Les 8 règles des communs d'Ostrom pour les anarchistes
par l'Usufruit collectif
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Les 8 règles des communs d'Ostrom pour les anarchistes :
Les communs sont des ressources autogérées par les communautés qui en ont besoin et les utilisent. Les communs sont gérés par le dialogue, la délibération et la prise de décision collective, ainsi que par l'entraide pour répondre aux besoins. La mise en commun fait référence au processus de développement des communs. Les communs peuvent être des terres, des cours d'eau, des champs, des usines, des ateliers, des instruments/outils, des habitations, des installations de loisirs, des infrastructures générales, des infrastructures diverses, des fruits de la reproduction/production, des mélanges de tout ce qui précède, et bien plus encore. Les communs florissants fournissent aux communautés et aux participants des moyens partagés d'existence, de production et de politique, ainsi qu'un accès aux fruits de ces moyens de manière à répondre aux besoins de tous.
Les communs ont été attaqués par les derniers milliers d'années de hiérarchie et de société de classe, ainsi que par les dernières centaines d'années de capitalisme. Le capitalisme s'est développé grâce à de multiples facteurs, dont la privatisation continue des communs, imposée par la violence de l'État (Federici, 2018). Malgré cette violence systémique, des poches de communs continuent d'exister grâce aux personnes qui développent des communs nouveaux et durables pour répondre à leurs besoins et à ceux des autres, ainsi que grâce aux personnes qui résistent à la domination et à l'exploitation (Federici, 2018). Les communs ne sont pas seulement attaqués par de multiples formes enchevêtrées de hiérarchie (domination institutionnalisée) telles que le capitalisme, l'étatisme, le patriarcat, le racisme, l'impérialisme, le colonialisme et le nationalisme ; les communs sont également attaqués sur le plan idéologique par une propagande généralisée et des systèmes de croyance qui considèrent que les différentes hiérarchies sont bénéfiques ou inévitables.
Les arguments selon lesquels les communs conduisent inévitablement à des tragédies de surutilisation et de ruine collective nient l'histoire des communs tout en supposant que les communs sont enracinés dans l'acquisition compétitive brute sans les règles, les accords et les pratiques collectives qui leur permettent d'être fonctionnels. Ces hommes de paille des communs reflètent les normes des sociétés compétitives et hiérarchiques plutôt que les types de coopération organisée pour répondre aux besoins si essentiels au bon fonctionnement des communs. En réponse aux critiques radicales des communs, Elinor Ostrom a démontré empiriquement et théoriquement que les communs ont été, sont et peuvent être bien gérés par les participants lorsqu'ils utilisent plusieurs règles et pratiques suffisantes (Ostrom, 2021). De nombreuses communautés et personnes ont, à leur manière et avec leurs propres mots, évolué de manière convergente et articulé des variations de ces principes fondamentaux de conception.
Les communs et les institutions autogérées connexes ont existé au sein de sociétés de recherche de nourriture, de sociétés agricoles, de villages, de villes, d'îlots, de quartiers, de cités et de sociétés non étatiques à méthodes mixtes (Boehm, 2001, Kropotkin 1902, Bookchin, 2005a, Federici, 2018, Ostrom, 2021, Graeber et Wengrow, 2023). Une histoire aussi riche démontre que des communs bien gérés sont possibles et que ces communs bien gérés contribuent de manière prévisible à l'épanouissement social et écologique.
Bien qu'Ostrom étudie de nombreux exemples qui sont en harmonie avec ses 8 règles de gestion des communs ainsi qu'avec une approche non hiérarchique de l'organisation sociale (Ostrom, 2021), d'autres exemples de communs qu'elle étudie utilisent des méthodes que ceux qui adoptent une perspective anti-hiérarchique désapprouveraient. Les communs véritablement émancipateurs se distinguent des quasi-communs qui produisent des marchandises et/ou qui sont protégés contre l'accès mutuel des roturiers (Federici, 2018). Compte tenu des objectifs d'autogestion de chacun et de tous, de non-domination mutuelle, de bien-être pour tous et d'épanouissement écologique, les principes fondamentaux de conception d'Ostrom peuvent devenir plus cohérents en étant remixés avec des idées de l'anarchisme.
L'adaptation suivante des règles d'Ostrom pour la gestion des communs s'inspire du socialisme/communisme/communalisme libertaire, des organisations et des révolutions influencées par le socialisme libertaire qui utilisent des assemblées communautaires liées aux décisions et aux ressources communes, des divers communs étudiés par Ostrom, ainsi que d'une histoire élargie des communs dans de multiples modes de subsistance :
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