@MikeDunnAuthor Aujourd'hui dans l'histoire du travail 25 avril 1974 : Le Mouvement des forces armées (MFA - Movimento das Forças Armadas) entame sa révolte contre la dictature sénile de Salazar au Portugal. Connu sous le nom de Revolução dos Cravos ("Révolution des œillets"), le soulèvement met fin à 48 ans de dictature fasciste. Pendant des décennies, une courageuse résistance clandestine s'est opposée au régime et à la PIDE, la détestée police secrète, mais le fascisme a fini par s'effondrer sous son propre poids au Portugal. Les guerres incessantes menées à l'étranger pour réprimer les mouvements d'indépendance dans ses colonies avaient suscité une hostilité écrasante à l'égard du régime de la part des membres de ses forces armées et de leurs familles. Et des décennies de répression et de terreur avaient préparé le reste de la société. Ainsi, lorsqu'un groupe d'officiers militaires s'est rebellé, des manifestations civiles spontanées ont éclaté presque immédiatement, transformant le coup d'État militaire en une révolution populaire menée par des officiers radicaux de l'armée, des soldats, des ouvriers et des paysans, des socialistes et des communistes.
Dans la foulée, la plupart des anciennes colonies du Portugal ont accédé à l'indépendance (par exemple, la Guinée-Bissou, suivie du Cap-Vert, du Mozambique, de São Tomé et Príncipe et de l'Angola, en Afrique, ainsi que du Timor oriental, dans le Pacifique). 1 million de Portugais vivant à l'étranger sont alors rentrés chez eux. La révolution des œillets doit son nom aux œillets que les gens plaçaient dans la bouche des fusils des soldats et sur leurs uniformes.
À l'origine, la PIDE était une force de police des frontières et de l'immigration, à l'instar de l'ICE aux États-Unis. Sous la dictature, elle s'est transformée en agence de surveillance politique et sociale, espionnant, attaquant et emprisonnant les citoyens portugais.
Le musée Aljube de la résistance et de la liberté, situé au cœur de Lisbonne, est installé dans l'ancienne prison politique de la PIDE. Le musée retrace l'histoire de la résistance antifasciste à la dictature, ainsi que les luttes pour l'indépendance dans les anciennes colonies du Portugal. Il présente des expositions sur la façon dont la censure était appliquée sous la dictature et, plus important encore, sur l'importance de la presse clandestine dans la résistance, avec de nombreux exemples de zines, de pamphlets et de journaux clandestins. Des expositions sont consacrées à l'organisation et aux actions du mouvement antifasciste et à la manière dont des femmes et des hommes ont sacrifié leur liberté, et parfois leur vie, dans la lutte. Des expositions sont consacrées aux prisons et aux camps de concentration, à la torture et aux interrogatoires. Et de nombreuses expositions sur les mouvements d'indépendance dans les colonies.
La vidéo ci-jointe a été tournée au musée Aljube. De loin, on dirait un collage du visage d'un homme. Mais en s'approchant, on s'aperçoit que les "tuiles" qui composent le collage sont en fait des photos de divers prisonniers politiques et victimes du régime fasciste.
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