"on avait déjà eu des maires noirs. Severiano de Heredia, maire de Paris en 1879, fils d'esclaves cubains affranchis. Raphaël Élizé, maire de Sablé-sur-Sarthe en 1929, petit-fils d'esclave martiniquaise. (...) Kofi Yamgnane, maire de Saint-Coulitz en 1989, qui reçoit six cartons de courriers racistes de toute la France. Gaston Monnerville, président du Sénat de 1947 à 1968. Et Senghor lui-même, ministre du gouvernement de Gaulle en 1959 — avant de partir présider le Sénégal indépendant. Et Christiane Taubira, Garde des Sceaux, comparée à une guenon dans Minute en 2013 pendant qu'elle portait le mariage pour tous."

La blanchité est triste, la chair noire est lasse
En mars 2026, Bally Bagayoko est élu maire de Saint-Denis dès le premier tour. Victoire réelle. Et déjà, elle est absorbée ; digérée. L’homéopathisation politique commence là : une présence en dose contrôlée qui donne l’illusion du changement et produit son contraire. À l’époque préfasciste, le racisme s’immunise, et, dans le même mouvement, il chasse. La mélancolie noire, elle, s’approfondit.







