André MCI-QI

@Andre_MCI
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Les chansons durent parce qu’elles sont conçues pour se répéter. Elles peuvent être chantées à voix basse ou forte, en public ou en privé. Les paroles écrites pour une lutte peuvent inspirer d’autres décennies plus tard. Cette continuité explique pourquoi les chansons de protestation des époques passées continuent à resurgir dans les moments de tension politique (...) 》
Les régimes autoritaires attaquent les artistes précisément parce qu’ils en comprennent le pouvoir, mais ce qu’ils ne parviennent pas à comprendre, c’est la résonance. Un coup de feu peut résonner une seule fois, mais une chanson résonne à travers des générations.
Bien que la musique ne puisse à elle seule garantir la responsabilité, la loi peut faire en sorte que la violence ne disparaisse pas dans le déni ou l’amnésie historique. Les procédures judiciaires exigent des preuves, attribuent des responsabilités et transforment les témoignages en histoire. Ce que les régimes autoritaires cherchent à effacer, la loi le préserve.
Sur la base des preuves obtenues dans ce procès et par les autorités chiliennes, le lieutenant Pedro Pablo Barrientos Núñez sera désormais jugé devant les tribunaux chiliens. Bien que la reddition de comptes soit arrivée tardivement, elle l’a fait avec un registre fiable et une déclaration de responsabilité. Le résultat est une reconnaissance juridique que ce qui s’est passé était important et l’est toujours.
Dans le cadre d’une action civile fédérale aux États-Unis, un jury a reconnu un ancien officier militaire chilien coupable de torture et du meurtre de Jara, accordant une indemnisation à sa famille et consignant les atrocités commises.
Bien que les régimes continuent à essayer de faire taire les artistes, l’histoire nous montre une ironie persistante : plus un régime s’en prend agressivement à la musique, plus son message tend à perdurer.
Peu d’histoires illustrent cela aussi clairement que celle de Jara. Des décennies après son assassinat et des années après la chute du régime de Pinochet, la justice est apparue non pas comme un substitut à la musique, mais comme un moyen d’éviter l’oubli. 
Nous en avons vu des étincelles récemment : depuis la présentation de Bad Bunny à mi-temps du Super Bowl, où il a promu l’unité et l’amour en réaction aux raids de l’ICE, à la colonisation de Porto Rico et à la rhétorique contre l’Amérique latine, jusqu’à la résurgence de chansons de résistance d’il y a des décennies. Parmi elles, « Killing in the Name » de Rage Against the Machine, sur le racisme institutionnalisé et la brutalité policière dans le contexte du verdict de Rodney King (...)
(...)Les régimes réagissent parce que la musique, surtout en période de répression, devient un multiplicateur de pouvoir. Elle unit les communautés, encourage la pensée critique, mobilise l’opposition et inspire l’action. 
Les régimes autoritaires ont toujours craint le pouvoir de la musique. Depuis l’interdiction de concerts jusqu’à l’emprisonnement, l’exil, la torture et des peines plus sévères, les régimes autoritaires ont attaqué à plusieurs reprises des musiciens dont le travail transforme le mécontentement politique en un langage partagé. Depuis des décennies et sur plusieurs continents, les gouvernements autoritaires ont répondu à la musique de protestation avec une cohérence étonnante.
Ainsi, même si la responsabilité intervient parfois tardivement, la musique fait partie de l’inspiration qui pousse en fin de compte une société à rejeter le régime et à lui demander des comptes, afin d’avancer vers la justice transitionnelle.