Usbek & Rica - Comment les #animaux sabotent (sans le savoir) la surveillance mondiale:
Mieux qu’un point de départ, les images d’animaux captées par les voitures de Google ont opéré un déplacement progressif du regard de la chercheuse sur son objet d’étude. Au fil de l’analyse des conditions de production de ces images, de leurs effets de standardisation et des réactions qu’elles suscitent, un motif s’impose : celui de l’#animal surgissant dans le champ.
Chiens poursuivant la caméra, #troupeau de moutons faisant obstruction, chevaux mis en déroute : ces scènes, massivement partagées sur les réseaux sociaux, nous font rire jusqu’à intégrer la culture du mème, mais pour l’autrice, elles font bien plus que ça. « D’abord, elles rendent visible l’aléa dans des dispositifs pensés pour le contrôle. Google Street View entend cartographier le monde avec exhaustivité ; l’animal y introduit une perturbation. Il ne pose pas, ne se conforme pas, ne « collabore » pas à la capture. Il rappelle que toute culture du contrôle se heurte à une part d’imprévisible. Ensuite, ils nous obligent à considérer les infrastructures à l’œuvre, dans toute leur matérialité. Les câbles, les caméras, les capteurs, les centres de données, font irruption dans l’environnement que nous partageons notamment avec les animaux, ce qui génère des frictions. »
Il vaut mieux parler de frictions, de coexistence, de négociation. Les #goélands qui s’attaquent aux #drones de la police française, et les #requins qui mordent des câbles sous-marins ne « résistent » pas au sens militant du terme ; ils manifestent les limites d’un déploiement technique dans des milieux déjà habités.
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