Lundi aprĂšs-midi Ă Filmer le travail
Documentaire #iranien collectif de 6 cinĂ©astes : profession documentariste (2014) avec Sepideh Abtahi, Shirin Barghnavard, Mina Keshavarz, Firouzeh Koshrovani, NĂąhid RezĂąei, Sahar Salahshoor et Farahnaz Sharifi - puis ensuite un plateau pour en parler et discuter. Sahar Salahshoor y Ă©tait aussi. Elle ne vit ni travaille plus en Iran, pour dire plus prĂ©cisĂ©ment Ă TĂ©hĂ©ran, car malgrĂ© la diversitĂ© des parcours prĂ©sentĂ©s par le collectif, une chose les rĂ©unissait toutes : TĂ©hĂ©ran et un milieu intellectuellement et financiĂšrement suffisamment aisĂ© pour pouvoir faire ce quâelles font ou y faisaient, la plupart sâĂ©tant exilĂ©e depuis.
Mes lunettes occidentales, si je leur laisse libre cours, sont tentĂ©es de voir en dehors des autoportraits qui englobent une enfance sous le #Shah et lâĂąge adulte sous les ayatollahs, enfance plutĂŽt insoucieuse - proche de ce qui peut se passer Ă la mĂȘme Ă©poque dans les mĂȘmes milieux europĂ©ens, un tableau en blanc (Shah) et en noir (#Khomeini). Un portrait sâen distingue incluant lâhommage Ă la sĆur qui combat le shah, et qui meurt dâun cancer avant de croupir dans une prison.
https://vimeo.com/95367921
Ăa mâa rappelĂ© #Hitch de Chowra #Makaremi.
Donc ces lunettes orientales peuvent prendre la pĂ©riode du Shah pour un paradis (ce quâil a Ă©tĂ© sans doute pour une minoritĂ©) en comparaison Ă lâenfer depuis 1979. Ou encore prendre TĂ©hĂ©ran pour lâIran dans son ensemble. Quand je vois les contraintes des milieux tĂ©hĂ©ranais aisĂ©s qui sauf exception des opportunistes qui sâarrangent avec le rĂ©gime et sây trouvent bien comme Sahar Salahshoor le fait remarquer, jâimagine ou jâessaye comment cela se passe dans dâautres grandes villes Iraniennes ou dans les vastes campagnes. MĂȘme si un portrait mentionne des Afghans qui risquent leur vie pour entrer dans le territoire iranien. Il y a toujours pire ailleurs.
Puis je dĂ©couvre ou redĂ©couvre (je lâai retrouvĂ©e dans mes contacts Facebook) Hura #Mirshkehari, originaire de cette rĂ©gion frontaliĂšre. Elle est restĂ©e Ă lâouest aprĂšs un de ses sĂ©jours Ă lâĂ©tranger lors de ses Ă©tudes de plasticienne. Elle ne pouvait plus rentrer en 2016 sans craindre pour sa vie. Ă Paris, elle rĂ©alise son rĂȘve dâenfance, chanter la poĂ©sie en sistany. Cela aurait Ă©tĂ© impensable dans son pays dâorigine, dĂ©jĂ sans les interdictions du rĂ©gime actuel. Je trouvais lâexemple de chant trĂšs bien choisi, assez Ă©trange Ă nos oreilles et donc introduisant une sorte de dissonance comme je les apprĂ©cie. Par contre le commentaire qui suit, mettant lâaccent plutĂŽt sur le contenu, la rĂ©sistance, les sujets dâĂ©mancipation arrive presque lĂ un peu pour rassurer.
https://www.instagram.com/reel/C_SdrjoolyA/?igsh=ajA2cHR2NXQ1NGhh
Comme les questions quâon a tendance Ă poser dans ces rencontres, pour rassurer ou confirmer nos idĂ©es prĂ©conçues, obtenir des rĂ©ponses attendues.
Parce que naturellement nous sommes dâaccord sans aller plus loin, surtout en prĂ©sentant notre accueil comme un secours irrĂ©prochable Ă tous les exilĂ©s et persĂ©cutĂ©s, censurĂ©s, entravĂ©s, emprisonnĂ©s etc.
Bien que ce ne soit pas vraiment le cas. Ăa ne veut aucunement dire que je ne salue pas ces espaces de protection, leur existence et leur travail. Par contre, jâai senti assez rapidement que je nâaurai ni la place ni le temps pour poser toutes les questions et Ă©mettre les doutes que cela soulĂšve pour moi. La diversitĂ© de ce pays peut facilement disparaĂźtre derriĂšre une vue binaire entre ayatollahs, traditionalisme voire le cĂŽtĂ© arriĂ©rĂ©, mis le plus souvent sur le compte de lâislam, la rĂ©sistance, les bulles, etc. et nos âpays des lumiĂšresâ dont nous connaissons pourtant bien les abĂźmes.