Le Grand Conseil bernois a voté pour interdire les groupes antifas. C'est une attaque dangereuse contre la démocratie.
Par 82 voix (UDC, UDF, PLR, PEV, Centre) contre 64 (PS, Vertes, Vert'lib), le législatif bernois a adopté le texte suivant:
Le Conseil-exécutif est charge d'intervenir auprès de la Confédération et de s'engager afin que les groupements d'extrême-gauche qui sont généralement connus du public sous les appellations «antifa», «action antifasciste» ou «black blocs» soient interdits en vertu de l'article 73 de la loi sur le renseignement.
Dans un contexte de montée du fascisme dans toute l'Europe ou presque (et aussi au-delà), I'extrême-droite soutenue par le reste du camp bourgeois s'en prend a I'antifascisme, demandant explicitement de traiter les groupes antifascistes comme on traite Daech et Al Qaïda.
Mais qu'est-ce qu'un "groupement antifa d'extrême-gauche”? Ce texte extrêmement vague pourrait mener a l'interdiction de nombreux groupes antifascistes: Actions antifascistes, Gréve du Climat, collectifs féministes, Jeunesse socialiste, et pourquoi pas syndicats, Parti socialiste ou Vert·es?
Toutes les forces démocratiques et progressistes doivent réaffirmer clairement leur opposition au fascisme. C'est une condition indispensable pour défendre les idéaux démocratiques, les droits humains et les libertés civiles.
La multiplication des attaques de l'extrême-droite, (et d'une grande partie du camp bourgeois) contre I'antifascisme n'est pas anodine. Ces dernières années, la législation et les moyens policiers ont été renforcés au nom de la “sécurité”, de la “lutte contre I'extrémisme” ou de la répression du “terrorisme”. Ces modifications s'accompagnent d'un durcissement raciste et xénophobe des lois sur I'asile et la migration, de la banalisation de la haine raciste, transphobe, homophobe et sexiste, et de la normalisation de figures et groupuscules fascistes et néo-nazis. De l'autre coté, les accusations d'extrémisme et même de terrorisme se multiplient contre les mouvements sociaux (écologiste, féministe, de solidarité avec le peuple palestinien…) et les organisations progressistes, y compris des syndicats et des partis politiques bien installés. La répression envers les militantexs est déjà alarmante et le vote du parlement bernois est dangereux.
Ne laissons pas passer ces attaques contre les valeurs démocratiques.






