MARCHE BLANCHE À SAINT-NAZAIRE Lecture
C’est une journée très dure qui s’annonce pour Juliette et Vincent, membre de la classe ouvrière de Saint-Nazaire, et leur fils Enzo, qui termine son primaire. Une marche blanche est organisée à travers la ville, en hommage à Hugo, leur fils de 3e qui s’est suicidé un mois plutôt après plusieurs mois de harcèlement au collège.
Vincent se remémore comment leur fils a tout d’abord caché ce qui lui arrivait, avant de sombrer, l’inaction - voire l’hostilité - de la direction du collège, l’inaction des parents des harceleurs, l’absence totale d’empathie desdits harceleurs.
Tout est vrai, car je l’ai vécu. En primaire, et au collège. Ce n’est pas allé aussi loin que dans le roman, mais l’inaction de la direction des établissements est une triste réalité. J’en paie probablement encore le prix aujourd’hui.
Le style Besson est toujours là, simple sans être simpliste. Toujours une petite dissonance quand le bobo parisien tente de décrire les états d’âme d’un ouvrier des chantiers navals de Saint-Nazaire (Saint-Nazaire décrite comme quelqu’un qui geeke sur google maps) mais ce n’est pas trop choquant. Il réussit à décrire cette situation dramatique sans sombrer dans le pathos ou le larmoyant, ou l’excès de dramaturgifiance (je vous regarde, « Le Soir d’été » et le « Paris-Briançon »).
Bref, pas tout à fait au niveau de « Ceci n’est pas un fait divers », mais plutôt un bon cru du Besson nouveau.
VOUS PARLER DE MON FILS, chez Julliard, 20€, 197 pages.
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