Le Point: « Le bouleversement, c’est le ciblage, pas le projectile » : quand les #algorithmes rĂ©inventent la #guerre www.lepoint.fr/monde/le-bou...

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« Philosopher avec des #algorithmes - Une histoire de l’#IntelligenceArtificielle - Le rĂȘve de Leibnitz », intitulĂ© de la confĂ©rence donnĂ©e par Luc de Brabandere lors des Rencontres Philosophiques Michel Serres d’Agen en 2023 et transcrite par @aprilorg

https://www.librealire.org/philosopher-avec-des-algorithmes

Bonne lecture !

Philosopher avec des algorithmes – Libre à lire !

PrĂ©sentateur : Merci Mesdames et Messieurs d'ĂȘtre lĂ  un dimanche, Ă  Agen, Ă  14 heures pour philosopher, c'est quand mĂȘme formidable quand on voit le succĂšs de ces rencontres. Nous sommes trĂšs honorĂ©s


Libre Ă  lire !

3/ PiÚge n°1 : le "vide informationnel"

Les moteurs de recherche privilégient les mots-clés, pas la fiabilité.

Une thĂ©orie du complot peu documentĂ©e peut apparaĂźtre en tĂȘte de liste.

#Algorithmes

Hubert Guillaud/Dans les algorithmes
De la montĂ©e de la contestation de l’IA Ă  l’école
https://mcinformactions.net/de-la-montee-de-la-contestation-de-l-ia-a-l-ecole.html
#IA #algorithmes #USA #ecole #universite #resistance
De la montĂ©e de la contestation de l’IA Ă  l’école - [McInformactions.net]

Des outils
 pour fidĂ©liser les enfants Dans le cadre d’un des procĂšs contre les gĂ©ants du numĂ©rique aux Etats-Unis, des documents internes...

Systematic partisan content skews in TikTok during the 2024 US elections - Nature

Audit experiments on TikTok show asymmetric partisan exposure that is not explained by observable engagement metrics, with Republican-leaning accounts receiving more aligned content and Democratic-leaning accounts more cross-partisan recommendations.

Nature

Asma Mhalla, Cyberpunk

Juriste d’origine tunisienne, dont sa bio ne mentionne curieusement que son pĂšre comme rĂ©fĂ©rence, Mhalla a soutenu une thĂšse en Ă©tudes politiques de l’École des hautes Ă©tudes en sciences sociales. Elle est donc essayiste venue du droit, pas une technicienne de l’informatique ni des TIC. Sa rĂ©flexion l’a conduite Ă  s’interroger sur le « systĂšme Â» formĂ© par les infrastructures et la civilisation, dans la lignĂ©e (inconsciente ?) de Marx selon lequel l’infrastructure conditionne la superstructure, autrement dit la base matĂ©rielle induit la pensĂ©e et l’idĂ©ologie. La Tech amĂ©ricaine, pour le moment la plus avancĂ©e, structure de nouvelles formes de pouvoir et mettent en cause la dĂ©mocratie telle que nous la connaissons. Pire : pour Asma Mhalla, la convergence mondiale du pouvoir politique et de l’industrie technologique conduit carrĂ©ment vers une nouvelle forme de fascisme hybride. Danger !

Apparue dans les annĂ©es 1980, la culture Cyberpunk Ă©tait un genre de science-fiction dystopique dans lesquelles les technologies de l’information et la cybernĂ©tique prennent le contrĂŽle de l’humanitĂ©. Les films Blade Runner en 1982, Terminator en 1984 et Matrix en 1999 l’illustrent. L’accĂ©lĂ©rationnisme prĂŽnait d’accĂ©lĂ©rer les processus technologiques qui sous-tendent le capitalisme afin de le pousser Ă  son autodĂ©passement. La crĂ©ation destructrice de Schumpeter appliquĂ©e Ă  miner le systĂšme de l’intĂ©rieur. La version progressiste voulait inventer l’avenir, la version de droite radicale (qui l’a emportĂ©e) voulait crĂ©er le chaos pour instaurer « un ordre techno-autoritaire Â». L’intensification des processus capitalistes et technologiques conduit selon Nick Land, l’auteur en 2012 des LumiĂšres sombres Ă  une fusion inĂ©vitable du capitalisme et de la technologie, dans ce qu’il appelle le « techno-capital ».

Ce qui veut dire « retour Ă  la hiĂ©rarchie, une technocratie et une gouvernance privĂ©e, l’État devant ĂȘtre gĂ©rĂ© comme une entreprise (d’oĂč l’obsession de l’efficacitĂ©, efficiency, qui a inspirĂ© directement la feuille de route de DOGE) un capitalisme absolu oĂč les hypertechnologies et l’économie doivent s’étendre sans limite ni morale, ni dĂ©mocratie Â». Trois crises majeures ont dĂ©stabilisĂ© le systĂšme : les subprimes en 2008 qui ont prĂ©carisĂ© les gens, le Covid en 2020 qui a fait fleurir les thĂ©ories du Complot, l’Ukraine en 2022 (aprĂšs la CrimĂ©e en 2014) qui a vu s’écrouler les rĂšgles internationales. Ajoutons la réélection de Trump le trompeur, qui a dĂ©stabilisĂ© toute l’AmĂ©rique et mĂȘme le monde entier. L’« ancien monde fut prĂ©cipitĂ© dans le vide et sa dĂ©composition s’accĂ©lĂ©ra Â».

La dĂ©mocratie en AmĂ©rique allait se dĂ©tricoter en trois temps :

1. Trump I dĂšs 2016, la politique post-vĂ©ritĂ© avec l’essor des rĂ©seaux sociaux et leur rĂ©orientation attentionnelle par les algorithmes « en jouant non pas sur la terreur mais sur le dĂ©sir et les manipulations subliminales Â».

2. Trump II dĂšs 2025, la politique post-droit, la dĂ©construction « des institutions dĂ©mocratiques au nom de la lutte contre l’État profond, les wokes, l’establishment et la bureaucratie Â» – autrement dit tous les contre-pouvoirs constitutionnels pour Ă©largir le pouvoir de l’ExĂ©cutif.

3. Post-Trump, politique post-Ă©tatique, oĂč le mot dĂ©mocratie est « instrumentalisĂ© contre les EuropĂ©ens par la propagation effrĂ©nĂ©e des idĂ©ologies rĂ©actionnaires les plus violentes (ce qu’ils rĂ©sument par ‘libertĂ© d’expression’) Â».

« Les temps I et II ont radicalement transformĂ© ce que nous nommions jusque lĂ  ‘dĂ©mocratie libĂ©rale’ en ce que j’appellerais volontiers une ‘fluxcratie’, dĂ©mocratie du flux. Elle n’est pas la nĂ©gation de la dĂ©mocratie mais son essoufflement dans le flux permanent Â». Peter Thiel le dit : la dĂ©mocratie est l’ennemie de la libertĂ©, empĂȘchant les Ă©lites d’aller jusqu’au bout des techniques et de conquĂ©rir la galaxie, de transformer leur corps pour l’immortalitĂ©, pour une vision augmentĂ©e. « Leur rĂ©volte vise les Ă©lites bourgeoises, la presse, le peuple. Thiel parle de tyrannie des mĂ©diocres. Â»

L’Occident comme Ă©tat de droit est dĂ©laissĂ© par les États-Unis de Trump au profit de la loi de plus fort, autrement dit du plus riche. L’Europe est dĂ©laissĂ©e au profit de la Chine, impĂ©rialisme concurrent, avec l’IA comme puissance technologique pour la puissance militaire. L’idĂ©al amĂ©ricain n’est plus la libertĂ© mais l’efficacitĂ©. Est-ce compatible avec la dĂ©mocratie ? « Un empire ne peut intĂ©grer sans hiĂ©rarchie, ne peut fonctionner sans verticalitĂ© ; une dĂ©mocratie ne peut exclure sans se trahir. Â»

« Le post-Occident cyberpunk est un monde oĂč les ingĂ©nieurs ont remplacĂ© les penseurs, oĂč l’empire se refait une santĂ© Ă  coups d’algorithmes, d’armes hypersoniques et de mines de terres rares. Â» Il vise la « technologie totale, un projet d’expansion qui touche Ă  la fois Ă  l’infiniment petit (le systĂšme cĂ©rĂ©bral, les corps) et Ă  l’infiniment grand (l’espace, une civilisation multi planĂ©taire) Â». Ce sont de nouvelles frontiĂšres, mais aussi un nĂ©o-fascisme. « Ce nĂ©ofascisme est une mutation gĂ©nĂ©tique Ă  double entrĂ©e, Ă  la fois postmoderne et hypermoderne, rĂ©actionnaire et futuriste, solide et liquide, que je rĂ©sumerai en reprenant les mots de George L. Mosse Ă  propos de l’esthĂ©tique völkish du nazisme : « La technologie la plus avancĂ©e fut intĂ©grĂ©e Ă  une idĂ©ologie qui regardait vers le passĂ© pour dĂ©terminer l’avenir. Â» C’est dit. Â»

Autocratie douce, fascisme Ă  visage humain (quel oxymore!), qu’en est-il ? « Le fascisme-simulacre ne dĂ©truit pas les institutions, il les dĂ©vitalise. Il ne rĂ©prime pas directement, il abaisse les seuils de rĂ©sistance et d’abord les seuils moraux. Ce ne sont pas tant que les États-Unis ne seraient plus une dĂ©mocratie, c‘est plutĂŽt l’idĂ©e – plus intĂ©ressante – qu’ĂȘtre ou ne pas ĂȘtre en dĂ©mocratie n’a plus aucune importance. Au moment de sa prise de pouvoir, le fascisme postmoderne est un autoritarisme sans dictature. Inutile de recourir aux camps ni Ă  une quelconque police secrĂšte, il suffit que les gens croient Ă  la toute-puissance du rĂ©gime pour qu’ils obĂ©issent, s’autocensurent. De mĂȘme, il serait inutile d’abolir les Ă©lections ou la presse, il suffit que ces institutions existent comme simulacres inopĂ©rants pour donner une illusion de choix. Â» C’est ce qu’a tentĂ© brillamment Viktor Orban durant 16 ans en Hongrie et, bien qu’il ait Ă©tĂ© battu aux derniĂšres Ă©lections, son successeur est du mĂȘme parti


RĂ©sister ? Cela ne dure qu’un temps, le lavage des cerveaux des gĂ©nĂ©rations qui montent assure le succĂšs – voir en Chine. « Ce brouillage mĂ©thodique repose sur la confusion gĂ©nĂ©ralisĂ©e : images, rĂ©cits,accusations, scandales, proclamations
 Tout est nivelĂ©, narrĂ© comme Ă©quivalent. Dans ce chaos contrĂŽlĂ©, la dĂ©mocratie ne peut plus garantir l’existence d’une vĂ©ritĂ© partagĂ©e. Le fascisme-simulacre vide le langage de son ancrage dans le rĂ©el qu’il soumet Ă  la narration du pouvoir. Â» Comment se soumettre si l’on ne sait pas qu’on se soumet ? « Surveillance permanente, altĂ©ration des perceptions, effacement du citoyen, humains devenus instruments dociles. VoilĂ  le stade ultime du contrĂŽle sans coercition. La rĂ©pression est ergonomique Â». Tout fait la Chine de Xi, le rĂȘve des techno-facistes sous Trump.

Contre cela, la solution proposĂ©e est minimale et incantatoire : le droit de penser par soi-mĂȘme. Mais que veut dire « penser Â» sous la contrainte des autres, de l’éducation, des mĂ©dias, des rĂ©seaux ? « PrĂ©server l’intĂ©gritĂ© de son esprit, refuser la colonisation de ses neurones Â» : mais comment ? Peur de la solitude, de ne pas ĂȘtre comme tout le monde, de ne pas ĂȘtre d’accord, cette grande angoisse des rĂ©seaux sociaux
 Peut-on encore construire un « nous Â» face au « on Â» ? Peut-ĂȘtre, puisque nous sommes encore en phase de transition. La Tech des nĂ©o-fascistes n’a pas encore gagnĂ©. Journalistes, juges, universitĂ©s promeuvent l’information exacte, au mĂ©pris de l’invention des « belles histoires Â». Le rĂ©el lui-mĂȘme, par la guerre impulsive contre un Iran qui se dĂ©fend face aux États-Unis, comme l’Ukraine face Ă  la Russie, remet les choses en place et montre que le monde inventĂ© du Bisounours immature qui joue au Vantard planĂ©taire n’est qu’un dĂ©cor de film. L’autrice le dit non sans quelque jargon technocratique. « Ils dĂ©pendent de nous au moins autant que nous dĂ©pendons d’eux. Leur puissance dĂ©pend de notre dĂ©sir de nous soumettre leurs outils. Leurs visions du monde, naĂŻves et ignorantes de la complexitĂ© sociale, dĂ©pendent de notre fascination. Il n’est plus question de force, il est question de dĂ©sir. Et eux, l’ont oubliĂ©, voilĂ  la faille minuscule et magistrale de leur rĂ©cit Â».

Son essai, pourtant court (200 pages), aurait gagnĂ© Ă  ĂȘtre simplifiĂ©.

Asma Mhalla, Cyberpunk – Le nouveau systùme totalitaire, 2025, Seuil, 208 pages, €19,00, e-book Kindle €13,99

(mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

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L’enfer des #algorithmes : l’exemple « facile Â» de #TikTok ne doit pas nous exonĂ©rer d’une rĂ©flexion globale sur l’omniprĂ©sence des machines qui accumulent nos donnĂ©es et nos comportements

https://youtu.be/Q4ngnDIijEI

Ce robot a scrollĂ© TikTok. Voici oĂč l'algorithme l'a emmenĂ©

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@villebooks
Les #algorithmes ne t'aiment pas car leurs propriétaires n'aiment pas tes idées ...
des talents ou des compétences ?..
Dans les #algorithmes | De la montĂ©e de la contestation de l’#IA Ă  l’école
https://danslesalgorithmes.net/2026/05/19/de-la-montee-de-la-contestation-de-lia-a-lecole
des documents internes de #Google ont montrent que sa motivation à fournir des outils aux écoles vise à « fidéliser les enfants à vie »
Le succĂšs de l’IA n’est Ă  chercher dans ses performances pour aider les Ă©lĂšves Ă  apprendre mais avant tout une promesse d’optimisation des coĂ»ts, optimisation thĂ©orisĂ©e par l’économiste William Baumol sous le nom de maladie des coĂ»ts #iapredredatrice
De la montĂ©e de la contestation de l’IA Ă  l’école

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