Les «transfuges de classe» qu'on entend sont seulement les personnes qui ont eu du succÚs aprÚs avoir grandi dans un milieu défavorisé.
C'est jamais les enfants de bourges qui ont fait le chemin inverse et qui sont tombé-e-s dans la pauvreté. On entend aussi ces gens-là de temps à autres, mais une fois seulement qu'iels se sont sorti-e-s de la misÚre. Et iels vont souvent avoir tendance à cacher leurs origines bourgeoises. D'ailleurs, j'ai encore jamais entendu l'expression «transfuges de classe» s'appliquer à elleux, malgré qu'en théorie, ça marche dans les deux sens.
C'est un signe clair que dans l'imaginaire collectif, l'expression «transfuge de classe» est simplement la traduction politique que la gauche instruite a faite de «self-made man». Ăa vise Ă appliquer un vernis de lĂ©gitimitĂ© Ă une partie de la classe dominante en affirmant qu'elle «connaĂźt» encore la classe dont elle est issue.
Quand tu lis les histoires qu'iels ont écrites, 95% du temps (il existe des exceptions j'imagine), c'est une longue litanie vaniteuse et égocentrée. Normal: c'est ça qu'on valorise, le r'gardage de nombril. S'intéresser aux autres? C'est éminemment suspect dans la gauche libérale d'aujourd'hui.
Pour quelques bonnes raisons oui, mais principalement pour des mauvaises.
à cause de ça, les gens qui naissent pauvres et restent pauvres font figure de fantÎmes, de troisiÚmes rÎles muets dans notre récit collectif.
La gauche s'auto-brainwashe en utilisant des concepts a priori utiles de cette maniĂšre-lĂ .
Les pauvres sont moins caves que ce que pense la gauche libérale: entre des «transfuges de classe» et des «self-made men», iels vont choisir des fois les un-e-s, des fois les autres, des fois personne, en fonction de ce qui est plus ou moins digeste, parce que ça change fuck all.
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