Quatrième de couverture
Aÿmati, jeune femme de trente mille ans, vit sur le continent européen. Mära, elle, va naître en Amérique du Nord. Elles sont les dernières représentantes de leur espèce, néandertalienne pour l’une, sapiens pour l’autre. Aucun lien entre elles, à l’exception d’une statuette en ivoire, mais Aÿmati va transmettre à Mära une part de sa compréhension du monde, pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure, près d’un fleuve. De nos jours, Gabrielle, archéologue française, au cœur du récit, constitue l’articulation entre les deux époques si distantes des deux femmes. Elle travaille en équipe avec Myn, archéologue chinois de renommée internationale, créateur de Salongapan, camp africain de recherches en primatologie. C’est par lui que Mära et Aÿmati seront reliées. À travers différents récits qui s’entrecroisent et s’interpénètrent en miroirs, Béatrice Castaner aborde ici, avec une originalité de construction et une virtuosité d’écriture étonnantes, les questions essentielles de la transmission, notamment à travers l’art. Et pose la question de ce qui restera de nous, derniers représentants du genre humain, lorsque notre espèce aura disparu.
Mon avis
Je pense pouvoir dire sans me tromper qu’il s’agit de la suite de « la femme Maÿtio« . Dans cette période préhistorique, les deux héroïnes sont appelées à se rencontrer. Pour préparer l’avenir. Aÿmati est une enfant de dix ans, comme tous les enfants de sa troupe. S’amuser fait partie de son quotidien jusqu’au jour où elle fut prise par la main par un ancien de la troupe. Pour un périple des plus étranges. Pour son initiation. Pour la découverte de son don inné qui lui permet de vivre la nature. Le non visible. Ce destin n’est-il pas trop lourd pour une enfant de dix ans? Cette dernière est-elle prête pour l’enseignement qui l’attend? Comprend-elle la lourde tâche que lui remet son clan?
Maÿtio a reconnu en elle, l’invisible. Son initiation va débuter. Alors son récit devient une litanie. Une litanie que l’auteur écrit sans ponctuation. Une litanie rythmée par des apostrophes et par des mots. Une sorte de conte-poésie soufflé à l’oreille de la jeune initiée. Ce récit souligne la fin d’un monde. La fin d’une période. La transition vers une nouvelle période qui augure l’arrivée de l’homo sapiens: la nouvelle tribu? Celle dont la civilisation détruira la nature et éliminera ces singes si proches de nous: les bonobos. Ne laissant, si possible, aucun témoin. Quitte à brûler le Centre qui protège ces singes. L’homme a tout détruit. Jusqu’à la dernière goutte de vie. Une petite ombre tente de garder la mémoire de ce qui fut: Mära.
C’est l’histoire d’une transmission, de la femme Maÿtio à la jeune Mära, en passant par Aÿmati. La transmission d’une mémoire humaine qui se meurt. D’une humanité qui s’autodétruit méthodiquement. Avec Aÿmati, un autre peuple se dresse pour poursuivre l’aventure humaine. Avec Mära, l’humanité, après avoir détruit jusqu’au dernier arbre, jusqu’au dernier animal, s’est autodétruit ne laissant que les traces de sa modernité inutile. Mära est dépositaire de la petite statuette de Aÿmati, symbole de renaissance. Mais cette fois, l’humanité a été trop loin. La renaissance humaine n’aura pas lieu. Mais, celle de la nature, sûrement. Nature où s’est réfugiée Mära et dans laquelle elle s’est fondue. Elle lui donnera le dernier souffle humain et renaîtra à travers la canopée. Peut-être. Telle Aÿmati transmettant la vie.
9782487304017 Serge Safran Ed. Coll. Safran Poche 158 p. 8,90€
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