❄ Il reste des cendres et des larmes.
❄ Imagine la maison.
❄ Je la bâtirai.

❄ Une #micronouvelle étrange présentée en #picopoly pour vous permettre de l'imprimer vous-même. ❄

Lien vers le fichier PDF prêt à imprimer : https://s.42l.fr/imaginelamaison
Plier un #minizine : cf illustration

Microfulgure : « À la guerre comme à la guerre… »

https://piefed.world/post/500853

Microfulgure : « À la guerre comme à la guerre… »

Il n’avait jamais touché un fusil de sa vie. Il n’avait, bien entendu, pas fait de service militaire puisque celui-ci avait été abrogé un peu après…

Microfulgure : « Système PS-XB1 »

https://piefed.world/post/497780

Microfulgure : « Système PS-XB1 »

_Guide du Spacio-Routard – Système PS-XB1._ Les deux explorateurs, serrés dans l’étroite cabine fort encombrée de leur minuscule vaisseau d’ex…

Microfulgure : « Petit Fantôme »

https://piefed.world/post/496505

Microfulgure : « Petit Fantôme »

Le petit fantôme hantait en rond l’immense demeure familiale qui tombait en ruine. Seul spectre, prisonnier du lieu par des liens intangibles et my…

Microfulgure : « Anti-Gravité »

https://piefed.world/post/494958

Microfulgure : « Anti-Gravité »

Un propulseur à anti‑gravité oppose à la gravité naturelle une contre‑gravité artificielle, puisée près d’un corps stellaire massif. Il utilise don…

Le travail était idiot, les horaires merdiques et le salaire décevant, mais ça en jetait : recensement et analyse des ondes et rayonnements extra-orbitaux. En gros, je passais 8 heures par jour avec un casque sur les oreilles, à écouter le bruit blanc de l’univers et à surveiller les variations qui s’incrémentaient toutes seules dans un tableur. La plupart du temps, je me contentais donc de ne rien faire du tout.

Nous étions 12 dans l’équipe, en comptant Pétronille. Elle n’avait qu’un an de plus que moi, mais contrairement à nous, elle était mieux payée : comme responsable, elle avait la mission extrêmement difficile d’organiser le planning et d’accorder les congés. Nous avions un bureau prévu pour 4 personnes et armé d’une cafetière, d’un petit frigo et d’une armoire qui était majoritairement à usage de garde-manger. Pour nos rares réunions, nous étions serrés comme des sardines.

Une fois par semaine, par mois et par an, il fallait compiler les données. En pratique, il s’agissait d’appuyer sur un bouton : ça sortait des jolis graphiques et Nila, notre IA d’assistance, prenait le relais pour pondre de longs rapports expliquant qu’il n’y avait rien d’autre à dire que ce qu’on savait déjà. Puis, nous organisions une présentation de ces données lors d’une réunion, où Pétronille ne manquait jamais de relever notre travail incroyable, et le manque absolu de fiabilité des enregistrements automatiques.

Il faut dire que c’était une sacrée bonne planque, et que ni elle ni moi ne tenions à ce que l’équipe soit remplacée par une meilleure version de Nila. Une heure par an, quand notre budget était mis à l’ordre du jour, Pétronille déployait des trésors d’ingéniosité pour démontrer au comité de direction que nous leur étions absolument indispensables et qu’ils pouvaient s’asseoir sur tous leurs projets si nous n’étions pas équipés du matériel dernier cri – surtout la cafetière.

Les premiers temps, j’avais rêvé que je serais le premier à entendre un message de là-haut. Les nuits d’été, lorsque j’étais seul, je tirais des câbles pour m’installer sur la plateforme supérieure et, des étoiles plein les yeux, j’écoutais le bourdonnement incessant de l’univers en attendant le moment où l’écho s’intensifiait : les paraboles autour de moi vibraient lorsqu’elles pointaient droit sur la Voie lactée.

Mes collègues partaient les uns après les autres, remplacés par des étudiants, des jeunes diplômés ou des stagiaires. Pétronille et moi, nous formions les nouveaux, tentant de les convaincre de l’importance de nos tâches monotones et insipides – ce à quoi nous ne croyions pas nous-mêmes. C’est ainsi que les semaines, les mois et les années passaient, apportant un renouvellement permanent d’astrophysiciens et de spationautes en formation – ou, plus notablement, une meilleure machine à café ou une nouvelle marque de gâteaux dans l’armoire.

Et puis ce jour-là est arrivé. Bizarrement, si les données dans le tableur ont été maintes fois relatées et analysées, et si j’étais là pour les écouter et les enregistrer, je n’en ai aucun souvenir. Je me souviens en revanche de l’odeur de ma nouvelle lessive, que je trouvais trop forte, d’avoir enlevé mes baskets pour être plus à l’aise, ou que Pétronille était passée me voir pour me demander de faire l’astreinte d’un collègue démissionnaire. Je me souviens même avoir obtenu, en échange, de ne plus être de nuit pendant un mois – les nuits au mois de décembre, merde quoi.

« Bonjour, Terre. »

Confortablement installé dans ma chaise, j’ai sursauté, sortant brutalement de ma torpeur, et j’ai lâché ma tasse préférée, celle qui m’avait été personnellement offerte 15 ans plus tôt par le directeur de l’ESA pour me remercier de dix années de bons et loyaux services – on avait une tasse et un t-shirt au bout de dix ans, et ensuite plus rien, faut pas pousser. Le signal était incroyablement clair et ne prêtait pas à confusion. Si j’ai très brièvement pu penser que je m’étais endormi, j’ai rapidement balayé cette possibilité : j’étais un professionnel de l’ennui et il en fallait beaucoup plus pour me faire somnoler.

J’ai lancé l’enregistrement des signaux suivants en 512-bits, et j’ai repassé le message, juste pour être sûr : « Bonjour, Terre. » J’allais l’écouter une nouvelle fois quand un autre signal est parvenu, enregistrant des pics dans les chiffres de mon tableau. J’ai remis le casque sur le direct de l’univers et laissé l’enregistrement tourner. Quel que soit le message, ils seraient heureux de l’avoir en 512-bits, et tant pis pour le coût de stockage supplémentaire : si c’était vraiment un message extraterrestre – et je n’avais aucun doute là-dessus –, on me pardonnerait cette incartade dans le budget.

« Habitants de Terre, ici l’armée civilisatrice de Σ-733. Vous avez enfreint le règlement de l’Alliance intergalactique. Veuillez vous soumettre. Je répète : habitants de Terre, ici l’armée civilisatrice de Σ-733. Vous avez enfreint le règlement de l’Alliance intergalactique. Veuillez vous… »

https://hortensemerisier.com/2024/09/12/un-travail-idiot/

#Ecriture #Ecrivain #Humour #Micronouvelle #ScienceFiction #Texte

#709 Un travail idiot

Le travail était idiot, les horaires merdiques et le salaire décevant, mais ça en jetait : recensement et analyse des ondes et rayonnements extra-orbitaux. En gros, je passais 8 heures par jou…

Hortense Merisier

Je déteste le train. Ça pue et c’est bruyant. Si j’avais pu, j’y serais allé en voiture, mais Damien a été clair : le parking n’est pas assez grand pour tout le monde, alors il n’y a que les vieux qui ont le droit de prendre leur bagnole. En plus, il fallait que je sois assis à côté de cette… snobinarde à lunettes. Sérieux, mais qui lit Kant dans le train pour aller en Bretagne ? Elle peut pas regarder Netflix ou Instagram comme tout le monde ?

« Notre train s’est arrêté en pleine voie. Pour votre sécurité, veuillez ne pas ouvrir les portes. »

La snobinarde a levé le nez de son bouquin. Elle serait plutôt jolie si elle se mettait en valeur. Oups, elle a vu que je la matais. J’espère que ça va pas durer longtemps, leurs conneries, ça craint d’arriver en retard à un mariage. Et puis j’aimerais prendre une douche, me poser un peu, peut-être boire un verre ou deux histoire d’être un peu plus détendu… Je savais que j’aurais dû arriver hier, il me saoule à m’avoir pris un billet aujourd’hui !

« Chers voyageurs, nous sommes arrêtés en pleine voie suite à la chute d’un arbre sur les voies. Les ouvriers vont bientôt arriver pour dégager le passage et vérifier l’état des voies. Pour l’instant, notre retard est estimé à une heure environ. Je vous tiendrai informés de l’évolution de la situation. »

Des passagers protestent, mais la plupart, habitués aux aléas de la SNCF, continuent leur vie comme si rien ne pouvait les atteindre. Ma voisine fait une moue de la bouche, et son doigt tremble de colère lorsqu’elle tourne la page suivante. Peut-être que c’est l’occasion d’engager la conversation ?

« J’espère que ça sera pas trop long. »

Elle tourne la tête vers moi et redresse ses lunettes sur son nez. C’est vrai qu’elle est jolie. Elle a des lèvres qui donnent envie de l’embrasser. Jolie et intelligente. Une connasse. Je les connais, les filles comme elles : trop intelligentes pour prendre soin d’elles, et trop jolies pour paraître intelligentes. Ça les rend aigries.

« C’est à moi que vous parlez ?

— Oui. Je disais que j’espère que ça sera pas long.

— Eh bien, je suppose qu’on ne peut qu’attendre. A moins que vous ne soyez expert dans le domaine des rails ?

— Non, je suis commercial. Je vends des articles de sport. C’est que… Je vais à un mariage. Ça serait con d’être en retard. »

Aucune réponse. Elle me regarde en silence comme si je vais de lui apprendre le décès de sa grand-mère. Habituellement, quand une fille m’ignore, je passe à autre chose, mais chez elle, il y a quelque chose… Je ne parviens pas à détacher mon regard d’elle, et je préfère raconter n’importe quoi que de perdre son attention. Manquerait plus que Kant soit plus intéressant que moi.

« Et vous ? Vous partez en vacances ?

— Non. Je pars juste pour le week-end.

— Et vous allez où ? si ce n’est pas indiscret ? »

Elle soupire, jette un regard de désespoir à son bouquin et le referme.

« A Bénodet. C’est à côté de Quimper.

— C’est dingue ! C’est là que je vais aussi ! »

Elle ne répond pas tout de suite. Elle semble cogiter.

« Le mariage de Lucie et Damien, finit-elle par lâcher.

— C’est pas vrai, vous aussi ? C’est dingue ! On peut peut-être se tutoyer, vu qu’on va au même endroit ? Moi c’est Lucas, je suis le témoin de Damien.

— Je vais la tuer.

— Qu… Quoi ?

— Lucie. Je vais la tuer. C’est ma sœur. Moi, c’est Alice. », ajoute-t-elle à regret.

Tiens, ce prénom m’est familier. Où est-ce que je l’ai entendu, déjà ? Elle s’interrompt le temps d’écouter la nouvelle annonce du conducteur, qui nous informe que les voies ont été légèrement endommagées et qu’il y aura trois heures de retard, le temps de faire les réparations. C’est officiel, je vais être en retard à ce mariage. Au moins je serai pas le seul à louper la messe.

« Figure-toi, poursuit-elle avec un ton amer, que ma chère sœur et son cher fiancé ont eu une idée de génie. Ils se sont dit que ça serait romantique si une histoire d’amour naissait à leur mariage.

— C’est romantique de tomber amoureux à un mariage, tu peux pas dire le contraire.

— Et c’est toujours romantique s’ils jettent leur dévolu sur le meilleur ami du marié et la sœur de la mariée ? J’imagine que ce n’est pas toi qui as acheté ton billet. Moi non plus. Ils l’ont fait exprès pour qu’on soit côte à côte. C’est incroyable ! Je lui ai pourtant dit que je ne voulais pas d’une histoire d’amour – désolée, je suis sûre que tu es un garçon charmant, mais je ne veux pas d’une histoire d’amour. Pourquoi est-ce qu’elle croit que son bonheur et le mien doivent prendre la même forme ?

— Allez, si ça lui fait plaisir… Et puis, c’est romantique de se rencontrer à un mariage.

— Tu es commercial en articles de sport ! Qu’est-ce qu’on a en commun ?

— On est coincés dans le même train. »

Elle sourit, et son sourire est comme un soleil. Ça me revient : Damien m’a dit qu’il voulait me présenter une certaine Alice à ce mariage. Y a plus besoin, je suis déjà amoureux de la snobinarde à lunettes. C’est une connasse, elle est pas romantique, mais quand je la regarde, c’est comme si elle était entourée d’un halo de lumière dorée et que j’étais transporté au paradis. Merde, et en plus je bande.

https://hortensemerisier.com/2024/07/26/la-snobinarde-a-lunettes/

#ecriture #ecrivain #micronouvelle #romance #texte

#661 La snobinarde à lunettes

Je déteste le train. Ça pue et c’est bruyant. Si j’avais pu, j’y serais allé en voiture, mais Damien a été clair : le parking n’est pas assez grand pour tout le monde, …

Hortense Merisier

Le cheval

— C'est la Balise ?
— Oui, répondit-elle.
Un simple cube de plastique noir.
— Et vous avez téléchargé tout Wikipédia avant le…
— Oui.
Elle lui tendit une liseuse électronique qui y était branchée.
Le wikipédien lâcha une larme de joie à la vue du titre de l'article du jour : un cheval.

#microfiction
#micronouvelle
#sciencefiction
#ConcoursOrionUL2023
#wikipedia

Idée·s révolutionnaire·s ?

— Pourquoi continuer à inventer des trucs ?
— Pourquoi pas ?
— On a déjà la fusion nucléaire, les intelligences restreintes, les interfaces neurales, le vexariansane…
— Mais est-ce qu'on a une appli de rencontre pour trouver des bancs dans une ville ?
— Non…
— Bah voilà !

#microfiction
#micronouvelle
#sciencefiction
#ConcoursOrionUL2023

Exil consenti

Lorsque Internet s'est effondré, nous étions prêtes : de longs mois passés à préparer nos Balises ; de longues années passées à trier leur contenu avec soin. Encyclopédies, dictionnaires, guides et fictions : assez pour chacune partir dans une direction et bâtir la nouvelle civilisation.

-
La première sortie du fourneau, va falloir que je m'entraîne car celle-ci fait 302 signes, pour un maximum de 300 autorisés.

#microfiction #micronouvelle #sciencefiction #ConcoursOrionUL2023