de lâ#IntelligenceArtificielle - Le rĂȘve de Leibnitz », intitulĂ© de la confĂ©rence donnĂ©e par Luc de Brabandere lors des Rencontres Philosophiques Michel Serres dâAgen en 2023 et transcrite par @aprilorg
https://www.librealire.org/philosopher-avec-des-algorithmes
Bonne lecture !
3/ PiÚge n°1 : le "vide informationnel"
Les moteurs de recherche privilégient les mots-clés, pas la fiabilité.
Une thĂ©orie du complot peu documentĂ©e peut apparaĂźtre en tĂȘte de liste.
Vous ĂȘtes agent opĂ©rationnel illĂ©gal ou rĂ©volutionnaire illĂ©gal ou plus simplement vous ĂȘtes une personne handicapĂ©e et proie facile qui a ses propres opinions et vous avez besoin d'un alibi pour faire la RĂ©volution et organiser la RĂ©sistance ?
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Ce service vous taillera un costard de droit commun raciste, racialiste, antisémite, sur la base de recherches mal faites, d'interprétations arbitraires du droit, en enfreignant toutes les rÚgles de la logique et de la méthode scientifique, en tirant des conclusions absurdes et en inventant des lois qui n'existent pas. Ce costard de droit commun raciste, racialiste, antisémite, vous servira d'alibi qui réduira votre peine de prison ferme de plusieurs centaines d'années.
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đ https://www.nature.com/articles/s41586-026-10447-1
#Ălections2027 #France #TikTok #Algorithmes #Nature #Recherche #IA

Audit experiments on TikTok show asymmetric partisan exposure that is not explained by observable engagement metrics, with Republican-leaning accounts receiving more aligned content and Democratic-leaning accounts more cross-partisan recommendations.
Asma Mhalla, Cyberpunk
Juriste dâorigine tunisienne, dont sa bio ne mentionne curieusement que son pĂšre comme rĂ©fĂ©rence, Mhalla a soutenu une thĂšse en Ă©tudes politiques de lâĂcole des hautes Ă©tudes en sciences sociales. Elle est donc essayiste venue du droit, pas une technicienne de lâinformatique ni des TIC. Sa rĂ©flexion lâa conduite Ă sâinterroger sur le « systĂšme » formĂ© par les infrastructures et la civilisation, dans la lignĂ©e (inconsciente ?) de Marx selon lequel lâinfrastructure conditionne la superstructure, autrement dit la base matĂ©rielle induit la pensĂ©e et lâidĂ©ologie. La Tech amĂ©ricaine, pour le moment la plus avancĂ©e, structure de nouvelles formes de pouvoir et mettent en cause la dĂ©mocratie telle que nous la connaissons. Pire : pour Asma Mhalla, la convergence mondiale du pouvoir politique et de lâindustrie technologique conduit carrĂ©ment vers une nouvelle forme de fascisme hybride. Danger !
Apparue dans les annĂ©es 1980, la culture Cyberpunk Ă©tait un genre de science-fiction dystopique dans lesquelles les technologies de lâinformation et la cybernĂ©tique prennent le contrĂŽle de lâhumanitĂ©. Les films Blade Runner en 1982, Terminator en 1984 et Matrix en 1999 lâillustrent. LâaccĂ©lĂ©rationnisme prĂŽnait dâaccĂ©lĂ©rer les processus technologiques qui sous-tendent le capitalisme afin de le pousser Ă son autodĂ©passement. La crĂ©ation destructrice de Schumpeter appliquĂ©e Ă miner le systĂšme de lâintĂ©rieur. La version progressiste voulait inventer lâavenir, la version de droite radicale (qui lâa emportĂ©e) voulait crĂ©er le chaos pour instaurer « un ordre techno-autoritaire ». Lâintensification des processus capitalistes et technologiques conduit selon Nick Land, lâauteur en 2012 des LumiĂšres sombres Ă une fusion inĂ©vitable du capitalisme et de la technologie, dans ce quâil appelle le « techno-capital ».
Ce qui veut dire « retour Ă la hiĂ©rarchie, une technocratie et une gouvernance privĂ©e, lâĂtat devant ĂȘtre gĂ©rĂ© comme une entreprise (dâoĂč lâobsession de lâefficacitĂ©, efficiency, qui a inspirĂ© directement la feuille de route de DOGE) un capitalisme absolu oĂč les hypertechnologies et lâĂ©conomie doivent sâĂ©tendre sans limite ni morale, ni dĂ©mocratie ». Trois crises majeures ont dĂ©stabilisĂ© le systĂšme : les subprimes en 2008 qui ont prĂ©carisĂ© les gens, le Covid en 2020 qui a fait fleurir les thĂ©ories du Complot, lâUkraine en 2022 (aprĂšs la CrimĂ©e en 2014) qui a vu sâĂ©crouler les rĂšgles internationales. Ajoutons la réélection de Trump le trompeur, qui a dĂ©stabilisĂ© toute lâAmĂ©rique et mĂȘme le monde entier. Lâ« ancien monde fut prĂ©cipitĂ© dans le vide et sa dĂ©composition sâaccĂ©lĂ©ra ».
La démocratie en Amérique allait se détricoter en trois temps :
1. Trump I dĂšs 2016, la politique post-vĂ©ritĂ© avec lâessor des rĂ©seaux sociaux et leur rĂ©orientation attentionnelle par les algorithmes « en jouant non pas sur la terreur mais sur le dĂ©sir et les manipulations subliminales ».
2. Trump II dĂšs 2025, la politique post-droit, la dĂ©construction « des institutions dĂ©mocratiques au nom de la lutte contre lâĂtat profond, les wokes, lâestablishment et la bureaucratie » â autrement dit tous les contre-pouvoirs constitutionnels pour Ă©largir le pouvoir de lâExĂ©cutif.
3. Post-Trump, politique post-Ă©tatique, oĂč le mot dĂ©mocratie est « instrumentalisĂ© contre les EuropĂ©ens par la propagation effrĂ©nĂ©e des idĂ©ologies rĂ©actionnaires les plus violentes (ce quâils rĂ©sument par âlibertĂ© dâexpressionâ) ».
« Les temps I et II ont radicalement transformĂ© ce que nous nommions jusque lĂ âdĂ©mocratie libĂ©raleâ en ce que jâappellerais volontiers une âfluxcratieâ, dĂ©mocratie du flux. Elle nâest pas la nĂ©gation de la dĂ©mocratie mais son essoufflement dans le flux permanent ». Peter Thiel le dit : la dĂ©mocratie est lâennemie de la libertĂ©, empĂȘchant les Ă©lites dâaller jusquâau bout des techniques et de conquĂ©rir la galaxie, de transformer leur corps pour lâimmortalitĂ©, pour une vision augmentĂ©e. « Leur rĂ©volte vise les Ă©lites bourgeoises, la presse, le peuple. Thiel parle de tyrannie des mĂ©diocres. »
LâOccident comme Ă©tat de droit est dĂ©laissĂ© par les Ătats-Unis de Trump au profit de la loi de plus fort, autrement dit du plus riche. LâEurope est dĂ©laissĂ©e au profit de la Chine, impĂ©rialisme concurrent, avec lâIA comme puissance technologique pour la puissance militaire. LâidĂ©al amĂ©ricain nâest plus la libertĂ© mais lâefficacitĂ©. Est-ce compatible avec la dĂ©mocratie ? « Un empire ne peut intĂ©grer sans hiĂ©rarchie, ne peut fonctionner sans verticalitĂ© ; une dĂ©mocratie ne peut exclure sans se trahir. »
« Le post-Occident cyberpunk est un monde oĂč les ingĂ©nieurs ont remplacĂ© les penseurs, oĂč lâempire se refait une santĂ© Ă coups dâalgorithmes, dâarmes hypersoniques et de mines de terres rares. » Il vise la « technologie totale, un projet dâexpansion qui touche Ă la fois Ă lâinfiniment petit (le systĂšme cĂ©rĂ©bral, les corps) et Ă lâinfiniment grand (lâespace, une civilisation multi planĂ©taire) ». Ce sont de nouvelles frontiĂšres, mais aussi un nĂ©o-fascisme. « Ce nĂ©ofascisme est une mutation gĂ©nĂ©tique Ă double entrĂ©e, Ă la fois postmoderne et hypermoderne, rĂ©actionnaire et futuriste, solide et liquide, que je rĂ©sumerai en reprenant les mots de George L. Mosse Ă propos de lâesthĂ©tique völkish du nazisme : « La technologie la plus avancĂ©e fut intĂ©grĂ©e Ă une idĂ©ologie qui regardait vers le passĂ© pour dĂ©terminer lâavenir. » Câest dit. »
Autocratie douce, fascisme Ă visage humain (quel oxymore!), quâen est-il ? « Le fascisme-simulacre ne dĂ©truit pas les institutions, il les dĂ©vitalise. Il ne rĂ©prime pas directement, il abaisse les seuils de rĂ©sistance et dâabord les seuils moraux. Ce ne sont pas tant que les Ătats-Unis ne seraient plus une dĂ©mocratie, câest plutĂŽt lâidĂ©e â plus intĂ©ressante â quâĂȘtre ou ne pas ĂȘtre en dĂ©mocratie nâa plus aucune importance. Au moment de sa prise de pouvoir, le fascisme postmoderne est un autoritarisme sans dictature. Inutile de recourir aux camps ni Ă une quelconque police secrĂšte, il suffit que les gens croient Ă la toute-puissance du rĂ©gime pour quâils obĂ©issent, sâautocensurent. De mĂȘme, il serait inutile dâabolir les Ă©lections ou la presse, il suffit que ces institutions existent comme simulacres inopĂ©rants pour donner une illusion de choix. » Câest ce quâa tentĂ© brillamment Viktor Orban durant 16 ans en Hongrie et, bien quâil ait Ă©tĂ© battu aux derniĂšres Ă©lections, son successeur est du mĂȘme partiâŠ
RĂ©sister ? Cela ne dure quâun temps, le lavage des cerveaux des gĂ©nĂ©rations qui montent assure le succĂšs â voir en Chine. « Ce brouillage mĂ©thodique repose sur la confusion gĂ©nĂ©ralisĂ©e : images, rĂ©cits,accusations, scandales, proclamations⊠Tout est nivelĂ©, narrĂ© comme Ă©quivalent. Dans ce chaos contrĂŽlĂ©, la dĂ©mocratie ne peut plus garantir lâexistence dâune vĂ©ritĂ© partagĂ©e. Le fascisme-simulacre vide le langage de son ancrage dans le rĂ©el quâil soumet Ă la narration du pouvoir. » Comment se soumettre si lâon ne sait pas quâon se soumet ? « Surveillance permanente, altĂ©ration des perceptions, effacement du citoyen, humains devenus instruments dociles. VoilĂ le stade ultime du contrĂŽle sans coercition. La rĂ©pression est ergonomique ». Tout fait la Chine de Xi, le rĂȘve des techno-facistes sous Trump.
Contre cela, la solution proposĂ©e est minimale et incantatoire : le droit de penser par soi-mĂȘme. Mais que veut dire « penser » sous la contrainte des autres, de lâĂ©ducation, des mĂ©dias, des rĂ©seaux ? « PrĂ©server lâintĂ©gritĂ© de son esprit, refuser la colonisation de ses neurones » : mais comment ? Peur de la solitude, de ne pas ĂȘtre comme tout le monde, de ne pas ĂȘtre dâaccord, cette grande angoisse des rĂ©seaux sociaux⊠Peut-on encore construire un « nous » face au « on » ? Peut-ĂȘtre, puisque nous sommes encore en phase de transition. La Tech des nĂ©o-fascistes nâa pas encore gagnĂ©. Journalistes, juges, universitĂ©s promeuvent lâinformation exacte, au mĂ©pris de lâinvention des « belles histoires ». Le rĂ©el lui-mĂȘme, par la guerre impulsive contre un Iran qui se dĂ©fend face aux Ătats-Unis, comme lâUkraine face Ă la Russie, remet les choses en place et montre que le monde inventĂ© du Bisounours immature qui joue au Vantard planĂ©taire nâest quâun dĂ©cor de film. Lâautrice le dit non sans quelque jargon technocratique. « Ils dĂ©pendent de nous au moins autant que nous dĂ©pendons dâeux. Leur puissance dĂ©pend de notre dĂ©sir de nous soumettre leurs outils. Leurs visions du monde, naĂŻves et ignorantes de la complexitĂ© sociale, dĂ©pendent de notre fascination. Il nâest plus question de force, il est question de dĂ©sir. Et eux, lâont oubliĂ©, voilĂ la faille minuscule et magistrale de leur rĂ©cit ».
Son essai, pourtant court (200 pages), aurait gagnĂ© Ă ĂȘtre simplifiĂ©.
Asma Mhalla, Cyberpunk â Le nouveau systĂšme totalitaire, 2025, Seuil, 208 pages, âŹ19,00, e-book Kindle âŹ13,99
(mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)
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