Ils viennent de s’installer jusqu’à novembre sur le territoire français. J’ai vu fleurir sur les réseaux les publications sur les différents moyens de s’en débarrasser. Les moustiques sont de retour 🦟

Celui-ci est charmant (il se trouve lui-même plutôt BG), et le sang n’est pas trop à son goût. « Les aventures de Childéric le moustique » poursuit le travail d’ @oliviacosneau comme autrice-illustratrice, après l’inénarrable « Les aventures d’Érasme le phasme ». Humour, romance et clins d’œil historiques : elle nous gâte en réhabilitant encore une fois une mauvaise réputation.

« Les aventures de Childéric le moustique », Olivia Cosneau, @editionssarbacane coll. sarbabb

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Une belle universitaire embarque avec sa fille toute mignonne et super sage sur un bateau de croisière et profite de chaque étape dans les ports méditerranéens pour lui faire un cour express d’histoire des civilisations. Youpi !

En plus elles ont le droit de venir manger à la table du commandant avec des dames riches qui philosophent platement dans toutes sortes de langues, tout en se comprenant parfaitement, car c’est un film humaniste.

Madame Deneuve est par exemple une femme d’affaires accomplie qui ne s’est pas laissée faire en amour, mais ne lui dites surtout pas qu’elle est féministe (tiens donc)…

Quand enfin le paquebot de luxe explose, victime d’un attentat causé par des terroristes (parlant probablement la seule langue exclue de ce prétendu Babel flottant), on se pince en tentant de réfréner un soulagement coupable.

« Film parlé », Manoel De Oliveira, 2002.

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La semaine dernière, j’ai rangé et nettoyé la bibliothèque de mon bureau. Cela a suscité inévitablement des envies de (re)lectures. J’ai sélectionné dans les rayonnages un des romans de Paul Auster que j’ai dû acheter au début des années 90, au moment de l’explosion de sa popularité en France (et de celle d’Actes Sud).
J’ai choisi « Le voyage d’Anna Blume » plutôt qu’un autre parce que je n’en avais aucun souvenir. La lecture de la quatrième me disait vaguement quelque chose et je me suis douté qu’il n’avait pas du être de mes romans favoris.
Le roman a été publié en 1987 aux EU. Je m’en suis assuré en cours de lecture, réalisant à quel point le livre répondait clairement à des attendus de la dystopie contemporaine. Évidemment l’auteur déjoue par anticipation la comparaison par la tonalité métaphysique et distanciée du début de son oeuvre (dans sa postface Claude Grimal cite notamment Buzzati, Coetzee, Golding ou Pynchon, omet curieusement Kafka). Il n’en demeure pas moins que la structure narrative comme le worldbuilding du « Voyage d’Anna Blume » peut paraître très attendus au lecteur d’aujourd’hui. Ils pourraient parfaitement opérer dans le tout venant de la production Young Adult du genre, avec sans doute un souci de cohérence et de détail supérieur. L’intérêt du roman se trouverait ailleurs ? Peut-être, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que ce voyage a mal vieilli.
Cela ne m’a pas découragé pour autant, et je compte poursuivre mes relectures. Pour bien faire, je voudrais me coltiner à nouveau son « Léviathan »…

« Le voyage d’Anna Blume », Paul Auster, éd. Actes Sud, 1989.

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Irene(Papas) joue une Irene, Leonor (Silveira) une Leonor, Rogério (Samora) un Rogério.

Et puis Michel (Piccoli) joue un Michel qui ressemble vraiment beaucoup à un Philippe.

En tout cas les dialogues pourraient être écrits par Sollers : un festival d’aphorismes, citations et bons mots d’une cuistrerie invraisemblable.

Les acteurs ont bien du mérite. Ils donnent l’impression de comprendre ce qu’ils disent, tout en tenant des poses inconfortables sous d’élégants parasols, derrière des rochers ou devant les atlantes d’une très belle cheminée Renaissance.

L’image du film, d’une profondeur saisissante, semble essentiellement au service du visage de Leonor Silveira. Dans sa robe bleue trempée par la pluie, on dirait Grace Kelly.

« Party », Manoel De Oliveira, 1996 disponible jusqu’au 01/09/25 sur Arte

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Il y a quelques années, j’ai écrit un article pour la revue Citrouille où je me comparais à Meg Ryan, ouvrant sa librairie le matin dans « You’ve Got M@il ». J’y envisageais d’un œil critique son abdication finale, aussi bien amoureuse qu’idéologique.

Selon moi, la perfection du film de Norah Ephron est en effet entachée d’une inexcusable concession au libéralisme américain.

En faisant son miel des comédies romantiques les plus sophistiquées, de leur âge d’or des années 50 à leur renaissance au tournant des années 90, « La tendresse des catastrophes » ne se contente pas de pasticher ou de rendre hommage. Le roman répare et déplace, non sans acidité, mais toujours avec humour, ce qui pouvait faire malgré tout de ces films des œuvres réactionnaires, notamment du point de vue du couple.

Découvrir l’histoire d’amour d’Harriet et Max, c’est emprunter un chemin alternatif, imprévu, loin des tristes formatages de la rom com traditionnelle. C’est un peu comme si Martin Page décidait que Kathleen Kelly ne restait finalement pas assise sur le canapé de Fox Books. Qu’elle ne pouvait se satisfaire d’avoir fermé sa librairie et soldé son cœur. Car non ce n’était pas une « fin heureuse » 😉

Pour cela, je lui en suis infiniment reconnaissant.

« La tendresse des catastrophes », @mrtnpage @lesescales 2025

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Pas si loin du travail de relecture de Ryan Murphy sur son excellente série « Hollywood », le film de Daniel Minahan propose sans doute une vision moins flamboyante des années 50, mais sa façon de faire « l’éloge des fins heureuses » a de l’allure.

Not so far from Ryan Murphy's proofreading work on his excellent series "Hollywood", Daniel Minahan's film probably offers a less flamboyant vision of the 1950s, but his way of "the praise of happy endings" is very elegant.

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Ma modeste récolte au Musée des Beaux Arts de Strasbourg. Quelques fleurs, un chien et un collier de perle (ceux de la Belle Strasbourgeoise de Nicolas de Largillière), et les bouclettes d'un enfant.

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Week-end parisien avec le prétexte professionnel du Festival du Livre : l’exposition W.Anderson à la Cinémathèque à la hauteur de son fétichisme ; la joie de revitaliser mes souvenirs de la fabuleuse expo Hockney de 2017 à Pompidou, cette fois-ci à la Fondation Louis Vuitton ; se retrouver sous le pont d’une rocade londonienne avec Mark Leckey à Lafayette Anticipations ; se réjouir de la découverte du travail de Pontus Hultén à L’Institut Suédois, en marge de la belle rétrospective Barbo Östlihn.

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Dans les sentiers de neige il y a des pages incroyables sur la place que peut occuper l’imaginaire dans le quotidien d’enfants. C’est d’ailleurs passionnant de voir comment l’exploration de cette thématique au sein de la littérature dite blanche donne ici lieu à quelque chose de si neuf, au regard de ce qui peut s’écrire de meilleur dans le genre (je pense par exemple au travail de Patrick Ness). Dans le roman, le monde fantastique entretient une relation ambivalente avec le réel. Il en révèle la complexité et la profondeur alors que les Teambuilding les plus sophistiqués sont le plus souvent un prétexte à une réécriture d’une réalité contemporaine ou historique, ce qui induit finalement une hiérarchie. Kev Lambert capte et acte quelque chose de très compliquée à saisir : la prévalence temporaire de la fiction dans l’enfance.

Je pense que je me souviendrai toujours de ces pages où Zoey se retrouve seul dans la bibliothèque de son école, et explore librement les rayons destinés aux « lectures de filles ». Et de mon émotion en lisant ce déchirant acte de foi romanesque : «  Y a plein d’enfants comme nous. On va les trouver ».

« Les entiers de neige », Kev Lambert, éd Le Nouvel Attila, 2024.

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Récolte du Festival du livre jeunesse de la Ferté Bernard : ce « brutalopolis »édité par Marguerite Waknine dans la collection Le cabinet de dessins.

Mai Li Bernard réinvestit l’esthétique brutaliste dans des dessins techniques inspirés de bâtiments réels, à partir de gommettes colorées. Un geste artistique ludique faussement naïf qui trouve une équivalence astucieuse aux caractéristiques du courant architectural, ici très éloigné de l’a priori d’austérité qui lui est attaché.

« Brutalopolis », Mai Li Bernard, éd. marguerite waknine, coll. Le cabinet de dessins, 2017.

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