Italie, Méloni battue dans les urnes et dans la rue.

La première ministre italienne Giorgia Meloni a essuyé lundi 23 mars un revers majeur avec la victoire du « non » au référendum sur la réforme judiciaire qu’elle avait portée.

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« Les Italiens ont tranché. Et nous respectons cette décision. (…) Mais cela ne change rien à notre engagement de continuer, avec sérieux et détermination, à œuvrer pour le bien de la nation et à honorer le mandat qui nous a été confié », a-t-elle déclaré dans une vidéo sur X pour défendre sa politique largement rejetée.
Après le dépouillement des bulletins dans plus de 90 % des bureaux de vote, le « non » obtenait près de 54 %, contre 46 % pour le « oui ». Ce résultat est un coup dur pour Meloni, qui dirige depuis octobre 2022 un gouvernement de coalition d’une stabilité inhabituelle.
Le scrutin a d’abord surpris par son ampleur avec "un taux de participation d’environ 10 points supérieurs au dernier référendum constitutionnel", alors même que la réforme semblait technique.
Mais loin d’un désintérêt, le vote s’est transformé en affrontement avec Meloni autour de la Constitution elle-même.
Ainsi pour Eleonora Bottini, professeure de droit à Sciences Po Paris et spécialiste de la constitution italienne interrogée par Radio France : "le débat a été structuré comme une défense ou une attaque de la Constitution".
L’argument a porté d’autant plus fortement qu’"y toucher, c’est toucher au principe antifasciste de l’Italie", une ligne de fracture accentuée par "le rapport assez ambigu [du gouvernement] avec le passé fasciste italien".
Ces facteurs "ont amené beaucoup de jeunes" aux urnes et une victoire du non à 53,2 %, à rebours des pronostics qui associaient participation élevée et victoire du oui.
Ce résultat est une défaite pour Meloni, son gouvernement, sa politique, une défaite qui s’est construite sur le terrain de la mobilisation permanente antifasciste des travailleurs et des jeunes contre la politique de Meloni, contre le génocide du peuple palestinien, contre les guerres impérialistes d’Israël et des USA, et contre l’OTAN.
D’ailleurs Galeazzo Bignami, le chef du groupe Fratelli d’Italia (FdI), le parti de Giorgia Meloni, à la Chambre des députés, s’est empressé de déclaré sur la chaîne de télévision La7 :« Nous avons dit dès le début que le référendum n’aurait aucune incidence sur le sort du gouvernement ».
Ainsi comme l’affirme l’USB sur son site après la victoire du non contre Meloni et sa contre-réfomre :
« Ce peuple qui a tout bloqué pour mettre fin au génocide du peuple palestinien et contester la complicité du gouvernement Meloni avec Israël est revenu sur ses positions, affluant en masse vers les urnes et mettant un terme à la prétention du gouvernement de violer la Constitution.
C’est un grand signe de changement et de lutte qui doit se reproduire dans les batailles pour défendre nos conditions de vie et de travail, pour sortir l’Italie de la guerre et exiger la démission du gouvernement Meloni »
Et effectivement, ils ont raison, que ce soit en Italie ou en France, seule la mobilisation massive des exploités et des opprimés contre la guerre et les politiques d’austérité, elles mêmes dictée par le financement des guerres coloniales impérialistes de Trump et de l’Otan, permettra de défaire, y compris dans les urnes, les gouvernements ultraréactionnaires comme celui de Macron et Meloni.