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LA BELLE FRANCE [1900]
Georges Darien (1978, Stock)
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https://mega.nz/file/9NxmHZYD#jnA5CnvDllNnFT8lIf6UE6TVDAWdslv_-dK_eEtCbuc
Si t'as les moyens:
https://librairie.bod.fr/la-belle-france-georges-darien-9782322535491
Présentation:
"Que l'imbécillité des Riches, qui digère, et l'imbécillité des Pauvres, qui bâille, cessent d'exister.
Quant aux saltimbanques du patriotisme, de la fraude, de l'ignorance galeuse et de la trahison, quant aux cabotins du libéralisme à menottes et aux figurants de l'honnêteté à doigts crochus, quant à toutes les fripouilles qui chantent l'honneur, la vertu, les grands sentiments et les grands principes, il est simplement monstrueux qu'ils aient l'audace d'élever la voix.
Il faut qu'ils soient bien convaincus, vraiment, que l'échine des Français est faite spécialement pour leurs goupillons, religieux ou laïques, toujours emmanchés d'une trique ; il faut qu'ils soient bien persuadés qu'on ne rendra jamais son véritable caractère à la frauduleuse légende révolutionnaire derrière laquelle ils s'embusquent :
il faut qu'ils aient une foi profonde dans l'éternel aveuglement du peuple pour venir, après tous les désastres qu'ils ont essuyés, agiter leur drapeau de vaincus et se poser en sauveurs ; pour oser parler à la France de son avenir et de sa mission."
(G. Darien, La Belle France, 1901)
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"Mûri pendant de longues années, cet ouvrage touffu et foisonnant vomit un torrent de révolte. Tous les sujets y passent:
condition féminine, nation, antisémitisme, armée, colonialisme, Église, marxisme…
Il contient tant de colère, tant d’impitoyables jugements, que, sans surprise, ce livre fut d’abord refusé par les éditions de la Revue Blanche . Lorsqu’il fut enfin publié en 1900 (chez Stock), un seul article en signala l’existence ; il fut aussitôt relégué à la place qui d’avance semblait devoir lui être assignée: les oubliettes.
Maintenant qu’il en est enfin sorti, il n’est que temps de le découvrir. Si l’on veut en effet connaître la pensée de cet écrivain bien injustement bâillonné, c’est La belle France qu’il faut lire en premier. Darien ne s’y contente d’ailleurs pas de dénoncer, il y propose, expose les réformes qui doivent venir et qui, de fait, viendront pour certaines (séparation de l’Église et de l’État, libération des femmes, fin des colonies…).
On est stupéfait par la modernité de ses jugements, par la justesse de ses propos, à une époque où même chez les plus humanistes des intellectuels les préjugés ne manquaient guère."
(Lucien Jude)
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Georges Darien (1862-1921)
est un écrivain français de tendance anarchiste.
Ayant perdu sa mère alors qu'il était en bas-âge, Darien fut élevé par une belle-mère catholique intransigeante, ce qui motive peut-être son anticléricalisme viscéral à venir. Le 16 mars 1881, devançant l'appel, il s'engage à l'armée, dans le deuxième escadron du Train. Le 23 mai 1883, son insoumission l'envoie pour 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie.
C'est le nom qu'il donnera à son roman, où il dénonce les difficultés de sa condition et celles de ses compagnons. Son roman est achevé en 1888 et est publié deux ans plus tard par son éditeur Savine, qui craignant dans un premier temps un procès, ne le publiera que suite au succès de Sous-Offs de Lucien Descaves. Mais aucun de ses romans ne rencontre le succès.
Admiré par Alfred Jarry, Alphonse Allais et plus tard par André Breton, Georges Darien devient un auteur prisé des milieux libertaires. En dépit d'une seconde biographie récente, peu de choses de sa vie sont connues, ce qui laisse libre cours aux fantasmes qui associent la vie de l'écrivain à celle du héros du Voleur, Randal.
En effet de 1891 à 1897, il disparaît, voyage en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, Londres en particulier, d'où il revient avec le manuscrit de son roman, Le Voleur. Redécouvert en 1955, c'est ce dernier qui lui assure la postérité.
En plus de ses romans, Darien est le pamphlétaire le plus virulent de cette fin de siècle. Il collabore à plusieurs revues anarchistes, parmi lesquelles L'Escarmouche (dont il fut l'unique rédacteur), L'Ennemi du peuple et L'En dehors, où il côtoie Zo d'Axa.
En 1906 et en 1912, George Darien se présente aux élections législatives en tant que « candidat de l'Impôt Unique », entendant ainsi porter les idées de Henry George dans le premier arrondissement de Paris, auxquelles il échoue.
Son roman Le Voleur est adapté au cinéma par Louis Mallle en 1967 avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle de Georges Randal