La grande verdure, de Lucie Heder.
Le début est déroutant et captivant car on ne sait pas à quel être vivant on a à faire, étant donné sa façon de se mouvoir et de penser.
Suite à des inondations gigantesques, une communauté nommée "La grande verdure" a survécu en se réfugiant sur les hauteurs. Celle-ci a établi des règles, notamment celle de communiquer principalement avec des plantes (chaque plante a sa signification), ce qui est fascinant et aussi forcément limitant.
Chaque membre porte d’ailleurs un nom de plante. Lierre ne supporte plus la contrainte de ne pas pouvoir parler de ses émotions ou de ce qu’elle veut librement. Elle souffre du manque de spontanéité dans ses relations et du contrôle exercé sur sa manière de s'exprimer et sur sa vie en general.
Étouffée, elle va donc s’échapper et faire une rencontre improbable également. Ce dernier personnage est vraiment déroutant. Vous avez compris, on est souvent dérouté·es dans ce roman et c’est pour le bien.
L’autrice aborde de cette manière les difficultés de vivre en collectif, la société de surveillance, le deuil, les traumatismes et la manière de vivre ses émotions. Jusqu'où les règles sont vraiment utiles, pour qui ? et que faire quand nos besoins et souhaits diffèrent du groupe.
Mon bémol. Bien que ce roman avait tout pour me plaire, j’ai trouvé le style parfois confus. Ce qui m’a fait sortir de l’histoire plusieurs fois.
Malgré cela, des réflexions vraiment passionnantes et certains passages, notamment sur le langage ou la matérialisation des émotions, resteront.
Un extrait que j'apprécie :
"La vie est fatigante parfois à nous forcer à enfiler toutes les secondes sur nos corps, toujours à nous empêcher bec et ongles d'en sauter quelques-unes."
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