Revue sur les effets de la T sur les ovaires, d'un point histologique, de la réserve ovarienne, et de la fertilité. Bonus y'a des tableaux qui présentent les résultats de la revue c'est très pratique.

Pour résumer, la T modifie les ovaires, d'une façon un peu similaire à ce qu'on retrouve dans le SOPK dans la structure de l'ovaire mais sans l'aspect polykystique caractéristique (la T ne donne pas de SOPK, c'est une légende urbaine aux fondements cissexistes[2]).
La T semble ne pas faire baisser l'AMH (sauf dans une étude qui utilisait aussi un inhibiteur de l'aromatase ce qui n'est pas standard, et chez les personnes ayant un SOPK) donc c'est bon signe pour la réserve ovarienne, même si la folliculogenèse semble impactée.
Ensuite, quelques données sur la maturation in vitro de follicules récupérés chirurgicalement (c'est à dire récupérer des bouts d'ovaires, sans stimulation hormonale, par exemple à l'occasion d'une chirurgie génitale ; pas une méthode de préservation de fertilité classique) montrent qu'on peut les fertiliser et obtenir des embryons, même si les taux de succès et la qualité sont pas super.
Enfin, des données sur les résultats de vitrification d’ovocytes après stimulation hormonale (préservation de fertilité classique) montrent que c'est tout à fait faisable après la prise de testostérone, voire même sans arrêt de la T (j'en avais déjà parlé ici : https://toot.cat/@biyokea/116386882771037258). La revue n'identifie que 72 patient·es, c'est peu mais c'est déjà ça. Pour info c'est concordant avec ce qu'on recommande généralement ici, c'est-à-dire d'envisager une préservation de fertilité peu après le début de la T (~1-2 ans) sans obligatoirement devoir la faire avant de commencer (surtout vu les délais...).
Et finalement, un certain nombre de naissances ont aussi été rapportées.

Bref c'est très rassurant pour la fertilité des personnes sous testostérone. Si la T a bien un impact, il semble relativement limité ─ d'autant plus si on a accès à des techniques d'AMP !

Et je cite en bonus une bonne revue systématique sur les effets des THS sur la fertilité des personnes trans[3] (transfem incluses), que je cite souvent/qui est ma référence principale sur le sujet.

[1]: The effect of gender-affirming testosterone therapy on ovarian function and oocyte quality in transgender men: a literature review. Frontczak S et al., 2026. https://doi.org/10.1007/s10815-025-03701-4 (lire sur sci-net)

[2]: SOPK, personnes transmasculines & testostérone. biokyea (auto-citation oui :), 2025. https://hackmd.io/@biyokea/sopk_transmasc_testo

[3]: Fertility in transgender and gender diverse people: systematic review of the effects of gender-affirming hormones on reproductive organs and fertility. De Roo C et al., 2025. https://doi.org/10.1093/humupd/dmae036 (lire sur sci-net)

#fertilité #testosterone #ths #ovaire

Revue sympa sur l'hépatologie chez les personnes trans[1], bon rien de transcendant ou de bien nouveau mais c'est cool d'avoir un peu tout dans un même article.

C'est l'occasion de rappeler que les THS, de façon générale, n'abîment pas le foie/ne sont pas hépatotoxiques !

Plus particulièrement, ce n'est pas parce qu'un médicament est pris par voie orale qu'il fait plus travailler le foie. Typiquement, on entend souvent que l'estradiol oral serait plus "lourd" ou dangereux pour le foie ; ce n'est pas vrai ! L'estradiol pris par voie orale a la particularité d'être plus métabolisé dans le foie que les autres formes (on parle d'effet de double passage hépatique) ; mais comme le foie est un organe donc la fonction est littéralement de métaboliser des trucs, ce n'est pas dangereux pour autant !
(Par contre ce double passage hépatique a un effet sur le risque thromboembolique, cad de caillots sanguins, qui est un peu plus important avec l'estradiol oral qu'avec les autres modes de prise, même si le risque absolu reste faible. Mais c'est un phénomène qui se passe dans le foie (là où diverses protéines de coagulation sont synthétisées), pas qui concerne le foie en lui-même)[2].
Quand on entend parler des risques hépatiques de l'estradiol, ça réfère généralement à l'éthinylestradiol utilisée dans les contraceptifs, qui n'est pas bioidentique et a un profil de risque très différent de celui de l'estradiol, pas du tout applicable aux THS !

Le seul médicament couramment utilisé dans les THS qui a un vrai risque d'hépatotoxicité c'est le bicalutamide[3], et c'est pour ça qu'une prise de sang pour vérifier ses enzymes hépatiques (ASAT ALAT suffit) à 1-3-6 mois puis tous les ans est conseillée. (Il y a aussi l'acétate de cyprotérone/Androcur mais uniquement à des doses importantes qui sont de toute façon fortement déconseillées et assez rarement prescrites en France, même si malheureusement ça existe encore)

La grande majorité des personnes n'a donc aucune inquiétude à se faire vis-à-vis de son foie juste à cause de son THS, et c'est même pas qqch qu'il est particulièrement utile d'inclure sur les prises de sang (et si on le fait, il ne faut pas le faire à chaque fois, sinon les risques de faux positifs augmentent et on se retrouve à paniquer pour des élévations mineures, temporaires, et insignifiantes cliniquement dont on aurait simplement pas eu connaissance sinon).

Enfin, même des problèmes de foie graves (comme une cirrhose ou même avoir eu une transplatation hépatique) n'empêchent généralement pas l'utilisation d'un THS (mais peuvent demander un suivi un peu spécifique).

Sources

[1]: Chronic liver disease and hepatology care in transgender and gender diverse populations. Nguyen TN et al., 2026. https://doi.org/10.1016/S2468-1253(25)00287-0 (lire sur sci-net)

[2]: Estrogens and Their Influences on Coagulation and Risk of Blood Clots. Aly in Transfeminine Science, 2020. https://transfemscience.org/articles/estrogens-blood-clots/

[3]: Bicalutamide and its Adoption by the Medical Community for Use in Transfeminine Hormone Therapy. Aly in Transfeminine Science, 2020. https://transfemscience.org/articles/bica-adoption/

#foie #hépatologie #THS #estradiol #bicalutamide

Étude sur les changement faciaux sous THS[1]. C'est assez rare qu'on en aie, donc c'est sympa.
L'étude utilise un appareil pour mesurer les changements volumétriques, et donc quantifier les évolutions de volume dans les tissus mous du visage à 3 mois, 6 mois, 1 an (dans une cohorte pas uniquement blanche même si on a pas les détails ; c'est suffisamment rare pour être souligné).

Ça donne des graphiques assez étranges ; ils illustrent les changements de volume (rouge c'est une augmentation du volume, vert pas de changement, bleu une diminution) + les photos correspondantes. Image 1 c'est des hommes trans, image 2 des femmes trans ; avec les changements M0-M3, M3-M6, M6-M12.

Avec la prise de testostérone, l'étude observe une réduction de la graisse sous-cutanée et une augmentation du volume mandibulaire, maxillaire et facial total (visage un peu plus anguleux, surtout dans le tier inférieur). Elle observe des contours du visages plus définis (surtout au niveau de la mâchoire et du menton), ainsi qu'une plus grande définition de certains muscles du visages, rendant le visage plus classiquement "masculin" de façon générale.

Avec la prise d'oestrogène (et acétate de cyprotérone, mais pas chez tout le monde donc possibilité de sous-dosage, on ne connait pas les taux hormonaux), l'étude observe un dépôt de graisses dans le milieu du visage et au niveau maxillaire, arrondissant le visage. Elle observe une baisse de la définition de certains muscles faciaux et une augmentation du volume des lèvres, rendant le visage plus classiquement "féminin" de façon générale.

Les changements chez les femmes trans étaient moins clairs et moins importants. Une hypothèse est que les changements liés aux THS féminisants soient plus lents à arriver que ceux liés à la testostérone.

Autres point intéressant : les changements arrivaient dès 3 mois mais les plus importants étaient à 1 an. Aussi, pas d'impact de l'âge sur les changements, même si la cohorte restait très jeune (ce qui s'ajoute aux diverses preuves que les changements du THS sont globalement les mêmes peu importe l'âge une fois la puberté finie).

Bon avec ces questions y'a toujours un potentiel de brainworms, genre quand on commence à quantifier précisément les différences hommes cis/femmes cis (j'ai lu un article super intéressant sur les possibilités de féminisation/masculinisation corporelle un peu moins connues[2], mais l'intro est vraiment terrible sur ces points) ; mais je trouve super intéressant de voir ce qui change et ce qui change pas et à quel délais. Maintenant il faut des études comme ça plus facilement interprétables en pratique, avec des cohortes plus diverses (âge, ethnie/race, etc.), et qui durent plus longtemps.

Pour info la seule autre étude du type que je connais c'en est une de 2019[3] qui utilise un scanner volumétrique un peu similaire (qui vient de la super thèse de Tebbens sur les effets des hormones sexuelles sur la distribution de la graisse corporelle chez les personnes trans[4]). J'en ai trouvé une autre de 2023[5] qui se base sur un scanner (rayons X), mais elle a l'air moins précise.

Sources

[1]: Three-dimensional facial volumetric changes in transgender individuals induced by gender-affirming hormone therapy: a stereophotogrammetric assessment. Mélo AM et al., 2025. https://doi.org/10.1007/s00784-025-06577-x

[2]: Body Contouring in Gender-Affirming Care. Wang M et al., 2025. https://doi.org/10.1016/j.cps.2025.06.010

[3]: Gender-Affirming Hormone Treatment Induces Facial Feminization in Transwomen and Masculinization in Transmen: Quantification by 3D Scanning and Patient-Reported Outcome Measures. Tebbens M et al., 2019. https://doi.org/10.1016/j.jsxm.2019.02.011

[4]: The effect of sex steroids on body fat distribution in transgender persons. Tebbens M, 2023. https://doi.org/10.5463/thesis.87

[5]: Effect of duration of feminizing hormone therapy on facial fat volumes. Moghadam S et al., 2024. https://doi.org/10.1097/PRS.0000000000011200

#THS #HRT #visage

✨ Nouvel article dropped ✨

C'est sur l'utilisation du minoxidil, topique et oral, pour la pilosité faciale et corporelle.

Y'a des infos générales, une présentation des principales études qui évaluent l'efficacité, un point sur la sécurité du minoxidil oral, des infos pratiques, et une comparaison des deux.

Retours bienvenus !

#minoxidil #barbe #poils #pilosite #transmasc #HRT #ths #testosterone

Le minoxidil pour la pilosité - HackMD

Le minoxidil est un médicament originellement utilisé comme anti-hypertenseur, dont on a découvert plus tard l'efficacité contre la perte de cheveux et favorisant la pilosité. Il en existe deux formes : topique et orale, qui peuvent s'utiliser pour augmenter la pilosité corporelle et/ou faciale.

HackMD

De nouvelles données sur la prévalence du cancer du sein chez les personnes trans... et les données sont nulles et nous apprennent rien.

Petit commentaire critique (=l'article est claqué) d'une étude sortie récemment sur le cancer du sein chez les personnes trans. Problématiques méthodologiques, discussions des données, et de ce qu'on peut en conclure (rien d'inédit) ⤵️

#trans #cancerdusein #THS #testostérone #mammectomie #méthodologie

Elle s'ajoute à des articles un peu plus anciens, comme cette revue systématique qui montre que les infirmier·es ont tendance à pas trop suivre les recommandations liées au retour veineux (durée beaucoup trop courte, gestion d'un retour positif aléatoire, ...) et que c'est pas forcément si utile que ça[2].
Intéressant à lire aussi même si datant un peu, une revue qui fait le tour des (très variées) recommandations qui existent sur le sujet, qui mentionne aussi les injections sous-cutanées et de différents médicaments[3].

En résumé, même si on aimerait bien avoir un peu plus de données sur le non-recours au retour veineux chez les adultes et en dehors des vaccinations, les données actuelles permettent à mon sens assez clairement de le déconseiller dans le cadre de l'injection de THS (testostérone, estradiol, et autre).
Surtout dans le contexte de l'auto-injection, où c'est d'autant plus important de simplifier le processus autant que possible (et où on a probablement un peu plus de chances de se faire mal si on s'y essaie — d'où mon amour des seringues serties type insuline mais c'est un autre sujet).

Modernisons nos pratiques d'injections, et arrêtons de nous prendre la tête avec le retour veineux ✨

FAQ et sources ci-dessous ⤵️

#injection #intramusculaire #souscutané #ths #retourveineux #aspiration

“Iran War: The Road To Ruin” - The Honest Sorcerer https://thehonestsorcerer.substack.com/p/iran-war-the-road-to-ruin

Another must-read article from The Honest Sorcerer. As always, get ready for a “bath of reality”, as we say in Spanish…

#Collapse #THS #TheHonestSorcerer #War #Iran #MiddleEast

Iran War: The Road To Ruin

...or how a holiday from reality comes to an end

The Honest Sorcerer
"Everything Is Under Control… Until It Isn’t"

https://thehonestsorcerer.substack.com/p/everything-is-under-control-until

> The limits of self-organization and optimization

I like the Honest Sorcerer's depiction of the current state of Humanity, and the current cycle of civilisation, which will end like others (or worse, maybe in a final nuclear Armageddon, not being able to surpass its technological adolescence, as Carl Sagan putand Nate Hagens recently brought up)

#THS #TheHonestSorcerer #collapse #autophagy
Hey coucou #trans masto : s'il y a des gens ici qui ont déjà pris de la #nandrolone dans le cadre d'un #THS, envoyez-moi un petit message 🙏