Le poste à Galène de Pépé

J’ai um ami·e qui parlait avec feu, avec cette intensité presque douloureuse de ceux qui ont traversé une lutte et savent qu’ils ne veulent plus jamais y retomber.

Iel racontait comment, autrefois, iel portait sur soi de petits objets, des boîtiers, disait‑iel, censés augmenter une énergie invisible, soutenir la vie, renforcer la foi. Et peu à peu, iel avait senti que quelque chose dérapait. Une force trop dense, trop insistante, qui troublait plus qu’elle ne portait.
Alors iel a jeté.

Mais ce geste n’a pas été simple. Ni paisible. Il a été agité, répété, presque compulsif. Revenir vers la poubelle, vérifier, hésiter, imaginer reprendre, donner, sauver ce qui pourtant devait disparaître. Comme si quelque chose en soi refusait de lâcher. Et puis, un matin, le monde a fait son œuvre : les éboueurs sont passés, la poubelle était vide. Et avec elle, quelque chose s’est défait.

Alors est venu le soulagement.

Et avec lui, une relation plus nue, plus calme, plus profonde à Jésus.

De cette expérience, mon ami tirait une certitude : tout ce qui relève de l’occulte relève du contrôle. Contrôle de soi, des forces, des autres. Or cette logique n’est pas celle de la foi. La foi ne commande pas. Elle ne manipule pas. Elle ne négocie pas. Elle consent. Elle s’abandonne. Elle dit simplement : que Ta volonté soit faite.

Jésus n’est pas un outil.
Ni une réponse automatique.
Jésus est présence.

Et vouloir maîtriser cette présence, c’est déjà s’en éloigner.

Mon ami parlait aussi d’attachements invisibles, de liens discrets mais tenaces, de dépendances qui prennent les habits de la liberté. On croit toujours pouvoir s’en défaire. On se pense souverain·e. Et pourtant quelque chose accroche, revient, insiste. Alors iel appelait à trancher, à purifier, à faire place nette, jusque dans les objets les plus simples, les plus banals.

Mais une autre pensée demeure, plus lente, moins radicale, plus incarnée.

Les objets, eux, ne veulent rien.
Ils ne cherchent rien.
Ils attendent.
Ce n’est pas la chose qui possède.
C’est le regard qui s’y abandonne.

Je pense souvent à un objet de mon enfance.
Chez ma grand-mère (Mémé), il y avait un vieux poste à galène. Un objet modeste, presque silencieux. Mon grand-père (Pépé) y avait entendu, non pas l’appel du 18 juin, mais celui du 21. La suite. La persévérance. La voix qui continue quand le fracas est passé.
Enfant, je regardais souvent cet objet. Je ne le comprenais pas vraiment, mais il me parlait déjà. Et aujourd’hui encore, alors qu’il n’est plus chez ma grand mère, il a été gardé par ma tante, il a suivi son propre chemin, il demeure pour moi un objet d’espérance et de foi.
Je ne l’ai pas possédé.
Je ne l’ai pas gardé.
Et pourtant, il m’habite.

Un objet peut devenir idole, oui.
Mais il peut aussi devenir signe.

La matière n’est pas l’ennemie. Elle est passage. Elle est ce lieu modeste où le corps se souvient de l’âme, et où l’âme, à travers le corps, s’ouvre à l’esprit. La foi ne descend pas toujours du ciel : elle monte parfois des mains, des gestes, des présences sensibles.

Non comme une source,
mais comme un chemin.
Garder n’est donc pas forcément s’attacher.
Jeter n’est pas toujours se libérer.

Il existe une fidélité plus douce : celle qui transforme au lieu de détruire. Celle qui ne craint pas la chose, mais veille à ce qu’elle ne prenne jamais la place du cœur.

Si l’amour traverse toute chose, alors toute chose peut être relevée. Rien n’est condamné en soi. Tout peut être rendu, offert, réinscrit dans le cycle lent de la transformation, compost, terre, passage.
Il ne s’agit plus de purifier le monde en le vidant,
mais de l’habiter autrement.

Ne rien garder qui enferme.
Ne rien jeter qui pourrait être transfiguré.
Entre le rejet et l’attachement, il y a une veille. Une attention. Une manière de tenir sans serrer, de laisser sans fuir, de recevoir sans posséder.

Haïku

Dans la chose nue
un souffle cherche passage
ou bien se perd

Tanka

Je tiens sans saisir
la matière me murmure
un chemin discret
ni peur ni domination
mais une offrande lente

Psaume

Heureux·ses celleux qui ne fuient pas la matière
car iels savent qu’elle attend d’être habitée.

Heureux·ses celleux qui ne s’y enchaînent pas
car iels gardent leur cœur libre.

Car Jésus n’a pas déserté le monde.
Iel l’a traversé.
Iel l’a porté.
Iel l’a relevé.

Et toute chose, désormais,
peut devenir passage.

Que rien ne soit rejeté dans la peur.
Que rien ne soit gardé dans l’illusion.

Mais que tout soit tenu
dans la patience de l’amour.

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„Așa, Doamne, Împărate, dăruiește-mi ca să-mi văd greșelile mele” Să facem legământ cu Domnul nostru Iisus Hristos, să iertăm din toată inima toate supărările ce ne-au fost pricinuite din partea apropiaților noștri și niciodată să nu judecăm pe nimeni 👉 https://c.aparatorul.md/zdqfd 👈 #Agape #apropiatiinostri #Bucurie #CuvinteDuhovniceşti #dragoste #FăcătoruldeminunidinSofia #Greşeală #greșeli #Iertare #iubire #iubireafațădeaproapele #IubireaLuiDumnezeu #judecare...
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Dilexi te : Exhortation apostolique de Léon XIV

Bien. Je viens d’achever Je t’ai aimé – Dilexi te : Exhortation apostolique de Léon XIV. Un mois entier à en lire quelques pages chaque matin, entre 7h00 et 7h15, dans le balancement du métro, comme on entre dans une méditation. Ce texte, par certains accents, rappelle l’écriture du pape François : François, pape de l’élan et de l’action, écrivait comme on marche au-devant de l’autre ; Léon, lui, semble écrire comme on réfléchit : par raison, par lenteur, par profondeur. Et cela se ressent à chaque ligne.

Je ne sais rien des coulisses de la rédaction d’un tel document ; j’imagine un texte écrit, relu, repris, discuté par plusieurs mains, mais dont l’essentiel demeure façonné par une seule voix, celle du pape. Ses inflexions, ses inclinations, ses fidélités intérieures traversent la page.

Je ne vais pas répéter ce qu’indique le résumé de l’éditeur. Je dirai seulement ceci : cette lecture m’a fait me tenir, longuement, devant la figure du pauvre, non pas une abstraction, mais la réalité singulière de chacun. Elle m’a aussi interrogé sur l’engagement, social et politique, et sur la manière dont il résonne avec ma foi. Je crois désormais que mon engagement, que d’aucuns qualifieraient volontiers de proche de l’esprit LFI, procède en vérité de la même source que mon engagement chrétien : l’autre, toujours l’autre.

Ma devise, retournée comme un gant, reprend celle de la France :
Adelphité, sorofraternité,
Égalité, en dignité,
et alors s’ouvre la Liberté, celle de vouloir ce que l’on fait et pas de faire ce que l’on veut.

Elle rejoint profondément ma foi dans l’amour du Christ, dans Celui que je nomme Abbahimma, et dans tout ce que ce nom porte d’infini et d’inconnaissable. Le tout évidement sans aucune certitude à imposer aux autres. L’amour n’est pas là.


Contempler une personne plongée dans la souffrance de sa pauvreté ne m’empêchera jamais de donner. Mais cela ne m’empêchera pas non plus de vouloir une société qui se donne pour tâche de relever ceux qui tombent, et non de se décharger sur la seule charité individuelle de ce qui relève aussi du politique.


Ces derniers temps, je m’agace de ceux qui affirment que la foi n’a pas sa place dans la sphère publique. Comment le pourrais-je ? Faudrait-il cesser de croire au moment précis où je pense, décide, m’engage ? Je prie pour que l’amour de Dieu rayonne depuis ma prière ; je prie pour la paix en ce monde : pour les victimes de Gaza, d’Ukraine, de tant de pays d’Afrique, et désormais d’Iran. Et, en même temps, en cohérence avec cette prière, j’agis et je prends position, dans la mesure de mes forces, pour que les mensonges soient dévoilés. Mon opinion n’est qu’une opinion, bien sûr, et pour devenir féconde, elle doit se confronter à d’autres dans la délibération. Ma personne importe peu. Ce qui compte, c’est la relation.


C’est pourquoi je termine avec cette citation que j’aime et qui dit l’essentiel :

« Il est évident, pour ceux qui aiment vraiment, que l’aumône ne dégage pas les autorités compétentes de leurs responsabilités, ni n’élimine l’engagement organisationnel des institutions, ni ne remplace la lutte légitime pour la justice. Mais elle invite au moins à s’arrêter et à regarder la personne pauvre en face, à la toucher et à partager avec elle quelque chose de soi-même. En tout état de cause, l’aumône, même modeste, apporte un peu de pietas dans une vie sociale où chacun court après son intérêt personnel. Le livre des Proverbes dit : « L’homme bienveillant sera béni, car il donne de son pain au pauvre » (Pr 22, 9). »

Haïku

Sous le froid du jour,
un pauvre me regarde,
mon cœur se réveille.

Tanka

Lecture du matin,
dans le bruit sourd du métro
mon âme s’éclaire.
Un visage pauvre appelle
à marcher vers la justice.

Psaume

Seigneur, tu ouvres mes yeux sur le pauvre que je croise,
et soudain son visage devient lumière sur mon chemin.

Tu ne me demandes pas de détourner le regard,
mais de m’arrêter, de toucher, de partager un peu de moi.

Car la charité ne remplace pas la justice,
et tu m’appelles à unir mes mains à celles de ceux qui relèvent.

Comment séparer ma foi de mes actes,
mon prière de ma voix, mon espérance de mon combat ?

Tu sais que je suis petit,
mais tu fais de ma petite parole une graine portée par le vent.

Seigneur, fais-moi demeurer dans l’adelphité,
dans la dignité partagée,
et dans la liberté qui naît de l’amour.

Alors, pas à pas,
le monde deviendra un lieu où nul ne sera oublié.

#Agape #Oraison #Politique
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Au întrebat unii din părinți pe avva Pimen, zicând: De vom vedea vreun frate păcătuind, voiești să-l mustrăm? I se părea că a văzut pe un frate al lui păcătuind cu o femeie și, mult fiind luptat, ducându-se, i-a lovit cu piciorul... Și de fapt erau snopi de grâu. 👉 https://c.aparatorul.md/yaac3 👈 #Agape #AvvaPimen #Ceartă #certare #Curvie #Desfrânare #Dumnezeu #iartășinucerta #IisusHristos #judecareaaproapelui #Judecata #monah #mustrați #mustrare #pateric #Pateri...
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Le sourire du kendo

Je me suis porté volontaire pour aider lors d’une compétition-hommage à notre sensei disparu, Guy Roland. J’emploie le mot compétition, mais je lui préfère celui d’émulation, tant l’esprit de cette journée fut empreint de respect, de joie et d’écoute mutuelle. L’événement rassemblait les plus jeunes pratiquants, de 6 à 16 ans, répartis par catégories, plus de soixante-dix enfants venus partager bien plus qu’un affrontement : une manière d’être, une manière de rencontrer l’autre.

  • Poussin(e)s : 8–9 ans
  • Samouraïs : 10–11 ans
  • Benjamin(e)s : 12–13 ans
  • Minimes : 14–15 ans
  • Cadets : 16–17 ans
  • Juniors : 17–18 ans

Même les débutants, sans armure, purent participer en présentant une démonstration technique.

Le matin, j’étais à la table des Minimes, Cadets et Juniors, filles et garçons. Depuis quelques années, les catégories sont séparées à partir des Minimes, ce que je trouve un peu dommage, mais ce n’était pas le sujet de la journée.

Pratiquant le kendo depuis 1990, j’ai longtemps participé aux compétitions jusqu’aux années 2006–2007. Autrefois, les jeunes passaient en même temps que les adultes aux championnats d’Île-de-France ou de France : je les voyais, je les accompagnais du regard. La Fédération ayant depuis séparé les compétitions jeunes et seniors, je n’avais pas revu depuis longtemps une rencontre uniquement dédiée aux enfants.
Et hier, j’ai été profondément touché.

La douceur de l’engagement

Ce qui m’a frappé, c’est la qualité de présence des jeunes. Leur engagement, leur intelligence du combat, la délicatesse avec laquelle ils abordaient l’autre…
Je me suis dit que le kendo avait énormément progressé, techniquement et surtout dans l’esprit.
Rien n’était dur, rien n’était forcé : tout semblait fluide, simple, lumineux.
Après les tableaux, les récompenses et le repas, l’après‑midi fut consacré à un Kachinuki‑shiai :
“gagner et continuer”.
Format simple, ludique, redoutable :
le vainqueur reste,
le perdant sort,
en cas d’égalité, les deux sortent.
Deux équipes de 35 enfants, de Poussins à Juniors, filles et garçons mélangés.
Une longue chaîne vivante, joyeuse, vibrante.

L’apparition d’une grâce de 10 ans

Et c’est là que j’ai vu quelque chose que je n’oublierai jamais.
Une jeune fille, samouraï de 10 ans, est entrée comme on entre dans une histoire.
Elle a remporté 14 combats, éliminant au passage des Minimes de 15 ans.
Vingt minutes d’attention, de présence, de douceur dans le mouvement.
Une maturité rare, une élégance naturelle.
Même les garçons, en entrant, montraient qu’ils craignaient un peu cette force si tranquille.
Elle a terminé sur un hikiwake (égalité).
Nous ne savions pas comment la remercier ; alors la salle entière l’a applaudie, très fort.
Et elle, modeste, est restée simple, humble, rayonnante dans son calme.
Les arbitres eux-mêmes ont demandé une pause après sa 10ᵉ victoire : c’était trop d’intensité pour tout le monde.

C’est à ce moment-là que m’est revenue cette question :
Faut-il vraiment donner à nos enfants une compétition uniquement centrée sur le fait de gagner ?
Ne devrions-nous pas plutôt leur transmettre la joie de la rencontre ?
Cette petite fille nous a montré précisément cela : la grâce de rencontrer l’autre, et d’en sourire, quelle qu’en soit l’issue.

Encore un instant de justesse

Plus tard, avec les Juniors, certains déjà habitués aux compétitions internationales, un autre moment de grâce a surgi.
Un jeune kendoka très fort entre. Il marque rapidement un magnifique Men. Les trois drapeaux se lèvent. Mais l’arbitre principal demande un gogi (concertation).
Les arbitres se regroupent, reviennent, et…
le point est annulé.
Pourquoi ?
Parce que son zanshin manquait de respect : une attitude trop méprisante.
Le geste était juste, mais l’esprit ne l’était pas.
Alors le point fut retiré.
Et plus tard, en marquant un second point avec une attitude plus vraie, plus digne, il avait compris.
C’était d’une grande beauté : une leçon silencieuse, dans la douceur d’un geste réajusté.

Une journée de lumière

À la fin, parmi les six personnes récompensées, trois étaient des filles, alors qu’elles ne représentaient que 25 % des participants.
Et la jeune fille de 10 ans… reste dans nos mémoires comme un souffle de grâce.
Une journée douce, calme, lumineuse.
Une journée qui rappelle pourquoi nous faisons du kendo.
Merci pour cette journée de grâce.

Haïku

Sous l’armure légère,
un sourire traverse l’air,
la grâce d’une enfant.

Tanka

Sabre en bambou clair,
le silence guide les pas ;
un souffle se pose.
Dans la douceur de ce jour,
chaque rencontre devient don.

Trois autres haïkus

Cri, pas, puis un vent doux,
l’après‑midi se suspend
dans un seul regard.

Sous le shinaï vif,
la lumière glisse au sol,
l’enfant reste calme.

Filet de soleil,
les combats deviennent jeux
dans l’éclat du cœur.

Haïku pour Guy Roland

Trace dans le silence,
son pas guide encore nos voix,
maître sans absence.

#Agape #Danse #Kendo

La lampe Monte-et-Baisse et les fers

Comme ma mémé aurait pu me le raconter, je revois cette cuisine d’autrefois : la lampe Monte-et-Baisse suspendue, les fers en métal posés sur le poêle, ceux dont j’ai déjà parlé, et tout ce décor qui précède encore la mort de pépé. Un véritable intérieur paysan auvergnat du siècle passé. Et un jour, il faudra que je parle aussi du poste à galène de mon grand‑père.

« Ah mon pitchou, tu me la fais rappeler, cette lampe…
Tu sais, celle qui pendait juste au-dessus de la table, avec son câble en tissu qui faisait chrrr… chrrr… quand on la descendait.
Et le contrepoids en céramique blanche, un peu ébréché… ton grand‑père disait toujours :
“Bah, péchère, ça tiendra bien assez !”
Et ma foi, il avait raison.

Quand je la tirais, la lampe glissait toute douce, comme si elle comprenait qu’il était l’heure de se mettre à table.
Son abat‑jour en verre opalin blanc, en forme de cloche, faisait une lumière douce, presque laiteuse.
Une lumière qui ne faisait pas mal aux yeux, oh non…
Une lumière qui reposait l’âme, comme j’aime dire.
Et puis, tu sais, pendant qu’elle éclairait notre repas, là, juste au milieu, il y avait le vieux poêle qui ronronnait dans le coin.
Pas de cheminée, non, juste ce poêle-là, solide comme un roc, qui chauffait toute la pièce.

Dessus, je mettais toujours mes trois fers en fonte à chauffer.
Ah ça, mon pitchou… ils étaient lourds !
Trois bons fers noirs, bien polis par les années.
Je les alignais sur le dessus du poêle, et ils attendaient sagement, comme trois petits garnements prêts au service.
Tu te rappelles peut-être… quand je les attrapais avec mon torchon, dà, on voyait la chaleur trembler dessus.
C’est avec ça que je repassais les chemises du dimanche… et Dieu sait qu’il fallait de la patience !

Le soir, quand la lampe descendue éclairait juste le cercle de la table, tout le reste de la cuisine restait dans la pénombre.
On entendait seulement le craquement du poêle et parfois le souffle du vent dehors.
Le pain, la soupe, les assiettes… tout brillait d’une petite lumière dorée.
Vous autres, mes petits-enfants, quand vous étiez là, vous aviez les joues roses et les yeux pleins de coquineries surtout ton cousin Pascal.
Et moi, je vous regardais en me disant :
« Ah ben ça, s’ils sont pas beaux mes petits… ça me fait chaud au cœur, pichon. »
Tu vois, mon pitchou, cette lampe-là et ce poêle… c’était tout notre soir.
Ça sentait la soupe, le linge chaud, un peu la cendre aussi.
C’était notre vie simple, notre vie bonne.
Aujourd’hui, tout brille plus fort… mais ça éclaire pas aussi vrai. »

Haïku

lampe descendue,
sur la table, le soir chaud
chante en silence.

Tanka

La lampe descend,
sa lumière de lait doux
caresse la table.
Trois fers noirs sur le poêle,
tremblent dans la chaleur simple.

3 haïku

sur le vieux poêle
trois fers comme des gardiens
veillent la soupe.

opaline blanche,
dans la pénombre du soir
un cercle de paix.

chrrr… le câble glisse,
la lampe touche la table,
mon enfance revient.

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