Châteaux de sable – Charles MOHTASHAMI – 2019 – l’harmattan
Quatrième de couverture
Guiv, étudiant en droit d’origine iranienne, est tiraillé entre sa passion pour Karina, une étudiante colombienne engagée, et son dévouement pour son père dont il vient d’apprendre qu’il a la maladie d’Alzheimer. Il s’empêtre dans des choix qui risquent de lui faire perdre et l’un et l’autre.
Mon Avis
La maladie d’Alzheimer est une catastrophe, aussi bien pour les proches que pour les patients. Il n’est guère aisé de voir quelqu’un que l’on aime perdre peu à peu contact avec le monde qui l’entoure. Avec lui-même. La souffrance vient, aussi, du fait que les souvenirs se meurent. Que la personne ne reconnait pas ses propres enfants. Guiv, étudiant iranien vivant à Paris, est en train d’éprouver cette situation. Son père est malade. Le déni est la première chose qui s’impose à lui. Mais, c’est de courte durée. Devant les événements, il ne lui reste plus qu’à abdiquer. Comment faire pour aider son père? Doit-il abandonner ses études et tous ses rêves?
Le lecteur se trouve face à une situation que vivent toutes les familles face à cette maladie. Des familles désarmées, épuisées, par un combat au long court. Guiv ne veut pas envoyer son père en institution spécialisée. Il assiste, hébété, en colère, au délitement de sa vie sociale, estudiantine et amoureuse. L’auteur décrit bien le désespoir, la lassitude, la dépression, des aidants. Par amour pour le patient, ils vont jusqu’au bout d’eux-mêmes. Jusqu’à l’épuisement. Avec cette impression que personne ne les comprendra. La vie passe et le fardeau de Guiv, sa dévotion, sont son quotidien. À quel moment pensera t-il à lui? À sa vie? À son amour?
À travers ses mots, l’auteur nous présente ses personnages, avec leur vie très compliquée. Chacun combat ses démons ou tente de les cacher. Guiv n’a qu’un démon plus important que son amour pour Karina: la maladie de son père qui le terrifie et le ronge profondément. Il est seul et perdu. Comme tout aidant, sa vie est phagocytée par cette maladie qui dégrade l’homme qu’il respecte plus que tout. Pourquoi ne place t-il pas son père en hôpital de jour? Pourra t-il cumuler sa vie personnelle, estudiantine, avec les aléas de la maladie d’Alzheimer? Il se bat tout seul, abandonné par son frère et sa mère. Il mérite une belle vie comme tout le monde. Y parviendra t-il?
9782343189079 L’harmattan Coll. Rue des Ecoles 274 p. 22,50€
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